{"id":13277,"date":"2025-05-25T10:11:32","date_gmt":"2025-05-25T10:11:32","guid":{"rendered":"https:\/\/latrespace.com\/catulle-explorer-ses-poemes-et-lart-de-la-traduction\/"},"modified":"2025-05-25T10:11:32","modified_gmt":"2025-05-25T10:11:32","slug":"catulle-explorer-ses-poemes-et-lart-de-la-traduction","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/latrespace.com\/fr\/catulle-explorer-ses-poemes-et-lart-de-la-traduction\/","title":{"rendered":"Catulle : explorer ses po\u00e8mes et l&rsquo;art de la traduction"},"content":{"rendered":"<p>Gaius Valer\u00e8re Catullus, un po\u00e8te romain \u00e9crivant \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque tumultueuse de la fin de la R\u00e9publique, a laiss\u00e9 derri\u00e8re lui une collection de vers qui continuent de r\u00e9sonner avec une imm\u00e9diatet\u00e9 frappante. Ses po\u00e8mes, bruts, passionn\u00e9s, satiriques et profond\u00e9ment personnels, offrent une fen\u00eatre unique sur la vie, les amours et le monde social de Rome au Ier si\u00e8cle avant J.-C. Pour les lecteurs modernes, acc\u00e9der \u00e0 cette voix vibrante d\u00e9pend souvent de la qualit\u00e9 et de l&rsquo;accessibilit\u00e9 des <strong>traductions des po\u00e8mes de Catulle<\/strong>. La traduction n&rsquo;est pas un simple transfert de mots ; c&rsquo;est un acte qui jette un pont entre les cultures et les si\u00e8cles, tentant de capturer l&rsquo;esprit, la m\u00e9trique et l&rsquo;\u00e9motion cinglante du latin original.<\/p>\n<p>Cet article plonge dans le monde de Catulle, explorant ses th\u00e8mes vari\u00e9s et son attrait durable \u00e0 travers le prisme de la traduction. Nous examinerons ses po\u00e8mes c\u00e9l\u00e8bres, du tristement c\u00e9l\u00e8bre cycle de Lesbie aux invectives mordantes et aux \u00e9l\u00e9gies touchantes, appr\u00e9ciant la mani\u00e8re dont une traduction habile permet \u00e0 ces vers antiques de s&rsquo;\u00e9panouir \u00e0 nouveau.<\/p>\n<h2>Gaius Valerius Catullus : Vie, amours et paysage litt\u00e9raire<\/h2>\n<p>N\u00e9 \u00e0 V\u00e9rone vers 84 avant J.-C., Catulle arriva \u00e0 Rome pendant une p\u00e9riode de bouleversements politiques et de changements sociaux importants. Contrairement aux grands po\u00e8tes \u00e9piques des \u00e9poques ant\u00e9rieures, Catulle se concentra sur l&rsquo;accent mis par le mouvement <em>novi poetae<\/em> (les nouveaux po\u00e8tes) sur l&rsquo;exp\u00e9rience personnelle, la versification raffin\u00e9e et les mod\u00e8les grecs (en particulier les po\u00e8tes hell\u00e9nistiques comme Callimaque). Son \u0153uvre se caract\u00e9rise par sa franchise frappante, son intensit\u00e9 \u00e9motionnelle et sa brillance technique \u00e0 travers diverses m\u00e9triques.<\/p>\n<p>Son sujet le plus c\u00e9l\u00e8bre est l&rsquo;\u00e9nigmatique Lesbie, que l&rsquo;on croit \u00eatre Clodia, l&rsquo;\u00e9pouse de Quintus Caecilius Metellus Celer. Le cycle de Lesbie retrace la trajectoire volatile de leur liaison, de l&rsquo;amour extatique \u00e0 la d\u00e9sillusion am\u00e8re. Mais la po\u00e9sie de Catulle s&rsquo;\u00e9tend bien plus loin, s&rsquo;adressant \u00e0 des amis (comme Calvus, Cinna et Veranius), fustigeant des ennemis (Mamurra, C\u00e9sar, Gellius), pleurant des pertes (son fr\u00e8re) et c\u00e9l\u00e9brant les rituels de la vie (mariages). Sa capacit\u00e9 \u00e0 saisir les moments fugaces de l&rsquo;\u00e9motion humaine, ainsi qu&rsquo;un commentaire social acerbe et de l&rsquo;obsc\u00e9nit\u00e9, fait de lui l&rsquo;une des figures les plus fascinantes et les plus accessibles de l&rsquo;Antiquit\u00e9.<\/p>\n<h2>L&rsquo;art de la traduction : Redonner vie au latin antique<\/h2>\n<p>Traduire Catulle pr\u00e9sente un ensemble unique de d\u00e9fis. La langue latine, avec son ordre des mots flexible et ses riches flexions, diff\u00e8re grandement du fran\u00e7ais. Catulle utilisait une vari\u00e9t\u00e9 de m\u00e8tres, que les traducteurs doivent d\u00e9cider de reproduire, d&rsquo;adapter ou d&rsquo;abandonner au profit du vers libre. De plus, ses po\u00e8mes contiennent de nombreuses allusions \u00e0 la vie romaine contemporaine, \u00e0 la mythologie et \u00e0 des individus sp\u00e9cifiques, n\u00e9cessitant des notes explicatives pour les lecteurs modernes. L&rsquo;usage notoire du po\u00e8te d&rsquo;un langage explicite et d&rsquo;invectives tranchantes force \u00e9galement les traducteurs \u00e0 affronter des questions de ton et de fid\u00e9lit\u00e9.<\/p>\n<p>Une <strong>traduction r\u00e9ussie des po\u00e8mes de Catulle<\/strong> ne capture pas seulement le sens litt\u00e9ral, mais aussi l&rsquo;esprit, l&rsquo;\u00e9nergie et le poids \u00e9motionnel de l&rsquo;original. Elle cherche \u00e0 faire entendre et sentir la voix ancienne par un nouveau public. La traduction d&rsquo;A. S. Kline, pr\u00e9sent\u00e9e dans le texte original, est une telle tentative de rendre Catulle accessible, pr\u00e9sentant les po\u00e8mes dans un anglais clair et moderne.<\/p>\n<p>Pour explorer d&rsquo;autres vari\u00e9t\u00e9s de vers au-del\u00e0 de Catulle, vous pourriez \u00eatre int\u00e9ress\u00e9 par quelques-uns des <a href=\"https:\/\/latrespace.com\/best-short-poems-ever\/\">meilleurs courts po\u00e8mes jamais \u00e9crits<\/a> \u00e0 travers l&rsquo;histoire et les cultures.<\/p>\n<h2>Exploration des po\u00e8mes traduits de Catulle<\/h2>\n<p>La collection pr\u00e9sent\u00e9e ici propose un voyage \u00e0 travers les \u0153uvres les plus c\u00e9l\u00e8bres et les plus caract\u00e9ristiques de Catulle. Num\u00e9rot\u00e9s selon la convention, ces po\u00e8mes r\u00e9v\u00e8lent l&rsquo;\u00e9tendue de ses int\u00e9r\u00eats po\u00e9tiques et de sa gamme \u00e9motionnelle.<\/p>\n<h3>Po\u00e8me 1 : La D\u00e9dicace<\/h3>\n<p><em>Commentaire :<\/em> Catulle d\u00e9die son \u00ab\u00a0petit livre frais\u00a0\u00bb \u00e0 Cornelius Nepos, reconnaissant le travail savant de son ami et esp\u00e9rant que ses propres \u00ab\u00a0bagatelles\u00a0\u00bb (vers l\u00e9gers) perdureront. Ce po\u00e8me donne le ton d&rsquo;une ambition modeste contrastant avec la qualit\u00e9 durable de ses vers.<\/p>\n<blockquote>\n<p>\u00c0 qui j&rsquo;envoie ce petit livre frais d&rsquo;esprit, tout juste poli \u00e0 la pierre ponce s\u00e8che ? \u00c0 toi, Cornelius : puisque tu avais l&rsquo;habitude de consid\u00e9rer mes bagatelles comme valant quelque chose m\u00eame alors, quand toi seul parmi les Italiens osais expliquer tous les \u00e2ges, en trois ouvrages savants, par Jupiter, et avec le plus grand labeur. Alors prends ce petit livre pour tien : quel qu&rsquo;il soit, et quelle que soit sa valeur : Vierge Muse, protectrice, qu&rsquo;il dure, pour plus d&rsquo;une vie.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/latrespace.com\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/interiorcatulluscover.webp\" alt=\"Auteur romain d\u00e9diant un livre\" width=\"250\" height=\"375\" \/><em class=\"cap-ai\">Auteur romain d\u00e9diant un livre<\/em><\/p>\n<h3>Po\u00e8me 2 : Larmes pour le moineau de Lesbie<\/h3>\n<p><em>Commentaire :<\/em> Un portrait affectueux de Lesbie jouant avec son moineau de compagnie. Le po\u00e8me capture un moment de tendresse et sugg\u00e8re l&rsquo;intensit\u00e9 des sentiments de l&rsquo;orateur pour Lesbie, contrastant son interaction ludique avec l&rsquo;oiseau avec sa propre \u00ab\u00a0forte passion\u00a0\u00bb.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Moineau, d\u00e9lice de ma douce fille, avec qui elle joue, qu&rsquo;elle tient contre sa poitrine, \u00e0 qui, gourmande, elle donne son petit doigt, te provoquant souvent \u00e0 une morsure aigu\u00eb, chaque fois que mon brillant d\u00e9sir souhaite jouer avec quelque chose qu&rsquo;elle aime, je suppose, pendant que la forte passion s&rsquo;apaise, ce pourrait \u00eatre un petit soulagement \u00e0 sa douleur : puis-je jouer avec toi comme elle le fait et apaiser les soucis d&rsquo;un esprit triste !<\/p>\n<\/blockquote>\n<h3>Po\u00e8me 2b : Atalante<\/h3>\n<p><em>Commentaire :<\/em> Un court po\u00e8me elliptique faisant r\u00e9f\u00e9rence au mythe d&rsquo;Atalante et des pommes d&rsquo;or. Il est souvent interpr\u00e9t\u00e9 comme une image br\u00e8ve et suggestive du d\u00e9sir et de la soumission, peut-\u00eatre un fragment ou une pi\u00e8ce compl\u00e9mentaire.<\/p>\n<blockquote>\n<p>C&rsquo;est aussi agr\u00e9able pour moi que, dit-on, cette pomme d&rsquo;or le fut pour la jeune fille rapide, qui d\u00e9noua sa ceinture, trop longtemps nou\u00e9e.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/latrespace.com\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/interiorcatullus2b.webp\" alt=\"Sc\u00e8ne mythologique avec des figures\" width=\"600\" height=\"496\" \/><em class=\"cap-ai\">Sc\u00e8ne mythologique avec des figures<\/em><\/p>\n<h3>Po\u00e8me 3 : La Mort du moineau de Lesbie<\/h3>\n<p><em>Commentaire :<\/em> Une c\u00e9l\u00e8bre complainte pour la mort du moineau de Lesbie, contrastant la pr\u00e9sence famili\u00e8re de l&rsquo;oiseau avec sa descente aux enfers. Le ton est plaintif et exag\u00e9r\u00e9, soulignant la profondeur du chagrin de Lesbie (et de l&rsquo;orateur), et personnifiant l&rsquo;oiseau comme un compagnon bien-aim\u00e9. Ce chagrin hyperbolique souligne la d\u00e9votion de l&rsquo;orateur envers Lesbie.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Pleurez, vous les Amours et les Cupides et ceux d&rsquo;entre vous qui aiment la beaut\u00e9 : le moineau de ma fille est mort, moineau, le d\u00e9lice de la fille, qu&rsquo;elle aimait plus que ses yeux. Car il \u00e9tait doux comme le miel, et la connaissait aussi bien que la fille sa propre m\u00e8re, il ne bougeait jamais de ses genoux, mais, sautillant \u00e7\u00e0 et l\u00e0, il gazouillait seulement pour sa ma\u00eetresse. Maintenant, il descend le chemin ombreux d&rsquo;o\u00f9 l&rsquo;on dit que personne ne revient. Maintenant, que le mal soit \u00e0 vous, ombres mauvaises d&rsquo;Orcus, qui d\u00e9vorez tout ce qui est beau : vous m&rsquo;avez vol\u00e9 ce charmant moineau. \u00d4 acte mal\u00e9fique ! \u00d4 pauvre petit moineau ! Maintenant, par tes efforts, les yeux de ma fille sont enfl\u00e9s et rouges de pleurs.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/latrespace.com\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/interiorcatullus3.webp\" alt=\"Image d&#039;une figure associ\u00e9e au monde souterrain\" width=\"458\" height=\"600\" \/><em class=\"cap-ai\">Image d&#039;une figure associ\u00e9e au monde souterrain<\/em><\/p>\n<h3>Po\u00e8me 4 : Son Bateau<\/h3>\n<p><em>Commentaire :<\/em> Ce po\u00e8me, apparemment sur un bateau, se transforme en m\u00e9taphore de la vie ou des exp\u00e9riences de l&rsquo;orateur. Le bateau raconte son histoire, depuis le bois sur une montagne jusqu&rsquo;\u00e0 la navigation sur des mers dangereuses, pour finalement reposer en toute s\u00e9curit\u00e9. Il r\u00e9fl\u00e9chit aux voyages, \u00e0 la vitesse et au vieillissement tranquille \u00e9ventuel.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Ce bateau que vous voyez, amis, vous dira qu&rsquo;elle fut la plus rapide des embarcations, ne pouvant \u00eatre d\u00e9fi\u00e9e en vitesse par aucun navire \u00e0 flot, qu&rsquo;il soit pouss\u00e9 par la voile ou le labeur des rames. La c\u00f4te mena\u00e7ante de l&rsquo;Adriatique ne le niera pas, ni les \u00eeles des Cyclades, ni la noble Rhodes, ni le Bosphore redoutable, ni la baie sinistre de la Mer Noire o\u00f9, avant de devenir bateau, elle \u00e9tait du bois feuillu : car sur les hauteurs de Cytorus elle sifflait souvent aux feuilles murmurantes. Le bateau dit que ces choses vous \u00e9taient bien connues, et le sont encore, Amastris et Cytorus par\u00e9 de buis : elle dit que depuis le tout d\u00e9but elle se tenait sur votre pente, qu&rsquo;elle plongea ses rames dans votre eau, et y transporta son propri\u00e9taire \u00e0 travers tant de lames obstin\u00e9es, que le vent crie de tribord ou de b\u00e2bord, ou que Jupiter frappe les \u00e9coutes d&rsquo;un c\u00f4t\u00e9 et de l&rsquo;autre, ensemble : et aucune pri\u00e8re aux dieux du rivage ne lui fut offerte, quand elle vint d&rsquo;une mer \u00e9trang\u00e8re ici, aussi loin que ce lac limpide. Mais c&rsquo;est du pass\u00e9 : maintenant, cach\u00e9e ici, elle vieillit tranquillement et s&rsquo;offre \u00e0 vous, Castor et son fr\u00e8re, Jumeaux c\u00e9lestes.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/latrespace.com\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/interiorcatullus4.webp\" alt=\"Peinture de figures mythologiques\" width=\"600\" height=\"492\" \/><em class=\"cap-ai\">Peinture de figures mythologiques<\/em><\/p>\n<h3>Po\u00e8me 5 : Vivons et Aimons : \u00e0 Lesbie<\/h3>\n<p><em>Commentaire :<\/em> Peut-\u00eatre le plus c\u00e9l\u00e8bre des po\u00e8mes de Catulle, \u00ab\u00a0Vivamus, mea Lesbia, atque amemus\u00a0\u00bb (Vivons, ma Lesbie, et aimons) est un plaidoyer passionn\u00e9 pour embrasser l&rsquo;amour face \u00e0 la d\u00e9sapprobation sociale et \u00e0 la bri\u00e8vet\u00e9 de la vie. L&rsquo;accent mis sur les innombrables baisers devient un moyen de d\u00e9fier la convention et de mesurer l&rsquo;intensit\u00e9 incommensurable de leur amour. C&rsquo;est un <a href=\"https:\/\/latrespace.com\/romantic-poem\/\">po\u00e8me romantique<\/a> par excellence.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Vivons, ma Lesbie, aimons, et toutes les paroles des vieillards, si moralisateurs, qu&rsquo;elles valent moins que rien pour nous ! Les soleils peuvent se coucher, et les soleils peuvent se lever \u00e0 nouveau : mais quand notre courte lumi\u00e8re se sera couch\u00e9e, la nuit est un long sommeil \u00e9ternel. Donne-moi mille baisers, cent de plus, encore mille, et encore cent, et, quand nous aurons compt\u00e9 les nombreux milliers, m\u00e9lange-les pour ne pas tous les conna\u00eetre, afin qu&rsquo;aucun ennemi ne puisse jeter un mauvais \u0153il, en sachant qu&rsquo;il y eut tant de baisers.<\/p>\n<\/blockquote>\n<h3>Po\u00e8me 6 : La Fille de Flavius : \u00e0 Flavius<\/h3>\n<p><em>Commentaire :<\/em> Un po\u00e8me ludique et suggestif s&rsquo;adressant \u00e0 un ami, Flavius, manifestement engag\u00e9 dans une liaison passionn\u00e9e et secr\u00e8te. Catulle d\u00e9crit avec humour les signes r\u00e9v\u00e9lateurs des activit\u00e9s nocturnes de Flavius, le pressant de se confesser afin qu&rsquo;il puisse immortaliser son amour en vers.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Flavius, \u00e0 moins que tes d\u00e9lices ne soient insipides et peu \u00e9l\u00e9gants, tu voudrais raconter, et tu ne pourrais te taire. S\u00fbrement es-tu amoureux d&rsquo;une petite putain fi\u00e9vreuse : tu as honte de le confesser. Maintenant, inutilement silencieux, tu ne sembles pas inactif la nuit, c&rsquo;est proclam\u00e9 par ton lit couronn\u00e9, parfum\u00e9 de parfum syrien, coussins et oreillers \u00e9cras\u00e9s, ici et l\u00e0, et le cadre tremblant secou\u00e9, fr\u00e9missant et errant. Mais le silence ne te sert \u00e0 rien. Pourquoi ? Les cuisses \u00e9cart\u00e9es le clament, sinon tout \u00e0 fait la folie que tu commets. Comment et quoi que tu aies, bon ou mauvais, dis-le-nous. Je veux te nommer, toi et tes amours, aux cieux dans des vers charmants.<\/p>\n<\/blockquote>\n<h3>Po\u00e8me 7 : Combien de Baisers : \u00e0 Lesbie<\/h3>\n<p><em>Commentaire :<\/em> Suite du po\u00e8me 5, Lesbie demande combien de baisers seraient \u00ab\u00a0suffisants\u00a0\u00bb. Catulle r\u00e9pond par des comparaisons extravagantes \u2013 grains de sable en Libye, \u00e9toiles dans le ciel nocturne \u2013 sugg\u00e9rant que son d\u00e9sir est incommensurable et au-del\u00e0 du calcul humain, les prot\u00e9geant des regards envieux.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Lesbie, tu demandes combien de tes baisers seraient suffisants et plus encore pour me satisfaire. Autant que les grains de sable de Libye qui gisent entre l&rsquo;oracle du chaud Jupiter, \u00e0 Ammon, dans la Cyr\u00e8ne produisant de la r\u00e9sine, et le tombeau sacr\u00e9 du vieux Battiade : ou autant que les \u00e9toiles, quand la nuit est calme, contemplant les d\u00e9sirs humains secrets : autant de tes baisers sont suffisants, et plus encore, pour le fou Catulle, qu&rsquo;ils ne peuvent \u00eatre compt\u00e9s par les espions ni ensorcel\u00e9s par une langue mauvaise.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/latrespace.com\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/interiorcatullus7.webp\" alt=\"T\u00eate d&#039;une divinit\u00e9 antique\" width=\"570\" height=\"600\" \/><em class=\"cap-ai\">T\u00eate d&#039;une divinit\u00e9 antique<\/em><\/p>\n<h3>Po\u00e8me 8 : Conseil : \u00e0 lui-m\u00eame<\/h3>\n<p><em>Commentaire :<\/em> Un monologue int\u00e9rieur poignant, peut-\u00eatre la description la plus c\u00e9l\u00e8bre de sa lutte pour surmonter son amour d\u00e9vastateur pour Lesbie. Catulle est aux prises avec la douleur du rejet, se pressant d&rsquo;\u00eatre fort et de passer \u00e0 autre chose, tout en imaginant simultan\u00e9ment les regrets futurs et la solitude de Lesbie.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Triste Catulle, cesse de faire l&rsquo;idiot, et laisse ce que tu sais te m\u00e8ne \u00e0 la ruine, finir. Autrefois, des jours lumineux brillaient pour toi, quand tu venais souvent attir\u00e9 par la fille aim\u00e9e comme nulle autre ne le sera par toi. Alors il y eut beaucoup de plaisirs avec elle, que tu souhaitais, et la fille pas r\u00e9ticente, vraiment les jours lumineux brillaient pour toi. Et maintenant elle ne te veut plus : et toi, homme faible, refuse de chasser ce qui fuit, ou de vivre dans la mis\u00e8re : sois fort d&rsquo;esprit, tiens bon. Adieu fille, maintenant Catulle est ferme, il ne te cherche pas, ne demandera pas malgr\u00e9 toi. Mais tu pleureras, quand personne ne demandera. Malheur \u00e0 toi, fille m\u00e9chante, quelle vie te reste-t-il ? Qui te supportera maintenant ? Qui verra ta beaut\u00e9 ? Qui aimeras-tu maintenant ? De qui diront-ils que tu seras ? Qui embrasseras-tu ? Dont mordras-tu les l\u00e8vres ? Mais toi, Catulle, r\u00e9sous-toi \u00e0 \u00eatre ferme.<\/p>\n<\/blockquote>\n<h3>Po\u00e8me 9 : Retour d&rsquo;Espagne : \u00e0 Veranius<\/h3>\n<p><em>Commentaire :<\/em> Un joyeux accueil pour son ami Veranius, de retour d&rsquo;un voyage en Espagne. Le po\u00e8me capture la chaleur de l&rsquo;amiti\u00e9, l&rsquo;impatience d&rsquo;entendre les r\u00e9cits de voyage et le simple plaisir des retrouvailles.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Veranius, le premier pour moi de tous mes trois cent mille amis, es-tu revenu chez toi, tes fr\u00e8res harmonieux, et ta vieille m\u00e8re ? Tu es de retour. \u00d4 heureuse nouvelle pour moi ! Je te verrai sain et sauf et \u00e9couterai tes r\u00e9cits des lieux espagnols que tu as parcourus, et des tribus, comme c&rsquo;est ton habitude, et je m&rsquo;accrocherai \u00e0 ton cou, et embrasserai ta charmante bouche et tes yeux. \u00d4 qui de tous les hommes est plus heureux que moi, le plus joyeux et le plus heureux ?<\/p>\n<\/blockquote>\n<h3>Po\u00e8me 10 : V\u00e9rit\u00e9s crues pour la fille de Varus : \u00e0 Varus<\/h3>\n<p><em>Commentaire :<\/em> Une anecdote humoristique racontant la visite de Catulle avec Varus chez une prostitu\u00e9e, o\u00f9 il se vante faussement de la richesse qu&rsquo;il a acquise en Bithynie. Son mensonge est d\u00e9masqu\u00e9 lorsqu&rsquo;elle lui demande d&#8217;emprunter ses porteurs de liti\u00e8re imaginaires, ce qui conduit \u00e0 un moment d&#8217;embarras amusant.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Varus m&rsquo;entra\u00eene dans ses affaires hors du Forum, o\u00f9 l&rsquo;on me voit oisif : chez une petite putain que j&rsquo;ai imm\u00e9diatement vue, pas tr\u00e8s in\u00e9l\u00e9gante, pas peu attrayante, qui, quand nous sommes arriv\u00e9s, nous a accueillis avec des bavardages vari\u00e9s, y compris, comment la Bithynie se portait-elle maintenant, comment \u00e9tait-elle, et o\u00f9 aurais-je pu en tirer profit en esp\u00e8ces. Je lui ai dit la v\u00e9rit\u00e9, rien du tout, tandis que ni les pr\u00e9teurs ni leurs aides ne revenaient plus riches, surtout depuis que notre pr\u00e9teur, Memmius, cet enfoir\u00e9, ne se souciait pas un brin de ses suivants. &lsquo;Mais s\u00fbrement,&rsquo; dirent-ils, &lsquo;vous auriez pu acheter des esclaves, on dit qu&rsquo;ils sont faits pour la liti\u00e8re l\u00e0-bas.&rsquo; Moi, pour que la fille me prenne pour un riche, je dis : &lsquo;non, pour moi les choses n&rsquo;\u00e9taient pas si mauvaises, qu&rsquo;en traversant une mauvaise province, je ne pouvais pas acheter huit bons hommes.&rsquo; Mais je n&rsquo;avais personne, ni ici ni l\u00e0, qui p\u00fbt m\u00eame soulever sur son \u00e9paule le pied bris\u00e9 d&rsquo;un vieux divan. \u00c0 cela, elle, comme l&rsquo;impudente qu&rsquo;elle \u00e9tait, dit : &lsquo;Je t&rsquo;en prie, cher Catulle, pr\u00eate-les-moi, juste pour un moment : je voudrais \u00eatre port\u00e9e au temple de Serap.&rsquo; &lsquo;Attends,&rsquo; dis-je \u00e0 la fille, &lsquo;ce que je viens de dire \u00e9tait mien, n&rsquo;est pas r\u00e9ellement en ma possession : mon ami Cinna, c&rsquo;est Caius, a achet\u00e9 la chose pour lui-m\u00eame. Qu&rsquo;ils soient siens ou miens, quelle diff\u00e9rence pour moi ? Je les utilise aussi bien que si je les avais achet\u00e9s moi-m\u00eame. Mais tu es tout \u00e0 fait insipide, et aga\u00e7ante, toi avec qui aucune inexactitude n&rsquo;est permise.&rsquo;<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/latrespace.com\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/interiorcatullus10.webp\" alt=\"Relief antique repr\u00e9sentant des figures devant une divinit\u00e9\" width=\"600\" height=\"406\" \/><em class=\"cap-ai\">Relief antique repr\u00e9sentant des figures devant une divinit\u00e9<\/em><\/p>\n<h3>Po\u00e8me 11 : Mots contre Lesbie : \u00e0 Furius et Aurelius<\/h3>\n<p><em>Commentaire :<\/em> Un adieu brutal et c\u00e9l\u00e8bre \u00e0 Lesbie, d\u00e9livr\u00e9 par l&rsquo;interm\u00e9diaire d&rsquo;amis qui sont charg\u00e9s de transmettre son message amer. Le po\u00e8me contraste des lieux exotiques et lointains avec la promiscuit\u00e9 de Lesbie, culminant avec la puissante m\u00e9taphore de leur amour comme une fleur d\u00e9truite par une charrue qui passe. Cela marque un tournant brutal par rapport aux po\u00e8mes affectueux ant\u00e9rieurs.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Furius et Aurelius, vous amis de Catulle, qu&rsquo;il p\u00e9n\u00e8tre l&rsquo;Inde la plus lointaine, o\u00f9 les vagues orientales frappent le rivage avec une profonde r\u00e9sonance, ou parmi les Hyrcaniens et les Arabes souples, ou les Sacians et les archers Parthes, ou l\u00e0 o\u00f9 le Nil \u00e0 sept bouches colore les eaux, ou qu&rsquo;il grimpe les hautes Alpes, voyant les grands monuments de C\u00e9sar, les eaux du Rhin gaulois, et les fiers Bretons les plus lointains, quelle que soit la volont\u00e9 des cieux, pr\u00eat maintenant \u00e0 tout, dites ceci \u00e0 ma fille en quelques mots de mauvais augure. Qu&rsquo;elle vive et soit heureuse avec ses adult\u00e8res, qu&rsquo;elle tienne les trois cents dans son \u00e9treinte, vraiment sans amour, les usant tous encore et encore : qu&rsquo;elle ne cherche plus mon amour comme autrefois, elle dont le crime l&rsquo;a d\u00e9truit, comme la derni\u00e8re fleur du champ, touch\u00e9e une fois par la charrue qui passe.<\/p>\n<\/blockquote>\n<h3>Po\u00e8me 12 : Arr\u00eate de Voler les Serviettes ! : \u00e0 Asinius Marrucinus<\/h3>\n<p><em>Commentaire :<\/em> Un po\u00e8me l\u00e9ger mais cinglant r\u00e9primandant un ami, Asinius Marrucinus, pour avoir vol\u00e9 des serviettes lors de r\u00e9unions sociales. Catulle en plaisante mais insiste sur le retour de ses serviettes, qui sont des cadeaux sentimentaux d&rsquo;autres amis.