L’amour vécu en poésie : sentir sa présence intime

Le parcours de l’amour est un vaste paysage en poésie, souvent chroniqué depuis la première étincelle de l’attirance jusqu’à la douleur de la séparation ou le doux confort d’une relation de longue durée. Pourtant, il existe un terrain spécifique et lumineux au sein de ce paysage : l’état d’être en amour. C’est le sentiment d’un monde transformé, la manière unique dont la présence d’une autre personne remodèle la réalité, le sens profond de connexion qui s’installe dans le quotidien. La poésie nous offre des fenêtres sur cette expérience, articulant la joie, la paix, l’émerveillement ineffables, et parfois même une délicieuse désorientation, qui accompagnent le fait de partager sa vie profondément avec quelqu’un d’autre.

Contents

Contrairement aux poèmes sur le fait de tomber en amour (l’emballement initial) ou sur l’amour perdu (la douleur de l’absence), les poèmes sur l’amour vécu saisissent la réalité continue – l’espace partagé, les pensées entremêlées, le simple confort de la présence, la compréhension profonde qui se développe avec le temps. Ce sont les poèmes qui résonnent lorsque l’amour n’est pas une quête ou un souvenir, mais l’air que l’on respire. Cette exploration se penche sur des poèmes qui éclairent magnifiquement l’état d’être en amour, révélant sa nature multiple à travers diverses voix et styles.

Le confort et le refuge de l’espace partagé

L’un des aspects les plus profonds de l’amour vécu est le sentiment de trouver un havre, un lieu de sécurité et de confort dans la présence de l’autre personne. Les complexités et les défis de la vie semblent moins intimidants lorsqu’ils sont partagés.

Maya Angelou, une voix célèbre de la littérature américaine, capture magnifiquement cela dans « Come, And Be My Baby ». Au milieu du chaos de la vie moderne, le poème trouve le réconfort dans la simple invitation à la connexion :

There’s nothing quite so moving as beautiful love poems. Luckily for us romantics, they’ve been in abundant supply throughout history! From Rumi in the Islamic Golden Age, to iconic playwright William Shakespeare, to modern-day “Instapoets” like Rupi Kaur, love has been one of the most-explored themes among writers and poets for centuries.

In this post, we’ve put together the 65 most beautiful love poems ever written. Whether you’re looking for something to share with your partner, seeking solace after a breakup, or craving inspiration for how to write your own passionate prose, there’s bound to be a poem on this list which speaks to your heart.

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1. “Come, And Be My Baby” par Maya Angelou

Portrait de la poétesse et activiste des droits civiques Maya AngelouPortrait de la poétesse et activiste des droits civiques Maya Angelou

Maya Angelou fut l’une des poétesses et conteuses les plus acclamées d’Amérique, ainsi qu’une éducatrice et militante des droits civiques célébrée. Dans « Come, And Be My Baby », Angelou capture magnifiquement à quel point la vie moderne peut être accablante et le réconfort que l’amour peut apporter en période de difficultés — même si ce n’est que pour un moment.

2. « Bird-Understander » par Craig Arnold

These are your own words

your way of noticing

and saying plainly

of not turning away

from hurt

you have offered them

to me I am only

giving them back

if only I could show you

how very useless

they are not

L’honnêteté brute de la poésie de Craig Arnold fait de « Bird-Understander » un choix évident pour notre liste des plus beaux poèmes d’amour. Dans cette pièce, Arnold raconte un moment passé avec sa partenaire qui renforce encore son amour. Le langage est simple mais évocateur, créant une métaphore forte dans l’esprit du lecteur et facilitant une compréhension plus profonde des sentiments d’Arnold.

3. « Habitation » par Margaret Atwood

at the back where we squat

outside, eating popcorn

the edge of the receding glacier

where painfully and with wonder

at having survived even

this far

we are learning to make fire

Surtout connue pour son roman dystopique La Servante écarlate, d’un réalisme alarmant, Margaret Atwood démontre des forces similaires dans ce poème : « Habitation » est d’un réalisme saisissant. Pour mettre en contexte, Atwood y admet les défis du mariage et reconnaît le travail nécessaire pour les surmonter. C’est cette franchise qui rend le poème si beau.

4. « Variations on the Word Love » par Margaret Atwood

Auteure Margaret AtwoodAuteure Margaret Atwood

L’une des choses les plus fascinantes à propos de l’amour est qu’il peut prendre tant de formes différentes – platonique, passionné ou même condescendant. Margaret Atwood expose sans concession certaines d’entre elles dans son poème « Variations on the Word Love ».

5. « The More Loving One » par W.H. Auden

Were all stars to disappear or die,

I should learn to look at an empty sky

And feel its total dark sublime,

Though this might take me a little time.

Bien que les poèmes sur le chagrin d’amour ne soient pas aussi réconfortants que ceux sur les joies de l’amour, ils peuvent être tout aussi beaux et significatifs. La métaphore céleste élargie de « The More Loving One » de W.H. Auden le démontre – bien qu’il préférerait finalement être lui-même « celui qui aime le plus », Auden encapsule parfaitement la douleur de la perte lorsque l’amour se termine.

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6. « To My Dear and Loving Husband » par Anne Bradstreet

Thy love is such I can no way repay;

The heavens reward thee manifold, I pray.

Then while we live, in love let’s so persever,

That when we live no more, we may live ever.

La croyance puritaine d’Anne Bradstreet selon laquelle le mariage est un don de Dieu ressort fortement dans « To My Dear and Loving Husband ». En le lisant avec un regard moderne, il est facile de commencer le poème en étant un peu sceptique ; cependant, la gratitude et le dévouement sincères de Bradstreet envers son mari se manifestent rapidement pour en faire une affirmation profondément touchante de l’amour véritable.

