Comprendre la poésie peut ouvrir un monde de beauté et de sens. Parmi les nombreuses formes que prend la poésie, le sonnet se distingue par son importance historique et sa popularité durable. Vous avez probablement rencontré des sonnets dans vos cours de littérature, les reconnaissant comme une forme poétique importante, mais peut-être avez-vous trouvé leur structure et leur signification difficiles à saisir pleinement.
Contents
- Qu’est-ce qui définit un Sonnet ?
- Dix Exemples Célèbres de Sonnets, Analysés
- #1 : « My Mistress’ Eyes Are Nothing Like the Sun » par William Shakespeare (Sonnet shakespearien)
- #2 : « Shall I Compare Thee To A Summers’ Day? » par William Shakespeare (Sonnet shakespearien)
- #3 : « That Time Of Year Thou Mayest In Me Behold » par William Shakespeare (Sonnet shakespearien)
- #4 : « If There Be Nothing New, But That Which Is » par William Shakespeare (Sonnet shakespearien)
- #5 : « Not Marble Nor the Gilded Monuments » par William Shakespeare (Sonnet shakespearien)
- #6 : « How Do I Love Thee? » par Elizabeth Barrett Browning (Sonnet pétrarquiste/italien)
- #7 : « Sonnet 75 » des Amoretti d’Edmund Spenser (Sonnet spensérien)
- #8 : « When I Consider How My Light is Spent » par John Milton (Sonnet miltonien)
- #9 : « What My Lips Have Kissed, and Where, and Why » par Edna St. Vincent Millay (Sonnet pétrarquiste/italien)
- #10 : « Sonnet » par Billy Collins (Sonnet moderne)
- En savoir plus sur les Sonnets : Ressources
- The Poetry Foundation
- Shakespeare’s Sonnets Online
- The Making of A Sonnet: A Norton Anthology
- Pop Sonnets: Shakespearean Spins On Your Favorite Songs
- Shakespeare’s Sonnets, Retold
- Quelle est la prochaine étape ?
La bonne nouvelle, c’est que tout le monde peut apprendre à apprécier et à comprendre la poésie, et le sonnet ne fait pas exception. Cela demande de la pratique, et la meilleure façon de pratiquer est de s’engager directement avec des exemples de sonnets et une analyse réfléchie. Ce guide vise à vous aider à faire exactement cela en explorant ce qui rend un sonnet unique, en offrant des éclaircissements sur la structure et les éléments clés de cette forme, et en abordant l’analyse de dix sonnets célèbres.
Que vous soyez étudiant, poète en herbe, ou simplement amateur de littérature, explorer le sonnet offre un voyage enrichissant au cœur de l’expression poétique.
Qu’est-ce qui définit un Sonnet ?
À la base, un sonnet est un court poème lyrique comprenant quatorze vers. Le terme « sonnet » tire son origine du mot italien sonetto, qui signifie « petite chanson », ce qui laisse entrevoir le potentiel mélodique de la forme grâce à sa structure stricte et à son schéma de rimes.
Bien que tous les sonnets partagent la caractéristique de quatorze vers, la structure spécifique, le schéma de rimes, et parfois même le développement thématique peuvent varier selon le type de sonnet. Les deux types les plus courants sont le sonnet italien (ou pétrarquiste) et le sonnet anglais (ou shakespearien), qui se sont développés le long de voies différentes en Italie et en Angleterre, respectivement.
Indépendamment de son type spécifique, tout poème reconnu comme un sonnet présentera systématiquement :
- 14 vers : C’est la caractéristique fondamentale.
- Un schéma de rimes particulier : Celui-ci varie selon le type de sonnet (par exemple, ABBAABBA CDECDE pour le pétrarquiste, ABAB CDCD EFEF GG pour le shakespearien).
- Le pentamètre iambique : C’est le mètre le plus couramment associé aux sonnets. Cela signifie que chaque vers se compose généralement de dix syllabes, alternant entre des temps faibles et des temps forts, créant un rythme comme « da-DUM da-DUM da-DUM da-DUM da-DUM ».
Pour une exploration plus approfondie des composantes qui constituent cette structure poétique fascinante, il est fortement recommandé d’explorer la définition du sonnet et ses éléments fondamentaux. Comprendre ces aspects essentiels améliorera grandement votre appréciation des exemples de sonnets que nous allons explorer.