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Asinius Marrucinus, tu n&#8217;emploies pas tr\u00e8s bien ta main gauche : dans le vin et la plaisanterie tu prends le linge de table n\u00e9glig\u00e9. Penses-tu que c&rsquo;est spirituel ? Va-t&rsquo;en, idiot : c&rsquo;est une chose si sordide et si peu attrayante. Tu ne me crois pas ? Crois Pollionus ton fr\u00e8re, qui souhaite que tes vols puissent \u00eatre r\u00e9par\u00e9s par de l&rsquo;argent : c&rsquo;est un gar\u00e7on vraiment plein d&rsquo;esprit et d&rsquo;humour. Alors attends trois cents hend\u00e9casyllabes ou rends ma serviette, dont la valeur ne me d\u00e9range pas, vraiment, c&rsquo;est un souvenir de mes amis. Fabullus et Veranius m&rsquo;ont envoy\u00e9 ce cadeau, des serviettes d&rsquo;Espagne : elles doivent \u00eatre ch\u00e9ries comme mes Veranius et Fabullus doivent l&rsquo;\u00eatre.<\/p>\n<\/blockquote>\n<h3>Po\u00e8me 13 : Invitation : \u00e0 Fabullus<\/h3>\n<p><em>Commentaire :<\/em> Une charmante invitation \u00e0 un ami, Fabullus, pour d\u00eener. Catulle admet avec humour qu&rsquo;il n&rsquo;a lui-m\u00eame ni nourriture ni vin, mais offre quelque chose de mieux : bonne compagnie, esprit, rires et un parfum sp\u00e9cial que lui a donn\u00e9 Lesbie, si exquis qu&rsquo;il fera souhaiter \u00e0 Fabullus d&rsquo;\u00eatre \u00ab\u00a0tout nez\u00a0\u00bb.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Tu d\u00eeneras bien, dans quelques jours, chez moi, si les dieux te sont favorables, mon cher Fabullus, et si tu apportes beaucoup de bonne nourriture avec toi, et ne viens pas sans une jolie fille, et du vin, et de l&rsquo;esprit, et tous tes rires. Je dis que tu d\u00eeneras bien, et charmamment, si tu apportes tout cela : car la bourse de ton Catulle h\u00e9las est pleine de toiles d&rsquo;araign\u00e9es. Mais accepte des marques d&rsquo;affection en \u00e9change du vin ou de ce qui est plus doux et plus fin : car je te donnerai un parfum que ma fille a re\u00e7u des Amours et des Cupides, et quand tu l&rsquo;auras senti, tu demanderas aux dieux de faire de toi, Fabullus, tout nez.<\/p>\n<\/blockquote>\n<h3>Po\u00e8me 14 : Quel Livre ! : au po\u00e8te Calvus<\/h3>\n<p><em>Commentaire :<\/em> Une plainte humoristique adress\u00e9e \u00e0 son ami, le po\u00e8te Calvus, pour lui avoir envoy\u00e9 une collection de po\u00e8mes affreuse en cadeau pendant le festival des Saturnales. Catulle plaisante en disant qu&rsquo;un tel livre est une mal\u00e9diction, promettant de riposter en envoyant \u00e0 Calvus des \u0153uvres tout aussi terribles d&rsquo;autres mauvais po\u00e8tes.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Si je ne t&rsquo;aimais pas plus que mes yeux, tr\u00e8s charmant Calvus, je ne t&rsquo;aimerais pas pour ce cadeau, d&rsquo;une vraie haine Vatinienne : Maintenant, qu&rsquo;ai-je fait et qu&rsquo;ai-je dit, pour \u00eatre si mal maudit par les po\u00e8tes ? Que les dieux envoient le malheur \u00e0 ce client qui t&rsquo;a envoy\u00e9 tant de malheureux. Mais si, comme je le devine, Sulla le grammairien t&rsquo;a donn\u00e9 ce cadeau nouveau et inventif, cela ne me fait aucun mal, c&rsquo;est bon et bien que tes efforts ne soient pas tous gaspill\u00e9s. Grands dieux, un livre incroyable, immortel ! Que tu as envoy\u00e9, bien s\u00fbr, \u00e0 ton Catulle, pour qu&rsquo;il meure imm\u00e9diatement, au jour le plus favorable, pendant les Saturnales ! Non, tu ne t&rsquo;en tireras pas avec ce crime. Maintenant, quand il fera assez clair, je courrai chez les libraires des copistes, j&rsquo;acquerrai Caesius, Aquinus, Suffenus, tous les empoisonneurs. Et je te rembourserai pour cette souffrance. En attendant, adieu, va-t&rsquo;en, l\u00e0, d&rsquo;o\u00f9 tes pieds malheureux t&rsquo;ont amen\u00e9, maudits de l&rsquo;\u00e9poque, pires des po\u00e8tes.<\/p>\n<\/blockquote>\n<h3>Po\u00e8me 15 : Un Avertissement : \u00e0 Aurelius<\/h3>\n<p><em>Commentaire :<\/em> Catulle confie un jeune gar\u00e7on, peut-\u00eatre son amant, aux soins de son ami Aurelius, mais exprime imm\u00e9diatement une profonde m\u00e9fiance quant \u00e0 la nature sexuellement pr\u00e9datrice d&rsquo;Aurelius. Le po\u00e8me est un avertissement brutal, utilisant des images crues, contre toute violation du gar\u00e7on.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Je me confie, moi et mon amour, \u00e0 toi, Aurelius. Je demande une indulgence modeste, ainsi, si tu as jamais eu un d\u00e9sir dans ton esprit que tu as poursuivi chastement et purement, garde ce gar\u00e7on \u00e0 moi modestement en s\u00e9curit\u00e9, je ne parle pas aux masses \u2013 rien \u00e0 craindre de ceux qui passent et repassent dans les rues occup\u00e9s par leurs affaires \u2013 vraiment la peur vient de toi et de ta bite dangereuse pour les bons et les mauvais gar\u00e7ons. Secoue-la comme il te pla\u00eet, et avec autant de force que tu le souhaites, o\u00f9 que tu choisisses, dehors : je l&rsquo;exclus de cela, avec modestie, je pense. Mais si les temp\u00eates d&rsquo;esprit, et la passion folle t&rsquo;incitent \u00e0 trop de p\u00e9ch\u00e9s, mis\u00e9rable, de sorte que tu remplis la t\u00eate de mon gar\u00e7on de tromperies, alors que la mis\u00e8re, et un destin funeste, soient tiens ! Lui dont, les pieds \u00e9cart\u00e9s, une porte ouverte, des radis et des mulets passent \u00e0 travers.<\/p>\n<\/blockquote>\n<h3>Po\u00e8me 16 : Une R\u00e9primande : \u00e0 Aurelius et Furius<\/h3>\n<p><em>Commentaire :<\/em> Une attaque virulente contre Aurelius et Furius, qui ont apparemment critiqu\u00e9 les vers de Catulle comme \u00e9tant trop explicites ou eff\u00e9min\u00e9s en raison de leur contenu (faisant r\u00e9f\u00e9rence aux \u00ab\u00a0mille baisers\u00a0\u00bb du po\u00e8me 5). Catulle soutient que si le po\u00e8te lui-m\u00eame doit \u00eatre chaste, ses vers peuvent \u00eatre licencieux et spirituels sans que cela ne refl\u00e8te sa propre masculinit\u00e9. Il termine par une menace choquante utilisant un langage grossier.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Je te baiserai et je te d\u00e9foncerai le cul, Aurelius le pathique, et Furius le sodomite, vous qui pensiez me conna\u00eetre par mes vers, puisqu&rsquo;ils sont \u00e9rotiques, pas assez modestes. Il convient au po\u00e8te lui-m\u00eame d&rsquo;\u00eatre consciencieusement chaste, ses vers pas n\u00e9cessairement du tout : qui, en bref alors, ont de l&rsquo;esprit et du bon go\u00fbt m\u00eame s&rsquo;ils sont \u00e9rotiques, pas assez modestes, et pour cela peuvent inciter \u00e0 la luxure, je ne parle pas aux gar\u00e7ons, mais \u00e0 ceux qui sont poilus et ne peuvent bouger leurs reins raides. Vous, qui avez lu tous ces mille baisers, vous pensez que je suis moins homme ? Je vous baiserai, et je vous d\u00e9foncerai le cul.<\/p>\n<\/blockquote>\n<h3>Po\u00e8me 17 : La Ville de Cologna Veneta<\/h3>\n<p><em>Commentaire :<\/em> Ce po\u00e8me s&rsquo;adresse \u00e0 une ville (Cologna Veneta) connue pour un pont branlant. Catulle esp\u00e8re un nouveau pont mais souhaite aussi voir un certain concitoyen \u00ab\u00a0terne\u00a0\u00bb tomber dans la boue en contrebas, contrastant l&rsquo;insensibilit\u00e9 de l&rsquo;homme envers sa jeune femme avec le potentiel anim\u00e9 du pont de la ville. (Note : Les po\u00e8mes 18-20 sont consid\u00e9r\u00e9s comme faux et sont omis ici).<\/p>\n<blockquote>\n<p>\u00d4 Cologna, toi qui d\u00e9sires un long pont pour t&rsquo;amuser, et es pr\u00eate \u00e0 danser, bien que tu craignes les supports de pont inutiles avec leurs planches debout tr\u00e8s r\u00e9par\u00e9es, de peur qu&rsquo;ils ne tombent et ne gisent dans la boue profonde : qu&rsquo;un bon pont te soit construit comme tu le d\u00e9sires o\u00f9 m\u00eame les pr\u00eatres sautant \u00e0 la marelle sont en s\u00e9curit\u00e9 : mais Cologna, donne-moi ce plus grand cadeau, un bon rire. Je veux qu&rsquo;un de mes concitoyens tombe t\u00eate baiss\u00e9e droit dans la boue profonde depuis ton pont, car vraiment tout le plan d&rsquo;eau et le marais putride est le plus noir et le plus profond des ab\u00eemes. L&rsquo;homme est totalement terne, ne sait pas plus qu&rsquo;un enfant de deux ans, endormi dans les bras tremblants de son p\u00e8re. Lui, qui, bien qu&rsquo;il ait \u00e9pous\u00e9 une jeune fille dans sa premi\u00e8re floraison, une fille plus d\u00e9licate qu&rsquo;une jolie petite ch\u00e8vre, ayant besoin d&rsquo;\u00eatre soign\u00e9e plus attentivement que les raisins les plus choisis, la laisse jouer comme elle veut, ne s&rsquo;en soucie pas un brin, ne s&rsquo;est pas montr\u00e9 \u00e0 la hauteur, mais comme un aulne dans un foss\u00e9 ligure, estropi\u00e9 par la hache, en ressent autant que s&rsquo;il n&rsquo;y avait pas de femme l\u00e0 : Telle est sa stupeur qu&rsquo;il ne voit pas, ni ne m&rsquo;entend, lui, qui ne sait pas qui il est, ni s&rsquo;il est ou non. Maintenant, je veux le jeter t\u00eate la premi\u00e8re depuis ton pont, s&rsquo;il est possible de faire na\u00eetre soudainement cette stupidit\u00e9 stup\u00e9faite, et d&rsquo;abandonner cet esprit indolent dans le lourd bourbier, comme les mules jettent leurs fers dans les profondeurs tenaces.<\/p>\n<\/blockquote>\n<h3>Po\u00e8me 21 : Cupide : \u00c0 Aurelius.<\/h3>\n<p><em>Commentaire :<\/em> Une autre attaque contre Aurelius, l&rsquo;accusant de pr\u00e9dation sexuelle envers les amis de Catulle, en particulier le jeune gar\u00e7on mentionn\u00e9 dans le po\u00e8me 15. Catulle utilise un langage dur et explicite pour exprimer son d\u00e9go\u00fbt et avertir Aurelius.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Aurelius, p\u00e8re des famines, tu d\u00e9sires baiser, pas seulement ceux-ci, mais tous mes amis qui l&rsquo;ont \u00e9t\u00e9, le sont, ou le seront dans les ann\u00e9es futures. Pas secr\u00e8tement : maintenant en m\u00eame temps que tu plaisantes avec l&rsquo;un, tu essaies de t&rsquo;accrocher \u00e0 lui de tous c\u00f4t\u00e9s. En vain : maintenant ma bite insidieuse te d\u00e9foncera d&rsquo;abord. Et, si tu es rempli, je ne dirai rien : Maintenant, je souffre pour lui : tu enseignes \u00e0 mon gar\u00e7on, le mien, \u00e0 avoir faim et soif. Alors laisse tomber : tant que tu as honte, ou tu finiras par \u00eatre d\u00e9fonc\u00e9.<\/p>\n<\/blockquote>\n<h3>Po\u00e8me 22 : Ceux qui vivent dans des maisons de verre : \u00e0 Varus<\/h3>\n<p><em>Commentaire :<\/em> Catulle se moque du po\u00e8te Suffenus, qui se consid\u00e8re comme un \u00e9crivain sophistiqu\u00e9 mais produit de la po\u00e9sie terrible. Catulle utilise cela comme exemple de tromperie de soi, notant que chacun a son propre point aveugle (\u00ab\u00a0nous ne voyons pas le fardeau sur notre propre dos\u00a0\u00bb).<\/p>\n<blockquote>\n<p>Varus, ce Suffenus, que nous connaissons bien, est un homme charmant, spirituel, urbain, et le m\u00eame homme a pendant des ann\u00e9es \u00e9crit de nombreux vers. Je pense qu&rsquo;il en a \u00e9crit mille, dix mille, ou plus, pas ceux qui sont faits sur du papier manuscrit bon march\u00e9 : mais des papyrus princiers, de nouveaux livres, de nouveaux bouts de rouleaux, de nouveaux liens rouges pour le parchemin, r\u00e9gl\u00e9s au plomb et liss\u00e9s partout \u00e0 la pierre ponce. Quand on les lit, ce charmant Suffenus urbain se transforme en chevrier ou en terrassier : il est si alt\u00e9r\u00e9 et \u00e9trange. Qu&rsquo;en devrions-nous penser ? Lui qui tout \u00e0 l&rsquo;heure jouait peut-\u00eatre au fou, \u00e9tant spirituel avec la chose, le m\u00eame homme est grossier, grossier comme un rustre, il mentionne aussi ses po\u00e8mes, et il n&rsquo;y a jamais rien de plus heureux que les po\u00e8mes qu&rsquo;il \u00e9crit : il se pla\u00eet tellement, est si \u00e9merveill\u00e9 par lui-m\u00eame. Bien s\u00fbr, nous sommes tous tromp\u00e9s de la m\u00eame mani\u00e8re, et il n&rsquo;y a personne qui ne puisse d&rsquo;une mani\u00e8re ou d&rsquo;une autre \u00eatre vu comme un Suffenus. Quel qu&rsquo;il soit, il est sujet \u00e0 l&rsquo;erreur : nous ne voyons pas le fardeau sur notre propre dos.<\/p>\n<\/blockquote>\n<h3>Po\u00e8me 23 : Pauvret\u00e9 : \u00e0 Furius<\/h3>\n<p><em>Commentaire :<\/em> Un po\u00e8me satirique s&rsquo;adressant \u00e0 son ami Furius, qui est incroyablement pauvre. Catulle sugg\u00e8re avec humour que la pauvret\u00e9 de Furius est une sorte de richesse ou de sant\u00e9, car il n&rsquo;a rien \u00e0 perdre et est physiquement \u00ab\u00a0dess\u00e9ch\u00e9\u00a0\u00bb par manque de nourriture. L&rsquo;humour est sombre et repose sur des descriptions physiques vives et peu flatteuses.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Furius, toi qui n&rsquo;as ni esclaves ni argent ni scarab\u00e9es ni araign\u00e9es ni feu, tu as vraiment un p\u00e8re et une belle-m\u00e8re, dont les dents peuvent m\u00e2cher comme des silex : c&rsquo;est bien pour toi, et ton p\u00e8re, et la femme en bois de ton p\u00e8re. Pas \u00e9tonnant : puisque vous allez tous bien, bonne digestion, rien \u00e0 craindre, pas de flammes, pas de d\u00e9sastres pesants, pas de m\u00e9faits, pas de menace de poison, pas de risque de dangers suppl\u00e9mentaires. Et tu as un corps plus sec qu&rsquo;un os ou que ce qui est le plus dess\u00e9ch\u00e9 par la chaleur et le froid et la faim. Pourquoi ne serais-tu pas bien et heureux ? Tu n&rsquo;as pas de sueur, pas de flegme, pas de mucus, pas de mauvais rhume. \u00c0 cette propret\u00e9 ajoute plus de propret\u00e9, ton cul est plus pur qu&rsquo;une petite sali\u00e8re, et ne chie pas dix fois par an : et ta merde est plus dure que des haricots ou des cailloux. Donc si tu la frottes et l&rsquo;\u00e9crases entre tes doigts, tu ne peux pas salir un seul doigt : tout cela te convient si heureusement Furius, ne le m\u00e9prise pas, ni ne le consid\u00e8re comme rien, et cesse de mendier ces cent sesterces que tu demandes toujours : la suffisance est richesse.<\/p>\n<\/blockquote>\n<h3>Po\u00e8me 24 : La Pauvret\u00e9 de Furius : \u00e0 Iuventius<\/h3>\n<p><em>Commentaire :<\/em> S&rsquo;adressant \u00e0 Iuventius, l&rsquo;un de ses jeunes amants masculins, Catulle le met en garde contre Furius, soulignant l&rsquo;extr\u00eame pauvret\u00e9 de Furius malgr\u00e9 son apparence de personne d\u00e9cente. La r\u00e9p\u00e9tition mart\u00e8le le point central concernant le manque de richesse de Furius.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Iuventius, toi qui es notre fiert\u00e9, pas seulement maintenant, mais pour tous les temps qui ont \u00e9t\u00e9, ou seront par la suite dans les ann\u00e9es futures, plut\u00f4t lui c\u00e9der les richesses de Midas, \u00e0 celui qui n&rsquo;a ni esclaves ni argent, que de te laisser aimer par lui. &lsquo;Pourquoi, n&rsquo;est-il pas un homme d\u00e9cent ?&rsquo; demandes-tu. Il l&rsquo;est : mais cet homme d\u00e9cent n&rsquo;a ni esclaves ni argent. Ignore-le : d\u00e9nigre-le comme tu veux : il n&rsquo;a toujours ni esclaves ni argent.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/latrespace.com\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/interiorcatullus24.webp\" alt=\"Peinture repr\u00e9sentant une sc\u00e8ne mythologique\" width=\"600\" height=\"410\" \/><em class=\"cap-ai\">Peinture repr\u00e9sentant une sc\u00e8ne mythologique<\/em><\/p>\n<h3>Po\u00e8me 25 : Mes Affaires s.v.p. : \u00e0 Thallus<\/h3>\n<p><em>Commentaire :<\/em> Une invective dure et obsc\u00e8ne dirig\u00e9e contre Thallus, qui a vol\u00e9 les biens de Catulle. Catulle contraste la mollesse et l&rsquo;eff\u00e9minit\u00e9 de Thallus avec son comportement rapace, le mena\u00e7ant d&rsquo;un fouet s&rsquo;il ne rend pas les objets vol\u00e9s.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Thallus le sodomite, plus mou que la fourrure de lapin ou la graisse d&rsquo;oie, ou le petit bout de l&rsquo;oreille, ou le p\u00e9nis flasque d&rsquo;un vieil homme moisi de toiles d&rsquo;araign\u00e9e, et ce m\u00eame Thallus plus rapace qu&rsquo;une temp\u00eate sauvage, quand la d\u00e9esse de la mer r\u00e9v\u00e8le les brise-lames b\u00e9ants, rends mon manteau, que tu as bondi, et ma serviette espagnole, et ma vaisselle peinte de Bithynie, homme absurde, que tu &lsquo;poss\u00e8des&rsquo; ouvertement comme des h\u00e9ritages. Maintenant, d\u00e9colle-les de tes serres, et rends-les, de peur que ces flancs doux et ces doigts tendres ne soient honteusement marqu\u00e9s par la trace du fouet, et que tu te lances immod\u00e9r\u00e9ment, comme un petit bateau pris dans une mer agit\u00e9e, dans un vent d\u00e9cha\u00een\u00e9.<\/p>\n<\/blockquote>\n<h3>Po\u00e8me 26 : L&rsquo;Hypoth\u00e8que : \u00e0 Furius<\/h3>\n<p><em>Commentaire :<\/em> Un court po\u00e8me spirituel sur la villa de Furius. Au lieu d&rsquo;\u00eatre expos\u00e9e aux \u00e9l\u00e9ments, Catulle pr\u00e9tend qu&rsquo;elle n&rsquo;est expos\u00e9e qu&rsquo;\u00e0 des difficult\u00e9s financi\u00e8res &#8211; une dette massive.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Furius, ta petite villa n&rsquo;est pas expos\u00e9e aux vents du sud, ni aux vents d&rsquo;ouest, au vent du nord sauvage, ni \u00e0 la brise de l&rsquo;est, mais vraiment \u00e0 quinze mille deux cents en esp\u00e8ces. \u00d4 vent terrifiant et destructeur !<\/p>\n<\/blockquote>\n<h3>Po\u00e8me 27 : Vin de Falerne<\/h3>\n<p><em>Commentaire :<\/em> Un po\u00e8me bref et festif sur la consommation de vin de Falerne fort, un mill\u00e9sime romain pris\u00e9. Catulle loue le vin et rejette l&rsquo;eau, d\u00e9clarant qu&rsquo;elle n&rsquo;est bonne que pour les \u00ab\u00a0rigoureux\u00a0\u00bb ou les abstinents, et d\u00e9die la boisson \u00e0 Bacchus, le dieu du vin.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Servant, remplis-moi de coupes plus fortes de vieux Falerne, puisque les lois de Postumia, la ma\u00eetresse, l&rsquo;exigent, elle qui est plus juteuse que le raisin juteux. Mais toi, l&rsquo;eau, fatale au vin, va-t&rsquo;en : loin, o\u00f9 que ce soit, va-t&rsquo;en chez les rigoureux. Ce vin est celui de Bacchus lui-m\u00eame.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/latrespace.com\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/interiorcatullus27.webp\" alt=\"Peinture d&#039;une figure mythologique\" width=\"399\" height=\"600\" \/><em class=\"cap-ai\">Peinture d&#039;une figure mythologique<\/em><\/p>\n<h3>Po\u00e8me 28 : Client\u00e9lisme : \u00e0 Veranus et Fabullus<\/h3>\n<p><em>Commentaire :<\/em> Catulle compatit avec ses amis Veranius et Fabullus quant \u00e0 leur exp\u00e9rience d\u00e9cevante au service du gouverneur de province Pison. Il compare leur manque de gain financier et leur mauvais traitement \u00e0 sa propre exp\u00e9rience n\u00e9gative sous Memmius, soulignant la nature corrompue de l&rsquo;administration provinciale romaine.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Disciples de Pison, suite n\u00e9cessiteuse, avec les sacs appropri\u00e9s et pr\u00eats, Veranius, le meilleur, et toi, mon Fabullus, quelles possessions portez-vous ? N&rsquo;avez-vous pas endur\u00e9 assez la faim et le froid avec ce vaurien ? Des petits gains apparaissent-ils dans les comptes de d\u00e9penses, consid\u00e9rant que moi, suivant mon pr\u00e9teur, je rembourse ce qui a \u00e9t\u00e9 d\u00e9pens\u00e9, avec un petit gain ? \u00d4 Memmius, vraiment, et quotidiennement, lentement, m&rsquo;a bais\u00e9 \u00e0 reculons avec tout son arbre. Mais, pour autant que je puisse voir, votre cas est le m\u00eame : maintenant vous \u00eates remplis par une bite circoncise non moins grande. Cherchez les nobles, mes amis ! Mais, \u00e0 vous, que les dieux et les d\u00e9esses apportent beaucoup de malchance, de d\u00e9shonneurs \u00e0 Romulus et Remus.<\/p>\n<\/blockquote>\n<h3>Po\u00e8me 29 : Catamite<\/h3>\n<p><em>Commentaire :<\/em> Une satire politique virulente dirig\u00e9e contre Jules C\u00e9sar et son amant pr\u00e9sum\u00e9, Mamurra (\u00ab\u00a0Mentula\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0Bite\u00a0\u00bb). Catulle condamne C\u00e9sar pour avoir dilapid\u00e9 la richesse provinciale (de la Gaule et de la Bretagne) au profit de l&rsquo;extravagance de Mamurra, se demandant comment les Romains peuvent tol\u00e9rer une telle corruption de la part de leur chef. Ce po\u00e8me est un exemple puissant de la volont\u00e9 de Catulle d&rsquo;attaquer m\u00eame les figures les plus puissantes.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Qui pourrait le voir, qui pourrait le supporter, \u00e0 moins d&rsquo;\u00eatre sans vergogne, cupide, un joueur ? Mamurra poss\u00e8de des richesses que la Gaule transalpine et la Bretagne la plus lointaine poss\u00e9daient autrefois. Sodomite romain, vois-tu cela et le supportes-tu ? Et maintenant, l&rsquo;homme, arrogant, dominateur, volera-t-il \u00e0 travers tous les lits comme une colombe blanch\u00e2tre ou un Adonis ? Sodomite romain, vois-tu cela et le supportes-tu ? Tu es sans vergogne, cupide, un joueur. S\u00fbrement, ce n&rsquo;\u00e9tait pas pour cela que toi, le chef unique, tu \u00e9tais dans l&rsquo;\u00eele la plus occidentale, pour que cet outil dissolu dilapide deux ou trois cents fois sa valeur ? Qu&rsquo;est-ce d&rsquo;autre qu&rsquo;une g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 pervertie ? N&rsquo;a-t-il pas assez dilapid\u00e9, ou n&rsquo;a-t-il pas \u00e9t\u00e9 assez \u00e9lev\u00e9 ? D&rsquo;abord son h\u00e9ritage fut bien et vraiment d\u00e9pens\u00e9, puis le butin du Pont, puis celui d&rsquo;Espagne, pour faire trois, comme le sait le Tage aurif\u00e8re : maintenant craignez pour ceux de la Gaule et de la Bretagne. Pourquoi ch\u00e9rir ce mal ? \u00c0 quoi est-il bon sinon \u00e0 d\u00e9vorer son riche patrimoine ? Est-ce pour cela, le plus riche de la ville, que toi, beau-p\u00e8re, gendre, as gaspill\u00e9 un monde ?<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/latrespace.com\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/interiorcatullus29.webp\" alt=\"Peinture de figures mythologiques\" width=\"435\" height=\"600\" \/><em class=\"cap-ai\">Peinture de figures mythologiques<\/em><\/p>\n<h3>Po\u00e8me 30 : Infid\u00e9lit\u00e9 : \u00e0 Alfenus<\/h3>\n<p><em>Commentaire :<\/em> Une complainte s&rsquo;adressant \u00e0 un ami, Alfenus, qui a apparemment trahi la confiance de Catulle et l&rsquo;a abandonn\u00e9 pendant une p\u00e9riode de souffrance. Catulle questionne la loyaut\u00e9 et la confiance humaines, exprimant sa douleur face au lien bris\u00e9 et avertissant Alfenus que les dieux se souviendront de son infid\u00e9lit\u00e9.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Alfenus, n\u00e9gligent, infid\u00e8le \u00e0 la concorde des amis, n&rsquo;as-tu plus de sympathie maintenant pour ton ami doux ? Les actes impies des hommes trompeurs ne plaisent pas aux dieux. Tu me n\u00e9gliges et m&rsquo;abandonnes \u00e0 une mis\u00e9rable maladie. Ah, dis, que doivent faire les hommes, en qui doivent-ils croire ? S\u00fbrement toi, injustement, m&rsquo;as ordonn\u00e9 de te faire confiance, m&rsquo;as s\u00e9duit \u00e0 aimer, comme si tout \u00e9tait tout \u00e0 fait s\u00fbr pour moi. Maintenant tu te retires, et toutes tes actions et paroles vaines tu les laisses s&rsquo;envoler dans les vents, avec les nuages a\u00e9riens. Si tu oublies, les dieux se souviendront, la Foi se souvient, de sorte que quoi que tu fasses, tu te repentiras bient\u00f4t de tes actes.<\/p>\n<\/blockquote>\n<h3>Po\u00e8me 31 : Sirmio<\/h3>\n<p><em>Commentaire :<\/em> Un hommage sinc\u00e8re \u00e0 Sirmio, la villa de Catulle sur le lac de Garde. Le po\u00e8me exprime son immense joie et son soulagement de revenir chez lui apr\u00e8s des voyages \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger. C&rsquo;est un rare moment de pure contentement et d&rsquo;appr\u00e9ciation d&rsquo;un lieu sp\u00e9cifique.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Sirmio, joyau des \u00eeles, joyau des p\u00e9ninsules, joyau de tout ce qui est situ\u00e9 dans les eaux claires ou la grande mer, ou l&rsquo;un ou l&rsquo;autre oc\u00e9an, avec quelle joie, quel plaisir je te contemple, croyant \u00e0 peine m&rsquo;\u00eatre lib\u00e9r\u00e9 de la Thynie et des champs de Bithynie, te voyant en s\u00e9curit\u00e9. \u00d4 quelle libert\u00e9 de souci est plus joyeuse que lorsque l&rsquo;esprit d\u00e9pose son fardeau, et fatigu\u00e9, de retour chez soi apr\u00e8s un labeur \u00e9tranger, nous nous reposons dans le lit tant d\u00e9sir\u00e9 ? Ce seul moment vaut tout le labeur. Salut, \u00d4 charmante Sirmio, et r\u00e9jouis-toi comme je me r\u00e9jouis, et toi, \u00d4 lac aux eaux lydiennes, ris avec tout ce qui vit ici de rire.