7. « Always For The First Time » par André Breton

There is a silk ladder unrolled across the ivy

There is

That leaning over the precipice

Of the hopeless fusion of your presence and absence

I have found the secret

Of loving you

Always for the first time

« Always For The First Time » est l’ode d’André Breton à une femme qu’il n’a pas rencontrée, mais qu’il est prêt à attendre chaque jour. Breton fut le fondateur français du mouvement surréaliste, qui visait à brouiller les frontières entre les rêves et la réalité dans l’art – expliquant la nature plutôt fantaisiste de ce magnifique poème d’amour.

8. « Love and Friendship » par Emily Brontë

Mains diverses tenant une collection de poèmes d'amour, symbolisant la connexionMains diverses tenant une collection de poèmes d'amour, symbolisant la connexion

L’amour ne se limite pas forcément à la romance – l’amour entre amis peut être tout aussi fort et beau. Dans « Love and Friendship », Emily Brontë compare l’amour romantique à une rose – magnifique mais éphémère – et l’amitié à un houx qui peut endurer toutes les saisons.

9. « To Be In Love » par Gwendolyn Brooks

Le prochain sur notre liste des plus beaux poèmes sur l’amour est « To Be in Love » de Gwendolyn Brooks. Brooks était poétesse, auteure et enseignante – et peut-être plus remarquablement, en 1950, elle fut également la première écrivaine afro-américaine à recevoir un prix Pulitzer. Dans ce poème puissant, Brooks transmet les émotions intenses qui accompagnent le fait de tomber en amour et la façon dont cela peut changer toute votre perspective sur la vie.

To be in love

Is to touch with a lighter hand.

In yourself you stretch, you are well.

10. « How Do I Love Thee? (Sonnet 43) » par Elizabeth Barrett Browning

How do I love thee? Let me count the ways.

I love thee to the depth and breadth and height

My soul can reach, when feeling out of sight

For the ends of being and ideal grace.

Elizabeth Barrett Browning était une poétesse victorienne de renom qui a influencé l’œuvre de nombreux poètes de langue anglaise ultérieurs, dont Emily Dickinson. « How Do I Love Thee? » est l’un des poèmes les plus reconnaissables de Browning, et même l’un des poèmes d’amour les plus célèbres jamais écrits – sa déclaration d’amour ardente mais claire résonne auprès des lecteurs depuis plus de 150 ans.

11. « A Red, Red Rose » par Robert Burns

Portrait du poète écossais Robert BurnsPortrait du poète écossais Robert Burns

Tout comme Browning, l’amour profond de Robert Burns est évident dans son poème « A Red, Red Rose ». Burns déclare cet amour à la fois passionné et rafraîchissant – avec chaque comparaison, nous voyons que même le langage le plus charmant pâlit à côté de la profondeur de la « Luve » de Burns.

12. « She Walks in Beauty » par Lord Byron

She walks in beauty, like the night

Of cloudless climes and starry skies;

And all that’s best of dark and bright

Meet in her aspect and her eyes;

Thus mellowed to that tender light

Which heaven to gaudy day denies.

Bien que son auteur soit connu pour une vie d’aventure et de scandales, le poème « She Walks in Beauty » de Lord Byron fait remarquablement moins référence à l’amour passionné ou sexuel par rapport à ses autres œuvres. Cela dit, son émerveillement devant la beauté de cette femme transparaît instantanément, ce qui en fait un poème magnifiquement romantique.

13. « Love is a fire that burns unseen » par Luís Vaz de Camões

Love is a fire that burns unseen,

a wound that aches yet isn’t felt,

an always discontent contentment,

a pain that rages without hurting,

L’un des plus grands poètes du Portugal, Luís Vaz de Camões est connu pour sa poésie lyrique et ses épopées dramatiques. « Love is a fire that burns unseen » est un exemple de la première, reflétant ses nombreuses affaires amoureuses tumultueuses et la façon dont chacune a apporté une fusion complexe de plaisir et de douleur.

14. « Beautiful Signor » par Cyrus Cassells

This is the endless wanderlust:

dervish,

yours is the April-upon-April love

that kept me spinning even beyond your eventful arms

toward the unsurpassed:

the one vast claiming heart,

the glimmering,

the beautiful and revealed Signor.

« Beautiful Signor » est une entrée de la collection de poèmes de Cyrus Cassells du même nom, qu’il a dédiée aux « Amoureux partout ». Culturellement situé dans le contexte de l’épidémie de sida, le recueil vise à rappeler aux gens la beauté puissante de l’amour romantique.

15. « Rondel of Merciless Beauty » par Geoffrey Chaucer

Upon my word, I tell you faithfully

Through life and after death you are my queen;

For with my death the whole truth shall be seen.

Your two great eyes will slay me suddenly;

Their beauty shakes me who was once serene;

Straight through my heart the wound is quick and keen.

Largement considéré comme le « Père de la poésie anglaise », Geoffrey Chaucer a écrit certaines des œuvres les plus renommées de la langue anglaise, notamment « The Canterbury Tales » et « The Book of the Duchess ». Le poème indépendant « Rondel of Merciless Beauty » (traduit ici du moyen anglais) raconte le chagrin d’amour de Chaucer après avoir été quitté par l’amour de sa vie, lui jurant son dévouement éternel même si cela lui fait mal.

16. « Love Comes Quietly » par Robert Creeley

Le poème d’amour court mais saisissant de Robert Creeley résume bien le sentiment de ne jamais vouloir être séparé de la personne aimée, vous faisant presque oublier à quoi ressemblait la vie avant de la rencontrer.

17. « [i carry your heart with me(i carry it in] » par E. E. Cummings

i carry your heart with me(i carry it in

my heart)i am never without it(anywhere

i go you go,my dear;and whatever is done

by only me is your doing,my darling)

En tant que l’un des poètes américains les plus prolifiques du XXe siècle, E.E. Cummings n’a pas besoin d’introduction. Beaucoup de ses poèmes étaient centrés sur l’amour et « [i carry your heart with me(i carry it in] » est peut-être le plus connu d’entre eux. L’imagerie riche et l’infatuation intime lui valent une place de choix sur notre liste des plus beaux poèmes d’amour jamais écrits.