Illustration pour un article sur les sonnets
Dix Exemples Célèbres de Sonnets, Analysés
Pour saisir véritablement le sonnet, lire et analyser des exemples notables est essentiel. Nous avons dressé une liste de dix sonnets célèbres, offrant un aperçu de leur contexte, de leur forme et de leurs significations plus profondes. Ces exemples couvrent différentes époques et styles, mettant en valeur la polyvalence et l’attrait durable de la forme du sonnet. Les cinq premiers exemples sont des sonnets shakespeariens célèbres, suivis de cinq exemples variés présentant d’autres types de sonnets comme les formes spensérienne, pétrarquiste et anglaise moderne.
Gardez à l’esprit que l’interprétation de la poésie est souvent un processus subjectif. Bien que nous fournissions une analyse pour guider votre compréhension, n’hésitez pas à développer vos propres idées en lisant ces puissants exemples de sonnets.
#1 : « My Mistress’ Eyes Are Nothing Like the Sun » par William Shakespeare (Sonnet shakespearien)
My mistress' eyes are nothing like the sun;
Coral is far more red than her lips' red;
If snow be white, why then her breasts are dun;
If hairs be wires, black wires grow on her head.
I have seen roses damasked, red and white,
But no such roses see I in her cheeks;
And in some perfumes is there more delight
Than in the breath that from my mistress reeks.
I love to hear her speak, yet well I know
That music hath a far more pleasing sound;
I grant I never saw a goddess go;
My mistress, when she walks, treads on the ground.
And yet, by heaven, I think my love as rare
As any she belied with false compare.
Ce sonnet, souvent appelé Sonnet 130, est l’un des plus célèbres de Shakespeare. Il appartient à la séquence adressée à la Dame Brune. Comme de nombreux sonnets de l’époque, il traite des thèmes de l’amour et de la beauté, mais avec une approche résolument non conventionnelle.
Le poème utilise un schéma de rimes shakespearien (ABAB CDCD EFEF GG) et est écrit en pentamètre iambique. Dans les trois premiers quatrains, le locuteur compare systématiquement les traits de sa maîtresse – ses yeux, ses lèvres, sa peau, ses cheveux, ses joues, son souffle, sa voix et sa démarche – aux idéaux conventionnels de beauté (le soleil, le corail, la neige, les fils, les roses, le parfum, la musique, les déesses). Cependant, il le fait d’une manière négative, apparemment peu flatteuse, affirmant que ses traits ne correspondent pas à ces idéaux. Ses yeux ne sont pas comme le soleil, ses lèvres sont moins rouges que le corail, son souffle « pue ». Cela crée un ton humoristique et ironique.
La volta, ou le tournant de la pensée, se produit dans le couplet final (« And yet… »). Ici, le ton change radicalement. Malgré toutes les façons dont sa maîtresse ne parvient pas à correspondre aux normes de beauté idéalisées et conventionnelles, le locuteur déclare que son amour pour elle est aussi précieux (« rare ») que n’importe quelle femme louée par des comparaisons exagérées et fausses.
L’intention de Shakespeare est probablement satirique. Il se moque des louanges excessives et artificielles souvent trouvées dans les sonnets contemporains, où les poètes utilisaient des métaphores extravagantes pour élever leur bien-aimée à un statut presque divin. En présentant un portrait réaliste et sans fard de sa maîtresse tout en affirmant son amour, Shakespeare suggère que le véritable amour valorise la personne telle qu’elle est, sans avoir besoin de recourir à des comparaisons irréalistes. Ce poème est un puissant exemple de sonnet qui défie les conventions poétiques.
#2 : « Shall I Compare Thee To A Summers’ Day? » par William Shakespeare (Sonnet shakespearien)
Shall I compare thee to a summer’s day?
Thou art more lovely and more temperate:
Rough winds do shake the darling buds of May,
And summer’s lease hath all too short a date;
Sometime too hot the eye of heaven shines,
And often is his gold complexion dimm'd;
And every fair from fair sometime declines,
By chance or nature’s changing course untrimm'd;
But thy eternal summer shall not fade,
Nor lose possession of that fair thou ow’st;
Nor shall death brag thou wander’st in his shade,
When in eternal lines to time thou grow’st:
So long as men can breathe or eyes can see,
So long lives this, and this gives life to thee.
Le Sonnet 18 est sans doute le sonnet le plus célèbre de Shakespeare et un exemple de sonnet par excellence célébrant la beauté et l’immortalité. Il suit la structure shakespearienne standard avec un schéma de rimes ABAB CDCD EFEF GG et le pentamètre iambique.