<\/p>\n<\/blockquote>\n<h3>Po\u00e8me 32 : Sieste : \u00e0 Ips\u00edthilla<\/h3>\n<p><em>Commentaire :<\/em> Une invitation sexuellement explicite \u00e0 une femme nomm\u00e9e Ips\u00edthilla pour un rendez-vous de sieste. Catulle fait une demande directe pour plusieurs rencontres sexuelles, exprim\u00e9e avec sa franchise caract\u00e9ristique et une touche d&rsquo;humour (\u00ab\u00a0faisant un trou dans ma tunique et mon manteau\u00a0\u00bb).<\/p>\n<blockquote>\n<p>S&rsquo;il te pla\u00eet, ma douce Ips\u00edthilla, mon d\u00e9lice, ma charmeuse : dis-moi de venir te voir \u00e0 la sieste. Et si tu me le dis, aide cela, que personne ne couvre le panneau \u00e0 ton seuil, ni que tu choisisses de sortir, mais reste chez toi, et pr\u00e9pare-toi \u00e0 neuf baise, successivement, avec moi. Vraiment, si tu le souhaites, fais-le-moi savoir maintenant : car \u00e9tendu ici, nourri, et paresseusement repu, je fais un trou dans ma tunique et mon manteau.<\/p>\n<\/blockquote>\n<h3>Po\u00e8me 33 : Une Suggestion : \u00e0 Vibennius<\/h3>\n<p><em>Commentaire :<\/em> Une br\u00e8ve et grossi\u00e8re attaque contre un p\u00e8re (Vibennius) et son fils, les accusant d&rsquo;\u00eatre des voleurs et des d\u00e9viants sexuels associ\u00e9s aux bains publics. Catulle sugg\u00e8re qu&rsquo;ils devraient s&rsquo;exiler en raison de leur r\u00e9putation notoire.<\/p>\n<blockquote>\n<p>\u00d4 premier des voleurs de bains Vibennius le p\u00e8re, avec son fils sodomite (car la main droite du p\u00e8re est plus sale, et le cul du fils plus vorace), pourquoi ne pas vous exiler, dans un endroit vil ? Voyant que le pillage du p\u00e8re nous est \u00e0 tous connu, et le cul velu du fils, vous ne pouvez pas le vendre pour un sou.<\/p>\n<\/blockquote>\n<h3>Po\u00e8me 34 : Chant : \u00e0 Diane<\/h3>\n<p><em>Commentaire :<\/em> Un hymne d\u00e9di\u00e9 \u00e0 Diane, d\u00e9esse de la chasse, de la lune et de l&rsquo;accouchement. Ce po\u00e8me est une pi\u00e8ce formelle et r\u00e9v\u00e9rencieuse, contrastant fortement avec les \u0153uvres plus personnelles et satiriques de Catulle. Il d\u00e9montre sa capacit\u00e9 \u00e0 \u00e9crire dans diff\u00e9rents styles et pour diff\u00e9rentes occasions.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Sous la protection de Diane, nous, filles pures, et gar\u00e7ons : nous, gar\u00e7ons purs, et filles, nous chantons Diane. \u00d4, fille de Latone, la plus grande enfant du grand Jupiter, dont la m\u00e8re a accouch\u00e9 pr\u00e8s de l&rsquo;olivier d\u00e9lien, ma\u00eetresse des montagnes et des bosquets verts, des clairi\u00e8res secr\u00e8tes, et des ruisseaux sonores : toi, appel\u00e9e Junon Lucina dans les douleurs de l&rsquo;enfantement, toi, appel\u00e9e toute-puissante Trivia, et Lune, de lumi\u00e8re artificielle. Ton passage mensuel mesure le cours de l&rsquo;ann\u00e9e, tu remplis le toit du fermier rustique de bonnes r\u00e9coltes. Prends quel que soit le nom sacr\u00e9 qui te pla\u00eet, sois une douce aide pour le peuple de Rome, comme tu l&rsquo;as \u00e9t\u00e9 autrefois.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/latrespace.com\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/interiorcatullus34.webp\" alt=\"Peinture de figures mythologiques dans un paysage\" width=\"600\" height=\"478\" \/><em class=\"cap-ai\">Peinture de figures mythologiques dans un paysage<\/em><\/p>\n<h3>Po\u00e8me 35 : Cyb\u00e8le : \u00e0 Caecilius<\/h3>\n<p><em>Commentaire :<\/em> Catulle demande \u00e0 un morceau de papier de convoquer son ami, le po\u00e8te Caecilius, \u00e0 V\u00e9rone. Il mentionne qu&rsquo;une jeune fille savante est profond\u00e9ment amoureuse de Caecilius apr\u00e8s avoir lu son po\u00e8me inachev\u00e9 sur la d\u00e9esse Cyb\u00e8le. Cela montre l&rsquo;engagement de Catulle avec les cercles litt\u00e9raires et les th\u00e8mes contemporains.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Papier, je voudrais que tu dises \u00e0 Caecilius, ce po\u00e8te tendre, mon ami, qu&rsquo;il quitte le lac de C\u00f4me, qu&rsquo;il vienne maintenant \u00e0 V\u00e9rone, qu&rsquo;il abandonne la ville et le rivage. Car il y a certaines pens\u00e9es que je veux qu&rsquo;il entende, de son ami et du tien. Alors, s&rsquo;il est sage, il d\u00e9vorera le chemin, bien qu&rsquo;une charmante jeune fille l&rsquo;appelle, demande son retour, lui serrant les mains autour du cou, et implorant un d\u00e9lai. Qui, si la v\u00e9rit\u00e9 m&rsquo;a \u00e9t\u00e9 dite, l&rsquo;aime maintenant d&rsquo;un d\u00e9sir violent. Car, depuis le moment o\u00f9 elle a lu sa Dame de Dindymus inachev\u00e9e, la pauvre petite chose est rong\u00e9e par le feu jusqu&rsquo;\u00e0 la moelle de ses os. Je te pardonne, jeune fille, plus savante que la Muse de Sappho : c&rsquo;est vraiment charmant, la Grande M\u00e8re Cyb\u00e8le inachev\u00e9e de Caecilius.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/latrespace.com\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/interiorcatullus35.webp\" alt=\"Image repr\u00e9sentant une divinit\u00e9\" width=\"600\" height=\"487\" \/><em class=\"cap-ai\">Image repr\u00e9sentant une divinit\u00e9<\/em><\/p>\n<h3>Po\u00e8me 36 : Offrande br\u00fbl\u00e9e : aux d\u00e9jections de Volusius<\/h3>\n<p><em>Commentaire :<\/em> Catulle s&rsquo;adresse aux terribles \u00ab\u00a0Annales\u00a0\u00bb du po\u00e8te Volusius, les appelant \u00ab\u00a0d\u00e9jections de papyrus\u00a0\u00bb. Il raconte un v\u0153u fait par sa fille (Lesbie) de br\u00fbler la pire po\u00e9sie en offrande si Catulle arr\u00eatait d&rsquo;\u00e9crire des vers en col\u00e8re \u00e0 son sujet. Comme elle consid\u00e9rait l&rsquo;\u0153uvre de Volusius comme la pire, il accomplit sarcastiquement le v\u0153u. C&rsquo;est une critique litt\u00e9raire d\u00e9guis\u00e9e en acte religieux.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Annales, de Volusius, d\u00e9jections de papyrus, acquittez l&rsquo;offrande votive de ma fille. Car, par la sainte V\u00e9nus et Cupidon, elle a promis, que si on me lui rendait, et que je cessais de lancer des iambes sauvages, elle offrirait aux dieux les meilleurs mots, des pires po\u00e8tes boiteux, consum\u00e9s par un bois malin. Et la jeune fille pensait que c&rsquo;\u00e9tait le pire, avec un rire charmant, pour \u00e9mouvoir les dieux. Maintenant, \u00f4 d\u00e9esse cr\u00e9\u00e9e de la mer bleue, \u00e0 qui appartiennent la sainte Idalie, Urii, Anc\u00f4ne, Cnidos ceint de roseaux, et Amathusia, Golgos, et Dyrrachium adriatique, rends le v\u0153u acceptable, accompli, s&rsquo;il ne manque pas d&rsquo;esprit et de charme. Mais en attendant, toi, entre dans le feu, toi, plein de rusticit\u00e9s et de grossi\u00e8ret\u00e9s, annales volusiennes, d\u00e9jections de papyrus.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/latrespace.com\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/interiorcatullus36.webp\" alt=\"Peinture d&#039;une figure mythologique\" width=\"600\" height=\"462\" \/><em class=\"cap-ai\">Peinture d&#039;une figure mythologique<\/em><\/p>\n<h3>Po\u00e8me 37 : Entr\u00e9e Libre : aux habitu\u00e9s et \u00e0 Egnatius<\/h3>\n<p><em>Commentaire :<\/em> Un po\u00e8me de col\u00e8re dirig\u00e9 contre une taverne et ses clients qui sont apparemment impliqu\u00e9s avec Lesbie. Catulle utilise un langage cru pour exprimer sa jalousie et sa rage, d\u00e9signant Egnatius, un homme aux dents d&rsquo;une blancheur remarquable (moqu\u00e9 davantage dans le po\u00e8me 39), comme un rival principal.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Taverne luxurieuse, et vous ses habitu\u00e9s, \u00e0 neuf piliers des piliers des Jumeaux, croyez-vous que vous \u00eates les seuls \u00e0 avoir des bites, les seuls \u00e0 \u00eatre autoris\u00e9s \u00e0 importuner les jeunes filles, et consid\u00e9rez-vous les autres comme des ch\u00e8vres ? Ou, parce que cent ou deux d&rsquo;entre vous sont assis \u00e0 la queue, vous, idiots, que je n&rsquo;ose pas enculer deux cents ensemble ? R\u00e9fl\u00e9chissez : je vais dessiner partout sur la fa\u00e7ade de la taverne avec vos restes. Parce que ma fille, qui a quitt\u00e9 mes bras, que j&rsquo;ai aim\u00e9e comme aucune autre fille n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 aim\u00e9e, pour qui tant de grandes batailles ont \u00e9t\u00e9 men\u00e9es, est l\u00e0. Vous, tous les riches et les fortun\u00e9s, vous l&rsquo;aimez, et, ce qui est si honteux, c&rsquo;est vrai, tous les moins importants, tous les adult\u00e8res qui fr\u00e9quentent les chemins de traverse : toi, surtout, l&rsquo;un des poilus, rejeton espagnol \u00e0 t\u00eate de lapin, Egnatius. Qu&rsquo;une barbe ombrag\u00e9e am\u00e9liore, et des dents bross\u00e9es avec de la pisse ib\u00e9rique.<\/p>\n<\/blockquote>\n<h3>Po\u00e8me 38 : Un mot, s&rsquo;il te pla\u00eet : \u00e0 Cornificius<\/h3>\n<p><em>Commentaire :<\/em> Un po\u00e8me plaintif adress\u00e9 \u00e0 son ami Cornificius. Catulle est malade et mis\u00e9rable et se sent n\u00e9glig\u00e9 par Cornificius, qui ne lui a pas offert de mots de consolation. Il contraste sa tristesse avec le chagrin l\u00e9gendaire de Simonides.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Il est malade, Cornificius, ton Catulle, il est malade, par Hercule, et c&rsquo;est mauvais, et pire de plus en plus chaque heure. O\u00f9 es-tu, pour qui c&rsquo;est la chose la plus petite et la plus facile, d&rsquo;apporter de la consolation par des bavardages ? Je suis f\u00e2ch\u00e9 contre toi. Tant pis pour mon amiti\u00e9 ? M\u00eame un peu pourrait me r\u00e9conforter, plus triste que les larmes de Simonides.<\/p>\n<\/blockquote>\n<h3>Po\u00e8me 39 : Tes Dents ! : \u00e0 Egnatius<\/h3>\n<p><em>Commentaire :<\/em> Un po\u00e8me satirique ciblant sp\u00e9cifiquement Egnatius et son sourire constant, que Catulle attribue \u00e0 ses dents d&rsquo;une blancheur inhabituelle. Catulle trouve son sourire perp\u00e9tuel inappropri\u00e9 dans diverses situations et r\u00e9v\u00e8le le secret d\u00e9go\u00fbtant derri\u00e8re ses dents blanches : elles sont nettoy\u00e9es avec de l&rsquo;urine, une pratique attribu\u00e9e aux anciens Ib\u00e8res.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Egnatius, parce qu&rsquo;il a des dents blanches comme neige, sourit tout le temps. Si tu es d\u00e9fendeur au tribunal, quand l&rsquo;avocat fait pleurer, il sourit : si tu es en deuil au b\u00fbcher de fils pieux, la m\u00e8re seule et d\u00e9sol\u00e9e pleurant, il sourit. Quoi que ce soit, o\u00f9 que ce soit, quoi qu&rsquo;il fasse, il sourit : il a une maladie, ni polie, dirais-je, ni charmante. Donc, un rappel pour toi, de ma part, bon Egnatius. Si tu \u00e9tais Sabin ou Tiburtin ou un gros Ombrien, ou un \u00c9trusque potel\u00e9, ou un Lanuvien sombre et aux dents \u00e9cart\u00e9es, ou du nord du P\u00f4, et je mentionnerai aussi mon propre V\u00e9ronais, ou quiconque d&rsquo;autre nettoie ses dents religieusement, je ne voudrais toujours pas que tu souris tout le temps : il n&rsquo;y a rien de plus stupide que de sourire sottement. Maintenant, tu es Espagnol : dans le pays d&rsquo;Espagne ce que chaque homme pisse, il a l&rsquo;habitude de s&rsquo;en brosser les dents et les gencives rouges, chaque matin, ainsi le fait que tes dents soient si polies montre simplement que tu es le plus plein de pisse.<\/p>\n<\/blockquote>\n<h3>Po\u00e8me 40 : Tu veux la gloire ? : \u00e0 Ravidus<\/h3>\n<p><em>Commentaire :<\/em> Catulle met en garde Ravidus contre toute tentative de le provoquer en insultant sa bien-aim\u00e9e (probablement Lesbie), affirmant que chercher la gloire en attaquant Catulle ne r\u00e9sultera qu&rsquo;en une notori\u00e9t\u00e9 et une punition dans ses vers.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Quelle maladie mentale, pauvre petit Ravidus, te pousse t\u00eate baiss\u00e9e sur mes iambiques ? Quel dieu, mal dispos\u00e9 envers toi, a l&rsquo;intention de d\u00e9clencher une querelle folle ? Ou est-ce pour atteindre une gloire vulgaire ? Pourquoi l&rsquo;assaut ? Tu veux \u00eatre connu partout ? Tu le seras, puisque tu as voulu aimer mon amour, et avec une longue punition.<\/p>\n<\/blockquote>\n<h3>Po\u00e8me 41 : Une Demande d\u00e9raisonnable : \u00e0 Ameana<\/h3>\n<p><em>Commentaire :<\/em> Catulle se moque d&rsquo;Ameana, une femme qu&rsquo;il d\u00e9crit sans flatterie, pour lui avoir r\u00e9clam\u00e9 une grosse somme d&rsquo;argent. Il la d\u00e9peint comme cupide et illusionn\u00e9e, sugg\u00e9rant qu&rsquo;elle a besoin d&rsquo;une aide psychiatrique plut\u00f4t que d&rsquo;argent.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Ameana, une fille bais\u00e9e par tous, me r\u00e9clame dix mille, cette fille au grand nez laid, &lsquo;amie&rsquo; du Formianus en faillite. Rassemblez-vous, vous qui vous souciez de la fille, assemblez-vous, m\u00e9decins et amis : la fille n&rsquo;est pas bien, ne demandez pas ce que c&rsquo;est : elle souffre de fantasmes d&rsquo;argent.<\/p>\n<\/blockquote>\n<h3>Po\u00e8me 42 : Les Tablettes \u00e0 \u00e9crire : aux Hend\u00e9casyllabes<\/h3>\n<p><em>Commentaire :<\/em> Catulle appelle ses vers hend\u00e9casyllabes, les personnifiant comme des alli\u00e9s, pour l&rsquo;aider \u00e0 r\u00e9cup\u00e9rer ses tablettes \u00e0 \u00e9crire aupr\u00e8s d&rsquo;une \u00ab\u00a0adult\u00e8re vile\u00a0\u00bb (probablement Lesbie ou l&rsquo;une de ses associ\u00e9es) qui se moque de lui. Le po\u00e8me d\u00e9peint une sc\u00e8ne de confrontation publique et d&rsquo;abus verbal, montrant l&rsquo;utilisation de sa po\u00e9sie par Catulle comme une arme.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Venez, hend\u00e9casyllabes, tous ceux qui sont l\u00e0 et de tous c\u00f4t\u00e9s, autant que vous \u00eates. Une adult\u00e8re vile pense que je suis une blague, et refuse de me rendre mes tablettes une fois de plus, si vous le croyez. Nous allons la suivre : demandez-les-lui. Laquelle, demanderez-vous peut-\u00eatre ? Celle que vous voyez se pavaner honteusement, rire ridiculement, folle, avec les m\u00e2choires d&rsquo;une chienne gauloise. Entourez-la : demandez-lui : &lsquo;Adult\u00e8re puante, rends mes lettres, rends, adult\u00e8re puante, mes lettres !&rsquo; Tu ne le feras pas ? \u00d4 dans la boue, le bordel, ou s&rsquo;il y a quelque chose de plus ruineux, alors cela ! Mais ne pensez pas que ce soit suffisant. Appelez-la \u00e0 nouveau d&rsquo;une voix plus forte : &lsquo;Adult\u00e8re puante, rends mes lettres, rends, adult\u00e8re puante, mes lettres !&rsquo; Mais c&rsquo;est inutile : rien ne la d\u00e9range. Nous ferions mieux de changer de m\u00e9thodes et de tactiques, si nous voulons qu&rsquo;elles nous soient plus utiles : voyons si nous ne pouvons pas faire rougir le visage d&rsquo;airain de cette chienne : &lsquo;Honn\u00eate et chaste, rends mes lettres.&rsquo;<\/p>\n<\/blockquote>\n<h3>Po\u00e8me 43 : Aucune Comparaison : \u00e0 <a href=\"CatullusindexA-C.php#Ameana\">Ameana<\/a><\/h3>\n<p><em>Commentaire :<\/em> Catulle s&rsquo;adresse \u00e0 Ameana de nouveau, \u00e9num\u00e9rant ses nombreuses caract\u00e9ristiques physiques peu attrayantes (nez laid, pieds, yeux, doigts, bouche, langue). Il ridiculise ensuite l&rsquo;id\u00e9e qu&rsquo;elle soit consid\u00e9r\u00e9e comme belle dans sa province et ose \u00eatre compar\u00e9e \u00e0 sa Lesbie, soulignant le manque de go\u00fbt per\u00e7u dans sa soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Salut, jeune fille au nez pas le plus court, aux pieds pas si charmants, aux yeux pas les plus sombres, aux doigts pas minces, \u00e0 la bouche jamais gu\u00e9rie, et \u00e0 la langue pas excessivement charmante, &lsquo;petite amie&rsquo; du Formianus en faillite. Et la Province te proclame belle ? \u00c0 comparer \u00e0 ma Lesbie ? \u00d4 \u00e9poque sans esprit et ignorante !<\/p>\n<\/blockquote>\n<h3>Po\u00e8me 44 : Son Domaine<\/h3>\n<p><em>Commentaire :<\/em> Catulle \u00e9crit sur son domaine de banlieue, se demandant en plaisantant s&rsquo;il doit l&rsquo;appeler Sabin ou Tiburtin. Il raconte s&rsquo;y \u00eatre r\u00e9fugi\u00e9 pour se remettre d&rsquo;une toux attrap\u00e9e apr\u00e8s avoir assist\u00e9 \u00e0 un d\u00eener terrible et lu un discours empoisonn\u00e9. Le domaine sert de refuge et de source de sant\u00e9.<\/p>\n<blockquote>\n<p>\u00d4 mon domaine, que tu sois Sabin ou Tiburtin (car ils t&rsquo;appellent Tiburtin, ceux qui ne veulent pas blesser Catulle : mais ceux qui le souhaitent disent que quoi que ce soit le pari, tu es Sabin), mais que tu sois Sabin ou Tiburtin, j&rsquo;habite volontiers ta villa de banlieue, et je me d\u00e9barrasse d&rsquo;une mauvaise toux bronchique, que m&rsquo;a donn\u00e9e un refroidissement de l&rsquo;estomac, de ma faute, en me remplissant de d\u00eeners extravagants. Car je voulais \u00eatre l&rsquo;invit\u00e9 de Sestius, alors j&rsquo;ai lu l&rsquo;oraison dans l&rsquo;affaire d&rsquo;Antius, pleine de poison l\u00e9gal et de peste, elle m&rsquo;a affaibli au point d&rsquo;avoir des rhumes aqueux et une toux fr\u00e9quente, jusqu&rsquo;\u00e0 ce que je m&rsquo;enfuie dans ton sein, et que je retrouve la sant\u00e9, avec du repos et de la soupe d&rsquo;orties. Rafra\u00eechi par cela, je te remercie grandement, toi qui ne te venge pas de mon erreur. Maintenant je ne me soucie pas, si je reprends ce texte odieux, si ce n&rsquo;est pas moi mais Sestius lui-m\u00eame, qui siffle et tousse, qui prend froid, qui ne m&rsquo;a invit\u00e9 qu&rsquo;apr\u00e8s que j&rsquo;aie lu cette vile \u0153uvre.<\/p>\n<\/blockquote>\n<h3>Po\u00e8me 45 : Une Pastorale : \u00e0 Septimius<\/h3>\n<p><em>Commentaire :<\/em> Un portrait doux et id\u00e9alis\u00e9 d&rsquo;un couple, Septimius et Acme, exprimant leur amour mutuel par des v\u0153ux confirm\u00e9s par le dieu Amour (\u00e9ternuant). C&rsquo;est un moment d&rsquo;affection pure et r\u00e9ciproque, contrastant avec l&rsquo;amour turbulent pour Lesbie.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Septimius tenant sa bien-aim\u00e9e Acme sur ses genoux, dit : &lsquo;Acme, mienne, si je ne t&rsquo;aime pas d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment, et n&rsquo;aime pas pour toujours, continuellement \u00e0 travers toutes les ann\u00e9es, autant que celui qui aime le plus, dans la Libye vide et l&rsquo;Inde br\u00fbl\u00e9e, je me battrai contre quelque lion aux yeux verts.&rsquo; Tandis qu&rsquo;il parlait, l&rsquo;Amour, \u00e0 gauche et \u00e0 droite, \u00e9ternua son approbation. Mais Acme leva l\u00e9g\u00e8rement la t\u00eate et ses charmantes l\u00e8vres rouges parl\u00e8rent aux yeux ivres de son doux gar\u00e7on : &lsquo;Ainsi, Septimius, <em>mea vita<\/em>, servons toujours ce seul seigneur, afin que le feu br\u00fble plus profond\u00e9ment et plus f\u00e9rocement ma moelle tendre.&rsquo; Tandis qu&rsquo;elle parlait, l&rsquo;Amour, \u00e0 gauche et \u00e0 droite, \u00e9ternua son approbation. Maintenant, profitant de ces bons pr\u00e9sages, leurs esprits mutuels aiment et sont aim\u00e9s. Septimius place sa petite Acme, au-dessus des Syriens ou des Bretons : la fid\u00e8le Acme fait de Septimius son seul ch\u00e9ri et son d\u00e9sir. Qui pourrait voir des cr\u00e9atures plus b\u00e9nies qui un amour plus fortun\u00e9 ?<\/p>\n<\/blockquote>\n<h3>Po\u00e8me 46 : D\u00e9part printanier<\/h3>\n<p><em>Commentaire :<\/em> Un po\u00e8me marquant l&rsquo;arriv\u00e9e du printemps et la fin du s\u00e9jour de Catulle en Bithynie. Il exprime son impatience de voyager en Asie et fait ses adieux \u00e0 ses amis qui se disperseront dans diff\u00e9rentes directions. Il capture l&rsquo;esprit agit\u00e9 associ\u00e9 au changement de saisons et au voyage.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Maintenant, le printemps revient doux et temp\u00e9r\u00e9, maintenant les cieux \u00e9quinoctiaux sauvages sont calm\u00e9s par les brises plus heureuses du Z\u00e9phyr. Les champs de Phrygie seront abandonn\u00e9s, Catulle, les riches fermes de la chaude Nic\u00e9e : nous nous enfuirons vers les villes lumineuses d&rsquo;Asie. Maintenant, les esprits agit\u00e9s aspirent au voyage, maintenant les pieds joyeux s&rsquo;agitent de plaisir. \u00d4 douce foule d&rsquo;amis, adieu, vous qui \u00eates venus ensemble de lieux lointains, vous que des chemins divergents doivent emporter.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/latrespace.com\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/interiorcatullus46.webp\" alt=\"Peinture de figures mythologiques\" width=\"469\" height=\"600\" \/><em class=\"cap-ai\">Peinture de figures mythologiques<\/em><\/p>\n<h3>Po\u00e8me 47 : Favoritisme : \u00e0 Porcius et Socration<\/h3>\n<p><em>Commentaire :<\/em> Catulle exprime sa consternation de voir deux individus ind\u00e9sirables, Porcius et Socration, \u00eatre favoris\u00e9s et d\u00eener somptueusement avec Pison, tandis que ses dignes amis Veranius et Fabullus luttent. C&rsquo;est une plainte contre l&rsquo;injustice et le mauvais jugement dans les cercles sociaux.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Porcius et Socration, deux mains gauches de Pison, les d\u00e9mangeaisons et les famines du monde, ce Priape circoncis vous pr\u00e9f\u00e8re-t-il \u00e0 mes Veraniolus et \u00e0 mes Fabullus ? Vous, g\u00e2t\u00e9s par de grands banquets somptueux chaque jour : mes amis cherchant du travail aux carrefours ?<\/p>\n<\/blockquote>\n<h3>Po\u00e8me 48 : Passion : \u00e0 Iuventius<\/h3>\n<p><em>Commentaire :<\/em> S&rsquo;adressant \u00e0 nouveau \u00e0 Iuventius, Catulle exprime son intense d\u00e9sir d&#8217;embrasser ses yeux sans fin. Comme dans le po\u00e8me 5, il utilise l&rsquo;hyperbole (des milliers de baisers, plus que les \u00e9pis de bl\u00e9) pour transmettre la profondeur de sa passion pour ce jeune homme. Cela correspond au th\u00e8me des <a href=\"https:\/\/latrespace.com\/poems-for-man-you-love\/\">po\u00e8mes pour l&rsquo;homme que vous aimez<\/a>, montrant les relations multiples de Catulle.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Iuventius, si j&rsquo;\u00e9tais toujours autoris\u00e9 \u00e0 embrasser tes yeux doux comme le miel, je pourrais t&#8217;embrasser trois cent mille fois, et ne jamais \u00eatre rassasi\u00e9, m\u00eame si mes baisers \u00e9taient plus nombreux que les \u00e9pis de bl\u00e9 m\u00fbr de la r\u00e9colte.<\/p>\n<\/blockquote>\n<h3>Po\u00e8me 49 : Un Compliment : \u00e0 Marcus Tullius Cic\u00e9ron<\/h3>\n<p><em>Commentaire :<\/em> Un compliment apparemment \u00e9logieux adress\u00e9 au c\u00e9l\u00e8bre orateur Cic\u00e9ron, le qualifiant de descendant de Romulus le plus \u00e9loquent. Cependant, certains savants interpr\u00e8tent ce po\u00e8me de mani\u00e8re ironique, car Catulle se positionne comme le \u00ab\u00a0moindre de tous les po\u00e8tes\u00a0\u00bb, soulignant potentiellement la grande diff\u00e9rence entre leurs statuts respectifs ou le d\u00e9calage per\u00e7u entre l&rsquo;\u00e9loquence et la po\u00e9sie.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Le plus \u00e9loquent des descendants de Romulus, ceux qui existent, qui ont exist\u00e9, qui existeront \u00e0 travers les \u00e2ges, Marcus Tullius, Catulle te remercie chaleureusement, le moindre de tous les po\u00e8tes, aussi moindre de tous les po\u00e8tes que tu es le plus grand de tous les avocats.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/latrespace.com\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/interiorcatullus49.webp\" alt=\"Sculpture d&#039;une figure romaine\" width=\"343\" height=\"500\" \/><em class=\"cap-ai\">Sculpture d&#039;une figure romaine<\/em><\/p>\n<h3>Po\u00e8me 50 : Hier : \u00e0 Licinius Calvus<\/h3>\n<p><em>Commentaire :<\/em> Catulle raconte une journ\u00e9e pass\u00e9e \u00e0 \u00e9crire de la po\u00e9sie en jouant et \u00e0 \u00e9changer des vers avec son ami, le po\u00e8te Calvus. L&rsquo;exp\u00e9rience fut si stimulante qu&rsquo;elle le laissa agit\u00e9 et incapable de dormir, soulignant l&rsquo;intensit\u00e9 intellectuelle et \u00e9motionnelle de leur amiti\u00e9 et de leur passion partag\u00e9e pour la po\u00e9sie.