18. « [love is more thicker than forget] » par E.E. Cummings

love is more thicker than forget

more thinner than recall

more seldom than a wave is wet

more frequent than to fail

Autre brillant exemple de la poésie amoureuse de Cummings, [love is more thicker than forget]. Ce poème explore la complexité de l’amour, exprimant qu’il ne peut être simplement défini comme une chose ou une autre – et, en fait, dépeignant l’amour comme un paradoxe de rareté et de fréquence, de modestie et de profondeur, de santé mentale et de folie, et bien plus encore.

19. « Sthandwa sami (my beloved, isiZulu) » par Yrsa Daley-Ward

my thoughts about you are frightening but precise

I can see the house on the hill where we make our own vegetables out back

and drink warm wine out of jam jars

and sing songs in the kitchen until the sun comes up

wena you make me feel like myself again.

« Sthandwa sami (my beloved, isiZulu) » de Yrsa Daley-Ward est l’un des récits d’amour les plus personnels et révélateurs de cette liste. Le poème est extrait de son recueil bone, qui aborde certains des aspects les plus profonds de l’humanité, notamment la religion, le désir, la féminité, la race et la vulnérabilité.

20. « Married Love » par Guan Daosheng

You and I

Have so much love,

That it

Burns like a fire,

In which we bake a lump of clay

Molded into a figure of you

And a figure of me.

Guan Daosheng était une peintre et poétesse chinoise du début de la dynastie Yuan (1271-1368). « Married Love » utilise l’image de figurines d’argile pour représenter deux amoureux unis en un seul par l’acte sacré du mariage, de la même manière que l’argile se solidifie dans un four.

21. « Heart, we will forget him! » par Emily Dickinson

Heart, we will forget him!

You and I, to-night!

You may forget the warmth he gave,

I will forget the light.

« Heart, we will forget him! » s’aligne avec la nature puissante de tant de poèmes d’Emily Dickinson. C’est une réflexion puissante sur les conséquences d’une affaire d’amour passionnée et sur la façon dont elle a essayé de passer à autre chose, allant jusqu’à commander à son cœur de le faire, même en sachant que c’est futile.

22. « Air and Angels » par John Donne

Portrait du poète anglais John DonnePortrait du poète anglais John Donne

L’œuvre de John Donne est connue pour aborder la foi et le salut, ainsi que l’amour humain et divin. Dans « Angels and Air », Donne compare son amour au mouvement des anges – pur et élégant. Sa conclusion selon laquelle deux amoureux peuvent se réunir et devenir plus forts ajoute une autre couche à ce poème déjà très romantique.

23. « Flirtation » par Rita Dove

Outside the sun

has rolled up her rugs

and night strewn salt

across the sky. My heart

is humming a tune

I haven’t heard in years!

La séduction étincelante au début d’une nouvelle relation est sûrement l’une des parties les plus excitantes de l’amour. « Flirtation » de Rita Dove capture avec éloquence cette joie et cette anticipation, et est l’un des poèmes les plus pertinents sur cet aspect de l’amour.

24. « Heart to Heart » par Rita Dove

It’s neither red

nor sweet.

It doesn’t melt

or turn over,

break or harden,

so it can’t feel

pain,

yearning,

regret.

Dans « Heart to Heart », Rita Dove rejette les clichés typiques qui accompagnent le fait de tomber en amour. Avec son approche terre à terre du sujet, elle assure au lecteur visé que même si elle a du mal à montrer son amour, cela ne signifie pas qu’il n’est pas là.

25. « Love » par Carol Ann Duffy

you’re where I stand, hearing the sea, crazy

for the shore, seeing the moon ache and fret

for the earth. When morning comes, the sun, ardent,

covers the trees in gold, you walk

towards me,

out of the season, out of the light love reasons.

En 2009, Carol Ann Duffy a marqué l’histoire en étant nommée première femme et lesbienne ouvertement Poète Lauréate britannique. « Love » est un exemple parfait des poèmes de type monologue pour lesquels elle est connue, s’inscrivant dans son style d’écriture sensoriel et émotionnel habituel ; ici, elle décrit l’amour comme magnifiquement illimité, comme la lumière du soleil ou le son des vagues s’écrasant.

26. « The Love Poem » par Carol Ann Duffy

Ancienne Poète Lauréate du Royaume-Uni, Carol Ann DuffyAncienne Poète Lauréate du Royaume-Uni, Carol Ann Duffy

« The Love Poem » prend une approche différente, dépeignant la lutte de Duffy pour trouver les bons mots pour décrire son amour. Il est extrait de son recueil Rapture de 2005, qui retrace le parcours du locuteur à travers une affaire amoureuse ; à ce stade, Duffy devient métafictionnelle sur la poésie amoureuse, s’efforçant d’expliquer les défis de son écriture (et invoquant plusieurs autres poèmes célèbres en cours de route).

27. « Before You Came » par Faiz Ahmed Faiz

Don’t leave now that you’re here—

Stay. So the world may become like itself again:

so the sky may by the sky,

the road a road,

and the glass of wine not a mirror, just a glass of wine.

Faiz Ahmed Faiz a écrit sur l’amour, la politique et la communauté tout au long de sa vie tumultueuse, et a été particulièrement reconnu pour ses contributions à la poésie ourdou traditionnelle. Dans « Before You Came », Faiz écrit sur la façon dont sa perspective sur la vie a changé après être tombé en amour et sur le fait qu’il ne veut jamais être sans son amoureuse, qui l’aide à voir les choses telles qu’elles sont vraiment.

28. « Lines Depicting Simple Happiness » par Peter Gizzi

It feels right to notice all the shiny things about you

About you there is nothing I wouldn’t want to know

With you nothing is simple yet nothing is simpler

About you many good things come into relation

La beauté de la poésie de Peter Gizzi découle de sa simplicité. Dans « Lines Depicting Simple Happiness », l’adoration de Gizzi pour son amour est claire – cependant, il évite les clichés éculés, ce qui rend le poème à la fois plus personnel et moins mièvre que d’autres poèmes d’amour modernes.