Le locuteur ouvre par une question rhétorique, proposant une comparaison entre l’interlocuteur (« thee ») et une journée d’été. Le premier quatrain affirme immédiatement que l’interlocuteur est « plus charmant et plus tempéré » que l’été. Le deuxième quatrain développe les imperfections et la fugacité de l’été : il est sujet à des « vents rudes », il est trop court, le soleil peut être trop chaud ou voilé, et sa beauté (« fair ») finit par décliner par « hasard ou par le cours changeant de la nature ». Cela établit le thème de l’impermanence de la beauté.
La volta se produit au début du troisième quatrain avec la forte conjonction « But » (Mais). Ici, le locuteur passe de la description de la nature éphémère de l’été à l’affirmation de la qualité éternelle de la beauté de l’interlocuteur. Cette beauté, décrite comme « ton été éternel », ne s’estompera pas et ne sera pas diminuée par le temps ou la mort.
Le couplet final apporte la résolution : l’immortalité de l’interlocuteur est accordée par le poème lui-même. Tant que l’humanité existera et pourra lire, ce sonnet vivra, et en vivant, il maintiendra la beauté et la mémoire de l’interlocuteur en vie. Les vers du poème deviennent le véhicule qui transcende le pouvoir destructeur du temps et de la mort. Ce sonnet est un exemple de sonnet classique utilisant une comparaison apparemment simple pour explorer des thèmes profonds de la beauté, du temps et du pouvoir de l’art.
#3 : « That Time Of Year Thou Mayest In Me Behold » par William Shakespeare (Sonnet shakespearien)
That time of year thou mayst in me behold
When yellow leaves, or none, or few, do hang
Upon those boughs which shake against the cold,
Bare ruin'd choirs, where late the sweet birds sang.
In me thou see'st the twilight of such day
As after sunset fadeth in the west,
Which by and by black night doth take away,
Death's second self, that seals up all in rest.
In me thou see'st the glowing of such fire
That on the ashes of his youth doth lie,
As the death-bed whereon it must expire,
Consum'd with that which it was nourish'd by.
This thou perceiv'st, which makes thy love more strong,
To love that well which thou must leave ere long.
Le Sonnet 73 est un autre exemple de sonnet shakespearien profond explorant le thème du vieillissement et de la mortalité, adressé au Jeune Homme Loyal. Il suit le schéma de rimes standard ABAB CDCD EFEF GG et le pentamètre iambique.
Chacun des trois quatrains présente une métaphore distincte de l’état de vieillissement du locuteur, signalée par la phrase récurrente « In me thou see’st » (En moi tu vois). Le premier quatrain compare son âge à la fin de l’automne ou au début de l’hiver (« Cette période de l’année »), lorsque les feuilles jaunissent, sont rares ou tombées, et que les branches des arbres (« boughs ») sont nues et froides, comme des stalles de chœur d’église ruinées, vides d’oiseaux chanteurs. Le deuxième quatrain utilise la métaphore du crépuscule, la lumière déclinante après le coucher du soleil à l’approche de la nuit, comparant la nuit au « second moi de la Mort ». Le troisième quatrain compare sa force vitale à un feu mourant (« glowing of such fire ») qui gît sur les cendres de son passé (la jeunesse) et est consumé par le même combustible qui l’a autrefois nourri.
La volta arrive dans le couplet final : « This thou perceiv’st… » (C’est ce que tu perçois…). Le locuteur note que le Jeune Homme Loyal observe ces signes de vieillissement, et cette prise de conscience renforce l’amour du jeune homme. Paradoxalement, voir la fin approchante du locuteur rend le jeune homme encore plus intensément reconnaissant et aimant ce qu’il devra bientôt quitter.
L’utilisation par Shakespeare de métaphores multiples et vives crée une riche tapisserie d’images qui souligne l’inéluctabilité du vieillissement et de la mort. Le lien établi entre le déclin humain et les cycles naturels (saisons, jour/nuit, feu) souligne le caractère naturel de ce processus. Le poème suggère que reconnaître la nature transitoire de la vie peut approfondir notre appréciation et notre amour pour ceux qui nous entourent pendant qu’ils sont encore avec nous. C’est un exemple de sonnet émouvant qui médite sur le passage de la vie.
Image d'un coucher de soleil illustrant le thème de l'âge et du temps qui passe
#4 : « If There Be Nothing New, But That Which Is » par William Shakespeare (Sonnet shakespearien)
If there be nothing new, but that which is
Hath been before, how are our brains beguil'd,
Which, labouring for invention, bear amiss
The second burthen of a former child!
O, that record could with a backward look,
Even of five hundred courses of the sun,
Show me your image in some antique book,
Since mind at first in character was done!