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Hier, Calvus, jour oisif, nous avons jou\u00e9 avec mes tablettes \u00e0 \u00e9crire, nous harmonisant pour \u00eatre d\u00e9licieux : griffonnant des vers, chacun de nous jouant avec les m\u00e8tres, ci et l\u00e0, r\u00e9citant ensemble, \u00e0 travers rires et vin. Et j&rsquo;en suis parti enflamm\u00e9 par ton charme, Calvus, et par ton esprit, si bien que, agit\u00e9, je ne pouvais pas profiter de la nourriture, ni fermer les yeux tranquillement en dormant, mais je me suis tourn\u00e9 et retourn\u00e9 sauvagement dans mon lit par passion, impatient de voir la lumi\u00e8re, pour pouvoir te parler, et \u00eatre avec toi. Mais ensuite je suis rest\u00e9 l\u00e0 \u00e9puis\u00e9 par l&rsquo;effort, \u00e0 moiti\u00e9 mort dans le lit, j&rsquo;ai fait ce po\u00e8me pour toi, agr\u00e9ablement, d&rsquo;o\u00f9 tu pourrais percevoir ma douleur. Maintenant, prends garde d&rsquo;\u00eatre t\u00e9m\u00e9raire, ne rejette pas mes pri\u00e8res, je t&rsquo;en prie, mon ch\u00e9ri, de peur que N\u00e9m\u00e9sis n&rsquo;exige ta punition. C&rsquo;est une d\u00e9esse puissante. Prends garde de l&rsquo;irriter.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/latrespace.com\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/interiorcatullus50.webp\" alt=\"Peinture d&#039;une figure mythologique\" width=\"411\" height=\"600\" \/><em class=\"cap-ai\">Peinture d&#039;une figure mythologique<\/em><\/p>\n<h3>Po\u00e8me 51 : Une Imitation de Sappho : \u00e0 Lesbie<\/h3>\n<p><em>Commentaire :<\/em> Une c\u00e9l\u00e8bre adaptation du Fragment 31 de Sappho, exprimant le trouble physique et \u00e9motionnel ressenti par l&rsquo;orateur en voyant Lesbie interagir intimement avec un autre homme. Catulle ajoute sa propre strophe finale, un avertissement s\u00e9v\u00e8re \u00e0 lui-m\u00eame sur les dangers de l&rsquo;oisivet\u00e9, qui est uniquement romain et d\u00e9place l&rsquo;attention de la pure passion \u00e0 la vertu civique.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Il me semble \u00e9gal aux dieux, cet homme, si c&rsquo;est possible plus que juste divin, qui assis face \u00e0 toi, te voit sans cesse et t&rsquo;entend rire si doucement, qu&rsquo;avec une douleur f\u00e9roce je suis priv\u00e9 de tous mes sens : car \u00e0 l&rsquo;instant o\u00f9 je te vois, Lesbie, rien ne me reste&#8230;.. mais ma langue est engourdie, et \u00e0 travers mes pauvres membres des feux font rage, l&rsquo;\u00e9cho de ta voix r\u00e9sonne dans mes deux oreilles, mes yeux sont couverts des t\u00e9n\u00e8bres de la nuit. &lsquo;Ton oisivet\u00e9 est odieuse, Catulle : tu te plais dans l&rsquo;oisivet\u00e9, et dans trop de postures : l&rsquo;oisivet\u00e9 a ruin\u00e9 les rois et les cit\u00e9s d&rsquo;autrefois.&rsquo;<\/p>\n<\/blockquote>\n<h3>Po\u00e8me 52 : Injustice : sur Nonnius<\/h3>\n<p><em>Commentaire :<\/em> Un bref cri de d\u00e9sespoir et d&rsquo;impatience. Catulle se demande pourquoi il devrait continuer \u00e0 vivre alors que des hommes corrompus et ind\u00e9sirables (Nonnius et Vatinius) occupent des postes de pouvoir et d&rsquo;influence \u00e0 Rome.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Pourquoi, Catulle ? Pourquoi attendre de mourir ? Nonnius la tumeur si\u00e8ge dans une chaise de Magistrat, Vatinius se parjure pour un Consulat : Pourquoi, Catulle ? Pourquoi attendre de mourir ?<\/p>\n<\/blockquote>\n<h3>Po\u00e8me 53 : Rire au Tribunal : \u00e0 Gaius Licinius Calvus<\/h3>\n<p><em>Commentaire :<\/em> Un court po\u00e8me anecdotique d\u00e9crivant un moment au tribunal o\u00f9 l&rsquo;ami de Catulle, l&rsquo;orateur Calvus, plaide \u00e9loquemment contre Vatinius (probablement le m\u00eame homme du po\u00e8me 52). Quelqu&rsquo;un dans la foule, impressionn\u00e9 par le discours enflamm\u00e9 de Calvus, s&rsquo;exclame : \u00ab\u00a0Grands dieux, quel petit homme \u00e9loquent !\u00a0\u00bb, une remarque que Catulle trouve amusante.<\/p>\n<blockquote>\n<p>J&rsquo;ai ri quand quelqu&rsquo;un, de la foule, pendant que mon Calvus expliquait l&rsquo;affaire Vatinienne merveilleusement bien, dit admirativement, levant les mains : &lsquo;Grands dieux, quel petit homme \u00e9loquent !&rsquo;<\/p>\n<\/blockquote>\n<h3>Po\u00e8me 54 : \u00d4 <a href=\"CatullusindexA-C.php#Caesar\">C\u00e9sar<\/a> ! : de la t\u00eate d&rsquo;Othon<\/h3>\n<p><em>Commentaire :<\/em> Un po\u00e8me fragmentaire et quelque peu obscur contenant des insultes dirig\u00e9es contre des figures mineures (Othon, Libo, Sufficio) et une attaque g\u00e9n\u00e9rale contre \u00ab\u00a0notre seul et unique g\u00e9n\u00e9ral\u00a0\u00bb (vraisemblablement C\u00e9sar). C&rsquo;est un autre exemple de l&rsquo;utilisation de l&rsquo;invective personnelle par Catulle.<\/p>\n<blockquote>\n<p>La t\u00eate d&rsquo;Othon est toute petite, et les jambes de son propri\u00e9taire sont grossi\u00e8rement sales, doux et d\u00e9licat est le pet de Libo : sinon avec tout cela, alors qu&rsquo;on me d\u00e9plaise avec Sufficio, la vieillesse renouvel\u00e9e&#8230; \u00e0 nouveau, que mes iambiques sans valeur t&rsquo;irritent, notre seul et unique g\u00e9n\u00e9ral.<\/p>\n<\/blockquote>\n<h3>Po\u00e8me 55 : O\u00f9 es-tu ? : \u00e0 Camerius<\/h3>\n<p><em>Commentaire :<\/em> Catulle cherche fr\u00e9n\u00e9tiquement son ami Camerius dans tout Rome, exprimant sa frustration et laissant entendre que Camerius pourrait \u00eatre secr\u00e8tement impliqu\u00e9 avec des femmes. Il se plaint de la difficult\u00e9 \u00e0 le trouver, comparant la t\u00e2che \u00e0 l&rsquo;un des travaux d&rsquo;Hercule, et presse Camerius d&rsquo;\u00eatre ouvert sur ses all\u00e9es et venues.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Je t&rsquo;en supplie, si ce n&rsquo;est pas trop de peine, indique o\u00f9 se trouve ton ombre. Toi, petit Camerius, je t&rsquo;ai cherch\u00e9, toi, dans le Cirque, toi, dans les librairies, toi, dans le sanctuaire sacr\u00e9 du grand Jupiter. J&rsquo;ai retenu toutes les filles ensemble dans l&rsquo;Arcade de Pomp\u00e9e, mon ami, dont les visages \u00e9taient vides, cependant. &lsquo;Pire des filles, r\u00e9v\u00e8le mon Camerius&rsquo;, leur ai-je donc demand\u00e9. L&rsquo;une r\u00e9pondit, r\u00e9v\u00e9lant sa nudit\u00e9&#8230; &lsquo;Regarde, il se cache dans ces seins roses.&rsquo; Mais, oh c&rsquo;est un travail d&rsquo;Hercule de te supporter : autant que ton orgueil le nie, mon ami. Puisque je ne suis pas ce gardien de bronze de Cr\u00e8te, pas Ladas ou Pers\u00e9e aux pieds ail\u00e9s, puisque je ne suis pas port\u00e9 par P\u00e9gase en vol, ni par l&rsquo;attelage blanc et rapide de Rh\u00e9sus, ajoutez \u00e0 cela les pieds ail\u00e9s et la rapidit\u00e9 et la vitesse collective des vents, Camerius, tu aurais pu dire avec qui tu \u00e9tais : mais je serais fatigu\u00e9 jusqu&rsquo;\u00e0 la moelle et d\u00e9vor\u00e9 par une fatigue excessive si je continuais \u00e0 te chercher, mon ami. Dis-nous o\u00f9 tu seras \u00e0 l&rsquo;avenir, prononce hardiment, engage-toi, fais confiance \u00e0 la lumi\u00e8re. Est-ce que les filles blanches comme le lait te tiennent maintenant ? Si ta langue est coll\u00e9e dans ta bouche, tu banniras toutes les r\u00e9compenses de l&rsquo;amour. V\u00e9nus se d\u00e9lecte d&rsquo;un langage abondant. Ou, si tu veux, ferme tes l\u00e8vres, tout en me laissant partager tes amours.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/latrespace.com\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/interiorcatullus55.webp\" alt=\"Peinture d&#039;une figure mythologique accomplissant un travail\" width=\"600\" height=\"376\" \/><em class=\"cap-ai\">Peinture d&#039;une figure mythologique accomplissant un travail<\/em><\/p>\n<h3>Po\u00e8me 56 : Trio : \u00e0 Caton<\/h3>\n<p><em>Commentaire :<\/em> Une br\u00e8ve anecdote grossi\u00e8re adress\u00e9e \u00e0 Caton (peut-\u00eatre Caton le Jeune), d\u00e9peignant une sc\u00e8ne sexuellement explicite dont Catulle a \u00e9t\u00e9 t\u00e9moin impliquant sa fille et un jeune \u00e9l\u00e8ve. Il trouve l&rsquo;incident amusant et esp\u00e8re que Caton le trouvera aussi. Le po\u00e8me souligne la volont\u00e9 de Catulle d&rsquo;\u00e9crire sur des th\u00e8mes transgressifs et de les adresser \u00e0 des figures respect\u00e9es.<\/p>\n<blockquote>\n<p>\u00d4 Caton, chose amusante et ridicule, digne de tes oreilles et de ton rire ! Caton, ris comme tu aimes Catulle : la chose est amusante, et tout \u00e0 fait ridicule. J&rsquo;ai surpris le petit \u00e9l\u00e8ve de ma fille en train de pousser : si seulement pour plaire \u00e0 Dion\u00e9e, je l&rsquo;ai sacrifi\u00e9 \u00e0 ma verge raide et succ\u00e9dante.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/latrespace.com\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/interiorcatullus56.webp\" alt=\"Peinture de figures mythologiques\" width=\"600\" height=\"444\" \/><em class=\"cap-ai\">Peinture de figures mythologiques<\/em><\/p>\n<h3>Po\u00e8me 57 : Vous deux ! : \u00e0 Gaius Julius C\u00e9sar<\/h3>\n<p><em>Commentaire :<\/em> Une autre attaque virulente contre C\u00e9sar et Mamurra, les qualifiant explicitement de \u00ab\u00a0salopes perverses\u00a0\u00bb. Catulle se moque de leurs pr\u00e9tendus int\u00e9r\u00eats sexuels communs et de leur corruption morale per\u00e7ue, renfor\u00e7ant les th\u00e8mes du po\u00e8me 29.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Magnifiquement assorties les salopes perverses, Mamurra le catamite et C\u00e9sar. Pas \u00e9tonnant : tous deux \u00e9galement tach\u00e9s, l&rsquo;un de Formies, l&rsquo;autre de la Ville, des marques qui restent, qui ne peuvent \u00eatre diminu\u00e9es. Malades de la m\u00eame mani\u00e8re, ces deux jumeaux, tous deux quelque peu habiles au m\u00eame lit, l&rsquo;un pas plus avide adult\u00e8re que l&rsquo;autre, rivaux pour les petites filles partag\u00e9es. Magnifiquement assorties les salopes perverses.<\/p>\n<\/blockquote>\n<h3>Po\u00e8me 58 : Complainte pour Lesbie : \u00e0 Marcus Caelius Rufus<\/h3>\n<p><em>Commentaire :<\/em> Un court po\u00e8me d\u00e9vastateur d\u00e9plorant la chute de Lesbie, la femme qu&rsquo;il aimait autrefois intens\u00e9ment, \u00e0 une vie de prostitution ordinaire (\u00ab\u00a0se branle sur les fils courageux de Rome\u00a0\u00bb aux carrefours et dans les ruelles). Il exprime un extr\u00eame d\u00e9ception et chagrin face \u00e0 sa d\u00e9gradation.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Caelius, notre Lesbie, <em>cette<\/em> Lesbie, cette Lesbie, que seul Catulle aimait plus que lui-m\u00eame, et tout ce qui \u00e9tait \u00e0 lui, maintenant aux carrefours, et dans les ruelles, se branle sur les fils courageux de Rome.<\/p>\n<\/blockquote>\n<h3>Po\u00e8me 59 : Les Restes : sur Rufa<\/h3>\n<p><em>Commentaire :<\/em> Un po\u00e8me grossier et grotesque sur Rufa, l&rsquo;\u00e9pouse de Menenius, que Catulle d\u00e9crit en train de chercher de la nourriture sur les b\u00fbchers fun\u00e9raires dans le cimeti\u00e8re. C&rsquo;est une description vivante de la mis\u00e8re et du d\u00e9sespoir utilis\u00e9e \u00e0 des fins satiriques ou m\u00e9prisantes.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Rufa de Bologne suce Rufulus, c&rsquo;est l&rsquo;\u00e9pouse de Menenius, que tu as souvent vue, arrachant de la nourriture, du b\u00fbcher lui-m\u00eame, dans le cimeti\u00e8re, chassant le pain quand il roule des flammes, se faisant battre par le cr\u00e9mateur \u00e0 moiti\u00e9 ras\u00e9.<\/p>\n<\/blockquote>\n<h3>Po\u00e8me 60 : Lionne<\/h3>\n<p><em>Commentaire :<\/em> Un po\u00e8me bref et intense questionnant l&rsquo;origine de l&rsquo;extr\u00eame cruaut\u00e9 et insensibilit\u00e9 de quelqu&rsquo;un. Catulle se demande s&rsquo;ils sont n\u00e9s d&rsquo;une b\u00eate sauvage ou d&rsquo;une figure mythologique monstrueuse, en raison de leur m\u00e9pris d\u00e9daigneux pour la souffrance d&rsquo;autrui.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Toi maintenant, est-ce une lionne, des montagnes africaines, ou les profondeurs des cuisses hurlantes de Scylla, qui t&rsquo;ont cr\u00e9\u00e9 aussi dur et aussi vil que cela, pour que tu montres du m\u00e9pris pour la voix de la supplique, dans sa derni\u00e8re infortune, de ce c\u0153ur oh trop cruel ?<\/p>\n<\/blockquote>\n<h3>Po\u00e8me 61 : \u00c9pithalame : pour Vinia et Manlius<\/h3>\n<p><em>Commentaire :<\/em> Un long et \u00e9labor\u00e9 po\u00e8me de mariage (\u00e9pithalame) pour ses amis Vinia (ou Aurunculeia) et Manlius Torquatus. Adress\u00e9 \u00e0 Hym\u00e9n\u00e9e, dieu du mariage, il c\u00e9l\u00e8bre la beaut\u00e9 de la mari\u00e9e, loue le mari\u00e9 et offre des b\u00e9n\u00e9dictions pour la fertilit\u00e9 et une union longue et heureuse. Il comprend des \u00e9l\u00e9ments rituels, des taquineries ludiques (comme le lancer de noix) et des moments de tendre solennit\u00e9, d\u00e9montrant la ma\u00eetrise de Catulle d&rsquo;un genre formel.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Toi, qui habites sur les collines de l&rsquo;H\u00e9licon, fils d&rsquo;Uranie, qui portes la tendre vierge \u00e0 son homme, \u00d4 Hym\u00e9n\u00e9e Hymen, \u00d4 Hymen Hym\u00e9n\u00e9e : couronne ton front de douces fleurs de marjolaine parfum\u00e9e, mets le voile joyeux, ici, viens, portant les chaussures couleur safran sur tes pieds blancs comme neige : convoqu\u00e9 pour le jour heureux chantant les chants nuptiaux d&rsquo;une voix retentissante, frappe du pied le sol, secoue la torche de pin dans ta main. Maintenant Vinia vient \u00e0 son Manlius, comme V\u00e9nus, ornant le mont Ida, vint \u00e0 Paris, son juge phrygien, une fille rare mari\u00e9e \u00e0 un sort rare, comme le myrte d&rsquo;Asie n\u00e9 sur les branches fleuries, que les divines Hamadryades tendrement entretiennent elles-m\u00eames de ros\u00e9e brillante. Alors viens, laisse-toi approcher, quitte la grotte Aonienne parmi les falaises de Thespia, quitte la nymphe Aganippe et son ruisseau rafra\u00eechissant. Et appelle la mari\u00e9e \u00e0 la maison aimante de son nouveau mari, son c\u0153ur li\u00e9 solidement par l&rsquo;amour, comme le lierre s&rsquo;accrochant enlace l&rsquo;arbre, s&rsquo;enroulant ici et l\u00e0. Et vous aussi, vierges chastes, dont le jour viendra, chantant harmonieusement criez, \u00d4 Hym\u00e9n\u00e9e Hymen, \u00d4 Hymen Hym\u00e9n\u00e9e. Pour que, s&rsquo;entendant appeler \u00e0 accomplir son service, il se laisse approcher, le commandant des joies nuptiales, le v\u00e9ritable unisseur-en-amour. Quel plus grand dieu aimes-tu recherch\u00e9 par les amants ? Quelle divinit\u00e9 les hommes adorent-ils davantage, \u00d4 Hym\u00e9n\u00e9e Hymen, \u00d4 Hymen Hym\u00e9n\u00e9e ? C&rsquo;est toi que son p\u00e8re tremblant invoque : pour toi la ceinture virginale est d\u00e9li\u00e9e : pour toi le mari\u00e9 attend, effray\u00e9 par un nouveau d\u00e9sir. Tu donnes la jeune fille fra\u00eechement sortie du sein maternel, aux mains du jeune novice, \u00d4 Hym\u00e9n\u00e9e Hymen, \u00d4 Hymen Hym\u00e9n\u00e9e. V\u00e9nus ne peut tirer aucun avantage de ce que la bonne coutume permet, sans toi, mais elle le peut si tu le veux. Quel dieu ose se comparer \u00e0 toi en cela ? Aucune maison ne porte d&rsquo;enfants sans toi, aucun parent ne peut \u00eatre illumin\u00e9 par des enfants : mais ils le peuvent si tu le veux. Quel dieu ose se comparer \u00e0 toi en cela ? Aucun souverain ne peut fixer les limites de son pays : mais il le peut si tu le veux. Quel dieu ose se comparer \u00e0 toi en cela ? Ouvre la serrure de la porte. La vierge arrive. Vois-tu comme les torches dispersent des \u00e9tincelles brillantes ? <strong>&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;..**<\/strong>&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;..<strong>La noble honte retient. Quelque ob\u00e9issante qu&rsquo;elle soit, elle pleure de devoir partir. Ne pleure pas. Il n&rsquo;y a aucun danger pour toi Aurunculeia, et le jour lumineux ne verra pas de fille plus charmante que toi s&rsquo;\u00e9lever des vagues de l&rsquo;Oc\u00e9an. Une fleur de jacinthe telle qu&rsquo;elle s&rsquo;\u00e9panouit dans le petit jardin color\u00e9 d&rsquo;un homme riche. Mais tu t&rsquo;attardes : le jour s&rsquo;\u00e9vanouit. Que la nouvelle mari\u00e9e apparaisse. Que la nouvelle mari\u00e9e apparaisse, afin qu&rsquo;elle puisse maintenant \u00eatre vue, et \u00e9couter mes paroles. Vois ? Les torches dispersent des \u00e9tincelles dor\u00e9es : que la nouvelle mari\u00e9e apparaisse. Ton mari n&rsquo;est pas inconstant, adonn\u00e9 \u00e0 de coupables adult\u00e8res, cherchant de honteux vices, ne souhaite pas fuir le sommeil dans tes seins tendres, et comme les vignes s&rsquo;enroulent lentement autour des arbres qu&rsquo;elles revendiquent, il sera enroul\u00e9 dans ton \u00e9treinte. Mais le jour s&rsquo;\u00e9vanouit : que la nouvelle mari\u00e9e apparaisse. \u00d4 lit nuptial, qui pour tous <\/strong>&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;..<strong>**&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;..<\/strong>au pied du canap\u00e9 brillant, vient \u00e0 ton ma\u00eetre, quelle joie, quelle nuit errante, quels d\u00e9lices de midi ! Mais le jour passe : que la nouvelle mari\u00e9e apparaisse. \u00d4, vous les gar\u00e7ons, levez les torches : je vois la flamme approcher. Venez : que le chant r\u00e9sonne en harmonie &lsquo;io Hymen Hym\u00e9n\u00e9e io, io Hymen Hym\u00e9n\u00e9e.&rsquo; Ne retiens pas les rires Fescennins audacieux, ne laisse pas cette concubine ob\u00e9issante abandonnant l&rsquo;amour de son ma\u00eetre refuser leurs noix aux gar\u00e7ons. Donnez des noix aux gar\u00e7ons, concubine paresseuse ! Vous avez assez jou\u00e9 avec les noix : maintenant, veuillez servir Hym\u00e9n\u00e9e. Concubine, donnez-leur des noix. Les filles vous semblaient viles, concubine, hier, jusqu&rsquo;\u00e0 aujourd&rsquo;hui : maintenant, le boucleur de cheveux lisse votre barbe. Malheureux parmi les malheureux, concubine, donnez-leur des noix. Vous parlerez mal de l&rsquo;abstinence de vos esclaves, mari parfum\u00e9, mais abstenez-vous. Io Hymen Hym\u00e9n\u00e9e io, io Hymen Hym\u00e9n\u00e9e. Nous savons ce qui vous est permis lorsque vous \u00eates c\u00e9libataire, mais mari\u00e9 ce n&rsquo;est pas permis. Io Hymen Hym\u00e9n\u00e9e io, io Hymen Hym\u00e9n\u00e9e. Mari\u00e9e, prends garde de ne pas refuser ce que ton homme vient chercher, de peur qu&rsquo;il n&rsquo;aille chercher ailleurs. Io Hymen Hym\u00e9n\u00e9e io, io Hymen Hym\u00e9n\u00e9e. Puissant dans ta maison, et heureux de tes pouvoirs, qui agissent sans toi l\u00e0, Io Hymen Hym\u00e9n\u00e9e io, io Hymen Hym\u00e9n\u00e9e, jusqu&rsquo;\u00e0 ce qu&rsquo;un vieil \u00e2ge tremblant acquiesce \u00e0 tout et \u00e0 chacun. Io Hymen Hym\u00e9n\u00e9e io, io Hymen Hym\u00e9n\u00e9e. Dans tes chaussures couleur safran, franchis le seuil avec de bons augures, et entre par la porte brillante. Io Hymen Hym\u00e9n\u00e9e io, io Hymen Hym\u00e9n\u00e9e. Regarde \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur o\u00f9 ton homme est \u00e9tendu sur un lit de Tyr en t&rsquo;attendant seule. Io Hymen Hym\u00e9n\u00e9e io, io Hymen Hym\u00e9n\u00e9e. Il ne br\u00fble pas moins que toi d&rsquo;un feu dans son c\u0153ur, mais int\u00e9rieurement beaucoup plus grand. Io Hymen Hym\u00e9n\u00e9e io, io Hymen Hym\u00e9n\u00e9e. Page, l\u00e2che le bras bien fait de la jeune fille : maintenant elle atteint le lit de son mari. Io Hymen Hym\u00e9n\u00e9e io, io Hymen Hym\u00e9n\u00e9e. Vous, bonnes \u00e9pouses, qui connaissez les pouvoirs anciens pour amener les jeunes filles au mariage. Io Hymen Hym\u00e9n\u00e9e io, io Hymen Hym\u00e9n\u00e9e. Maintenant mari\u00e9, tu peux venir : ta femme attend dans ton lit, son charmant visage brillant, comme un pavot blanc, sur un champ couleur safran. Mais, mari, que les dieux se r\u00e9jouissent, tu n&rsquo;es pas moins beau, V\u00e9nus ne te n\u00e9glige pas non plus. Mais le jour s&rsquo;envole : viens maintenant, ne tarde pas. Il n&rsquo;a pas tard\u00e9 : maintenant il vient. La gentille V\u00e9nus t&rsquo;aidera, puisque tu d\u00e9sires ouvertement ce que tu d\u00e9sires, tu n&rsquo;oublieras pas l&rsquo;amour gentil. Celui qui voudrait compter tes joies, par milliers, doit d&rsquo;abord compter les grains de sable d&rsquo;Afrique, et les \u00e9toiles scintillantes. Jouez comme vous le souhaitez, et donnez-lui vite des enfants. Il n&rsquo;est pas juste qu&rsquo;un nom ancien soit sans enfants, mais il doit cr\u00e9er de la m\u00eame racine. Je veux qu&rsquo;un jeune Torquatus tende sa tendre main depuis les genoux de sa m\u00e8re, souriant doucement \u00e0 son p\u00e8re avec des l\u00e8vres entrouvertes. Qu&rsquo;il soit comme son p\u00e8re Manlius, que tous ceux qui l&rsquo;ignorent le sachent, et que son visage r\u00e9v\u00e8le la fid\u00e9lit\u00e9 de sa m\u00e8re. Ainsi notre \u00e9loge approuve celui qui est n\u00e9 d&rsquo;une m\u00e8re noble, tout comme la renomm\u00e9e in\u00e9gal\u00e9e r\u00e9sonne de P\u00e9n\u00e9lope, m\u00e8re de l&rsquo;excellent T\u00e9l\u00e9maque. Fermez les portes, vierges : nous sommes satisfaites de notre jeu. Mais vous, braves partenaires, vivez vraiment, et faites votre devoir constamment, avec vigueur et avec joie.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/latrespace.com\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/interiorcatullus61.webp\" alt=\"Peinture d&#039;une figure mythologique en train de tisser\" width=\"600\" height=\"484\" \/><em class=\"cap-ai\">Peinture d&#039;une figure mythologique en train de tisser<\/em><\/p>\n<h3>Po\u00e8me 62 : Chant de mariage<\/h3>\n<p><em>Commentaire :<\/em> Un autre \u00e9pithalame, celui-ci structur\u00e9 comme un d\u00e9bat entre des ch\u0153urs de jeunes hommes et de jeunes femmes sur le moment et la nature du mariage. Les jeunes hommes soutiennent qu&rsquo;il est temps de se marier d\u00e8s l&rsquo;apparition d&rsquo;Hesperus (l&rsquo;\u00e9toile du soir), tandis que les jeunes femmes d\u00e9plorent de quitter leurs familles. Le po\u00e8me utilise de puissantes m\u00e9taphores naturelles (une fleur cach\u00e9e, une vigne) pour discuter de la virginit\u00e9 et des avantages du mariage et de la communaut\u00e9.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Le soir est l\u00e0, jeunes gens, levez-vous : le soir, si longtemps attendu par les cieux, montre \u00e0 peine encore la lumi\u00e8re. C&rsquo;est maintenant le moment de se lever, de quitter le riche banquet, maintenant la vierge vient, maintenant le chant de mariage est chant\u00e9. Hymen \u00d4 Hym\u00e9n\u00e9e, Hymen sois pr\u00e8s, \u00d4 Hym\u00e9n\u00e9e ! Voyez-vous les jeunes filles c\u00e9libataires, vous les jeunes hommes ? Levez-vous pour les rencontrer : l&rsquo;\u00e9toile du soir montre le feu de Thessalie. Tel est le concours : voyez comme elles s&rsquo;\u00e9lancent si lestement ? Ne craignez pas de vous lever, elles chantent pour gagner un partenaire. Hymen \u00d4 Hym\u00e9n\u00e9e, Hymen sois pr\u00e8s, \u00d4 Hym\u00e9n\u00e9e ! La palme n&rsquo;est pas facilement remport\u00e9e par nous, hommes \u00e9gaux : consid\u00e9rez, les filles doivent se pr\u00e9parer entre elles. Pas une vaine pr\u00e9paration : elles savent vraiment ce qu&rsquo;il en est : pas \u00e9tonnant, puisqu&rsquo;elles concentrent tout leur esprit. Nos esprits sont ailleurs : nos oreilles se tournent ailleurs : nous serons donc vaincus par la volont\u00e9 : la victoire exige de l&rsquo;attention. Alors tournez vos esprits vers cela au moins : maintenant elles commencent \u00e0 chanter, maintenant vous devez r\u00e9pondre. Hymen \u00d4 Hym\u00e9n\u00e9e, Hymen sois pr\u00e8s, \u00d4 Hym\u00e9n\u00e9e ! Hesperus, disent-ils, quel feu est plus cruel que le tien ? Qui peut arracher une fille des bras de sa m\u00e8re, des bras retenant de sa m\u00e8re arracher une fille, et donner une vierge \u00e0 un jeune homme ardent. Qu&rsquo;est-ce que font les ennemis de plus cruel, en prenant une ville ? Hymen \u00d4 Hym\u00e9n\u00e9e, Hymen sois pr\u00e8s, \u00d4 Hym\u00e9n\u00e9e ! Hesperus, toi qui brilles d&rsquo;un feu plus heureux dans le ciel ? Toi qui fortifies le lien du mariage par ta flamme, par ce que les hommes jurent, le jurant aux parents, de ne pas \u00eatre unis avant que ta propre clart\u00e9 ne se l\u00e8ve. Quelle heure souhait\u00e9e par les dieux est accord\u00e9e plus heureusement ? Hymen \u00d4 Hym\u00e9n\u00e9e, Hymen sois pr\u00e8s, \u00d4 Hym\u00e9n\u00e9e ! Hesperus nous a vol\u00e9 une pareille. <strong>&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;..