29. « Six Sonnets: Crossing the West » par Janice Gould

In that communion of lovers, thick sobs

break from me as I think of my love

back home, all that I have done

and cannot say. This is the first time

I have left her so completely, so alone.

L’œuvre de Janice Gould se concentre sur les thèmes de l’amour et de la connexion, avec des liens forts avec son identité de lesbienne Maidu. Dans « Six Sonnets: Crossing the West », Gould compare son amoureuse à un rêve, ne manquant jamais de moyens éthérés pour la décrire… et pleurant lorsqu’elle s’éloigne, même temporairement.

30. « For Keeps » par Joy Harjo

La poétesse Joy HarjoLa poétesse Joy Harjo

Contraster l’amour avec la beauté de la nature aide à créer un lien indéfectible entre les deux. Cette comparaison aide à illustrer les sentiments de Joy Harjo pour son amoureuse dans son merveilleux poème, « For Keeps ».

31. « You Are the Penultimate Love of My Life » par Rebecca Hazelton

The garden you plant and I plant

is tunneled through by voles,

the vowels

we speak aren’t vows,

but there’s something

holding me here, for now,

like your eyes, which I suppose

are brown, after all.’

« You Are the Penultimate Love of My Life » est un poème d’amour peu orthodoxe, se concentrant sur les réalités plutôt que sur les fantasmes de l’amour vécu. Rebecca Hazelton n’écrit pas sur son âme sœur, et elle en est consciente – mais cela ne rend pas l’amour qu’ils partagent moins spécial.

32. « Yours » par Daniel Hoffman

I am yours as the summer air at evening is

Possessed by the scent of linden blossoms,

As the snowcap gleams with light

Lent it by the brimming moon.

Without you I’d be an unleaded tree

Blasted in a bleakness with no Spring.

Les métaphores soigneusement choisies par Daniel Hoffman font de « Yours » un poème d’amour véritablement magnifique. Le dévouement complet de Hoffman envers son amoureuse est évident – en la comparant à tout, des soirées d’été aux montagnes enneigées, il semble qu’il ne puisse cesser de penser à elle au fil des saisons.

33. « A Love Song for Lucinda » par Langston Hughes

Love

Is a high mountain

Stark in a windy sky.

If you

Would never lose your breath

Do not climb too high.

Chaque strophe de « A Love Song for Lucinda » de Langston Hughes compare l’amour à un sentiment spécifique, tous liés au monde naturel. Ce poème met l’accent sur l’exaltation de tomber en amour et l’enchantement total qui l’accompagne.

34. « Poem for My Love » par June Jordan

L’activiste politique, poétesse et essayiste June Jordan est l’une des écrivaines jamaïcaines-américaines les plus publiées de sa génération. Dans son « Poem for My Love », la locutrice est en absolue admiration spirituelle devant sa partenaire et la façon dont elle ressent leur amour transcendant.

35. « for him » par Rupi Kaur

no,

it won’t

be love at

first sight when

we meet it’ll be love

at first remembrance

‘cause i’ve recognized you

in my mother’s eyes when she tells me,

marry the type of man you’d want to raise your son to be like.

À seulement 21 ans, Rupi Kaur a écrit, illustré et auto-publié son premier recueil de poèmes, milk and honey. Elle décrit sa poésie comme « simple et accessible » – ce qui lui a permis d’atteindre des millions de lecteurs dans le monde entier, notamment via Instagram. « for him » est un exemple parfait d’un poème d’amour magnifique et puissant qui n’a pas besoin de faire trop d’efforts pour avoir un impact.

36. Sans titre par Rupi Kaur

love will hurt you but

love will never mean to

love will play no games

cause love knows life

has been hard enough already

Une autre entrée de milk and honey, ce court poème sans titre offre un regard doux-amer et las du monde, mais finalement généreux, sur l’amour et ses défis.

37. « Poem To An Unnameable Man » par Dorothea Lasky

And I will not cry also

Although you will expect me to

I was wiser too than you had expected

For I knew all along you were mine

Poétesse prolifique, Dorothea Lasky a écrit plusieurs recueils et dirige actuellement le programme de poésie à l’Université Columbia. Dans « Poem To An Unnameable Man », elle utilise l’imagerie céleste pour explorer une relation amoureuse, décrivant son pouvoir et sa force à l’amoureux qui la sous-estime.

38. « Movement Song » par Audre Lorde

Audre LordeAudre Lorde

« Movement Song » d’Audre Lorde parle de la fin d’une relation. Bien que la tristesse ressentie après que le cœur de la locutrice a été brisé soit claire, le poème se termine finalement par l’espoir que le couple puisse avoir un nouveau départ – bien qu’séparément.

39. « Camomile Tea » par Katherine Mansfield

We might be fifty, we might be five,

So snug, so compact, so wise are we!

Under the kitchen-table leg

My knee is pressing against his knee.

Our shutters are shut, the fire is low,

The tap is dripping peacefully;

The saucepan shadows on the wall

Are black and round and plain to see.

Katherine Mansfield a été louée pour sa capacité à simplifier des émotions complexes à travers des nouvelles et de la poésie. L’un des poèmes les plus tranquilles de cette liste, « Camomile Tea », dépeint un couple calme et silencieux, heureux de la vie qu’ils se sont créée, soulignant la joie sous-estimée que la familiarité et le confort paisibles apportent dans une relation.

40. « Love Elegy in the Chinese Garden, with Koi » par Nathan McClain

Because who hasn’t done that —

loved so intently even after everything

has gone? Love something that has washed

its hands of you? I like to think I’m different now,

that I’m enlightened somehow,

but who am I kidding?

L’inspiration de Nathan McClain pour « Love Elegy in the Chinese Garden, with Koi » fut un rendez-vous aux jardins botaniques de Huntington. Dans le poème, McClain visait à « explorer le sentiment d’anxiété » entre deux amoureux potentiels, et le lourd bagage émotionnel que les relations antérieures ratées peuvent vous imposer.