That I might see what the old world could say
To this composed wonder of your frame;
Whether we are mended, or whe'r better they,
Or whether revolution be the same.
O! sure I am, the wits of former days
To subjects worse have given admiring praise.
Le Sonnet 59, un autre exemple de sonnet de la séquence du Jeune Homme Loyal de Shakespeare, médite sur l’idée philosophique de l’histoire cyclique et sur le défi de louer une beauté sans précédent. Il adhère à la structure shakespearienne (ABAB CDCD EFEF GG) et au pentamètre iambique.
Le poème s’ouvre en remettant en question l’adage « il n’y a rien de nouveau sous le soleil », qui suggère que tous les événements et expériences ne sont que des répétitions du passé. Le locuteur réfléchit à la façon dont cette idée frustre ses tentatives de trouver des moyens originaux de louer le Jeune Homme Loyal, rendant ses efforts créatifs (« labouring for invention ») redondants. Il se demande si son esprit est trompé (« beguil’d ») par cette notion de répétition.
Dans le deuxième quatrain, le locuteur exprime un fort désir de regarder en arrière dans l’histoire, peut-être 500 ans (« five hundred courses of the sun »), pour voir si l’image ou la ressemblance du Jeune Homme Loyal existe dans des archives anciennes (« antique book »). Ce souhait découle de la croyance que si l’histoire se répète vraiment, alors une telle perfection doit certainement avoir existé auparavant.
Le troisième quatrain développe cette idée, demandant ce que le passé aurait pu dire de la forme remarquable du Jeune Homme Loyal (« composed wonder of your frame »). Le locuteur contemple si l’époque actuelle est une amélioration par rapport au passé (« whether we are mended, or whe’r better they ») ou si l’histoire est simplement un cycle immuable (« whether revolution be the same »).
La volta et la résolution viennent dans le couplet final. Ici, le locuteur affirme fermement sa conviction que les poètes et penseurs du passé (« wits of former days ») ont dû louer des sujets moindres (« subjects worse »). Cela implique que la beauté du Jeune Homme Loyal est, en fait, quelque chose de véritablement nouveau et sans précédent, rejetant ainsi la prémisse initiale selon laquelle rien n’est nouveau. Ce sonnet sert d’exemple de sonnet intéressant, mêlant questionnement philosophique et louange personnelle.
#5 : « Not Marble Nor the Gilded Monuments » par William Shakespeare (Sonnet shakespearien)
Not marble nor the gilded monuments
Of princes shall outlive this powerful rhyme,
But you shall shine more bright in these contents
Than unswept stone besmeared with sluttish time.
When wasteful war shall statues overturn,
And broils root out the work of masonry,
Nor Mars his sword nor war’s quick fire shall burn
The living record of your memory.
’Gainst death and all-oblivious enmity
Shall you pace forth; your praise shall still find room
Even in the eyes of all posterity
That wear this world out to the ending doom.
So, till the Judgement that yourself arise,
You live in this, and dwell in lovers’ eyes.
Le Sonnet 55 est un exemple de sonnet fort de Shakespeare traitant du pouvoir durable de la poésie pour immortaliser son sujet, adressé à nouveau au Jeune Homme Loyal. Il suit la structure shakespearienne standard (ABAB CDCD EFEF GG) et le pentamètre iambique.
Le locuteur commence en opposant la longévité des monuments physiques – de grandes structures de marbre et d’or érigées pour les souverains (« princes ») – au pouvoir durable de sa « ryme puissante », qui fait référence à sa poésie, en particulier à ce sonnet. Il affirme que ses vers survivront à ces objets matériels, qui finiront par s’user (« unswept stone besmeared with sluttish time ») ou être détruits.
Le deuxième quatrain développe le thème de la destruction. Il dépeint la guerre (« wasteful war, » « broils, » « Mars his sword, » « war’s quick fire ») comme une force qui renverse les statues et la maçonnerie. Pourtant, le locuteur affirme que la guerre ne peut détruire le « living record of your memory » (témoignage vivant de votre mémoire), qui est préservé dans le poème.
Le troisième quatrain souligne que l’interlocuteur, à travers le poème, survivra aux forces de la « mort et de l’hostilité oublieuse » (« death and all-oblivious enmity », l’oubli que le temps apporte). La louange contenue dans le sonnet trouvera une place (« find room ») dans les esprits et les cœurs (« eyes ») des générations futures (« all posterity ») jusqu’à la fin des temps.