**<\/strong>&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;..**Et maintenant \u00e0 ton lever le veilleur s&rsquo;\u00e9veille toujours, les voleurs se cachent la nuit, qui souvent de m\u00eame reviennent, Hesperus, tu les attrapes, comme ton nom change, \u00e0 l&rsquo;aube, mais les filles aiment te calomnier par de fausses plaintes. Pourquoi se plaignent-elles, si elles le souhaitent secr\u00e8tement alors ? Hymen \u00d4 Hym\u00e9n\u00e9e, Hymen sois pr\u00e8s, \u00d4 Hym\u00e9n\u00e9e ! Comme la fleur cach\u00e9e n\u00e9e dans le jardin cl\u00f4tur\u00e9 inconnue des b\u00eates, intouch\u00e9e par la charrue, que les brises adoucissent, le soleil renforce, la pluie nourrit : que beaucoup de jeunes hommes choisiraient, et beaucoup de jeunes filles : quand cette m\u00eame fleur se fane, cueillie par une main tendre, aucun jeune gar\u00e7on ne la choisirait, et aucune jeune fille : ainsi la vierge, tant qu&rsquo;elle est intouch\u00e9e, tant qu&rsquo;elle est leur amour : si elle perd sa fleur de chastet\u00e9, son corps d\u00e9shonor\u00e9, elle n&rsquo;est plus le d\u00e9lice du gar\u00e7on, l&rsquo;aim\u00e9e des filles. Hymen \u00d4 Hym\u00e9n\u00e9e, Hymen sois pr\u00e8s, \u00d4 Hym\u00e9n\u00e9e ! Comme la vigne que nous voyons, pouss\u00e9e en plein champ, ne levant jamais la t\u00eate, ne portant jamais de raisins doux, sa tige d\u00e9licate se penchant vers le bas sous le poids, si bien qu&rsquo;en un instant sa plus haute pousse touchera ses racines : aucun paysan, aucun ouvrier agricole ne la ch\u00e9rira : mais si la m\u00eame plante est solidement attach\u00e9e, mari\u00e9e \u00e0 un orme, beaucoup de paysans et d&rsquo;ouvriers agricoles la ch\u00e9riront. Ainsi une vierge qui reste intouch\u00e9e, et incultiv\u00e9e, vieillit : tandis que prise en mariage \u00e9gal, quand le temps est m\u00fbr, elle est plus aim\u00e9e par l&rsquo;homme, moins ha\u00efe par ses parents. Hymen \u00d4 Hym\u00e9n\u00e9e, Hymen sois pr\u00e8s, \u00d4 Hym\u00e9n\u00e9e ! Et ne lutte pas avec un tel mari, jeune fille. Il n&rsquo;est pas juste de lutter, toi, que ton p\u00e8re donne, ton p\u00e8re et ta m\u00e8re, qui te pr\u00e9parent. Ta virginit\u00e9 n&rsquo;est pas enti\u00e8rement tienne : une partie appartient \u00e0 tes parents : un tiers \u00e0 ton p\u00e8re, un tiers \u00e0 ta m\u00e8re, seulement un tiers est tien : ne combats pas ces deux-l\u00e0, qui accordent leurs droits au gendre avec la dot. Hymen \u00d4 Hym\u00e9n\u00e9e, Hymen sois pr\u00e8s, \u00d4 Hym\u00e9n\u00e9e !<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/latrespace.com\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/interiorcatullus62.webp\" alt=\"Peinture de figures mythologiques\" width=\"600\" height=\"469\" \/><em class=\"cap-ai\">Peinture de figures mythologiques<\/em><\/p>\n<h3>Po\u00e8me 63 : De <a href=\"CatullusindexA-C.php#Berecynthia\">Berecynthia<\/a> et Attis<\/h3>\n<p><em>Commentaire :<\/em> Un long po\u00e8me narratif dramatique racontant le mythe d&rsquo;Attis, qui, dans un acc\u00e8s de fr\u00e9n\u00e9sie religieuse inspir\u00e9 par la d\u00e9esse Cyb\u00e8le, se castre et se voue \u00e0 son service. Le po\u00e8me d\u00e9peint vivement la folie du culte, les regrets ult\u00e9rieurs d&rsquo;Attis et le pouvoir de Cyb\u00e8le. Il est \u00e9crit en Galliambiques, un m\u00e8tre difficile et fr\u00e9n\u00e9tique, refl\u00e9tant le sujet sauvage du po\u00e8me.<\/p>\n<blockquote>\n<p>D\u00e8s qu&rsquo;Attis, port\u00e9 sur les mers profondes dans un bateau rapide, eut atteint les bois phrygiens, \u00e0 pas rapides et ardents, eut retrouv\u00e9 un coin sombre du bosquet de la d\u00e9esse, aiguillonn\u00e9 par une fureur folle, et l\u00e0, l&rsquo;esprit errant, s&rsquo;\u00e9tait tranch\u00e9 les testicules avec une pierre tranchante, et avait vu ses membres restants d\u00e9pourvus de puissance, et le sol de ce pays tach\u00e9 de sang frais, il prit l\u00e9g\u00e8rement le tambour dans ses mains p\u00e2les, ton tambour, Cyb\u00e8le, le tien, Grande M\u00e8re, dans ton rite, et frappant la peau de b\u0153uf sonore avec des doigts d\u00e9licats, chanta \u00e0 ses disciples, alors qu&rsquo;elle tremblait sous son assaut : &lsquo;Gallae, venez, levez-vous, vers les hauts bois de Cyb\u00e8le, maintenant, venez, maintenant, b\u00e9tail errant de la Dame de Dindymus, comme des exil\u00e9s errant ici sur un rivage \u00e9tranger, disciples de ma voie, men\u00e9s par moi, mes amis, vous avez souffert les mers rapides et les vagues sauvages et vous avez ras\u00e9 votre sexe de votre corps avec une grande haine : r\u00e9jouissez l&rsquo;esprit de la Dame par des mouvements rapides. Bannissez l&rsquo;ennui de l&rsquo;esprit : venez, maintenant, suivez, vers la maison de la Cyb\u00e8le phrygienne, le bosquet de la d\u00e9esse phrygienne, o\u00f9 la voix de la cymbale r\u00e9sonne, le tambour retentit, o\u00f9 le fl\u00fbtiste phrygien joue sur un roseau courbe, o\u00f9 les M\u00e9nades couronn\u00e9es de lierre jettent violemment leurs t\u00eates, o\u00f9 elles jouent les rites sacr\u00e9s avec des hurlements aigus, o\u00f9 la suite errante de la d\u00e9esse a l&rsquo;habitude de planer, o\u00f9 nous devrions nous d\u00e9p\u00eacher de notre triple pas rapide.&rsquo; Tandis qu&rsquo;Attis, la femme contrefaite, chante ceci \u00e0 ses amis, le ch\u0153ur bachique crie soudainement avec des langues tremblantes, le tambour le r\u00e9percute doucement, les cymbales creuses r\u00e9sonnent. Le ch\u0153ur rapide arrive au vert Ida sur des pieds press\u00e9s. Attis, menant, haletant sauvagement, aiguillonnant ses esprits dispers\u00e9s, entre dans le bosquet sombre accompagn\u00e9 du tambour, comme une g\u00e9nisse sauvage \u00e9chappant au poids du joug : Les agiles Gallae suivent leur chef aux pieds rapides. Puis, fatigu\u00e9s, affam\u00e9s, ils atteignent le bosquet de Cyb\u00e8le, saisis par le sommeil de leurs labours excessifs. La fatigue pesante submerge les yeux c\u00e9dant \u00e0 la langueur : la folle fr\u00e9n\u00e9sie s&rsquo;\u00e9vanouit dans le calme de la douce respiration. Mais quand le Soleil de son visage dor\u00e9 balaya les cieux lumineux d&rsquo;un \u0153il radieux, la terre dure, et la mer sauvage, et dissipa les ombres de la nuit avec ses coursiers vifs, alors la Gr\u00e2ce, Pasith\u00e9e, prend le sommeil rapide, s&rsquo;envolant de l&rsquo;Attis r\u00e9veill\u00e9, dans son c\u0153ur battant. Ainsi, rapidement, sorti du doux r\u00eave et libre de la folie, Attis se rem\u00e9mora ses actions dans ses pens\u00e9es, et vit d&rsquo;un c\u0153ur clair ce qu&rsquo;il avait \u00e9t\u00e9 et o\u00f9 il avait \u00e9t\u00e9, se tournant \u00e0 nouveau avec un esprit passionn\u00e9 vers la mer. L\u00e0, contemplant les vastes eaux avec des yeux larmoyants, il \u00e9leva la voix et d\u00e9plora tristement sa patrie : &lsquo;Terre qui m&rsquo;a enfant\u00e9, terre qui m&rsquo;a donn\u00e9 le jour, moi, qui t&rsquo;ai quitt\u00e9e si tristement, ai atteint les bosquets d&rsquo;Ida, comme un esclave fuyant son ma\u00eetre, ainsi suis-je parmi les neiges, et les tani\u00e8res gel\u00e9es des cr\u00e9atures sauvages, et devrais-je en folie entrer dans une de leurs tani\u00e8res o\u00f9 penserais-je te trouver enterr\u00e9e en ces lieux ? L&rsquo;\u0153il vif lui-m\u00eame d\u00e9sire se tourner vers toi, tant que ma pens\u00e9e est libre un moment des cr\u00e9atures sauvages. Ai-je \u00e9t\u00e9 amen\u00e9 de ma lointaine demeure pour ce bosquet ? Perdrai-je pays, possessions, amis, parents ? Perdrai-je forum, ar\u00e8ne, stade et gymnase ? Chagrins sur chagrins, encore et encore plaintes dans le c\u0153ur. Quelle forme n&rsquo;ai-je pas \u00e9t\u00e9, qu&rsquo;ai-je accompli ? Moi, une femme, moi, un jeune homme, un adolescent, un gar\u00e7on, moi, la fleur des athl\u00e8tes, la gloire de l&rsquo;ar\u00e8ne : ma porte fr\u00e9quent\u00e9e, mon seuil chaud, ma maison \u00e9tait couronn\u00e9e de guirlandes de fleurs, au matin s\u00e9paration de mon lit. Maintenant, suis-je amen\u00e9 ici pr\u00eatre et esclave de la divine Cyb\u00e8le ? Moi, pour \u00eatre M\u00e9nade : une partie de moi-m\u00eame : un homme st\u00e9rile ? Moi, pour adorer sur le vert Ida dans un lieu couvert de neige gel\u00e9e ? Moi, pour vivre ma vie sous les hauts sommets de Phrygie, o\u00f9 le cerf hante les bois, o\u00f9 le sanglier r\u00f4de ? Maintenant je regrette ce que j&rsquo;ai fait, maintenant je me repens.&rsquo; Alors que les sons rapides quittent ses l\u00e8vres roses, les mots frais atteignent les deux oreilles de la d\u00e9esse, alors que Cyb\u00e8le l\u00e2che les lions de leur joug et aiguillonne la b\u00eate gauche : elle lui parla, disant : &lsquo;Va maintenant, sois f\u00e9roce, de sorte que tu le rendes fou, de sorte qu&rsquo;il soit forc\u00e9 de retourner dans le bosquet par la douleur de sa folie, lui qui d\u00e9sire \u00e9chapper \u00e0 ma loi si librement. Que ta queue blesse ton dos, que les coups de fouet se voient, que tout l&rsquo;endroit r\u00e9sonne de ton rugissement, secoue ta crini\u00e8re rouge f\u00e9rocement sur ton cou tendu.&rsquo; Ainsi parla Cyb\u00e8le en menace et l\u00e2cha la laisse. La b\u00eate sauvage s&rsquo;incitant \u00e0 la vitesse, anim\u00e9e d&rsquo;esprit, s&rsquo;\u00e9loigna, rugit, d\u00e9chira follement les fourr\u00e9s. et quand elle atteignit la marge humide des sables blancs, et vit le d\u00e9licat Attis pr\u00e8s des vagues de l&rsquo;oc\u00e9an, elle chargea. Il s&rsquo;enfuit d\u00e9ment vers le bois sauvage : l\u00e0 pour \u00eatre jamais asservi, pour le reste de sa vie. D\u00e9esse, Grande D\u00e9esse, Cyb\u00e8le, Dame de Dindymus, Ma\u00eetresse, que toute ta col\u00e8re soit loin de ma maison : excite les autres, rends les autres hommes fous furieux.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/latrespace.com\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/interiorcatullus63.webp\" alt=\"Peinture de figures mythologiques dans un paysage\" width=\"600\" height=\"461\" \/><em class=\"cap-ai\">Peinture de figures mythologiques dans un paysage<\/em><\/p>\n<h3>Po\u00e8me 64 : Des Argonautes et un \u00c9pithalame pour P\u00e9l\u00e9e et Th\u00e9tis<\/h3>\n<p><em>Commentaire :<\/em> C&rsquo;est le po\u00e8me le plus long et le plus ambitieux de Catulle, une \u00e9pop\u00e9e miniature combinant mythologie et \u00e9motion humaine. Il d\u00e9crit le voyage de l&rsquo;Argo, le mariage du mortel P\u00e9l\u00e9e et de la d\u00e9esse marine Th\u00e9tis, et, surtout, l&rsquo;histoire tragique d&rsquo;Ariane, abandonn\u00e9e par Th\u00e9s\u00e9e \u00e0 Naxos (d\u00e9peinte sur le lit nuptial). Le po\u00e8me contraste l&rsquo;\u00e2ge h\u00e9ro\u00efque, o\u00f9 les dieux se m\u00ealaient aux mortels, avec le pr\u00e9sent corrompu. La longue complainte d&rsquo;Ariane est une puissante expression de trahison et de chagrin.<\/p>\n<blockquote>\n<p>On dit que jadis des pins n\u00e9s sur les hauteurs du P\u00e9lion flott\u00e8rent \u00e0 travers les vagues claires de Neptune, vers le fleuve Phase et les fronti\u00e8res d&rsquo;\u00c9\u00e9t\u00e8s, avec des hommes choisis, des ch\u00eanes du peuple Argien, esp\u00e9rant voler la Toison d&rsquo;Or de Colchide osant parcourir les profondeurs sal\u00e9es dans leur rapide navire, balayant les eaux bleues avec des rames de sapin. La d\u00e9esse elle-m\u00eame qui garde les hauteurs de la ville, qui joignit le tissu courbe \u00e0 la quille de bois de pin, fit avancer leur navire par des vents l\u00e9gers. Ce navire fut le premier \u00e0 explorer la mer inconnue : ainsi, tandis qu&rsquo;elle labourait les eaux balay\u00e9es par le vent avec sa proue, et blanchissait les vagues agit\u00e9es par l&rsquo;\u00e9cume des rames, les N\u00e9r\u00e9ides s&rsquo;\u00e9lev\u00e8rent des profondeurs \u00e9blouissantes de la mer, \u00e9tonn\u00e9es par cette merveille de l&rsquo;oc\u00e9an. En ces temps, et d&rsquo;autres, les yeux mortels virent les nymphes marines s&rsquo;\u00e9lever, corps enti\u00e8rement nus, jusqu&rsquo;aux t\u00e9tons, des profondeurs blanches. Alors P\u00e9l\u00e9e, dit-on, fut enflamm\u00e9 d&rsquo;amour pour Th\u00e9tis, alors Th\u00e9tis ne d\u00e9daigna pas le mariage avec un mortel, alors Jupiter lui-m\u00eame accepta le mariage de Th\u00e9tis. \u00d4 h\u00e9ros, n\u00e9s en un \u00e2ge choisi, salut, race divine ! \u00d4 prog\u00e9niture d&rsquo;une m\u00e8re b\u00e9nie, salut encore une fois. Souvent je m&rsquo;adresserai \u00e0 vous, dans mon chant. Et je m&rsquo;adresse \u00e0 toi, si b\u00e9ni dans ton heureux mariage, chef de la Thessalie P\u00e9lienne, \u00e0 qui Jupiter lui-m\u00eame, cr\u00e9ateur des dieux, c\u00e9da sa bien-aim\u00e9e : Th\u00e9tis, la plus belle des N\u00e9r\u00e9ides, ne t&rsquo;a-t-elle pas poss\u00e9d\u00e9 ? T\u00e9thys ne t&rsquo;a-t-elle pas permis d&#8217;emmener sa petite-fille, et Oc\u00e9an, qui embrasse le monde entier de la mer ? Quand au temps fix\u00e9 les flammes tant d\u00e9sir\u00e9es s&rsquo;\u00e9lev\u00e8rent, toute la Thessalie se pressa vers le palais, les salles se remplirent d&rsquo;une joyeuse assembl\u00e9e : ils apport\u00e8rent des cadeaux, d\u00e9clarant leur joie par leurs regards. Cieros est d\u00e9sert\u00e9 : ils quittent Tempe Phthiotique, les maisons de Crannon, et les murs de Larissa, ils se rassemblent \u00e0 Pharsalie, se pressent sous les toits de Pharsalie. Personne ne cultive les champs, les cous des b\u0153ufs s&rsquo;amollissent, ni la houe courbe ne nettoie sous les vignes, ni le b\u0153uf ne tra\u00eene la terre vers l&rsquo;ext\u00e9rieur avec la lame, ni la faucille n&rsquo;\u00e9claircit l&rsquo;ombre des arbres feuillus, une rouille grossi\u00e8re attaque la charrue n\u00e9glig\u00e9e. Mais le palais resplendit d&rsquo;or et d&rsquo;argent \u00e0 travers toutes les riches salles en retrait. Les chaises d&rsquo;ivoire brillent, les coupes scintillent sur les tables, tout le palais r\u00e9joui par la splendeur de la richesse royale. Au milieu du palais, un lit sacr\u00e9, v\u00e9ritablement joyeux pour le mariage de la d\u00e9esse, scintillant d&rsquo;ivoire indien, teint des colorants rouges obtenus du murex pourpre. Le tissu repr\u00e9sente en formes antiques, avec un art merveilleux, dans toute leur vari\u00e9t\u00e9, l&rsquo;excellence des dieux et des hommes. On y voit les rivages de Naxos retentissant des vagues, Th\u00e9s\u00e9e, \u00e0 bord de son navire, disparaissant rapidement, observ\u00e9 par Ariane, une passion incontr\u00f4lable dans son c\u0153ur, ne croyant pas encore qu&rsquo;elle voit ce qu&rsquo;elle voit, tout juste r\u00e9veill\u00e9e d&rsquo;un sommeil trompeur, se retrouvant abandonn\u00e9e mis\u00e9rablement sur des sables vides. Mais indiff\u00e9rent, le h\u00e9ros fuyant frappe les profondeurs avec ses rames, jetant ses vaines promesses aux vents temp\u00e9tueux. La fille minoenne continue de regarder au loin, les yeux m\u00e9lancoliques, comme la statue d&rsquo;une Bacchante, regarde, h\u00e9las, et gonfle de grandes vagues de chagrin, le fin turban ne reste plus sur ses cheveux dor\u00e9s, elle n&rsquo;est plus cach\u00e9e par sa robe l\u00e9g\u00e8rement dissimulante, la bande bien form\u00e9e ne retient plus ses seins blancs comme du lait, tout cela dispers\u00e9, glissant enti\u00e8rement de son corps, joue autour de ses pieds dans le flot sal\u00e9. Mais, ne se souciant plus maintenant du turban ou de la robe flottante, la jeune fille perdue regardait vers toi, Th\u00e9s\u00e9e, de tout son c\u0153ur, son esprit, sa pens\u00e9e. Mis\u00e9rable chose, pour qui la brillante V\u00e9nus a r\u00e9serv\u00e9 les soucis \u00e9pineux d&rsquo;un deuil constant dans ton c\u0153ur, depuis le moment o\u00f9 il convint au belliqueux Th\u00e9s\u00e9e, quittant les rivages courbes du Pir\u00e9e, d&rsquo;atteindre les r\u00e9gions cr\u00e9toises du roi inflexible. Car alors forc\u00e9 par une cruelle peste, dit-on, en punition, pour absoudre le meurtre d&rsquo;Androgeos, dix jeunes hommes ath\u00e9niens choisis et dix jeunes filles c\u00e9libataires \u00e9taient donn\u00e9s ensemble en sacrifice au Minotaure. Avec ce mal les murs \u00e9troits furent troubl\u00e9s jusqu&rsquo;\u00e0 ce que Th\u00e9s\u00e9e choisisse de s&rsquo;offrir pour sa ch\u00e8re Ath\u00e8nes plut\u00f4t que de voir de tels morts ath\u00e9niens port\u00e9s non morts en Cr\u00e8te. Et ainsi dans un navire rapide et par des vents doux il vint au grand Minos et \u00e0 ses fiers halls. D\u00e8s que la jeune fille royale jeta sur lui un \u0153il de d\u00e9sir, elle que le lit chaste nourrissait, respirant de doux parfums dans la douce \u00e9treinte de sa m\u00e8re, m\u00eame comme les ruisseaux d&rsquo;Eurotas entourent un myrte qui r\u00e9pand ses couleurs vari\u00e9es sur la brise printani\u00e8re, elle ne d\u00e9tourna pas ses yeux ardents de lui, jusqu&rsquo;\u00e0 ce qu&rsquo;elle con\u00e7\u00fbt une flamme \u00e0 travers tout son corps qui br\u00fbla enti\u00e8rement jusqu&rsquo;au fond de ses os. Ah, malheureusement le Jeune incite une passion inexorable dans les c\u0153urs chastes, lui qui m\u00eale joies et peines aux mortels, et celle qui r\u00e8gne sur Golgos et l&rsquo;Idalie feuillue, m\u00eame elle, qui secoue l&rsquo;esprit d&rsquo;une jeune fille \u00e9prise, soupirant souvent pour un \u00e9tranger aux cheveux blonds ! Combien de peurs la jeune fille souffre dans son c\u0153ur faible ! Combien de fois elle p\u00e2lit : plus encore que l&rsquo;or p\u00e2le. Tandis que Th\u00e9s\u00e9e partait ardent pour combattre le monstre sauvage, soit la mort approchait, soit la r\u00e9compense de la gloire ! Promettant de petits cadeaux, non d\u00e9sagr\u00e9ables ou vains, elle fit ses pri\u00e8res aux dieux, les l\u00e8vres closes. Maintenant, comme une temp\u00eate d\u00e9racine une branche de ch\u00eane tremblante, ou un pin porteur de c\u00f4nes \u00e0 l&rsquo;\u00e9corce r\u00e9sineuse, sur les hauteurs du mont Taurus, tordant sa force invaincue dans le vent (il tombe t\u00eate baiss\u00e9e, loin, arrach\u00e9 par les racines, brisant tout sur son passage) ainsi Th\u00e9s\u00e9e renversa le corps vaincu de la b\u00eate, ses cornes inutiles renvers\u00e9es, vid\u00e9 de son souffle. Puis il fit demi-tour, indemne, vers une grande gloire, guid\u00e9 par la trace errante d&rsquo;un fil fin, afin que sa sortie du labyrinthe inconstant du palais ne soit pas emp\u00each\u00e9e par quelque erreur inaper\u00e7ue. Mais que devrais-je raconter, m&rsquo;\u00e9cartant davantage du th\u00e8me de mon po\u00e8me : la fille, abandonnant la vue de son p\u00e8re, les embrassades de ses s\u0153urs, et enfin celles de sa m\u00e8re, elle malheureuse de la joie de sa fille perdue pr\u00e9f\u00e9rant le doux amour de Th\u00e9s\u00e9e \u00e0 tout cela : ou son transport en bateau vers le rivage \u00e9cumant de Naxos, ou sa compagnie s&rsquo;\u00e9vanouissant sans souci, elle vaincue, ses yeux s&rsquo;amollissant dans le sommeil ? Souvent de forts cris cri\u00e8rent la fr\u00e9n\u00e9sie dans son c\u0153ur ardent, vers\u00e9s des profondeurs de sa poitrine, puis elle grimperait les falaises abruptes dans son chagrin, o\u00f9 la vaste houle marine s&rsquo;\u00e9tend \u00e0 la vue, puis courrait contre les vagues dans le frisson sal\u00e9, tenant ses doux v\u00eatements au-dessus de ses mollets nus, et crierait tristement cette derni\u00e8re plainte, un sanglot glac\u00e9 sortant de son visage mouill\u00e9 : &lsquo;Faux Th\u00e9s\u00e9e, est-ce pour cela que tu m&#8217;emm\u00e8nes de la terre de mon p\u00e8re, homme infid\u00e8le, pour m&rsquo;abandonner sur un rivage d\u00e9sert ? Est-ce ainsi que tu disparais, insouciant du pouvoir des dieux, h\u00e9las, insouciant, rapportant tes parjures maudits ? Rien n&rsquo;a pu modifier la mesure de ton esprit cruel ? Aucune piti\u00e9 n&rsquo;\u00e9tait pr\u00e8s de toi, homme inexorable, pour que tu aies piti\u00e9 de mon c\u0153ur ? Pourtant, une fois, tu m&rsquo;as fait des promesses de cette voix flatteuse, tu m&rsquo;as dit d&rsquo;esp\u00e9rer, non pas pour cette mis\u00e8re, mais pour un mariage joyeux, les chants de mariage tant d\u00e9sir\u00e9s, tout cela en vain, dispers\u00e9 sur les brises a\u00e9riennes. Maintenant, aucune femme ne devrait croire les engagements d&rsquo;un homme, ni croire qu&rsquo;il y a une quelconque v\u00e9rit\u00e9 dans les paroles d&rsquo;un homme : quand leurs esprits sont fix\u00e9s sur leur d\u00e9sir, ils n&rsquo;ont aucune crainte des serments, n&rsquo;\u00e9pargnent pas leurs promesses : mais d\u00e8s que la luxure de leur esprit ardent est assouvie, ils ne craignent aucun mot, ils ne se soucient pas du parjure. S\u00fbrement je t&rsquo;ai sauv\u00e9 du milieu de la temp\u00eate du destin, et plus encore, j&rsquo;ai abandonn\u00e9 mon demi-fr\u00e8re, que je t&rsquo;ai abandonn\u00e9 avec perfidie \u00e0 la fin. Pour cela, je suis laiss\u00e9e pour \u00eatre d\u00e9chir\u00e9e par les b\u00eates, et une proie pour les oiseaux marins, sans s\u00e9pulture, morte, dans la terre dispers\u00e9e. Quelle lionne t&rsquo;a mis bas sous un rocher d\u00e9sertique, quelle mer t&rsquo;a con\u00e7ue et crach\u00e9e de ses vagues \u00e9cumantes, quelle Syrtes, quelle Scylla f\u00e9roce, quelle vaste Charybde, toi qui me rends ceci, pour le don de ta douce vie ? Si le mariage avec moi n&rsquo;\u00e9tait pas dans ton c\u0153ur, parce que tu craignais les pr\u00e9ceptes cruels de ton vieux p\u00e8re, tu aurais pu encore me ramener \u00e0 ta maison, o\u00f9 je t&rsquo;aurais servi, esclave heureuse dans sa t\u00e2che, lavant tes beaux pieds dans de l&rsquo;eau claire, couvrant ton lit du tissu pourpre. Mais pourquoi me plaindre au vent indiff\u00e9rent en vain ? C&rsquo;est au-del\u00e0 du mal, et sans sens, incapable d&rsquo;entendre ce qui est dit, sans voix pour r\u00e9pondre. Il se tourne d\u00e9j\u00e0 maintenant vers le milieu de l&rsquo;oc\u00e9an, et rien d&rsquo;humain n&rsquo;appara\u00eet dans ce d\u00e9sert de mauvaises herbes. Ainsi, la chance cruelle me tourmente dans mes derniers instants, me privant m\u00eame de mes oreilles de ma propre complainte. Tout-puissant Jupiter, si seulement les navires ath\u00e9niens n&rsquo;avaient pas touch\u00e9 les rivages de Cnossos, d\u00e8s le d\u00e9but, transportant leur cargaison fatale pour le taureau indomptable, un capitaine infid\u00e8le amarrant ses cordages \u00e0 Cr\u00e8te, un invit\u00e9 mal\u00e9fique, cachant une intention cruelle sous une belle apparence, trouvant repos dans nos halls ! Maintenant, o\u00f9 puis-je retourner ? Sur quelle esp\u00e9rance d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e puis-je compter ? Chercherai-je les pentes d&rsquo;Ida ? Mais la mer cruelle, avec ses profondeurs d&rsquo;eau divisantes, me s\u00e9pare d&rsquo;elles. Ou dois-je esp\u00e9rer l&rsquo;aide de mon p\u00e8re ? Ne l&rsquo;ai-je pas quitt\u00e9 pour suivre un homme tach\u00e9 du sang de mon fr\u00e8re ? Ou devrais-je faire confiance \u00e0 l&rsquo;amour d&rsquo;un mari pour me consoler ? Lui qui plie \u00e0 peine de lentes rames en me fuyant ? Plus encore, je suis vivante sur une \u00eele solitaire sans abri, et aucune \u00e9chappatoire n&rsquo;est visible des vagues de l&rsquo;oc\u00e9an qui m&rsquo;encerclent. Pas de moyen de fuir, pas d&rsquo;espoir : tout est muet, tout est d\u00e9sert, tout annonce la ruine. Pourtant mes yeux ne s&rsquo;affaissent pas dans la mort, pas avant que mes sens n&rsquo;aient quitt\u00e9 mon corps fatigu\u00e9, pas avant que la vraie justice ne soit rendue par les dieux, et l&rsquo;aide divine que je prie dans ma derni\u00e8re heure. Alors, vous, Eum\u00e9nides, qui punissez en vengeant les crimes des hommes, le front couronn\u00e9 de cheveux serpentins, portant la col\u00e8re dans votre souffle, ici, ici, venez \u00e0 moi, \u00e9coutez mes plaintes, que moi, malheureuse h\u00e9las, je force, affaiblie, br\u00fblante, de la moelle de mes os, aveugle de rage folle. Puisque ces v\u00e9rit\u00e9s sont n\u00e9es dans les profondeurs de ma poitrine, vous ne permettrez pas que ma complainte vous \u00e9chappe, mais comme Th\u00e9s\u00e9e m&rsquo;a laiss\u00e9e seule, par son intention, d\u00e9esses, par cette volont\u00e9, poursuivez-le et les siens par le meurtre.