41. « I think I should have loved you presently (Sonnet IX) » par Edna St. Vincent Millay

I think I should have loved you presently,

And given in earnest words I flung in jest;

And lifted honest eyes for you to see,

And caught your hand against my cheek and breast;

And all my pretty follies flung aside

That won you to me, and beneath you gaze

« I think I should have loved you presently » d’Edna St. Vincent Millay sert de subversion de la forme traditionnelle du sonnet. Dans le poème, la locutrice déplore son incapacité à réciproquer l’affection sincère de son amoureux, choisissant plutôt les mots doux et la séduction superficielle plutôt qu’une connexion authentique.

42. « Love Sonnet XI » par Pablo Neruda

I crave your mouth, your voice, your hair.

Silent and starving, I prowl through the streets.

Bread does not nourish me, dawn disrupts

me, all day

I hunt for the liquid measure of your steps.

Il y a un fort sentiment de désir dans « Love Sonnet XI » de Pablo Neruda, alors que notre locuteur avoue que la pensée de son amour ne quitte jamais son esprit, le poussant jusqu’à la distraction. Évocateur et parfois alarmant, c’est un poème d’amour qui marche parfaitement sur la fine ligne floue entre romance et obsession.

43. « Your Feet » par Pablo Neruda

Le lauréat du prix Nobel Pablo NerudaLe lauréat du prix Nobel Pablo Neruda

Dans « Your Feet », Neruda exprime un dévouement similaire à son amour, expliquant son amour pour elle de la tête aux pieds, et rend grâce aux forces qu’il sent les avoir inévitablement réunis.

44. « Dear One Absent This Long While » par Lisa Olstein

I expect you. I thought one night it was you

at the base of the drive, you at the foot of the stairs

you in a shiver of light, but each time

leaves in wind revealed themselves,

the retreating shadow of a fox, daybreak.

We expect you, cat and I, bluebirds and I, the stove.

La locutrice dans « Dear One Absent This Long While » de Lisa Olstein attend anxieusement le retour de son être aimé à la maison. Le bourdonnement nerveux d’anticipation alors que la locutrice attend de retourner à une vie de confort et de banalité, un puzzle dont leur amoureux est la seule pièce manquante, donne à ce poème d’amour une belle honnêteté brute.

45. « My Lover Is a Woman » par Pat Parker

my lover is a woman

& when i hold her

feel her warmth

i feel good

feel safe

Pat Parker était une poétesse et activiste américaine qui a tiré une grande inspiration de sa vie en tant que féministe lesbienne afro-américaine. « My Lover Is a Woman » parle des luttes auxquelles Parker a fait face en tant que femme de couleur ouvertement queer, et du havre de paix que représente son amoureuse dans cette tempête.

46. « It Is Here » par Harold Pinter

What is this stance we take,

To turn away and then turn back?

What did we hear?

It was the breath we took when we first met.

Listen. It is here.

Les relations ont une drôle de façon de transcender le temps et l’espace, et cette transcendance est exprimée dans le magnifique poème d’amour « It Is Here » d’Harold Pinter, alors qu’il demande à son amoureuse de repenser au début de leur relation, et ce faisant, redonne vie au moment lointain.

47. Sans titre par Christopher Poindexter

I miss you even when you

are beside me.

I dream of your body

even when you are sleeping

in my arms.

The words I love you

could never be enough.

Christopher Poindexter présente ici un portrait profondément honnête et pertinent d’un amour qui dépasse les limites du langage, décrivant le désir accablant et paradoxal qu’il est possible de ressentir même lorsque l’être aimé est juste à côté de vous.

48. “Love Is Not A Word” par Riyas Qurana

Amidst all this

I keep a falling flower in the mid-air

Not to fall on the earth

Is it not up to you who search for it

To come and sit on it

And make love?

Don’t forget to bring the word

Darling

When you come.

Écrit du point de vue de l’amour personnifié, « Love Is Not A Word » est un poème plutôt ambigu. Riyas Qurana explore la notion d’amour dans son ensemble et la relie à la nature pour souligner à quel point elle est élémentaire à l’expérience humaine.

49. « [Again and again, even though we know love’s landscape] » par Rainer Maria Rilke

Again and again, even though we know love’s landscape

and the little churchyard with its lamenting names

and the terrible reticent gorge in which the others

end: again and again the two of us walk out together

under the ancient trees, lay ourselves down again and

again

among the flowers, and look up into the sky.

Le poète autrichien Rainer Maria Rilke croyait qu’aimer un autre être humain était « peut-être la plus difficile de toutes nos tâches » (Lettres à un jeune poète, 1929). Dans « [Again and again, even though we know love’s landscape] », Rilke célèbre l’amour continu, quotidien, que deux personnes peuvent partager, et la force qui découle du fait de se rendre assez vulnérable pour aimer un autre, malgré le risque de chagrin.

50. « Echo » par Christina Rossetti

Portrait de la poétesse victorienne Christina RossettiPortrait de la poétesse victorienne Christina Rossetti

Dans « Echo », Christina Rossetti réfléchit à un amour perdu et à la façon dont elle souhaite qu’il lui revienne comme un écho. Rossetti est désespérée, aspirant à son ex-amoureux, et le désir qui en résulte crée un poème d’amour à la fois déchirant et magnifique.

51. « I loved you first: but afterwards your love » par Christina Rossetti

I loved you first: but afterwards your love

Outsoaring mine, sang such a loftier song

As drowned the friendly cooings of my dove.

Which owes the other most? my love was long,

And yours one moment seemed to wax more strong

Malgré une préoccupation pour la réciprocité (ou son absence) dans ces lignes d’ouverture, un sentiment d’« unité » règne en fait tout au long de « I loved you first: but afterwards your love », également de Rossetti. Ce poème reflète le sentiment de compréhension complète entre deux personnes qui s’aiment profondément, alors que Rossetti explique comment leurs sentiments individuels se combinent pour créer un amour unique, un tout plus grand que la somme de ses parties.