La volta est subtilement présente dans le couplet final, fournissant la déclaration ultime d’immortalité. Le locuteur conclut qu’en attendant le jugement final (« Judgement that yourself arise »), l’interlocuteur continuera de vivre dans le poème (« live in this ») et résidera dans le regard admiratif des futurs amants (« dwell in lovers’ eyes »). Ce sonnet présente puissamment la poésie comme un monument supérieur et plus durable que toute structure physique, en faisant un exemple de sonnet classique sur la capacité de l’art à défier le temps. Vous pouvez explorer d’autres exemples de sonnets écrits par des étudiants pour voir comment ce thème durable est encore exploré aujourd’hui.
#6 : « How Do I Love Thee? » par Elizabeth Barrett Browning (Sonnet pétrarquiste/italien)
How do I love thee? Let me count the ways.
I love thee to the depth and breadth and height
My soul can reach, when feeling out of sight
For the ends of being and ideal grace.
I love thee to the level of every day's
Most quiet need, by sun and candle-light.
I love thee freely, as men strive for right.
I love thee purely, as they turn from praise.
I love thee with the passion put to use
In my old griefs, and with my childhood's faith.
I love thee with a love I seemed to lose
With my lost saints. I love thee with the breath,
Smiles, tears, of all my life; and, if God choose,
I shall but love thee better after death.
Le Sonnet 43 des Sonnets from the Portuguese (1850) d’Elizabeth Barrett Browning est un exemple de sonnet par excellence de forme pétrarquiste ou italienne. Cette forme se compose typiquement d’un octave (huit vers) rimant ABBAABBA, suivi d’un sestet (six vers) avec un schéma de rimes variable (les schémas courants incluent CDECDE, CDCDCD ou CDEDCE). Le mètre est le pentamètre iambique.
L’octave pose la question « How do I love thee? » (Comment t’aimé-je ?) et commence immédiatement à énumérer les innombrables façons dont le locuteur aime l’interlocuteur. La locutrice décrit un amour qui est expansif, atteignant les limites de la capacité de son âme (« profondeur, largeur et hauteur »). Elle l’aime dans les moments ordinaires de la vie (« niveau du besoin quotidien le plus silencieux ») et de manière idéale, abstraite (« librement, comme les hommes luttent pour la justice », « purement, comme ils se détournent de la louange »).
La volta, ou le tournant, se produit entre l’octave et le sestet. Le sestet plonge dans les sources et l’intensité de son amour, établissant des comparaisons avec ses expériences passées. Elle aime avec une passion égale à celle ressentie dans ses plus grands chagrins (« old griefs ») et avec la certitude simple et sans réserve de la croyance enfantine (« childhood’s faith »). Elle connecte cet amour à une dévotion spirituelle autrefois ressentie pour des figures religieuses perdues (« lost saints »).
Le poème culmine dans les derniers vers, où elle déclare que son amour englobe tout son être (« avec le souffle, / Les sourires, les larmes, de toute ma vie »). Le sonnet se termine par une puissante affirmation de la nature éternelle de l’amour, déclarant que si Dieu le veut, son amour grandira encore plus après la mort. Ce sonnet est un exemple de sonnet magistral exprimant un amour romantique profond et multiforme.
#7 : « Sonnet 75 » des Amoretti d’Edmund Spenser (Sonnet spensérien)
One day I wrote her name upon the strand,
But came the waves and washed it away:
Again I write it with a second hand,
But came the tide, and made my pains his prey.
Vain man, said she, that doest in vain assay,
A mortal thing so to immortalize,
For I myself shall like to this decay,
And eek my name be wiped out likewise.
Not so, (quod I) let baser things devise
To die in dust, but you shall live by fame:
My verse, your virtues rare shall eternize,
And in the heavens write your glorious name.
Where whenas death shall all the world subdue,
Our love shall live, and later life renew.
Le Sonnet 75 des Amoretti d’Edmund Spenser (publié en 1595) est un exemple de sonnet remarquable de forme spensérienne. Cette variante diffère des formes shakespearienne et pétrarquiste principalement par son schéma de rimes, qui est entrelacé : ABAB BCBC CDCD EE. Il maintient également typiquement le pentamètre iambique.
Le premier quatrain décrit la tentative du locuteur d’immortaliser le nom de sa bien-aimée en l’écrivant sur le rivage (« strand »), pour qu’il soit ensuite effacé à plusieurs reprises par les vagues et la marée. Cette image établit immédiatement le thème de l’impermanence et la futilité d’essayer de faire durer les choses mortelles.