&rsquo; Lorsque ces mots eurent coul\u00e9 de sa poitrine triste, la jeune fille troubl\u00e9e priant pour des actions cruelles, le chef des dieux acquies\u00e7a d&rsquo;une volont\u00e9 invincible : \u00e0 cela la terre et la mer cruelle trembl\u00e8rent et les \u00e9toiles scintillantes secou\u00e8rent dans les cieux. Maintenant l&rsquo;esprit de Th\u00e9s\u00e9e fut rempli d&rsquo;une brume sombre et toutes les instructions qu&rsquo;il avait tenues fix\u00e9es dans sa m\u00e9moire auparavant, furent effac\u00e9es de ses pens\u00e9es, ne parvenant pas \u00e0 \u00e9lever le doux signal \u00e0 son p\u00e8re en deuil, quand le port d&rsquo;Ath\u00e8nes apparut en vue en toute s\u00e9curit\u00e9. Car ils disent que lorsque \u00c9g\u00e9e se s\u00e9para de son fils, tandis que le navire de la d\u00e9esse quittait la ville, il le remit \u00e0 l&rsquo;\u00e9treinte du vent par ces mots : &lsquo;Fils, plus cher pour moi que ma longue vie, fils, que j&rsquo;ai abandonn\u00e9 par une incertitude fortuite, r\u00e9cemment revenu \u00e0 moi dans les derniers jours de ma vieillesse, puisque mon destin et ta vertu f\u00e9roce t&rsquo;arrachent \u00e0 moi, malgr\u00e9 ma volont\u00e9, moi dont les yeux d\u00e9faillants ne sont pas encore rassasi\u00e9s du visage de mon cher fils, je ne te renvoie pas joyeusement avec un c\u0153ur joyeux, ni ne te permets de porter des drapeaux de bonne fortune, mais je commence par les nombreux chagrins dans mon esprit, souillant mes cheveux blancs de terre et de cendres saupoudr\u00e9es, puis je suspends une toile inachev\u00e9e au m\u00e2t errant, afin que la voile assombrie de lin espagnol morne puisse exprimer le chagrin et la passion dans mon esprit. Mais si celui qui demeure dans l&rsquo;Iton sacr\u00e9, qui a promis de d\u00e9fendre le peuple et la cit\u00e9 d&rsquo;\u00c9recth\u00e9e, te permet de mouiller ta main du sang du taureau, alors assure-toi que cet ordre est accompli, enterr\u00e9 dans ton c\u0153ur qui se souvient, pour ne pas \u00eatre effac\u00e9 par le temps : qu&rsquo;aussit\u00f4t que tu apercevras nos collines, retire enti\u00e8rement le tissu sombre des verges, et hisse des voiles blanches avec tes cordes torsad\u00e9es, afin que, les voyant d\u00e8s le d\u00e9but, je connaisse la joie dans mon c\u0153ur joyeux, quand un temps heureux r\u00e9v\u00e9lera ton retour.&rsquo; Ces mots \u00e0 Th\u00e9s\u00e9e, jadis constamment gard\u00e9s \u00e0 l&rsquo;esprit, s&rsquo;\u00e9vanouirent comme des nuages de neige frapp\u00e9s par une rafale de vent sur les sommets des hautes montagnes. Mais quand son p\u00e8re, scrutant la vue depuis la hauteur de la citadelle, des larmes sans fin inondant ses yeux anxieux, vit d&rsquo;abord les voiles de tissu sombre, il se jeta t\u00eate la premi\u00e8re de la hauteur de la falaise, croyant Th\u00e9s\u00e9e perdu pour un destin inexorable. Ainsi, le f\u00e9roce Th\u00e9s\u00e9e entra dans le palais en deuil de la mort de son p\u00e8re, et connut le m\u00eame chagrin d&rsquo;esprit qu&rsquo;il avait caus\u00e9 \u00e0 l&rsquo;Ariane n\u00e9glig\u00e9e, elle qui regardait alors l\u00e0 o\u00f9 son navire avait disparu, m\u00e9ditant les nombreux soucis dans son c\u0153ur bless\u00e9. Mais le brillant Bacchus se h\u00e2te d&rsquo;ailleurs avec son ch\u0153ur de Satyres et de Sil\u00e8nes de Nysa, te cherchant, Ariane, br\u00fblant d&rsquo;amour pour toi. <strong>&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;..**<\/strong>&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;..*<em>En extase ses Bacchantes d\u00e9lir\u00e8rent follement, \u00e9gar\u00e9es d&rsquo;esprit, avec des cris de &lsquo;<\/em>euhoe*&rsquo; et des t\u00eates lanc\u00e9es, certaines brandissaient le thyrse \u00e0 la pointe cach\u00e9e, certaines agitaient les membres d\u00e9chir\u00e9s de b\u0153ufs, certaines s&rsquo;enla\u00e7aient de serpents entrelac\u00e9s, certaines c\u00e9l\u00e9braient les rites secrets de la bo\u00eete creuse, rites qu&rsquo;elles souhaitaient en vain que les profanes entendent : d&rsquo;autres battaient les tambours avec la paume de leurs mains, ou faisaient r\u00e9sonner un son clair de cymbales rondes : elles soufflaient des appels stridents sans fin sur les cors et la fl\u00fbte barbare sifflait des airs effrayants. Tels furent les \u0153uvres splendides de la tapisserie figur\u00e9e recouvrant le lit sacr\u00e9 que son tissu embrassait. Le peuple de Thessalie, apr\u00e8s avoir regard\u00e9 avidement, fut satisfait, il commen\u00e7a \u00e0 quitter le sanctuaire de la d\u00e9esse. Comme le Z\u00e9phyr agite les vagues consentantes, ridant la mer placide d&rsquo;une brise matinale, tandis qu&rsquo;Aurora s&rsquo;\u00e9l\u00e8ve vers le seuil du Soleil errant, de sorte qu&rsquo;au d\u00e9but elles se meuvent lentement frapp\u00e9es par une douce rafale, et que leurs \u00e9claboussures r\u00e9sonnent d&rsquo;une l\u00e9g\u00e8re lamentation, tandis qu&rsquo;ensuite elles augmentent, enflant de plus en plus, et refl\u00e8tent le rouge du lever du soleil au loin en s&rsquo;\u00e9levant : ainsi, \u00e7\u00e0 et l\u00e0, \u00e0 pieds errants la foule se disperse vers ses foyers, quittant la cour du palais royal. Apr\u00e8s leur d\u00e9part, Chiron, le chef des Centaures, arriva du Pelion escarp\u00e9, portant des cadeaux forestiers : car ce que les champs portent, tout ce que le pays de Thessalie produit sur les hauts sommets, toutes les fleurs pr\u00e8s des vagues du fleuve que le souffle f\u00e9cond du chaud vent d&rsquo;ouest produit, il les apporta tiss\u00e9es ensemble en guirlandes confuses, de sorte que le palais sourit, charm\u00e9 par les parfums heureux. Aussit\u00f4t, Peneus vint au vert Tempe, Tempe, dont les bois suspendus l&rsquo;encerclent au-dessus, laissant Pasipha\u00e9 \u00eatre honor\u00e9e par la danse de la mer : non les mains vides, car il portait un haut h\u00eatre par les racines, et un laurier \u00e0 longues feuilles d&rsquo;un tronc droit, et n&rsquo;\u00e9tait pas sans platane inclin\u00e9, et peuplier souple, s\u0153ur du br\u00fbl\u00e9 Pha\u00e9ton, et cypr\u00e8s a\u00e9rien. Il les pla\u00e7a tiss\u00e9s, ici et l\u00e0, autour de la maison jusqu&rsquo;\u00e0 ce que la cour soit verte, voil\u00e9e de feuillage frais. Prom\u00e9th\u00e9e le suivit, habile d&rsquo;esprit, montrant de faibles traces de son ancien ch\u00e2timent, quand jadis il souffrit, suspendu par de solides cha\u00eenes \u00e0 la haute corniche rocheuse. Puis le p\u00e8re des dieux avec sa sacr\u00e9e \u00e9pouse, et ses fils, descendirent des cieux, ne laissant derri\u00e8re eux que toi, Ph\u0153bus, et celle n\u00e9e avec toi, elle qui vit sur les pentes d&rsquo;Ida : P\u00e9l\u00e9e est encore d\u00e9daign\u00e9 par toi et ta s\u0153ur, et vous ne c\u00e9l\u00e9brerez pas les torches de mariage de Th\u00e9tis. Alors les dieux assirent leurs membres sur les bancs blancs, \u00e0 des tables richement garnies de divers aliments, tandis que, mouvant leurs corps en une danse tremblante, les Parques commenc\u00e8rent \u00e0 prononcer leur chant proph\u00e9tique. Des tremblements saisirent leurs corps, leurs chevilles blanches enti\u00e8rement couvertes par l&rsquo;ourlet rouge de leurs robes, et une bande rouge encerclant leurs cheveux blancs, et leurs mains \u00e9taient occup\u00e9es, comme toujours, \u00e0 leur travail \u00e9ternel. La main gauche tenait le fuseau, enroul\u00e9 de laine douce, puis la droite, tirant l\u00e9g\u00e8rement le fil, le formait avec des doigts relev\u00e9s, puis, le tordant sous le pouce, faisait tourner le fuseau nivel\u00e9 en rotation r\u00e9guli\u00e8re, et souvent une dent pinc\u00e9e rendait les brins \u00e9gaux, et des fragments de laine, qui jadis d\u00e9passaient des fils l\u00e9gers, s&rsquo;accrochaient \u00e0 leurs l\u00e8vres s\u00e8ches : et, devant leurs pieds, de la laine brillante d&rsquo;une toison douce \u00e9tait gard\u00e9e par un panier tress\u00e9 d&rsquo;osier. Puis d&rsquo;une voix claire, repoussant la toison, elles vers\u00e8rent ces proph\u00e9ties en chant divin, chant qui ne pouvait \u00eatre d\u00e9menti par aucun nombre d&rsquo;ann\u00e9es. &lsquo;D\u00e9fense de la Thessalie, le plus cher des rejetons de Jupiter, ajoutant une gloire merveilleuse \u00e0 tes grandes puissances, accepte ce que les s\u0153urs joyeuses apportent \u00e0 la lumi\u00e8re, de vrais oracles : mais toi qui accompagnes le destin, vole, guidant les fils : vole, fuseau. Maintenant Hesperus vient \u00e0 toi portant la mari\u00e9e tant d\u00e9sir\u00e9e, l&rsquo;\u00e9pouse approche sous une \u00e9toile fortun\u00e9e, qui te d\u00e9verse son c\u0153ur d&rsquo;un tendre amour, et se pr\u00e9pare \u00e0 se coucher avec toi dans un sommeil languissant, \u00e9tendant ses bras d\u00e9licats sous ton cou fort. Vole, guidant les fils : vole, fuseau. Aucune maison n&rsquo;a jamais abrit\u00e9 un tel amour, aucun amour n&rsquo;a jamais uni des amants dans une telle union, m\u00eame comme l&rsquo;harmonie vient \u00e0 Th\u00e9tis, et P\u00e9l\u00e9e. Vole, guidant les fils : vole, fuseau. Un enfant Achille t&rsquo;est n\u00e9, sans peur, connu pour ne jamais tourner le dos \u00e0 un ennemi, fort de c\u0153ur, qui, souvent vainqueur dans la course incertaine, d\u00e9passe le cerf rapide aux sabots de feu. Vole, guidant les fils : vole, fuseau. Aucun h\u00e9ros n&rsquo;oserait l&rsquo;affronter au combat, quand les fleuves phrygiens couleront du sang du peuple de Teucer, et le troisi\u00e8me h\u00e9ritier du perfide P\u00e9lops ravagera les murs de Troie, assi\u00e9g\u00e9e dans la guerre \u00e9puisante. Vole, guidant les fils : vole, fuseau. Souvent les femmes aux fun\u00e9railles de leurs fils lamentent ses pouvoirs illustres et ses hauts faits, alors que des cheveux n\u00e9glig\u00e9s ruissellent de leurs t\u00eates blanches, et que des mains faibles marquent leurs poitrines fl\u00e9tries. Vole, guidant les fils : vole, fuseau. Maintenant, comme un moissonneur fauchant pr\u00e9matur\u00e9ment les tiges denses, fauche les champs dor\u00e9s sous ses pieds ardents, il d\u00e9truit les corps troyens avec sa lame f\u00e9roce. Vole, guidant les fils : vole, fuseau. Les vagues du Scamandre qui se d\u00e9versent en cascade vers le rapide Hellespont t\u00e9moigneront de son grand courage, son passage r\u00e9tr\u00e9ci par les corps entass\u00e9s des morts, les eaux profondes m\u00eal\u00e9es de sang chaud. Vole, guidant les fils : vole, fuseau. Enfin, ce sera aussi le t\u00e9moin d&rsquo;un prix de mort pay\u00e9, quand un tombeau entass\u00e9 pr\u00e8s du haut rempart recevra le corps blanc et lisse d&rsquo;une jeune fille vierge sacrifi\u00e9e. Vole, guidant les fils : vole, fuseau. Puis, comme la chance accorde les richesses de la ville troyenne aux Grecs fatigu\u00e9s, desserrant le lien de Neptune, le haut tertre sera tremp\u00e9 du sang de Polyx\u00e8ne : qui, s&rsquo;inclinant comme une offrande \u00e0 la lame \u00e0 double tranchant, tombera \u00e0 genoux, un cadavre mutil\u00e9. Vole, guidant les fils : vole, fuseau. Alors accomplissez les d\u00e9sirs de vos c\u0153urs, unissez-vous dans l&rsquo;amour. Que le mari accepte sa d\u00e9esse dans un contrat joyeux, maintenant que la mari\u00e9e est donn\u00e9e \u00e0 son partenaire aimant. Vole, guidant les fils : vole, fuseau. La nourrice revenant \u00e0 l&rsquo;aube n&rsquo;encerclera pas son cou d&rsquo;un ruban d&rsquo;hier, ni la m\u00e8re anxieuse pr\u00e8s du lit triste d&rsquo;une fille troubl\u00e9e, ne renoncera \u00e0 l&rsquo;espoir de chers petits-enfants. Vole, guidant les fils : vole, fuseau.&rsquo; Tel fut le chant jadis chant\u00e9 en heureuse proph\u00e9tie \u00e0 P\u00e9l\u00e9e, des c\u0153urs divins des Parques. Autrefois les dieux en personne visit\u00e8rent les maisons pures des h\u00e9ros, et se montr\u00e8rent \u00e0 la foule mortelle, les dieux n&rsquo;\u00e9taient pas encore habitu\u00e9s au m\u00e9pris de la pi\u00e9t\u00e9 par les hommes. Souvent le p\u00e8re des dieux visitant \u00e0 nouveau son temple lumineux, quand les rites annuels arrivaient aux jours saints, voyait cent taureaux gisant sur le sol. Bacchus errant menait souvent les Bacchantes hurlantes, aux cheveux flottants, sur le haut sommet du Parnasse, quand tous se pr\u00e9cipitant en \u00e9mulation de la ville heureuse de Delphes recevaient le dieu avec des autels fumants. Souvent dans les luttes funestes de la guerre, Mars, ou la rapide Minerve, dame du lac Tritonis, ou la vierge Art\u00e9mis apparurent pour exhorter les foules d&rsquo;hommes arm\u00e9s. Mais ensuite la terre fut souill\u00e9e par l&rsquo;impi\u00e9t\u00e9 sc\u00e9l\u00e9rate et tous fuirent la justice avec des esprits avides, la main du fr\u00e8re fut tach\u00e9e du sang d&rsquo;un fr\u00e8re, l&rsquo;enfant cessa de pleurer ses parents morts, le p\u00e8re choisit la mort du fils cadet pour acqu\u00e9rir une seule femme dans sa fleur de l&rsquo;\u00e2ge, la m\u00e8re impie se r\u00e9pandit sous le fils ignorant, n&rsquo;ayant pas peur de profaner le sanctuaire domestique. Toute pi\u00e9t\u00e9 fut confondue avec l&rsquo;impi\u00e9t\u00e9 dans une fr\u00e9n\u00e9sie mal\u00e9fique d\u00e9tournant de nous la volont\u00e9 juste des dieux. Ainsi tels qu&rsquo;ils sont ne visitent pas nos mariages, ni ne se permettent de nous approcher, \u00e0 la lumi\u00e8re du jour.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/latrespace.com\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/interiorcatullus64.webp\" alt=\"Peinture repr\u00e9sentant une sc\u00e8ne mythologique avec des figures dansantes\" width=\"600\" height=\"480\" \/><em class=\"cap-ai\">Peinture repr\u00e9sentant une sc\u00e8ne mythologique avec des figures dansantes<\/em><\/p>\n<h3>Po\u00e8me 65 : La Promesse : \u00e0 Hortalus<\/h3>\n<p><em>Commentaire :<\/em> Catulle s&rsquo;excuse aupr\u00e8s de son ami Hortalus (peut-\u00eatre Quintus Hortensius Hortalus, un orateur) de ne pas pouvoir lui envoyer de po\u00e9sie en raison de son chagrin accablant pour la mort de son fr\u00e8re. Il compare son incapacit\u00e9 \u00e0 composer \u00e0 une jeune fille perdant une pomme cach\u00e9e, un cadeau de son amant. Il promet d&rsquo;envoyer des vers en imitation de Callimaque malgr\u00e9 son chagrin.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Bien que je sois continuellement \u00e9puis\u00e9 par la douleur du chagrin, retir\u00e9, Hortalus, des jeunes filles savantes, incapable de porter le doux fruit des Muses, l&rsquo;esprit troubl\u00e9 par tant de sentiments sombres (car r\u00e9cemment l&rsquo;eau courante dans les profondeurs du L\u00e9th\u00e9 lave les pieds p\u00e2les de mon fr\u00e8re, que, arrach\u00e9 \u00e0 mes yeux, la terre \u00e9crase sous le rivage du Rh\u00e9teum troyen. Ne te verrai-je jamais par la suite, fr\u00e8re plus charmant que la vie ? Mais je t&rsquo;aimerai toujours, c&rsquo;est vrai, toujours je chanterai ta mort en chant fun\u00e8bre, comme la Procne Daulienne chante dans l&rsquo;ombre dense des branches, lamentant le sort du mort Itylus) m\u00eame dans une si grande tristesse, Hortalus, je t&rsquo;envoie quand m\u00eame ces vers en imitation de Callimaque, de peur que tu ne penses que tes paroles pour aucune bonne raison n&rsquo;ont \u00e9t\u00e9 perdues de mon esprit sur le vent qui passe, comme la pomme envoy\u00e9e en cadeau secret par un amant roule de la poitrine de la jeune fille chaste, plac\u00e9e sous le v\u00eatement doux, malheureusement oubli\u00e9e, jusqu&rsquo;\u00e0 ce que, tandis qu&rsquo;elle se l\u00e8ve \u00e0 l&rsquo;approche de sa m\u00e8re, elle soit secou\u00e9e, et roule en chute pr\u00e9cipit\u00e9e, laissant une rougeur significative sur son visage triste.<\/p>\n<\/blockquote>\n<h3>Po\u00e8me 66 : La M\u00e8che de cheveux : B\u00e9r\u00e9nice<\/h3>\n<p><em>Commentaire :<\/em> Une traduction du \u00ab\u00a0M\u00e8che de B\u00e9r\u00e9nice\u00a0\u00bb de Callimaque. Le po\u00e8me est prononc\u00e9 par une m\u00e8che de cheveux de la reine B\u00e9r\u00e9nice, qu&rsquo;elle a d\u00e9di\u00e9e en v\u0153u pour le retour en toute s\u00e9curit\u00e9 de son mari et qui fut ensuite transform\u00e9e en constellation. La m\u00e8che raconte son voyage vers les cieux et exprime son d\u00e9sir de sa ma\u00eetresse. La traduction de Callimaque par Catulle d\u00e9montre son engagement envers la po\u00e9sie hell\u00e9nistique et son habilet\u00e9 \u00e0 traiter des th\u00e8mes savants et mythologiques.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Celui qui contempla toutes les lumi\u00e8res dans les vastes cieux, qui apprit le lever et le coucher des \u00e9toiles, comment la beaut\u00e9 ardente du soleil rapide s&rsquo;obscurcit, comment les constellations disparaissent \u00e0 des moments fixes, comment un doux amour attire Diane, passant secr\u00e8tement pr\u00e8s des falaises de Latm\u00e9e, dans sa course a\u00e9rienne : ce m\u00eame Conon, l&rsquo;astronome, me vit briller vivement au seuil du ciel, une m\u00e8che de cheveux de la t\u00eate de B\u00e9r\u00e9nice, elle qui, tendant ses bras d\u00e9licats, fit des promesses \u00e0 une multitude de dieux, \u00e0 ce moment o\u00f9 le grand roi nouvellement mari\u00e9 \u00e9tait parti d\u00e9vaster les fronti\u00e8res d&rsquo;Assyrie, portant de douces traces de la lutte nocturne, celles qui sont caus\u00e9es par les d\u00e9pouilles virginales. V\u00e9nus est-elle vraiment ha\u00efe par les nouvelles mari\u00e9es ? La joie des parents est-elle tromp\u00e9e par leurs fausses larmes, vers\u00e9es abondamment sur le seuil du lit ? Si leurs soupirs \u00e9taient sinc\u00e8res, elles n&rsquo;auraient pas tant soutenu ma divinit\u00e9. Ma reine m&rsquo;a appris cela, par ses nombreux cris plaintifs, lorsque son nouveau mari partit pour la sombre bataille. Et n&rsquo;est-ce pas le deuil d&rsquo;un lit vide que tu pleures, mais la s\u00e9paration larmoyante d&rsquo;un cher fr\u00e8re ? Que de chagrins ronge la moelle du c\u0153ur de l&rsquo;int\u00e9rieur ! Comme si, troubl\u00e9, ton esprit \u00e9tait enti\u00e8rement perdu, priv\u00e9 de tout sentiment dans ta poitrine ! Mais je reconnais la vraie grandeur chez une jeune fille. S\u00fbrement cet acte courageux n&rsquo;est pas oubli\u00e9 par lequel un royaume de mari fut gagn\u00e9, qu&rsquo;aucun plus fort n&rsquo;osa ? Mais quels mots tristes furent dits en renvoyant ce mari ! Jupiter, combien de fois tes yeux furent-ils effleur\u00e9s par ta main ! Quel dieu t&rsquo;a chang\u00e9 ainsi ? Ou est-ce le souhait d&rsquo;un amant de ne pas \u00eatre absent du corps bien-aim\u00e9 longtemps ?&rsquo; Et, l\u00e0 aussi, tu m&rsquo;as promis, \u00e0 tous les dieux, non sans sang de taureaux, pour ton cher mari, si cela apportait son retour. Il ne lui fallut pas longtemps pour ajouter l&rsquo;Asie captive aux confins de l&rsquo;\u00c9gypte. J&rsquo;acquitte les promesses ant\u00e9rieures, pour ces actes, par ce nouvel hommage qui me joint aux cieux. \u00c0 contre-c\u0153ur, \u00f4 Reine, j&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 s\u00e9par\u00e9e de tes cheveux, \u00e0 contre-c\u0153ur : je le jure par toi et par cette t\u00eate qui est tienne, qui est digne, m\u00eame si l&rsquo;on jurait en vain : mais qui pourrait pr\u00e9tendre \u00eatre \u00e9gal \u00e0 l&rsquo;acier lui-m\u00eame ? M\u00eame la montagne est renvers\u00e9e par lui, le plus grand brillant enfant des rivages de Mac\u00e9doine, franchi lorsque les Perses cr\u00e9\u00e8rent une nouvelle mer, quand les barbares conduisirent leur flotte au milieu de l&rsquo;Athos. Que peuvent faire les cheveux quand de telles choses tombent sous la lame ? Par Jupiter, que la tribu des Chalybes p\u00e9risse, et ceux qui cherch\u00e8rent les premiers les veines de m\u00e9tal sous la terre, et comment couper les choses dures avec du fer ! Il y a peu de temps les s\u0153urs pleuraient mon sort comme une m\u00e8che coup\u00e9e, quand, de Locres, Arsino\u00e9 envoya les chevaux ail\u00e9s de Memnon d&rsquo;\u00c9thiopie lui-m\u00eame, battant, avec des ailes tremblantes, l&rsquo;air de Z\u00e9phyr, le Vent d&rsquo;Ouest, le fr\u00e8re n\u00e9 avec lui, et me portant \u00e0 travers le ciel ombrag\u00e9, il vola, et me pla\u00e7a dans les genoux de la chaste V\u00e9nus. Arsino\u00e9 elle-m\u00eame envoya son serviteur l\u00e0-bas, habitant grec du rivage de Canope. Mon arriv\u00e9e changea les cieux, de sorte que la couronne d&rsquo;or du front d&rsquo;Ariane ne soit pas fix\u00e9e seule dans le ciel lumineux : mais, afin que moi aussi je brille, d\u00e9pouille fid\u00e8le de ces cheveux d&rsquo;or, la d\u00e9esse passant, mouill\u00e9e par le flot, vers le temple des dieux, me pla\u00e7a comme une nouvelle constellation parmi les anciennes. Car, touchant les \u00e9toiles de la Vierge et le Lion sauvage, jointe \u00e0 Callisto fille de Lycaon, je descends vers l&rsquo;ouest, menant le lent Boot\u00e8s, qui se fond tardivement dans l&rsquo;Oc\u00e9an profond. Mais bien que les pas des dieux me touchent la nuit, la lumi\u00e8re me rend quand m\u00eame \u00e0 la mer ancienne. (Que cela soit connu, avec votre permission, Destin, Vierge Ramnusienne, car je ne cache rien de la v\u00e9rit\u00e9 par peur, ni, bien que les \u00e9toiles me dispersent par des mots de col\u00e8re, je ne choisis de cacher la v\u00e9rit\u00e9 enfouie du c\u0153ur.) Je ne me d\u00e9lecte pas de ces choses, autant que je souffre d&rsquo;\u00eatre s\u00e9par\u00e9e, s\u00e9par\u00e9e des cheveux de ma dame, avec lesquels, lorsque la jeune fille essayait tous les parfums, j&rsquo;absorbais moi-m\u00eame plusieurs milliers. Maintenant vous, que les torches de mariage tant d\u00e9sir\u00e9es unissent, ne livrez pas vos corps \u00e0 l&rsquo;\u00e9treinte mutuelle, d\u00e9nudant vos poitrines les v\u00eatements retir\u00e9s, avant que l&rsquo;onyx ne me d\u00e9lecte de son don agr\u00e9able, votre onyx, vous qui \u00e0 juste titre ornez le lit chaste. Mais celle qui se livre \u00e0 des adult\u00e8res impurs, qu&rsquo;elle absorbe du p\u00e9ch\u00e9 le vain don de la poussi\u00e8re l\u00e9g\u00e8re : car je ne cherche aucune r\u00e9compense de l&rsquo;indigne. Mais que la grande harmonie, \u00d4 \u00e9pouses, habite toujours votre maison, un amour continuel toujours. Toi, ma Reine, quand tu verras ta constellation divine, tandis que tu apaises V\u00e9nus par des lumi\u00e8res festives, ne me laisse pas libre de tes parfums, mais dote-moi de dons plus grands. Je souhaite que les \u00e9toiles tombent ! Je deviendrais des cheveux royaux, et alors qu&rsquo;Orion brille pr\u00e8s d&rsquo;Aquarius !<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/latrespace.com\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/interiorcatullus66.webp\" alt=\"Peinture repr\u00e9sentant des figures mythologiques\" width=\"313\" height=\"600\" \/><em class=\"cap-ai\">Peinture repr\u00e9sentant des figures mythologiques<\/em><\/p>\n<h3>Po\u00e8me 67 : De la Porte adult\u00e8re de quelqu&rsquo;un<\/h3>\n<p><em>Commentaire :<\/em> Un po\u00e8me unique dans lequel Catulle interroge la porte d&rsquo;une maison sur les scandales sexuels qui y ont eu lieu. La porte raconte des histoires d&rsquo;adult\u00e8re et d&rsquo;inceste impliquant la famille du nouveau propri\u00e9taire. Cette perspective inhabituelle permet \u00e0 Catulle de livrer des potins et des satires du point de vue d&rsquo;un objet inanim\u00e9.<\/p>\n<blockquote>\n<p>\u00d4 salut, douce porte, agr\u00e9able \u00e0 un mari, agr\u00e9able \u00e0 un p\u00e8re, et que Jupiter ajoute son pouvoir vertueux \u00e0 toi, qui servis Balbus fid\u00e8lement, dit-on, pendant un bon moment, quand le vieil homme poss\u00e9dait la maison lui-m\u00eame, et servis le fils, au contraire, assez mal, dit-on, quand tu devins un cadeau de mariage \u00e0 la mort du vieil homme. Allons, dis-nous, pourquoi montrer ce changement, abandonnant les anciennes loyaut\u00e9s de propri\u00e9t\u00e9 ? &lsquo;Ce n&rsquo;est pas ma faute (je plais \u00e0 ce Caecilius, je lui suis remise maintenant), bien qu&rsquo;on dise que c&rsquo;est la mienne, ce n&rsquo;est aucun p\u00e9ch\u00e9 de ma part si quelqu&rsquo;un peut dire n&rsquo;importe quoi : vraiment une porte de votre peuple vous r\u00e9pond, moi, \u00e0 qui chaque fois qu&rsquo;un m\u00e9fait est d\u00e9couvert, tous s&rsquo;\u00e9crient : \u00ab\u00a0C&rsquo;est ta faute, porte.