L’art poétique de Margaret Coats : « Windjam » et « Paisley »

Margaret Coats, une poète californienne titulaire d’un doctorat en littérature anglaise et américaine de l’Université Harvard, tisse des tapisseries complexes avec ses mots. Ses poèmes, souvent imprégnés d’images riches et d’allusions historiques, invitent les lecteurs à explorer les mondes tangible et intangible. Cette exploration se concentre sur deux de ses poèmes, « Windjam » et « Paisley », illustrant son mélange unique de narration et de langage descriptif.

Windjam : Un récit murmuré

« Windjam » se déroule comme une histoire miniature, capturant une rencontre fugace au milieu des teintes dorées de l’automne. Le poème s’ouvre sur une image vibrante :

Dry leaves abruptly fell that day— Whirled weathervane communiqué Proposing a quick stroll away Along a narrow inlaid path

(Traduction : Les feuilles sèches tombèrent brusquement ce jour-là — Message tourbillonnant de la girouette Proposant une promenade rapide Au long d’un sentier étroit et incrusté)

Les feuilles qui tombent deviennent un message, un « message tourbillonnant de la girouette », suggérant le changement de saison et préparant le terrain pour la rencontre. Le sentier étroit suggère l’intimité et un voyage partagé, même bref.

La scène se déplace vers une « pièce taillée dans la pierre » derrière les embruns d’une cascade, créant un sentiment de mystère et d’isolement. Un homme, décrit avec une douce humour comme ayant « des cheveux courts et blonds, / Un visage rond et rouge », offre un simple acte de courtoisie : retirer une feuille des cheveux de la femme. Ce geste apparemment insignifiant prend un poids symbolique lorsqu’il lui présente la feuille, une « lame dorée dentelée et orbiculaire », comme un gage de chance. Son départ solitaire laisse le lecteur avec un sentiment persistant de curiosité et le potentiel inexprimé d’une future connexion.

Paisley : Une symphonie de couleurs et d’histoire

Contrairement à l’orientation narrative de « Windjam », « Paisley » explore la riche histoire et les subtilités visuelles du motif cachemire. Le poème s’ouvre sur une série de descriptions évocatrices :

A droplet shape with curling tip Or Zoroaster’s swirling flame, Eccentric intricate ellipse adrip, Liquescent feathers nestled in a frame Flamboyant.

(Traduction : Une forme de gouttelette à la pointe recourbée Ou la flamme tourbillonnante de Zoroastre, Une ellipse excentrique et complexe ruisselante, Des plumes liquéfiées nichées dans un cadre Flamboyant.)

Coats utilise un langage vibrant — « flamme tourbillonnante », « plumes liquéfiées » — pour capturer la nature dynamique et fluide du motif cachemire. Le terme « flamboyant » donne le ton à l’exploration par le poème du caractère audacieux et expressif du motif.

Le poème voyage à travers l’histoire du cachemire, faisant référence à ses origines persanes sassanides et à son adoption ultérieure dans la mode occidentale. Coats entrelace habilement des descriptions de couleurs — « Marron et bordeaux et acajou » — avec un contexte historique, reliant le motif aux « époques où les pianos portaient un châle / Et les vêtements revêtaient un attrait oriental ». Elle oppose les perceptions « criardes » et « excessives » du cachemire à son élégance inhérente et à sa « sophistication subtile et oblique ».

Le poème se termine par une réflexion sur l’attrait durable du cachemire :

Though fashion swivels, thrilling thrift Tips off blue times to intertwine New hues, and let loops pool and stretch and shift In oval cobalt damascene design Endearing.

(Traduction : Bien que la mode pivote, l’épargne palpitante Indique aux temps bleus d’entrelacer De nouvelles teintes, et de laisser les boucles s’accumuler, s’étirer et se déplacer Dans un motif damasquiné ovale et cobalt Attachant.)

Ce passage suggère que le cachemire, malgré la nature éphémère des tendances de la mode, possède une qualité intemporelle qui continue de captiver et d’« attacher » à travers les générations.

Une tapisserie de mots

« Windjam » et « Paisley » illustrent l’habileté de Margaret Coats à utiliser le langage pour créer des images vives et évoquer un éventail d’émotions. Alors que « Windjam » charme par sa simplicité narrative et sa suggestion subtile, « Paisley » captive par sa riche tapisserie d’allusions historiques et de descriptions vibrantes. Grâce à son travail minutieux des mots, Coats invite les lecteurs à apprécier la beauté et la complexité tissées à la fois dans le monde naturel et dans les créations artistiques de l’humanité.