52. « Defeated by Love » par Rumi

The sky was lit

by the splendor of the moon

So powerful

I fell to the ground

Your love

has made me sure

I am ready to forsake

this worldly life

and surrender

to the magnificence

of your Bering

Les mots du poète persan du XIIIe siècle Rumi ont transcendé les divisions nationales, ethniques et religieuses pendant des siècles. La passion et le dévouement dans « Defeated by Love » sont apparents dans chaque ligne, faisant de ce témoignage durable de la puissance de l’amour l’un des plus beaux poèmes d’amour de notre liste.

53. « Shall I compare thee to a summer’s day? (Sonnet 18) » par William Shakespeare

Le Barde, William ShakespeareLe Barde, William Shakespeare

Bien que William Shakespeare n’ait pas écrit de romans d’amour, peu de poètes d’amour sont plus célébrés et « Shall I compare thee to a summer’s day? » est peut-être la première ligne la plus iconique et reconnaissable de tout poème d’amour. Sa simplicité par rapport à certains des autres sonnets de Shakespeare le distingue d’une bibliothèque d’œuvres incomparables, mais les profondeurs cachées et les couches de sens dans ce mini-chef-d’œuvre densément emballé ont incité les lecteurs à y revenir pendant des siècles.

54. « Let me not to the marriage of true minds (Sonnet 116) » par William Shakespeare

Let me not to the marriage of true minds

Admit impediments. Love is not love

Which alters when it alteration finds,

Or bends with the remover to remove.

O no! it is an ever-fixed mark

Dans le « Sonnet 116 », Shakespeare parle de la permanence de l’amour – même si les personnes changent avec le temps, l’amour entre elles restera vrai et fort, sinon ce n’est pas de l’amour du tout.

55. « My mistress’ eyes are nothing like the sun » (Sonnet 130) par William Shakespeare

I grant I never saw a goddess go;

My mistress, when she walks, treads on the ground:

And yet, by heaven, I think my love as rare

As any she belied with false compare.

Dans la dernière entrée de Shakespeare sur notre liste, il conteste l’association traditionnelle de l’amour à la beauté. Peu importe à quoi ressemble son amoureuse – pour lui, elle est la chose la plus rare et la plus précieuse au monde.

56. « Love’s Philosophy » par Percy Bysshe Shelley

The fountains mingle with the river

And the rivers with the ocean,

The winds of heaven mix forever

With a sweet emotion;

Nothing in the world is single;

All things by a law divine

In one spirit meet and mingle

Why not I with thine?

« Love’s Philosophy », bien qu’étant un beau poème d’amour, offre une vision beaucoup plus logique de la romance que beaucoup d’autres poèmes de notre liste. Percy Bysshe Shelley exprime à son amoureuse que leur amour est aussi naturel qu’une rivière rencontrant l’océan – mais aussi que toutes les beautés de la nature n’ont aucun sens s’il ne l’a pas.

57. « One Day I Wrote her Name (Sonnet 75) » par Edmund Spenser

One day I wrote her name upon the strand,

But came the waves and washed it away:

Again I wrote it with a second hand,

But came the tide, and made my pains his prey.

Ce magnifique poème d’amour fait partie d’Amoretti, un cycle de sonnets sur la relation d’Edmund Spenser avec Elizabeth Boyle. Spenser explique dans le « Sonnet 75 » que – malgré la manière apparemment de mauvais augure dont ses tentatives de créer un monument physique à son amoureuse en écrivant son nom dans le sable sont répétitivement déjouées – son amour pour Boyle ne finira jamais, et il fera tout ce qu’il faut pour le faire durer.

58. « I Am Not Yours » par Sara Teasdale

Sara TeasdaleSara Teasdale

Le désir d’un amour authentique, passionné, total est le thème central de « I Am Not Yours » de Sara Teasdale. La locutrice ne ressent aucun sentiment d’appartenance dans sa relation actuelle, et veut trouver un partenaire qui la fasse se sentir perdue dans leur amour.

59. « Now Sleeps the Crimson Petal » par Alfred, Lord Tennyson

Now sleeps the crimson petal, now the white;

Nor waves the cypress in the palace walk;

Nor winks the gold fin in the porphyry font.

The firefly wakens; waken thou with me.

Now drops the milk-white peacock like a ghost,

And like a ghost she glimmers on to me.

« Now Sleeps the Crimson Petal » est une chanson tirée de The Princess, un poème narratif plus long d’Alfred, Lord Tennyson. Il a été inspiré par le ghazal, une forme persane de poésie amoureuse qui se concentre sur l’amour non durable, et est une leçon classique de description sensuelle.

60. « poem I wrote sitting across the table from you » par Kevin Varrone

I would fold myself

into the hole in my pocket and disappear

into the pocket of myself, or at least my pants

but before I did

like some ancient star

I’d grab your hand

Kevin Varrone confesse à quel point il se sent proche de son amoureuse dans « poem I wrote sitting across the table from you ». Écrit dans un moment de procrastination alors qu’il travaillait sur un vers plus long dans un café, le poème exprime comment Varrone veut que son amoureuse participe à toutes ses aventures, qu’elles soient grandes ou petites.

61. « On Earth We’re Briefly Gorgeous » par Ocean Vuong

Tell me it was for the hunger

& nothing less. For hunger is to give

the body what it knows

it cannot keep. That this amber light

whittled down by another war

is all that pins my hand

to your chest.

Bien que vous connaissiez probablement le roman de Vuong de 2019 du même nom, vous ne connaissez peut-être pas le poème qui est venu en premier. L’écriture d’Ocean Vuong invite le lecteur à ralentir et à comprendre chaque mot, et « On Earth We’re Briefly Gorgeous » explore les thèmes du désir, de l’impermanence et de l’envie lorsqu’on est amoureux.

62. « Love After Love » par Derek Walcott

You will love again the stranger who was your self.

Give wine. Give bread. Give back your heart

to itself, to the stranger who has loved you

all your life, whom you ignored

for another, who knows you by heart.