\u00a0\u00bb&lsquo; Il ne suffit pas de dire cela, par un mot, mais tu dois faire ce que tout le monde pourrait voir et savoir. &lsquo;Comment puis-je ? Personne ne demande ni ne prend la peine de savoir ?&rsquo; Je le ferai, dis-moi, n&rsquo;h\u00e9site pas. &lsquo;Eh bien, d&rsquo;abord, la vierge, dit-on, qui nous fut remise, \u00e9tait fausse. Le mari ne fut pas le premier \u00e0 la toucher, lui dont l&rsquo;\u00e9p\u00e9e pend plus flasque qu&rsquo;une tendre betterave, ne soulevant jamais le milieu de sa tunique : mais on dit que le p\u00e8re viola le lit de son fils, et d\u00e9shonora la malheureuse maison, soit parce que son esprit impie br\u00fblait d&rsquo;une luxure aveugle, soit parce que le fils \u00e9tait inutile, avec une semence st\u00e9rile, de sorte qu&rsquo;il fut n\u00e9cessaire d&rsquo;en chercher un plus vigoureux, qui pourrait d\u00e9faire son lien virginal.&rsquo; Tu racontes un p\u00e8re illustre d&rsquo;une pi\u00e9t\u00e9 \u00e9tonnante. qui vient sur les genoux de son propre fils. &lsquo;Et Brescia sous les falaises de Cycnea, que la Mella dor\u00e9e \u00e0 l&rsquo;eau douce longe, Brescia ch\u00e8re m\u00e8re de ma V\u00e9rone, dit qu&rsquo;il n&rsquo;est pas le seul connu pour l&rsquo;avoir eue, mais parle de Postumius et de Cornelius avec passion, avec qui elle commit un adult\u00e8re sc\u00e9l\u00e9rat. Ici quelqu&rsquo;un aura dit ? \u00ab\u00a0Comment sais-tu, porte, jamais autoris\u00e9e \u00e0 quitter le seuil de ton ma\u00eetre, ni \u00e0 entendre les gens, mais fix\u00e9e \u00e0 ce poteau, si habitu\u00e9e \u00e0 ouvrir et fermer la maison ?\u00a0\u00bb Je l&rsquo;ai souvent entendue seule, d&rsquo;une voix furtive, parler \u00e0 ses servantes de ses p\u00e9ch\u00e9s, les noms que j&rsquo;ai dits \u00e9tant prononc\u00e9s, elle s&rsquo;attendant \u00e0 ce que je n&rsquo;aie ni parole ni ou\u00efe. De plus, elle ajouta, quelqu&rsquo;un d&rsquo;autre, dont je ne veux pas dire le nom, de peur qu&rsquo;il ne l\u00e8ve son sourcil rouge. C&rsquo;est un homme de grande taille, qui a men\u00e9 une grande affaire en justice une fois, au sujet d&rsquo;une fausse grossesse dans un ventre menteur.&rsquo;<\/p>\n<\/blockquote>\n<h3>Po\u00e8me 68b : Comm\u00e9moration : \u00e0 Allius<\/h3>\n<p><em>Commentaire :<\/em> Consid\u00e9r\u00e9 par certains comme une continuation du Po\u00e8me 68, ce po\u00e8me comm\u00e9more la gentillesse d&rsquo;Allius (ou Mallius\/Manlius), qui a fourni \u00e0 Catulle et \u00e0 sa ma\u00eetresse (probablement Lesbie) une maison pour leur liaison. Catulle exprime une profonde gratitude, contrastant la fid\u00e9lit\u00e9 d&rsquo;Allius avec l&rsquo;infid\u00e9lit\u00e9 d&rsquo;autres. Il inclut la complainte poignante pour son fr\u00e8re d\u00e9c\u00e9d\u00e9 et une digression mythologique sur Laodamie et Protesila\u00fcs.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Je ne peux pas dissimuler, d\u00e9esses, les choses de moi que Allius m&rsquo;a aid\u00e9es, ni combien de services il a rendus, de peur que le temps fugace dans des \u00e2ges oublieux cache cette gentillesse de sa part dans la nuit aveugle : mais je vous le dis : parlez \u00e0 de nombreux milliers futurs et que ce papier parle dans sa vieillesse, <strong>&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;..**<\/strong>&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;..<strong>et que les morts deviennent de plus en plus c\u00e9l\u00e8bres, ne laissez pas l&rsquo;araign\u00e9e tissant sa fine toile en hauteur accomplir sa t\u00e2che sur le nom n\u00e9glig\u00e9 d&rsquo;Allius. Car vous savez combien V\u00e9nus inconstante m&rsquo;aurait troubl\u00e9, et de quelle mani\u00e8re elle m&rsquo;aurait br\u00fbl\u00e9, quand j&rsquo;aurais pu br\u00fbler comme les rochers siciliens, ou les eaux de Malis aux Thermopyles \u0153ta\u00e9ennes, mes yeux endeuill\u00e9s n&rsquo;ayant pas cess\u00e9 de fondre en larmes sans fin, mes joues d&rsquo;\u00eatre tremp\u00e9es par une pluie triste. Alors comme un ruisseau de montagne brillant sur les hauteurs a\u00e9riennes, jaillissant du rocher moussu, qui, \u00e9tant tomb\u00e9 t\u00eate baiss\u00e9e des vall\u00e9es en pente, traverse le milieu de r\u00e9gions dens\u00e9ment peupl\u00e9es, doux r\u00e9confort au labeur fatigu\u00e9 des voyageurs, quand une chaleur f\u00e9roce fend les champs dess\u00e9ch\u00e9s : comme \u00e0 un vent favorable qui vient souffler l\u00e9g\u00e8rement sur le marin ballott\u00e9 dans la temp\u00eate noire, priant tant\u00f4t Pollux, implorant tant\u00f4t Castor, telle fut l&rsquo;aide d&rsquo;Allius pour moi. Il ouvrit le champ ferm\u00e9 par un large chemin, et accorda \u00e0 moi-m\u00eame et \u00e0 ma fille une maison, o\u00f9 nous men\u00e2mes notre liaison mutuelle, vers laquelle ma brillante d\u00e9esse se rendit \u00e0 pas doux, posa ses sandales gracieuses sur le seuil us\u00e9, reposa ses pieds brillants, comme jadis avec une passion ardente Laodamie vint \u00e0 la maison, commenc\u00e9e en vain, de Protesila\u00fcs son mari, le sacrifice n&rsquo;ayant pas encore apais\u00e9 l&rsquo;amour des dieux pour le sang sacr\u00e9. Que rien ne me plaise beaucoup, Destin, Vierge Ramnusienne, que tu pourrais par hasard recevoir \u00e0 contrec\u0153ur. Laodamie apprit par la perte de son mari combien l&rsquo;autel affam\u00e9 d\u00e9sire le sang sacr\u00e9 : elle fut forc\u00e9e de d\u00e9nouer le cou de son nouveau mari, avant qu&rsquo;un hiver, et un autre revenant, n&rsquo;eussent rassasi\u00e9 l&rsquo;amour ardent de leurs longues nuits, afin qu&rsquo;elle apprenne \u00e0 vivre sans un mari perdu, que les Parques savaient ne pas vivre longtemps s&rsquo;il partait comme soldat aux murs de Troie. Car maintenant l&rsquo;enl\u00e8vement d&rsquo;H\u00e9l\u00e8ne avait forc\u00e9 les nobles grecs \u00e0 r\u00e9veiller leurs hommes pour Troie, Troie (le mal !) une tombe commune pour l&rsquo;Asie et l&rsquo;Europe, Troie la ruine am\u00e8re des hommes et de toute vertu, n&rsquo;as-tu pas m\u00eame apport\u00e9 la mort de mon fr\u00e8re. Oh h\u00e9las pour le fr\u00e8re qui m&rsquo;a \u00e9t\u00e9 enlev\u00e9, oh h\u00e9las la lumi\u00e8re brillante d&rsquo;un fr\u00e8re perdu, avec toi toute notre maison est enterr\u00e9e ensemble, avec toi toutes nos joies p\u00e9rissent en une seule, que ton amour nourrissait dans une douce vie. Toi qui, loin, n&rsquo;es pas enterr\u00e9 parmi les tombes c\u00e9l\u00e8bres, ni pr\u00e8s des cendres connues, mais la vile Troie, la malheureuse Troie, tient ta tombe, dans le sol le plus lointain d&rsquo;une terre \u00e9trang\u00e8re. Vers laquelle, dit-on, les hommes de Gr\u00e8ce se sont h\u00e2t\u00e9s de toutes parts, abandonnant leurs sanctuaires domestiques, de peur que Paris, ravi, n&#8217;emporte tranquillement, vers un lit paisible, l&rsquo;adult\u00e8re qu&rsquo;il avait enlev\u00e9e. Par ton infortune, alors, tr\u00e8s charmante Laodamie, ton mari t&rsquo;a \u00e9t\u00e9 enlev\u00e9, plus cher pour toi que la vie et l&rsquo;esprit : la passion de l&rsquo;amour, t&rsquo;avalant dans un tourbillon, t&rsquo;a emport\u00e9e dans l&rsquo;ab\u00eeme escarp\u00e9, comme on dit que le sol du Pheneus grec pr\u00e8s de Cyll\u00e8ne s&rsquo;est dess\u00e9ch\u00e9, quand le marais \u00e9pais a \u00e9t\u00e9 ass\u00e9ch\u00e9, qu&rsquo;Hercule, divinement engendr\u00e9, a jadis os\u00e9 percer, dans la moelle taill\u00e9e des montagnes, quand ses fl\u00e8ches s\u00fbres frapp\u00e8rent les oiseaux Stymphaliens, sur l&rsquo;ordre d&rsquo;un ma\u00eetre pire, afin que le seuil des cieux soit fr\u00e9quent\u00e9 par plus de dieux, et qu&rsquo;H\u00e9b\u00e9 ne reste pas longtemps vierge. Mais ton amour profond, qui enseigna \u00e0 une fille indompt\u00e9e \u00e0 porter le joug, \u00e9tait plus profond encore que cet ab\u00eeme. Puisque la petite-fille nourrie par une fille unique n&rsquo;est pas aussi ch\u00e8re \u00e0 son p\u00e8re, enfant de sa vieillesse, qui, lorsque le nom de l&rsquo;enfant est \u00e0 peine entr\u00e9 dans le testament du grand-p\u00e8re, disposant de ses richesses, \u00e9cartant la joie impie de la famille d\u00e9daigneuse, disperse les vautours de sa t\u00eate blanche : aucun \u00e9poux ne fut jamais aussi agr\u00e9able \u00e0 une colombe blanche, dont on dit qu&rsquo;elle donne souvent impudemment beaucoup plus de baisers, mordant avec son bec, que toute femme qui au-del\u00e0 de toute mesure d\u00e9sire autant. Mais toi seule surpasses leur grande passion, toi qui es gagn\u00e9e pour toujours par un homme aux cheveux dor\u00e9s. Toi \u00e0 qui la lumi\u00e8re de ma vie conc\u00e9da peu ou rien en valeur, quand elle se donna dans mes genoux, qui brillait souvent, avec Cupidon courant autour d&rsquo;elle, brillante dans sa tunique couleur safran. M\u00eame si elle n&rsquo;est toujours pas contente du seul Catulle, je souffrirai les affaires peu fr\u00e9quentes d&rsquo;une ma\u00eetresse timide, de peur d&rsquo;\u00eatre trop aga\u00e7ant \u00e0 la mani\u00e8re des fous. Souvent m\u00eame Junon, la plus grande des d\u00e9esses, avale sa col\u00e8re br\u00fblante face aux p\u00e9ch\u00e9s de son \u00e9poux, connaissant les nombreuses affaires de Jupiter tout dispos\u00e9. Et les hommes ne doivent pas \u00eatre compar\u00e9s aux dieux, <\/strong>&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;..<strong>**&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;..<\/strong>porter le fardeau ingrat d&rsquo;un p\u00e8re inquiet. Pourtant, men\u00e9e par aucune main paternelle, elle vient \u00e0 moi, \u00e0 la maison, parfum\u00e9e de parfums assyriens, m&rsquo;apporte le merveilleux cadeau dans la nuit secr\u00e8te, elle-m\u00eame, d\u00e9rob\u00e9e \u00e0 la poitrine de son mari. Et cela suffit, si cela seul m&rsquo;est accord\u00e9, qu&rsquo;elle marque ce jour d&rsquo;une lumi\u00e8re plus brillante. Ceci alors Allius, pour toi, ce que je peux, un cadeau fait de chant, en \u00e9change de ton amiti\u00e9, de peur que ce jour et celui-l\u00e0, et d&rsquo;autres apr\u00e8s d&rsquo;autres, ne touchent ton nom de corrosions de rouille. Et que les dieux y ajoutent davantage, ces dons que Th\u00e9mis avait l&rsquo;habitude d&rsquo;apporter aux pieux d&rsquo;autrefois. Puissiez-vous \u00eatre heureux, vous et votre vie, vous et votre maison dans laquelle nous nous sommes r\u00e9jouis, et la dame, et celui qui vous a d&rsquo;abord donn\u00e9 \u00e0 moi, d&rsquo;o\u00f9 est n\u00e9e toute notre fortune, et elle, avant tout, plus ch\u00e8re pour moi que lui, lumi\u00e8re de ma vie, par l&rsquo;existence de qui, vivre m&rsquo;est doux.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/latrespace.com\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/interiorcatullus68.webp\" alt=\"Peinture de figures mythologiques entrant dans une pi\u00e8ce\" width=\"600\" height=\"417\" \/><em class=\"cap-ai\">Peinture de figures mythologiques entrant dans une pi\u00e8ce<\/em><\/p>\n<h3>Po\u00e8me 69 : Odorant : \u00e0 Rufus<\/h3>\n<p><em>Commentaire :<\/em> Catulle s&rsquo;adresse \u00e0 Rufus, expliquant pourquoi aucune femme ne le d\u00e9sire : il a une odeur terrible (\u00ab\u00a0une ch\u00e8vre sauvage sous les aisselles\u00a0\u00bb). Il conseille brusquement \u00e0 Rufus de se d\u00e9barrasser de l&rsquo;odeur s&rsquo;il veut attirer les femmes.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Je ne suis pas surpris de savoir pourquoi aucune fille ne d\u00e9sire placer ses tendres cuisses sous toi, Rufus, m\u00eame si tu l&rsquo;affaiblissais par des cadeaux de robes les plus rares, les d\u00e9lices des pierres les plus claires. Une certaine mauvaise histoire te blesse : celle qu&rsquo;on raconte sur toi : que tu as une ch\u00e8vre sauvage sous les aisselles. Tout le monde d\u00e9teste \u00e7a, pas \u00e9tonnant : car c&rsquo;est une b\u00eate vraiment malodorante, pas une avec qui les filles couchent. Alors, tue cette cruelle peste pour leurs nez, ou cesse de t&rsquo;\u00e9tonner de les voir s&rsquo;enfuir.<\/p>\n<\/blockquote>\n<h3>Po\u00e8me 70 : La Fid\u00e9lit\u00e9 de la femme<\/h3>\n<p><em>Commentaire :<\/em> Un court \u00e9pigramme cynique sur la nature \u00e9ph\u00e9m\u00e8re des promesses amoureuses d&rsquo;une femme. Catulle d\u00e9clare que sa fille dit qu&rsquo;elle n&rsquo;\u00e9pouserait que lui, mais que de tels mots devraient \u00eatre consid\u00e9r\u00e9s comme aussi transitoires que le vent ou l&rsquo;eau courante.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Ma fille dit qu&rsquo;elle pr\u00e9f\u00e9rerait n&rsquo;\u00e9pouser personne d&rsquo;autre que moi, pas m\u00eame si Jupiter lui-m\u00eame le lui demandait. Elle dit : mais ce qu&rsquo;une fille dit \u00e0 son amant ardent, devrait \u00eatre \u00e9crit sur le vent et dans l&rsquo;eau courante.<\/p>\n<\/blockquote>\n<h3>Po\u00e8me 71 : Vengeance<\/h3>\n<p><em>Commentaire :<\/em> Un po\u00e8me bref et cru prenant une sombre satisfaction dans les maux physiques (odeur corporelle et goutte) d&rsquo;un rival qui est impliqu\u00e9 avec son amante. Catulle voit leur souffrance pendant les rapports sexuels comme une forme de vengeance.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Si l&rsquo;odeur de ch\u00e8vre sous les bras emp\u00eache \u00e0 juste titre quiconque, ou si une goutte lente les estropie \u00e0 juste titre, ton rival, qui occupe ton amante, est d\u00e9couvert par toi comme merveilleusement malade des deux. Maintenant, chaque fois qu&rsquo;il la baise, tu es veng\u00e9 des deux : elle est troubl\u00e9e par l&rsquo;odeur, il est ruin\u00e9 par la goutte.<\/p>\n<\/blockquote>\n<h3>Po\u00e8me 72 : Familiarit\u00e9 : \u00e0 Lesbie<\/h3>\n<p><em>Commentaire :<\/em> Un po\u00e8me pivot dans le cycle de Lesbie, exprimant le paradoxe douloureux de l&rsquo;amour et de l&rsquo;estime. Catulle dit \u00e0 Lesbie que la conna\u00eetre mieux l&rsquo;a paradoxalement fait br\u00fbler plus f\u00e9rocement d&rsquo;amour, mais l&rsquo;estimer <em>moins<\/em>. La familiarit\u00e9 a \u00e9rod\u00e9 le respect qu&rsquo;il ressentait autrefois pour elle comme un p\u00e8re pour ses enfants, ne laissant qu&rsquo;une passion tourment\u00e9e.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Autrefois tu disais que tu pr\u00e9f\u00e9rais Catulle seul, Lesbie : tu n&rsquo;aurais pas voulu Jupiter avant moi. Je t&rsquo;estimais alors non pas comme un amant ordinaire, mais comme un p\u00e8re estime ses enfants, sa famille. Maintenant je te connais : ainsi, bien que je br\u00fble plus f\u00e9rocement, pourtant tu vaux beaucoup moins pour moi, et plus l\u00e9g\u00e8rement. Comment cela, demandes-tu ? La douleur d&rsquo;un tel amour fait qu&rsquo;un amant aime plus, mais aime moins.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/latrespace.com\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/interiorcatullus72.webp\" alt=\"Peinture de figures mythologiques\" width=\"430\" height=\"600\" \/><em class=\"cap-ai\">Peinture de figures mythologiques<\/em><\/p>\n<h3>Po\u00e8me 73 : Ami d\u00e9chu<\/h3>\n<p><em>Commentaire :<\/em> Une r\u00e9flexion am\u00e8re sur l&rsquo;ingratitude humaine. Catulle d\u00e9conseille d&rsquo;\u00eatre gentil avec tout le monde, car cela est souvent accueilli par de l&rsquo;ingratitude. Il se sent le plus bless\u00e9 par quelqu&rsquo;un qu&rsquo;il consid\u00e9rait comme son ami le plus proche, illustrant sa d\u00e9sillusion quant \u00e0 la loyaut\u00e9.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Cesse de vouloir \u00eatre gentil avec tout un chacun, ou de croire que quelqu&rsquo;un peut devenir bon. Tous sont ingrats : \u00eatre g\u00e9n\u00e9reux n&rsquo;accomplit rien, plut\u00f4t cela fatigue m\u00eame, et nuit grandement : ainsi en est-il de moi, que personne n&rsquo;opprime aussi lourdement, am\u00e8rement, que celui qui jadis me consid\u00e9rait comme son seul et unique ami.<\/p>\n<\/blockquote>\n<h3>Po\u00e8me 74 : S\u00e9curit\u00e9 : \u00e0 Gellius<\/h3>\n<p><em>Commentaire :<\/em> Un \u00e9pigramme scandaleux sur Gellius, qui \u00e9vite la critique potentielle de son oncle concernant les questions sexuelles en s\u00e9duisant l&rsquo;\u00e9pouse de l&rsquo;oncle. En se livrant \u00e0 un adult\u00e8re incestueux, Gellius s&rsquo;assure que son oncle reste silencieux, le transformant effectivement en un \u00ab\u00a0Harpocrate silencieux\u00a0\u00bb.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Gellius avait entendu dire que son oncle avait l&rsquo;habitude de r\u00e9primander, quiconque accomplissait ou parlait des d\u00e9lices de l&rsquo;amour. Pour \u00e9viter ce malheur lui-m\u00eame, il s\u00e9duisit l&rsquo;\u00e9pouse de son oncle, et fit de son oncle un Harpocrate silencieux. Ce qu&rsquo;il voulait, il le fit : car, maintenant bien qu&rsquo;il ait lui-m\u00eame sodomis\u00e9 son oncle, son oncle ne dirait pas un mot.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/latrespace.com\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/interiorcatullus74.webp\" alt=\"Image d&#039;une statue\" width=\"466\" height=\"600\" \/><em class=\"cap-ai\">Image d&#039;une statue<\/em><\/p>\n<h3>Po\u00e8me 75 : Encha\u00een\u00e9 : \u00e0 Lesbie<\/h3>\n<p><em>Commentaire :<\/em> Une expression courte et puissante de la profondeur de l&rsquo;enchev\u00eatrement \u00e9motionnel de Catulle avec Lesbie. Son esprit a \u00e9t\u00e9 tellement corrompu et ruin\u00e9 par ses d\u00e9fauts et son service envers elle qu&rsquo;il est paradoxalement incapable de lui souhaiter du bien m\u00eame si elle \u00e9tait vertueuse, ni de cesser de l&rsquo;aimer m\u00eame si elle \u00e9tait au pire. Il est \u00e9motionnellement pi\u00e9g\u00e9.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Mon esprit en est r\u00e9duit \u00e0 ceci, par tes fautes, Lesbie, et s&rsquo;est ainsi ruin\u00e9 \u00e0 ton service, que maintenant il ne pourrait pas te souhaiter du bien, m\u00eame si tu devenais ce qu&rsquo;il y a de meilleur, ni cesser de t&rsquo;aimer si tu fais ce qu&rsquo;il y a de pire.<\/p>\n<\/blockquote>\n<h3>Po\u00e8me 76 : Gentillesse pass\u00e9e : aux Dieux<\/h3>\n<p><em>Commentaire :<\/em> Une pri\u00e8re sinc\u00e8re aux dieux, dans laquelle Catulle r\u00e9fl\u00e9chit \u00e0 sa vertu et sa fid\u00e9lit\u00e9 pass\u00e9es (contrastant avec le comportement de Lesbie) et implore d&rsquo;\u00eatre lib\u00e9r\u00e9 du tourment de son amour pour elle. Il reconna\u00eet la difficult\u00e9 de l\u00e2cher prise mais le pr\u00e9sente comme son unique salut. Il ne demande plus son amour ou sa chastet\u00e9, seulement la libert\u00e9 de sa souffrance.<\/p>\n<blockquote>\n<p>S&rsquo;il est agr\u00e9able \u00e0 un homme de se souvenir des bonnes actions pass\u00e9es, quand il se consid\u00e8re vertueux, n&rsquo;ayant pas viol\u00e9 les liens sacr\u00e9s, ni utilis\u00e9 les noms des dieux dans un contrat quelconque pour tromper les hommes, alors il te reste de nombreux plaisirs, Catulle, pour le reste de ta vie, gr\u00e2ce \u00e0 cette passion ingrate. Car tout ce qu&rsquo;un homme peut faire ou dire de bon \u00e0 quiconque, a \u00e9t\u00e9 dit et fait par toi. Tout, ce qui confi\u00e9 \u00e0 un c\u0153ur ingrat est perdu. Pourquoi te tourmenter plus longtemps alors ? Pourquoi ne pas endurcir ton esprit, et t&rsquo;en d\u00e9tourner, et cesser d&rsquo;\u00eatre malheureux, puisque les dieux sont hostiles ? Il est difficile d&rsquo;abandonner soudainement un ancien amour, c&rsquo;est difficile, mais cela te satisferait de le faire : C&rsquo;est ton unique salut. C&rsquo;est \u00e0 toi de le prouver, \u00e0 toi d&rsquo;essayer, si tu peux ou non. \u00d4 dieux, si la mis\u00e9ricorde est v\u00f4tre, ou si vous avez jamais apport\u00e9 de l&rsquo;aide \u00e0 un homme au moment m\u00eame de sa mort, regardez ma douleur et, si j&rsquo;ai v\u00e9cu purement, levez cette peste, cette destruction de moi, afin que la torpeur qui rampe dans les profondeurs de mon corps chasse toute joie de mon c\u0153ur. Je ne demande plus qu&rsquo;elle m&rsquo;aime en face, ou, l&rsquo;impossible, qu&rsquo;elle soit chaste : je choisis la sant\u00e9, et de me d\u00e9barrasser de cette sale maladie. \u00d4 dieux, accordez-moi ceci pour toute ma bont\u00e9.<\/p>\n<\/blockquote>\n<h3>Po\u00e8me 77 : Tra\u00eetre : \u00e0 Rufus<\/h3>\n<p><em>Commentaire :<\/em> Un po\u00e8me court et intense accusant Rufus, un ancien ami, de trahison. Catulle sent que Rufus l&rsquo;a insidieusement bless\u00e9 et a d\u00e9truit son bonheur, le qualifiant de \u00ab\u00a0poison cruel\u00a0\u00bb et de \u00ab\u00a0ruine de mon amiti\u00e9\u00a0\u00bb.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Rufus, en qui j&rsquo;ai eu confiance comme ami, inutilement et sans raison, (Inutilement ? Plut\u00f4t, \u00e0 un prix grand et mauvais), t&rsquo;es-tu introduit dans ma vie ainsi, et as-tu rompu mes entrailles, ah h\u00e9las, m&rsquo;as-tu vol\u00e9 tout mon bien ? Tu m&rsquo;as vol\u00e9, oh cruel poison de ma vie, oh ruine de mon amiti\u00e9.<\/p>\n<\/blockquote>\n<h3>Po\u00e8me 78 : Le Maquereau : \u00e0 Gallus<\/h3>\n<p><em>Commentaire :<\/em> Un \u00e9pigramme bref et sardonique sur Gallus, qui facilite une relation entre l&rsquo;\u00e9pouse de son fr\u00e8re et son fils. Catulle qualifie Gallus de \u00ab\u00a0mignon\u00a0\u00bb pour avoir arrang\u00e9 cette affaire scandaleuse, mais aussi de \u00ab\u00a0stupide\u00a0\u00bb car il permet essentiellement l&rsquo;adult\u00e8re au sein de sa propre famille.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Gallus a des fr\u00e8res, dont l&rsquo;un a la plus charmante \u00e9pouse, l&rsquo;autre le plus charmant fils. Gallus est un homme mignon : puisqu&rsquo;il les unit en amants, de sorte que ce beau gar\u00e7on couche avec cette belle fille. Gallus est un homme stupide, ne se consid\u00e9rant pas comme un mari, qui instruit un neveu dans l&rsquo;adult\u00e8re de l&rsquo;\u00e9pouse d&rsquo;un oncle.<\/p>\n<\/blockquote>\n<h3>Po\u00e8me 78b : Immortalit\u00e9<\/h3>\n<p><em>Commentaire :<\/em> Un fragment bref, potentiellement li\u00e9, d\u00e9plorant la pollution des l\u00e8vres pures d&rsquo;une jeune fille par la \u00ab\u00a0salive immonde\u00a0\u00bb de quelqu&rsquo;un. Il contient une menace selon laquelle les actions de l&rsquo;agresseur seront rappel\u00e9es et expos\u00e9es pour l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9 par la tradition.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Mais maintenant je d\u00e9plore que ta salive immonde ait pollu\u00e9 les l\u00e8vres pures d&rsquo;une fille pure. Pourtant tu ne le feras pas impun\u00e9ment : maintenant tous les \u00e2ges te conna\u00eetront, et l&rsquo;ancienne tradition racontera ce que tu es.<\/p>\n<\/blockquote>\n<h3>Po\u00e8me 79 : Pas si juste : \u00e0 Lesbius<\/h3>\n<p><em>Commentaire :<\/em> Catulle commente sarcastiquement \u00ab\u00a0Lesbius\u00a0\u00bb (le fr\u00e8re de Lesbie, probablement Clodius Pulcher), que Lesbie pr\u00e9f\u00e8re m\u00eame \u00e0 Catulle. Il remarque que Lesbius est peut-\u00eatre beau, mais que sa vraie nature ou sa lign\u00e9e est discutable, sugg\u00e9rant qu&rsquo;il ne serait pas reconnu comme tel par beaucoup.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Lesbius est joli. Pourquoi pas ? Puisque Lesbie l&rsquo;aime plus que toi et tous les tiens, Catulle. Mais laisse quand m\u00eame ce joli gar\u00e7on vendre Catulle et tous les siens s&rsquo;il trouve trois pour reconna\u00eetre sa naissance.<\/p>\n<\/blockquote>\n<h3>Po\u00e8me 80 : R\u00e9v\u00e9lation : \u00e0 Gellius<\/h3>\n<p><em>Commentaire :<\/em> Un po\u00e8me cru et explicite s&rsquo;adressant \u00e0 Gellius, se demandant pourquoi ses l\u00e8vres deviennent p\u00e2les le matin ou tard dans la journ\u00e9e. Catulle sugg\u00e8re que la p\u00e2leur est due \u00e0 des actes sexuels oraux, citant les cuisses tendues de Victor et les l\u00e8vres de Gellius marqu\u00e9es de sperme comme preuve.