Le deuxième quatrain introduit un dialogue, donnant la parole à la bien-aimée. Elle réprimande le locuteur, l’appelant « homme vain » pour avoir essayé en vain (« in vain assay ») d’immortaliser quelque chose de mortel. Elle souligne que, comme son nom dans le sable, elle-même finira par se décomposer et être oubliée.
Le troisième quatrain contient la réponse du locuteur et la volta conceptuelle. Il s’oppose à son affirmation, déclarant que si les « choses viles » peuvent périr, elle vivra par la « renommée ». Sa poésie (« My verse »), déclare-t-il, immortalisera (« eternize ») ses rares vertus et écrira son « nom glorieux » non pas dans le sable, mais « dans les cieux ».
Le couplet final renforce la promesse du locuteur d’immortalité par les vers. Lorsque la mort soumettra le monde physique, leur amour, préservé dans les vers éternels du poète, continuera de vivre et se renouvellera aux yeux des futurs lecteurs. Ce sonnet est un exemple de sonnet convaincant utilisant une simple allégorie pour défendre le pouvoir de la poésie sur le temps et la mortalité.
#8 : « When I Consider How My Light is Spent » par John Milton (Sonnet miltonien)
When I consider how my light is spent,
Ere half my days, in this dark world and wide,
And that one Talent which is death to hide
Lodged with me useless, though my Soul more bent
To serve therewith my Maker, and present
My true account, lest he returning chide;
“Doth God exact day-labour, light denied?”
I fondly ask. But patience, to prevent
That murmur, soon replies, “God doth not need
Either man’s work or his own gifts; who best
Bear his mild yoke, they serve him best. His state
Is Kingly. Thousands at his bidding speed
And post o’er Land and Ocean without rest:
They also serve who only stand and wait.”
« When I Consider How My Light is Spent » (Sonnet 19, publié en 1673) de John Milton est un célèbre exemple de sonnet de forme miltonienne. Le sonnet miltonien conserve généralement la structure pétrarquiste d’un octave suivi d’un sestet, souvent avec le schéma de rimes ABBAABBA CDECDE (ou CDEDCE), et utilise le pentamètre iambique. Cependant, Milton prolonge souvent la pensée ou la structure des phrases au-delà des fins de vers et même de la division entre l’octave et le sestet, créant un flux plus unifié par rapport au « tournant » plus distinct trouvé dans certains sonnets pétrarquistes.
L’octave reflète la contemplation du locuteur sur sa « lumière » perdue, communément interprétée comme sa vue (Milton est devenu aveugle à la mi-vie). Il déplore que sa vision soit partie (« spent ») avant même d’avoir vécu la moitié de sa vie (« Ere half my days ») dans un monde qu’il ressent comme sombre et vaste. Il a l’impression que son principal talent ou capacité (peut-être son talent d’écrivain, faisant référence à la Parabole des Talents de la Bible) est maintenant « inutile » en lui, bien que son âme soit plus disposée (« more bent ») à servir Dieu (« my Maker ») et à rendre compte de l’œuvre de sa vie. Il interroge Dieu, se demandant si l’attente divine (« exact day-labour ») persiste même lorsque la capacité de travailler (« light denied ») est retirée.
La volta (le tournant) se produit dans la transition vers le sestet (bien que la phrase se poursuive). La figure personnifiée de la « Patience » intervient pour faire taire les questionnements anxieux du locuteur (« That murmur »). La Patience fournit une réponse profonde : Dieu n’a pas besoin du travail de l’homme ni même de ses propres dons ; ceux qui supportent le mieux son « joug doux » le servent le mieux.
Le sestet conclut en soulignant le pouvoir royal de Dieu et les innombrables façons dont les créatures le servent, certaines par le travail actif (« Thousands at his bidding speed »), d’autres simplement en étant prêtes (« who only stand and wait »). Ce sonnet est un puissant exemple de sonnet luttant avec la foi, le handicap et la nature du service à Dieu.
#9 : « What My Lips Have Kissed, and Where, and Why » par Edna St. Vincent Millay (Sonnet pétrarquiste/italien)
What lips my lips have kissed, and where, and why,
I have forgotten, and what arms have lain
Under my head till morning; but the rain
Is full of ghosts tonight, that tap and sigh
Upon the glass and listen for reply,
And in my heart there stirs a quiet pain
For unremembered lads that not again
Will turn to me at midnight with a cry.
Thus in winter stands the lonely tree,
Nor knows what birds have vanished one by one,
Yet knows its boughs more silent than before:
I cannot say what loves have come and gone,
I only know that summer sang in me
A little while, that in me sings no more.