Le poète lauréat du prix Nobel Derek Walcott offre des conseils et du réconfort à toute personne vivant une rupture dans son poème « Love After Love ». Encourageant le lecteur à revenir à lui-même, le poème est un antidote dans un monde plein de poésie amoureuse qui s’attend à ce que nous nous donnions complètement à nos amants.

63. « I Love You » par Ella Wheeler Wilcox

I love your lips when they’re wet with wine

And red with a wild desire;

I love your eyes when the lovelight lies

Lit with a passionate fire.

I love your arms when the warm white flesh

Touches mine in a fond embrace;

I love your hair when the strands enmesh

Your kisses against my face.

Dans « I Love You », Ella Wheeler Wilcox expose les petits moments qui s’accumulent pour expliquer pourquoi la locutrice ressent une passion si intense pour son amour, avant de décrire les attributs plus froids qu’elle ne recherche pas dans une relation. Cette juxtaposition aide à rendre l’amour initial qu’elle décrit d’autant plus spécial.

64. « We Have Not Long to Love » par Tennessee Williams

Dramaturge et poète Tennessee WilliamsDramaturge et poète Tennessee Williams

Bien que plus connu pour ses pièces de théâtre qu’en tant qu’auteur romantique, Tennessee Williams était également un poète accompli. Dans « We Have Not Long to Love », Williams souligne l’importance d’apprécier le temps que nous avons et de chérir l’amour qui l’accompagne, en se souvenant que rien ne durera éternellement.

65. « Poem to First Love » par Matthew Yeager

To have been told “I love you” by you could well be, for me,

the highlight of my life, the best feeling, the best peak

on my feeling graph, in the way that the Chrysler building

might not be the tallest building in the NY sky but is

the best, the most exquisitely spired

Le « Poem to First Love » de Matthew Yeager est une romance de jeunesse douce-amère où, comme le titre l’indique, le locuteur se remémore sa relation avec son premier amour, et explore les différentes manières de quantifier logiquement la force absolument illogique de l’amour.

***

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Le pouvoir transformateur de l’amour vécu

Être en amour change souvent notre perception du monde et de nous-mêmes. Soudain, le banal prend une nouvelle signification, et l’essence du partenaire semble être une partie fondamentale de l’existence.

Gwendolyn Brooks, la première Afro-Américaine lauréate du prix Pulitzer pour la poésie, parle directement de cette transformation dans « To Be In Love » :

To be in love Is to touch with a lighter hand. In yourself you stretch, you are well.

Cela ne parle pas seulement de changements externes, mais d’une floraison interne rendue possible par l’amour partagé. De même, Faiz Ahmed Faiz, le poète ourdou acclamé, décrit un monde retrouvant sa vraie forme grâce à la présence de son amoureuse dans « Before You Came » :

Don’t leave now that you’re here— Stay. So the world may become like itself again: so the sky may by the sky, the road a road, and the glass of wine not a mirror, just a glass of wine.

Son monde n’était pas faux avant, mais il était vu à travers une lentille déformante jusqu’à ce que l’amour corrige sa vision. Dans une veine plus abstraite, E.E. Cummings capture la nature écrasante et omniprésente de sa bien-aimée dans « [i carry your heart with me(i carry it in] » :

i carry your heart with me(i carry it in my heart)i am never without it(anywhere i go you go,my dear;and whatever is done by only me is your doing,my darling)

Ce n’est pas seulement un doux sentiment ; cela décrit un état où les frontières du soi s’estompent, et l’influence du partenaire se fait sentir dans chaque action et chaque lieu. Cette connexion intime est une caractéristique de l’amour profondément ressenti, une connexion qui peut sembler à la fois simple et profonde.

Compréhension et connexion profondes

Au-delà du confort et de la transformation, l’amour vécu implique une profondeur de compréhension unique qui se développe entre deux personnes. C’est une reconnaissance du noyau de l’autre, une résonance qui semble à la fois méritée et inhérente.

« Bird-Understander » de Craig Arnold aborde cette appréciation tranquille de la manière d’être d’une partenaire :

These are your own words your way of noticing and saying plainly of not turning away from hurt you have offered them to me I am only giving them back if only I could show you how very useless they are not

Le poème est un témoignage de la valorisation des qualités inhérentes d’une partenaire, de sa perspective unique et de sa résilience, ce qui approfondit le lien.

Christina Rossetti explore un sens similaire d’identité entrelacée dans « I loved you first: but afterwards your love », où les affections individuelles fusionnent en une force singulière et puissante :

I loved you first: but afterwards your love Outsoaring mine, sang such a loftier song As drowned the friendly cooings of my dove. Which owes the other most? my love was long, And yours one moment seemed to wax more strong

Il ne s’agit pas de compétition, mais de la manière miraculeuse dont deux amours se combinent pour créer quelque chose de plus grand, une entité partagée qui transcende les parties individuelles. C’est l’état d’être en amour où « le tien » et « le mien » deviennent « le nôtre ».

Les joies tranquilles et la réalité partagée

Si les grandes déclarations ont leur place, une grande partie de l’amour vécu réside dans les moments calmes du quotidien. Le simple fait d’exister ensemble, de naviguer dans le banal, construit une beauté puissante et discrète.

« Camomile Tea » de Katherine Mansfield capture parfaitement cette tranquillité domestique :

We might be fifty, we might be five, So snug, so compact, so wise are we! Under the kitchen-table leg My knee is pressing against his knee. Our shutters are shut, the fire is low, The tap is dripping peacefully; The saucepan shadows on the wall Are black and round and plain to see.

Ce poème est une leçon magistrale pour trouver le sacré dans l’ordinaire. Le confort ne réside pas dans les grands gestes mais dans la proximité, la routine et l’espace partagé d’une soirée tranquille. Il souligne la beauté souvent négligée de la familiarité paisible qui découle de l’amour vécu au fil du temps.

