William Shakespeare, le célèbre poète et dramaturge anglais (1564-1616), a non seulement écrit des pièces emblématiques, mais aussi une remarquable collection de 154 sonnets et plusieurs autres poèmes plus courts. Ses œuvres poétiques explorent des thèmes profonds tels que l’amour, la beauté, la mortalité et le passage du temps, démontrant sa maîtrise inégalée de la langue et sa profondeur émotionnelle. Cet article explore quelques poèmes courts notables écrits par William Shakespeare, offrant un aperçu de son génie lyrique.
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Portrait de William Shakespeare
Sonnet 116 : Un repère immuable
L’un des sonnets les plus célèbres de Shakespeare, le Sonnet 116, définit le véritable amour comme une force inébranlable, imperméable aux tempêtes et aux ravages du temps.
Ne permets pas que j’empêche l’union des âmes sœurs ; l’amour n’est pas amour s’il s’altère quand il trouve de l’altération ou s’incline quand l’autre s’éloigne. Oh non ! c’est un repère immuable qui regarde les tempêtes et n’est jamais ébranlé ; c’est l’étoile de chaque barque errante dont la valeur est inconnue, bien que sa hauteur soit mesurée. L’amour n’est pas le bouffon du temps, bien que les lèvres et les joues roses tombent sous la courbe de sa faucille ; l’amour ne change pas avec ses brèves heures et semaines, mais il le supporte jusqu’au bord du trépas. Si c’est une erreur et que cela m’est prouvé, je n’ai jamais écrit, et aucun homme n’a jamais aimé.
Ce sonnet emploie magistralement des métaphores comme le « repère immuable » et « l’étoile de chaque barque errante » pour exprimer la nature inébranlable du véritable amour. Il soutient que l’amour véritable reste constant, insensible aux forces extérieures ou au passage du temps.
Sonnet 18 : Te comparerai-je à un jour d’été ?
Un autre poème court emblématique écrit par William Shakespeare, le Sonnet 18, compare l’être aimé à un jour d’été, concluant finalement que sa beauté surpasse même l’été le plus parfait.
Te comparerai-je à un jour d’été ? Tu es plus aimable et plus tempéré : les vents violents secouent les chers bourgeons de mai, et le bail de l’été a une échéance bien trop courte : parfois l’œil du ciel brille trop fort, et souvent son teint doré est obscurci ; et toute beauté décline parfois, par hasard ou par le cours changeant de la nature ; mais ton éternel été ne se fanera pas, ni ne perdra possession de cette beauté que tu possèdes ; la mort ne se vantera pas que tu erres dans son ombre, quand, en vers éternels, tu croîtras avec le temps : tant que les hommes pourront respirer ou que les yeux pourront voir, tant que ceci vivra et te donnera la vie.
Ce sonnet souligne la nature éphémère de l’été, la contrastant avec la beauté éternelle du sujet, immortalisée par le poème lui-même.
Sonnet 29 : Quand, en disgrâce auprès de la Fortune et des yeux des hommes
Le Sonnet 29 explore les thèmes du doute de soi et du pouvoir rédempteur de l’amour. Le locuteur, initialement découragé, trouve réconfort et espoir renouvelé dans la pensée de son bien-aimé.
Quand, en disgrâce auprès de la Fortune et des yeux des hommes, je pleure tout seul mon état de paria, et trouble le ciel sourd avec mes cris inutiles, et me regarde et maudis mon destin, me souhaitant semblable à quelqu’un de plus riche en espoir, avec les traits de celui-ci, comme lui pourvu d’amis, désirant l’art de cet homme et la portée de celui-là, le moins content de ce dont je jouis le plus ; pourtant, dans ces pensées, me méprisant presque moi-même, il m’arrive de penser à toi, et alors mon état, comme l’alouette au lever du jour s’élevant de la terre maussade, chante des hymnes à la porte du ciel ; car le souvenir de ton doux amour apporte une telle richesse que je méprise alors de changer mon état avec celui des rois.
Le changement radical de ton, du désespoir à la joie, souligne l’impact transformateur de l’amour, élevant le locuteur au-dessus des préoccupations mondaines.
Le monde entier est une scène : Les sept âges de l’homme
Cet extrait de Comme il vous plaira présente une vision métaphorique de la vie humaine comme une pièce de théâtre en sept actes ou âges distincts.
Le monde entier est une scène, et tous les hommes et les femmes ne sont que des acteurs ; ils ont leurs sorties et leurs entrées, et un seul homme en son temps joue plusieurs rôles, ses actes étant de sept âges…
Le portrait perspicace de Shakespeare des différentes étapes de la vie, de l’enfance à la vieillesse, continue de résonner auprès du public aujourd’hui.
Conclusion
Ces courts poèmes écrits par William Shakespeare, qu’il s’agisse de sonnets ou d’extraits de ses pièces, offrent un puissant témoignage de son héritage poétique durable. Sa capacité à capturer des émotions complexes et des thèmes universels dans un langage concis et évocateur a consolidé sa place parmi les plus grands écrivains de langue anglaise. Ses œuvres continuent d’inspirer et de captiver les lecteurs, offrant un aperçu intemporel de la condition humaine.