« What My Lips Have Kissed, and Where, and Why » (Sonnet 43, publié en 1923) d’Edna St. Vincent Millay est un exemple de sonnet poignant de forme pétrarquiste (ABBAABBA CDECDE, bien que parfois interprété avec des variations dans la rime du sestet). Il utilise le pentamètre iambique. Ce sonnet explore les thèmes de l’amour perdu, de la mémoire et du passage de la jeunesse, d’une perspective résolument moderne et souvent interprétée comme féminine.
L’octave réfléchit aux rencontres romantiques passées. La locutrice admet avoir oublié les détails de ces relations – quelles lèvres ses lèvres ont embrassées, où, pourquoi, ou avec qui elle a passé la nuit. Cependant, cet oubli ne signifie pas que le passé est entièrement absent. Le bruit de la pluie devient évocateur, remplissant la nuit de « fantômes » qui agitent une « douleur tranquille » dans son cœur. Cette douleur n’est pas pour les individus spécifiques (« unremembered lads »), mais pour les expériences perdues elles-mêmes, la connexion et la passion qui ne reviendront pas.
La volta (le tournant) se produit au début du sestet, marquée par « Thus » (Ainsi). La locutrice utilise une comparaison pour illustrer son état : elle est comme un arbre solitaire en hiver qui ne se souvient pas des oiseaux spécifiques qui sont partis, mais sait que ses branches sont maintenant « plus silencieuses qu’auparavant ». Cela fait parallèle à son incapacité à se souvenir des amants spécifiques mais à sa conscience du silence émotionnel laissé par leur absence.
Les derniers vers concluent la réflexion. Bien qu’elle ne puisse pas nommer les amours qui sont passées, elle sait qu’elles ont apporté une période de sentiment intense, comme si « l’été chantait en moi », mais ce sentiment vibrant a maintenant cessé (« ne chante plus en moi »). La douleur n’est pas celle d’un chagrin d’amour pour une seule relation perdue, mais une mélancolie nostalgique pour la disparition de la passion de la jeunesse et l’anonymat des relations passées. C’est un exemple de sonnet émouvant sur la mémoire, la perte et le doux chagrin du passage du temps.
#10 : « Sonnet » par Billy Collins (Sonnet moderne)
All we need is fourteen lines, well, thirteen now,
and after this next one just a dozen
to launch a little ship on love's storm-tossed seas,
then only ten more left like rows of beans.
How easily it goes unless you get Elizabethan
and insist the iambic bongos must be played
and rhymes positioned at the ends of lines,
one for every station of the cross.
But hang on here while we make the turn
into the final six where all will be resolved,
where longing and heartache will find an end,
where Laura will tell Petrarch to put down his pen,
take off those crazy medieval tights,
blow out the lights, and come at last to bed.
Le « Sonnet » de Billy Collins (publié en 1999) est un exemple de sonnet contemporain qui joue avec la forme même qu’il habite. Bien qu’il compte quatorze vers et utilise un rythme iambique (bien que lâchement) et la rime (un schéma non conventionnel qui émerge, approximativement ABCA DEFG HIHJ KK), son sujet est la forme du sonnet elle-même. Cette approche méta-poétique est caractéristique de certaines poésies modernes.
Le locuteur, apparemment en train d’écrire le poème, décompte les vers au fur et à mesure qu’il progresse, soulignant l’exigence de quatorze vers. Il fait référence au sonnet comme un « petit navire sur les mers agitées de l’amour », reconnaissant l’association traditionnelle de la forme avec les thèmes de l’amour. Il oppose l’acte apparemment simple de remplir les vers (« comme des rangées de haricots ») aux contraintes de la forme traditionnelle.
Il fait explicitement référence au sonnet « élisabéthain » (shakespearien), se moquant de ses exigences formelles, en particulier des « bongos iambiques » (le pentamètre iambique) et des « rimes positionnées à la fin des vers ». La comparaison des rimes à « chaque station de la croix » ajoute une touche d’hyperbole humoristique, suggérant que la stricte obéissance peut ressembler à une obligation religieuse.
La volta (le tournant) est explicitement mentionnée (« Mais attendez ici pendant que nous prenons le virage ») alors que le poème passe à ses six derniers vers, reconnaissant le passage traditionnel à la résolution. Cependant, la résolution offerte est une subversion spirituelle des thèmes traditionnels du sonnet. Au lieu de résoudre le désir ou le chagrin d’amour d’une manière grandiose et abstraite, le poème imagine avec humour la bien-aimée idéalisée de Pétrarque, Laure, brisant son personnage pour lui dire d’abandonner ses activités poétiques et de venir au lit.