Margaret Atwood, connue pour explorer les relations humaines complexes, aborde également la réalité et l’effort de l’amour soutenu dans « Habitation » :

at the back where we squat outside, eating popcorn the edge of the receding glacier where painfully and with wonder at having survived even this far we are learning to make fire

Ce n’est pas un conte de fées ; c’est une représentation de l’amour comme un processus de survie et d’effort, même « douloureux » parfois. Mais l’« émerveillement » d’avoir enduré et l’acte continu d’« apprendre à faire du feu » ensemble soulignent le lien profond qui se forme à travers l’expérience partagée et la persévérance – un aspect clé de l’état d’être en amour.

Passion et dévouement

Être en amour n’exclut certainement pas la passion et le dévouement profond. Ces sentiments sont souvent intensifiés par la sécurité et la profondeur d’une connexion établie.

Le « Love Sonnet XI » de Pablo Neruda exprime une concentration intense, presque dévorante, sur l’être aimé :

I crave your mouth, your voice, your hair. Silent and starving, I prowl through the streets. Bread does not nourish me, dawn disrupts me, all day I hunt for the liquid measure of your steps.

Bien que frôlant l’obsession, il capture l’intensité de la présence de l’être aimé dominant le monde du locuteur – une représentation puissante de l’état d’être totalement captivé. « Your Feet » de Neruda montre ce dévouement s’étendant à chaque partie de l’être aimé, exprimant sa gratitude pour les forces mêmes qui les ont réunis.

« I Love You » d’Ella Wheeler Wilcox est une expression plus directe, presque cataloguée, de la présence physique de l’être aimé et de son effet :

I love your lips when they’re wet with wine And red with a wild desire; I love your eyes when the lovelight lies Lit with a passionate fire. I love your arms when the warm white flesh Touches mine in a fond embrace; I love your hair when the strands enmesh Your kisses against my face.

Ce poème se concentre sur les aspects tangibles, sensoriels de la personne, détaillant les choses spécifiques qui alimentent la passion et rendent l’état d’être en amour si vif et désirable.

Amour durable et engagement

L’état d’être en amour implique une continuité, un sentiment de permanence qui transcende les moments fugaces. Les poètes ont longtemps cherché à articuler la nature durable de ce lien.

Le Sonnet 116 de Shakespeare, « Let me not to the marriage of true minds », définit célèbrement un amour qui est inébranlable :

Let me not to the marriage of true minds Admit impediments. Love is not love Which alters when it alteration finds, Or bends with the remover to remove. O no! it is an ever-fixed mark

Ce sonnet parle de l’idéal de l’amour comme une constante inébranlable, un point fixe dans un monde en évolution, qui est une pierre angulaire du sentiment d’un amour sûr et durable. De même, le Sonnet 75 d’Edmund Spenser, « One Day I Wrote her Name », contraste la nature éphémère du monde physique avec le pouvoir immortalisant de l’amour et de la poésie :

One day I wrote her name upon the strand, But came the waves and washed it away: Again I wrote it with a second hand, But came the tide, and made my pains his prey.

Malgré les vagues effaçant la marque physique, l’engagement du locuteur à rendre leur amour éternel par le verset reflète le désir que l’état d’être en amour dure pour toujours.

La complexité et les paradoxes de l’amour vécu

Être en amour n’est pas toujours un bonheur simple. Cela peut impliquer la vulnérabilité, l’effort et même des sentiments paradoxaux, comme le désir de quelqu’un qui est juste à côté de vous.

E.E. Cummings capture une partie de cette complexité dans « [love is more thicker than forget] » :

love is more thicker than forget more thinner than recall more seldom than a wave is wet more frequent than to fail

En utilisant des paradoxes, Cummings suggère que l’état d’être en amour défie toute définition facile, englobant des contradictions comme la rareté et la fréquence, la profondeur et la subtilité.

Le poème sans titre de Christopher Poindexter parle d’un paradoxe spécifique et pertinent de l’amour vécu – le sentiment de manquer de quelqu’un même en sa présence :

I miss you even when you are beside me. I dream of your body even when you are sleeping in my arms. The words I love you could never be enough.

Il ne s’agit pas de mécontentement mais d’un sentiment accablant de l’importance de l’être aimé, où même leur proximité souligne l’immensité du sentiment, la peur de ne jamais en être privé. C’est une illustration puissante de la profondeur de la connexion dans l’état d’être en amour.

Parfois, la réalité de l’amour vécu est reconnue sans idéalisation romantique. « You Are the Penultimate Love of My Life » de Rebecca Hazelton adopte un regard non conventionnel :

The garden you plant and I plant is tunneled through by voles, the vowels we speak aren’t vows, but there’s something holding me here, for now, like your eyes, which I suppose are brown, after all.’

Ce poème reconnaît l’imperfection (« tunneled through by voles »), le manque d’engagement conventionnel (« aren’t vows ») et même une touche d’incertitude (« for now », « I suppose »). Pourtant, la connexion sous-jacente (« something holding me here ») est réelle et puissante, suggérant que l’état d’être en amour peut exister authentiquement en dehors des récits traditionnels, dans l’acceptation d’une réalité partagée et imparfaite. Explorer les poèmes d’amour pour un homme ou une femme peut révéler d’autres nuances dans la façon dont les poètes capturent ces dynamiques complexes.

Conclusion

Les poèmes sur l’amour vécu offrent une riche tapisserie tissée de présence, de confort, de transformation, de compréhension, de passion, d’engagement et de réalités complexes. Ils vont au-delà de l’étincelle initiale ou de la douleur de la perte pour illuminer l’expérience continue et vécue de partager sa vie avec une autre personne. De la quiétude domestique capturée par Mansfield au dévouement transcendant exprimé par Rumi ou Neruda, ces poèmes donnent un langage à l’état multiforme qui définit la connexion profonde. Ils nous rappellent qu’être en amour n’est pas une condition statique mais un espace dynamique d’existence partagée, continuellement façonné par la présence, l’interaction et l’impact profond qu’une âme a sur une autre. Tout comme la poésie explore les hauts et les bas de l’existence, de la beauté de l’amour aux thèmes trouvés dans les poèmes de Robert Frost sur la mort, l’état d’être en amour reste l’un de ses sujets les plus durables et les plus résonants.