Le « Sonnet » de Collins est un exemple de sonnet divertissant qui démystifie la forme en en parlant directement, tout en démontrant sa maîtrise. Il montre comment les poètes contemporains peuvent s’engager avec les formes classiques de manière innovante. Pour voir comment d’autres poètes contemporains ou étudiants abordent ces formes, vous pourriez rechercher des exemples de sonnets par des étudiants ou des ressources sur les formes poétiques.
En savoir plus sur les Sonnets : Ressources
Les sonnets font partie intégrante de l’histoire littéraire depuis des siècles, et de nombreuses ressources sont disponibles pour approfondir votre compréhension et votre appréciation de cette forme. Voici quelques pistes recommandées pour une exploration plus poussée, offrant plus d’exemples de sonnets et des commentaires éclairés.
The Poetry Foundation
La Poetry Foundation est une base de données en ligne inestimable offrant un accès gratuit à une vaste collection de poèmes, de biographies de poètes et d’articles sur les formes et les mouvements poétiques. Une recherche de « sonnet » sur leur site Web donnera d’innombrables exemples de différentes périodes et poètes, ainsi que des définitions, des essais et même des enregistrements audio. Bien qu’il s’agisse d’une ressource large, sa vaste collection de poésie fournit de nombreux exemples de sonnets pour l’étude.
Shakespeare’s Sonnets Online
Pour ceux qui s’intéressent particulièrement à l’ère élisabéthaine, Shakespeares-sonnets.com propose le texte intégral des 154 sonnets de Shakespeare, ainsi qu’une analyse détaillée vers par vers, un contexte historique et des informations sur les séquences du Jeune Homme Loyal et de la Dame Brune. Il inclut également des sonnets d’autres poètes notables de l’époque. Cette ressource ciblée offre une plongée approfondie dans une période clé pour la forme du sonnet et de nombreuses exemples de sonnets variés.
The Making of A Sonnet: A Norton Anthology
Cette anthologie complète retrace l’évolution du sonnet à travers cinq siècles, présentant un large éventail d’exemples de divers poètes et traditions. Elle comprend des essais critiques et un contexte historique, offrant une perspective académique approfondie sur le développement de la forme. C’est une excellente ressource pour une étude sérieuse et fournit une multitude d’exemples de sonnets en un seul endroit.
Pop Sonnets: Shakespearean Spins On Your Favorite Songs
Offrant un point d’entrée amusant et accessible, ce livre réinvente des chansons pop modernes sous forme de sonnets shakespeariens. C’est une façon créative de voir comment la forme et le langage traditionnels peuvent être appliqués à des thèmes contemporains, comblant le fossé entre la poésie classique et la culture populaire. Bien que non conventionnel, il fournit des exemples de sonnets adaptés engageants.
Shakespeare’s Sonnets, Retold
Ce livre propose des traductions en anglais moderne des sonnets de Shakespeare, en conservant le rythme et les schémas de rimes originaux tout en rendant la langue accessible aux lecteurs contemporains. Si vous avez du mal avec l’anglais élisabéthain mais souhaitez ressentir l’impact des sonnets de Shakespeare, cette ressource vous permet d’apprécier son œuvre plus directement et fournit des exemples de sonnets clairs.
Quelle est la prochaine étape ?
Explorer ces exemples de sonnets et leurs analyses est une excellente façon de bâtir votre compréhension de cette forme poétique importante. L’analyse poétique implique l’identification et l’interprétation de divers éléments. Pour affiner davantage vos compétences, envisagez d’apprendre les procédés littéraires et les éléments poétiques courants que les poètes utilisent pour créer du sens et évoquer des émotions.
Se pencher sur des concepts tels que définir une strophe dans un poème, l’imagerie, la métaphore, le symbolisme et les procédés sonores comme l’assonance peut vous fournir les outils nécessaires pour décortiquer les poèmes et apprécier leur construction complexe. Reconnaître ces éléments dans les exemples de sonnets que vous lisez enrichira votre expérience de lecture.
La pratique est essentielle. Continuez à lire des sonnets et d’autres formes de poésie. Plus vous lisez et vous engagez avec différents styles et périodes, plus vous serez à l’aise pour interpréter le langage et la forme poétiques. Examiner différents exemples de formes poétiques peut également mettre en évidence les caractéristiques uniques du sonnet. N’ayez pas peur de formuler vos propres interprétations – la poésie invite souvent à plusieurs couches de sens.