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Que puis-je dire, Gellius, pourquoi ces l\u00e8vres rouges deviennent-elles plus blanches que la neige hivernale, quand tu quittes ta maison le matin ou quand la huiti\u00e8me heure te r\u00e9veille placide et faible dans la longue journ\u00e9e ? C&rsquo;est quelque chose, c&rsquo;est s\u00fbr : peut-\u00eatre le murmure de la rumeur est-il vrai que tu avales le grand jet de l&rsquo;aine d&rsquo;un homme ? C&rsquo;est s\u00fbr : les cuisses tendues de Victor le proclament, et tes l\u00e8vres marqu\u00e9es de sperme s\u00e9ch\u00e9.<\/p>\n<\/blockquote>\n<h3>Po\u00e8me 81 : Go\u00fbt \u00e9trange : \u00e0 Iuventius<\/h3>\n<p><em>Commentaire :<\/em> S&rsquo;adressant \u00e0 nouveau \u00e0 Iuventius, Catulle exprime son incr\u00e9dulit\u00e9 qu&rsquo;il puisse pr\u00e9f\u00e9rer un certain invit\u00e9 \u00ab\u00a0jaun\u00e2tre\u00a0\u00bb de Pesaro \u00e0 Catulle lui-m\u00eame. Il questionne le go\u00fbt et le jugement de Iuventius dans le choix de cet homme.<\/p>\n<blockquote>\n<p>N&rsquo;y a-t-il personne parmi tout ce peuple, Iuventius, aucun homme gentil que tu pourrais commencer \u00e0 aimer, \u00e0 part cet invit\u00e9 \u00e0 toi, plus jaune qu&rsquo;une statue dor\u00e9e, des environs du Pesaro mortel, qui te pla\u00eet maintenant, que tu oses me pr\u00e9f\u00e9rer, et avec qui tu fais on ne sait quoi ?<\/p>\n<\/blockquote>\n<h3>Po\u00e8me 82 : Dette d&rsquo;yeux : \u00e0 Quintius<\/h3>\n<p><em>Commentaire :<\/em> Un po\u00e8me court et intense s&rsquo;adressant \u00e0 Quintius, l&rsquo;avertissant de ne pas voler quelque chose de \u00ab\u00a0plus cher que les yeux\u00a0\u00bb (vraisemblablement Lesbie) s&rsquo;il veut que Catulle l&rsquo;estime beaucoup ou lui doive m\u00eame ses propres yeux. Cela souligne l&rsquo;extr\u00eame importance que Catulle attache \u00e0 son amour.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Quintius, si tu veux que Catulle te doive ses yeux ou quelque chose qui pourrait \u00eatre plus cher que ses yeux, ne lui vole pas ce qui lui est beaucoup plus cher que ses yeux, ou quelque chose de plus cher que ses yeux.<\/p>\n<\/blockquote>\n<h3>Po\u00e8me 83 : Le Mari : \u00e0 Lesbie<\/h3>\n<p><em>Commentaire :<\/em> Catulle observe Lesbie l&rsquo;insultant devant son mari, qui s&rsquo;en r\u00e9jouit sottement. Catulle interpr\u00e8te son comportement comme un signe de sentiments forts persistants, sugg\u00e9rant que si elle \u00e9tait vraiment pass\u00e9e \u00e0 autre chose, elle serait silencieuse. Sa col\u00e8re montre qu&rsquo;elle est toujours \u00ab\u00a0enflamm\u00e9e\u00a0\u00bb.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Lesbie dit de mauvaises choses sur moi au visage de son mari : c&rsquo;est le plus grand plaisir pour cet idiot. Mule, ne vois-tu pas ? Si elle m&rsquo;oubliait et se taisait \u00e0 mon sujet, ce serait juste : maintenant puisqu&rsquo;elle g\u00e9mit et abuse, elle ne se souvient pas seulement, mais quelque chose de plus s\u00e9rieux, elle est en col\u00e8re. C&rsquo;est-\u00e0-dire qu&rsquo;elle est enflamm\u00e9e, alors elle parle.<\/p>\n<\/blockquote>\n<h3>Po\u00e8me 84 : Naturellement : \u00e0 Arrius<\/h3>\n<p><em>Commentaire :<\/em> Un po\u00e8me humoristique se moquant d&rsquo;Arrius pour son affectation \u00e0 ajouter des sons aspir\u00e9s &lsquo;H&rsquo; l\u00e0 o\u00f9 ils n&rsquo;ont pas leur place en latin (par exemple, dire \u00ab\u00a0chonvenient\u00a0\u00bb pour \u00ab\u00a0convenient\u00a0\u00bb). Catulle plaisante en disant que cette habitude linguistique est g\u00e9n\u00e9tique et que son d\u00e9part en Syrie a fourni un r\u00e9pit, mais h\u00e9las, m\u00eame la mer est devenue \u00ab\u00a0&lsquo;H&rsquo;ionienne\u00a0\u00bb sous son influence.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Arrius disait c<em>h<\/em>onvenient quand il voulait dire convenient, et embuscade \u00e9tait <em>h<\/em>embuscade, et croyait avoir parl\u00e9 merveilleusement bien, quand il avait dit <em>h<\/em>embuscade autant qu&rsquo;il le pouvait. Ainsi, je suppose, parlaient librement sa m\u00e8re et son oncle, ainsi son grand-p\u00e8re maternel, sa grand-m\u00e8re. Quand il fut post\u00e9 en Syrie, nos oreilles eurent du repos, elles entendirent les m\u00eames choses dites doucement et facilement, ni ne craignirent d&rsquo;entendre de tels mots \u00e0 l&rsquo;avenir, quand soudain une terrible nouvelle est apport\u00e9e, la Mer Ionienne, depuis qu&rsquo;Arrius y est arriv\u00e9, n&rsquo;est plus Ionienne, mais <em>H<\/em>ionienne.<\/p>\n<\/blockquote>\n<h3>Po\u00e8me 85 : Amour-Haine<\/h3>\n<p><em>Commentaire :<\/em> Le po\u00e8me le plus court et peut-\u00eatre le plus c\u00e9l\u00e8bre de Catulle, une expression concise et puissante d&rsquo;\u00e9motions conflictuelles. Il capture l&rsquo;exp\u00e9rience simultan\u00e9e d&rsquo;un amour intense et d&rsquo;une haine am\u00e8re envers la m\u00eame personne (Lesbie), reconnaissant la douleur sans en comprendre pleinement la cause. Cela r\u00e9sume parfaitement la nature tourment\u00e9e de leur relation. C&rsquo;est sans aucun doute parmi les <a href=\"https:\/\/latrespace.com\/10-best-poems-ever-written\/\">10 meilleurs po\u00e8mes jamais \u00e9crits<\/a> pour sa bri\u00e8vet\u00e9 et sa profondeur \u00e9motionnelle.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Je hais et j&rsquo;aime. Et pourquoi, tu demanderas peut-\u00eatre. Je ne sais pas : mais je ressens, et je suis tourment\u00e9.<\/p>\n<\/blockquote>\n<h3>Po\u00e8me 86 : Vraie Beaut\u00e9 : \u00e0 Lesbie<\/h3>\n<p><em>Commentaire :<\/em> Catulle contraste Quintia, consid\u00e9r\u00e9e comme belle par beaucoup mais manquant de charme (\u00ab\u00a0venustas\u00a0\u00bb), avec sa Lesbie, qui poss\u00e8de non seulement la beaut\u00e9 physique mais aussi cette qualit\u00e9 essentielle de charme. Pour Catulle, la vraie beaut\u00e9 r\u00e9side dans la combinaison de la forme et de la gr\u00e2ce.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Quintia est charmante pour beaucoup. Pour moi, elle est blanche, longue et droite : je reconnais que c&rsquo;est ainsi. Mais je ne suis pas d&rsquo;accord que ce soit de la beaut\u00e9 : il n&rsquo;y a pas de charme, pas une once de bon go\u00fbt dans tout ce long corps. Lesbie est charmante, poss\u00e9dant tout ce qu&rsquo;il y a de plus beau, de plus elle seule a vol\u00e9 tout le charme \u00e0 toutes les autres femmes.<\/p>\n<\/blockquote>\n<h3>Po\u00e8me 87 : Incomparable : \u00e0 Lesbie<\/h3>\n<p><em>Commentaire :<\/em> Catulle d\u00e9clare qu&rsquo;aucune femme n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 aim\u00e9e autant que Lesbie ne l&rsquo;a \u00e9t\u00e9 par lui, et qu&rsquo;aucun lien de fid\u00e9lit\u00e9 n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 aussi fort que le sien envers elle. Ce po\u00e8me refl\u00e8te la nature unique et absolue de l&rsquo;amour qu&rsquo;il a initialement ressenti.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Aucune femme ne peut dire qu&rsquo;elle a \u00e9t\u00e9 autant aim\u00e9e, comme ma Lesbie en v\u00e9rit\u00e9 a \u00e9t\u00e9 aim\u00e9e par moi. Aucune foi en aucun lien ne fut jamais aussi grande, que celle qui a \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9e, de ma part, dans l&rsquo;amour de toi.<\/p>\n<\/blockquote>\n<h3>Po\u00e8me 88 : Inceste dans la famille : \u00e0 Gellius<\/h3>\n<p><em>Commentaire :<\/em> Catulle poursuit ses attaques contre Gellius, se concentrant sur ses pr\u00e9tendues relations incestueuses avec sa m\u00e8re et sa s\u0153ur. Il utilise un langage hyperbolique pour d\u00e9crire l&rsquo;immense p\u00e9ch\u00e9 de ces actes, affirmant que pas m\u00eame les vastes oc\u00e9ans ne pourraient laver une telle culpabilit\u00e9.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;il fait, Gellius, l&rsquo;homme qui s&rsquo;\u00e9bat avec m\u00e8re et s\u0153ur, debout toute la nuit, sans v\u00eatements ? Qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;il fait, lui qui ne laisse pas son oncle jouer le r\u00f4le de mari ? Sais-tu combien de p\u00e9ch\u00e9s un homme peut encourir ? \u00d4 Gellius, il en encourt tellement que la lointaine T\u00e9thys ne peut les laver, ni l&rsquo;Oc\u00e9an, p\u00e8re des Nymphes : car il n&rsquo;y a aucun p\u00e9ch\u00e9 qui existe au-del\u00e0 de celui-l\u00e0, pas m\u00eame s&rsquo;il penchait la t\u00eate, et s&rsquo;avalait lui-m\u00eame.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/latrespace.com\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/interiorcatullus88.webp\" alt=\"Peinture d&#039;une figure mythologique\" width=\"459\" height=\"600\" \/><em class=\"cap-ai\">Peinture d&#039;une figure mythologique<\/em><\/p>\n<h3>Po\u00e8me 89 : Maigreur : \u00e0 Gellius<\/h3>\n<p><em>Commentaire :<\/em> Catulle attribue la maigreur de Gellius \u00e0 ses activit\u00e9s sexuelles continues au sein de sa famille (m\u00e8re, s\u0153ur, cousins via l&rsquo;oncle), sugg\u00e9rant que son manque de nourriture est une cons\u00e9quence de son comportement incestueux. C&rsquo;est un autre exemple de l&rsquo;utilisation par Catulle de la description physique pour la condamnation morale.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Gellius est maigre : pourquoi ne le serait-il pas ? Lui dont la m\u00e8re jouit de la vie, si gentille et si saine, et une s\u0153ur si charmante, et un oncle si gentil, et partout rempli de filles apparent\u00e9es, pourquoi devrait-il cesser d&rsquo;\u00eatre maigre ? M\u00eame s&rsquo;il ne touchait rien, que ce qu&rsquo;il est ill\u00e9gal de toucher, tu trouverais n&rsquo;importe quel nombre de raisons pour lesquelles il serait maigre.<\/p>\n<\/blockquote>\n<h3>Po\u00e8me 90 : Trop ! : \u00e0 Gellius<\/h3>\n<p><em>Commentaire :<\/em> Un po\u00e8me bref et satirique poursuivant le th\u00e8me de l&rsquo;inceste de Gellius. Catulle incorpore une croyance religieuse perse (peut-\u00eatre fabriqu\u00e9e) selon laquelle un Mage (un pr\u00eatre) devrait na\u00eetre d&rsquo;un inceste m\u00e8re-fils. Il sugg\u00e8re que Gellius et sa m\u00e8re pourraient produire une telle figure, utilisant l&rsquo;id\u00e9e pour se moquer davantage de leur p\u00e9ch\u00e9.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Qu&rsquo;un Mage naisse de l&rsquo;union coupable de Gellius et de sa m\u00e8re, et qu&rsquo;il apprenne la divination perse : car un Mage doit na\u00eetre d&rsquo;une m\u00e8re et d&rsquo;un fils, si la religion impie des Perses est vraie, ainsi par des chants acceptables il adorera agr\u00e9ablement les dieux, faisant fondre les entrailles dans la flamme graisseuse.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/latrespace.com\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/interiorcatullus90.webp\" alt=\"Peinture d&#039;une sc\u00e8ne biblique\" width=\"600\" height=\"458\" \/><em class=\"cap-ai\">Peinture d&#039;une sc\u00e8ne biblique<\/em><\/p>\n<h3>Po\u00e8me 91 : Mon Erreur : \u00e0 Gellius<\/h3>\n<p><em>Commentaire :<\/em> Catulle s&rsquo;adresse \u00e0 Gellius, expliquant qu&rsquo;il a eu tort de lui faire confiance avec son \u00ab\u00a0amour d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9 et ruineux\u00a0\u00bb (pour Lesbie). Il n&rsquo;a pas fait confiance \u00e0 Gellius parce qu&rsquo;il le pensait fid\u00e8le ou vertueux, mais simplement parce que Lesbie n&rsquo;\u00e9tait pas la m\u00e8re ou la s\u0153ur de Gellius. Cependant, il r\u00e9alise que Gellius jouit de tout p\u00e9ch\u00e9, et leur amiti\u00e9 n&rsquo;\u00e9tait pas suffisante pour le retenir.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Ce n&rsquo;est pas parce que je te connaissais bien ou que je te croyais fid\u00e8le, Gellius, ou que je pensais que tu pouvais garder ton esprit du p\u00e9ch\u00e9 vil, que je m&rsquo;attendais \u00e0 ce que tu me sois fid\u00e8le dans cet amour d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9 et ruineux qui est le mien : mais parce que j&rsquo;\u00e9tais conscient que celle, pour qui un vaste d\u00e9sir me consume, n&rsquo;\u00e9tait ni ta m\u00e8re ni ta s\u0153ur. Et bien que <em>moi<\/em> je fusse \u00e9troitement li\u00e9 \u00e0 toi par l&rsquo;amiti\u00e9, je ne pensais pas que ce f\u00fbt une excuse suffisante pour toi. Tu l&rsquo;as consid\u00e9r\u00e9e comme suffisante : il y a tant de plaisir pour toi dans chaque jeu, dans lequel il y a quelque p\u00e9ch\u00e9.<\/p>\n<\/blockquote>\n<h3>Po\u00e8me 92 : Signe d&rsquo;amour : \u00e0 Lesbie<\/h3>\n<p><em>Commentaire :<\/em> Un po\u00e8me court et paradoxal sugg\u00e9rant que les critiques et les insultes constantes de Lesbie envers Catulle sont en r\u00e9alit\u00e9 des signes qu&rsquo;elle l&rsquo;aime toujours. Il \u00e9tablit un parall\u00e8le avec son propre comportement, o\u00f9 ses plaintes fr\u00e9quentes d\u00e9montrent son amour continu pour elle.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Lesbie dit toujours du mal de moi, ne se tait jamais \u00e0 mon sujet : que je sois damn\u00e9 si elle ne m&rsquo;aime pas. Quel est le signe ? Car c&rsquo;est la m\u00eame chose pour moi : je me plains continuellement, mais que je sois damn\u00e9 si je ne l&rsquo;aime pas.<\/p>\n<\/blockquote>\n<h3>Po\u00e8me 93 : Indiff\u00e9rence : \u00e0 Gaius Julius C\u00e9sar<\/h3>\n<p><em>Commentaire :<\/em> Un po\u00e8me c\u00e9l\u00e8brement concis et d\u00e9daigneux adress\u00e9 \u00e0 Jules C\u00e9sar. Catulle d\u00e9clare son manque d&rsquo;int\u00e9r\u00eat total \u00e0 plaire \u00e0 C\u00e9sar ou m\u00eame \u00e0 savoir quoi que ce soit de lui (\u00ab\u00a0noir ou blanc\u00a0\u00bb). C&rsquo;est une d\u00e9claration audacieuse d&rsquo;ind\u00e9pendance po\u00e9tique face au pouvoir politique.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Je n&rsquo;ai aucune grande inclination \u00e0 vouloir te plaire, C\u00e9sar, ni \u00e0 savoir lequel des deux tu es, noir ou blanc.<\/p>\n<\/blockquote>\n<h3>Po\u00e8me 94 : Naturellement : \u00e0 Mentula<\/h3>\n<p><em>Commentaire :<\/em> Un \u00e9pigramme tr\u00e8s court et grossier associant \u00ab\u00a0Mentula\u00a0\u00bb (Mamurra) \u00e0 la promiscuit\u00e9 sexuelle, d\u00e9clarant que c&rsquo;est simplement sa nature. Le proverbe \u00ab\u00a0la marmite choisit ses propres herbes\u00a0\u00bb implique qu&rsquo;il gravite naturellement vers le vice.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Mentula la Bite fornique. Est-ce qu&rsquo;une Bite baise ? S\u00fbrement. C&rsquo;est ce qu&rsquo;on dit : la marmite choisit ses propres herbes.<\/p>\n<\/blockquote>\n<h3>Po\u00e8me 95 : Smyrna : \u00e0 Gaius Helvius Cinna<\/h3>\n<p><em>Commentaire :<\/em> Catulle loue le long et savant po\u00e8me \u00ab\u00a0Smyrna\u00a0\u00bb de son ami Cinna, notant le grand effort (neuf ans) qui y a \u00e9t\u00e9 consacr\u00e9. Il le contraste avec la po\u00e9sie prolifique mais terrible de Volusius, dont l&rsquo;\u0153uvre ne convient qu&rsquo;\u00e0 emballer du poisson. Cela renforce la valeur des \u00ab\u00a0nouveaux po\u00e8tes\u00a0\u00bb pour la qualit\u00e9 et le poli plut\u00f4t que la quantit\u00e9.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Le <em>Smyrna<\/em> de mon Cinna est enfin publi\u00e9, neuf \u00e9t\u00e9s et hivers apr\u00e8s qu&rsquo;il fut commenc\u00e9, tandis que d&rsquo;Hatria il y a un demi-million de vers par an <strong>&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;..**<\/strong>&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;..**<em>Smyrna<\/em>, atteignant les profonds courants du Satrachus cypriote, les si\u00e8cles aux cheveux blancs liront longtemps <em>Smyrna<\/em>. Mais les annales Volusiennes seront mort-n\u00e9es \u00e0 Padoue, et fourniront souvent un emballage mou pour les maquereaux. Que le petit monument de mon ami me soit cher, et que les masses se d\u00e9lectent de l&rsquo;Antimachus gonfl\u00e9.<\/p>\n<\/blockquote>\n<h3>Po\u00e8me 96 : Au-del\u00e0 de la tombe : \u00e0 Gaius Licinius Calvus<\/h3>\n<p><em>Commentaire :<\/em> Adress\u00e9 \u00e0 son ami Calvus sur la mort de l&rsquo;\u00e9pouse de Calvus, Quintilia. Catulle sugg\u00e8re que si le chagrin peut atteindre les morts, le chagrin de Quintilia pour sa mort pr\u00e9matur\u00e9e pourrait \u00eatre att\u00e9nu\u00e9 par la connaissance de l&rsquo;amour et du deuil de Calvus pour elle. C&rsquo;est un po\u00e8me tendre de consolation.<\/p>\n<blockquote>\n<p>S&rsquo;il est quelque chose de notre chagrin qui puisse atteindre au-del\u00e0 de la tombe muette, Calvus, et \u00eatre agr\u00e9able et bienvenu, chagrin par lequel, dans le d\u00e9sir, nous faisons revivre nos amours perdues, et pleurons les amiti\u00e9s disparues autrefois connues, s\u00fbrement Quintilia n&rsquo;est pas tant triste de sa mort pr\u00e9coce, que joyeuse de ton amour.<\/p>\n<\/blockquote>\n<h3>Po\u00e8me 97 : D\u00e9go\u00fbtant : \u00e0 Aemilius<\/h3>\n<p><em>Commentaire :<\/em> Une attaque tr\u00e8s offensante et graphique contre Aemilius, d\u00e9crivant sa bouche immonde et sugg\u00e9rant que son anus est plus propre. Catulle utilise des images r\u00e9pugnantes (dents longues, gencives malades, m\u00e2choires b\u00e9antes) pour exprimer son d\u00e9go\u00fbt et se demander comment une femme pourrait \u00eatre impliqu\u00e9e avec lui.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Je n&rsquo;ai pas (que les dieux m&rsquo;aiment) pens\u00e9 que cela importait, que je sente la bouche ou le cul d&rsquo;Aemilius. L&rsquo;un n&rsquo;est pas plus propre, l&rsquo;autre n&rsquo;est pas plus sale, en fait son cul est \u00e0 la fois plus propre et plus agr\u00e9able : car il n&rsquo;y a pas de dents. En effet, l&rsquo;autre a des dents d&rsquo;un pied de long, des gencives comme une vieille charrette, et des m\u00e2choires qui b\u00e2illent habituellement comme la chatte ouverte d&rsquo;une mule qui pisse en chaleur. Il baise beaucoup de femmes, et se fait passer pour charmant, et n&rsquo;est pas mis au moulin avec l&rsquo;\u00e2ne ? Ne devrions-nous pas penser, de toute fille qui le touche, qu&rsquo;elle est capable de l\u00e9cher le cul d&rsquo;un bourreau r\u00e9pugnant ?<\/p>\n<\/blockquote>\n<h3>Po\u00e8me 98 : Bien arm\u00e9 : \u00e0 Victius<\/h3>\n<p><em>Commentaire :<\/em> Une autre invective grossi\u00e8re, cette fois dirig\u00e9e contre Victius, que Catulle appelle \u00ab\u00a0Puanteur\u00a0\u00bb. Il sugg\u00e8re que la langue de Victius est si immonde qu&rsquo;elle pourrait servir \u00e0 l\u00e9cher des choses sales, et que le simple fait d&rsquo;ouvrir la bouche suffit \u00e0 d\u00e9truire quiconque.<\/p>\n<blockquote>\n<p>\u00c0 ton sujet, si quelqu&rsquo;un, Puanteur Victius, peut \u00eatre dit ce qu&rsquo;on dit des verbeux et des fatuits. Avec cette langue, si le besoin s&rsquo;en faisait sentir, tu pourrais l\u00e9cher des culs, et des sandales \u00e0 semelle de cuir. Si tu veux nous d\u00e9truire compl\u00e8tement, Victius, b\u00e2ille devant nous : ce que tu d\u00e9sires, tu l&rsquo;atteindras enti\u00e8rement.<\/p>\n<\/blockquote>\n<h3>Po\u00e8me 99 : Baisers vol\u00e9s : \u00e0 Iuventius<\/h3>\n<p><em>Commentaire :<\/em> Catulle raconte avoir vol\u00e9 un baiser \u00e0 Iuventius, le d\u00e9crivant comme initialement doux mais lui apportant finalement douleur et punition en raison de la r\u00e9action en col\u00e8re d&rsquo;Iuventius. La r\u00e9ponse d\u00e9go\u00fbt\u00e9e de Iuventius (se rincer les l\u00e8vres) rend la douceur am\u00e8re, enseignant \u00e0 Catulle une le\u00e7on sur l&rsquo;affection non d\u00e9sir\u00e9e.<\/p>\n<blockquote>\n<p>J&rsquo;ai vol\u00e9 un doux baiser pendant que tu jouais, doux Iuventius, un plus doux que la plus douce ambroisie. Pas pris impun\u00e9ment : car plus d&rsquo;une heure je me souviens, j&rsquo;ai pendu en haut de la potence, tandis que je me justifiais aupr\u00e8s de toi, et pourtant avec mes larmes je n&rsquo;ai pu diminuer ta col\u00e8re d&rsquo;un minuscule morceau. \u00c0 peine fut-ce fait, qu&rsquo;ayant rinc\u00e9 tes l\u00e8vres avec beaucoup d&rsquo;eau, tu l&rsquo;as chass\u00e9 avec tes doigts, afin que rien contract\u00e9 de mes l\u00e8vres ne puisse rester, comme s&rsquo;il s&rsquo;agissait de la salive immonde d&rsquo;une putain souill\u00e9e. Plus encore, tu m&rsquo;as remis tristement \u00e0 un amour vicieux qui n&rsquo;a pas manqu\u00e9 de me tourmenter de toutes les mani\u00e8res, de sorte que ce doux baiser, alt\u00e9r\u00e9 pour moi de l&rsquo;ambroisie, fut plus amer que l&rsquo;ell\u00e9bore amer alors. Puisque tu infliges de telles punitions \u00e0 l&rsquo;amour malheureux, maintenant, apr\u00e8s cela, je ne volerai plus jamais de baisers.<\/p>\n<\/blockquote>\n<h3>Po\u00e8me 100 : Un Choix : \u00e0 Marcus Caelius<\/h3>\n<p><em>Commentaire :<\/em> Catulle s&rsquo;adresse \u00e0 Caelius (vraisemblablement le m\u00eame ami du po\u00e8me 58) et discute de deux couples \u00e0 V\u00e9rone : Caelius avec Aufilenus, et Quintius avec Aufilena (la s\u0153ur d&rsquo;Aufilenus). Les deux fr\u00e8res sont impliqu\u00e9s avec la s\u0153ur de l&rsquo;autre paire. Catulle favorise Caelius parce qu&rsquo;il \u00e9tait un ami pendant ses luttes passionn\u00e9es, lui souhaitant du succ\u00e8s dans l&rsquo;amour avec Aufilenus.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Caelius avec Aufilenus, et Quintius avec Aufilena, tous deux follement amoureux du fr\u00e8re, de la s\u0153ur, la fleur de la jeunesse v\u00e9ronaise. Cela, comme on dit, est vraiment doux, cette camaraderie de fr\u00e8res. Qui favoriserai-je davantage ? Toi, Caelius, puisque ton amiti\u00e9, seule, m&rsquo;a accompagn\u00e9 dans ma passion, quand les flammes furieuses me br\u00fblaient jusqu&rsquo;\u00e0 la moelle. Sois heureux, Caelius, sois heureux en amour.<\/p>\n<\/blockquote>\n<h3>Po\u00e8me 101 : Ave Atque Vale : Une Offrande aux morts<\/h3>\n<p><em>Commentaire :<\/em> Une \u00e9l\u00e9gie profond\u00e9ment \u00e9mouvante et c\u00e9l\u00e8bre pour son fr\u00e8re d\u00e9c\u00e9d\u00e9. Catulle d\u00e9crit son voyage sur une grande distance pour assister aux rites fun\u00e9raires et offrir des offrandes traditionnelles aux cendres silencieuses. Il exprime son amour et son chagrin durables, concluant par la phrase de v\u0153u poignante, \u00ab\u00a0Ave atque vale\u00a0\u00bb (Salut et Adieu).<\/p>\n<blockquote>\n<p>Port\u00e9 sur de nombreuses mers, et \u00e0 travers de nombreuses nations, fr\u00e8re, je viens \u00e0 ces tristes rites fun\u00e9raires, pour t&rsquo;accorder les derniers pr\u00e9sents aux morts, et parler en vain \u00e0 tes cendres muettes. Voyant que le destin m&rsquo;a vol\u00e9 toi-m\u00eame. Ah h\u00e9las, mon fr\u00e8re, honteusement enlev\u00e9, pourtant, selon l&rsquo;ancienne coutume de nos parents, re\u00e7ois ces tristes pr\u00e9sents, offrandes aux morts, profond\u00e9ment tremp\u00e9es des larmes d&rsquo;un fr\u00e8re, et pour l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9, fr\u00e8re : \u00ab\u00a0Salut et Adieu !\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<h3>Po\u00e8me 102 : Secret : \u00e0 Cornelius<\/h3>\n<p><em>Commentaire :<\/em> Un po\u00e8me bref assurant son ami Cornelius de sa discr\u00e9tion et de sa fiabilit\u00e9 absolues. Catulle se compare \u00e0 Harpocrate, le dieu du silence, soulignant que toute confidence partag\u00e9e avec lui est enti\u00e8rement s\u00fbre.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Si jamais quelque chose a \u00e9t\u00e9 confi\u00e9 par un ami \u00e0 un confident silencieux et s\u00fbr, dont la loyaut\u00e9 d&rsquo;esprit est profond\u00e9ment connue, tu trouveras que je suis \u00e9galement li\u00e9 par ce rite sacr\u00e9, Cornelius, et transform\u00e9 en un pur Harpocrate.<\/p>\n<\/blockquote>\n<h3>Po\u00e8me 103 : Choisis : \u00e0 Silo<\/h3>\n<p><em>Commentaire :<\/em> Catulle s&rsquo;adresse \u00e0 Silo, lui r\u00e9clamant le retour de dix sesterces. Il donne \u00e0 Silo un choix : rendre l&rsquo;argent et \u00eatre aussi sauvage qu&rsquo;il le souhaite, ou garder l&rsquo;argent mais cesser d&rsquo;\u00eatre un prox\u00e9n\u00e8te et mettre fin \u00e0 son comportement indisciplin\u00e9.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Silo, s&rsquo;il te pla\u00eet, rends les dix sesterces, et alors sois aussi sauvage et indisciplin\u00e9 que tu le souhaites : ou, si tu aimes l&rsquo;argent, s&rsquo;il te pla\u00eet, cesse d&rsquo;\u00eatre un prox\u00e9n\u00e8te, et sauvage et indisciplin\u00e9 aussi.<\/p>\n<\/blockquote>\n<h3>Po\u00e8me 104 : Monstrueux<\/h3>\n<p><em>Commentaire :<\/em> Un court po\u00e8me r\u00e9futant l&rsquo;id\u00e9e qu&rsquo;il puisse dire du mal de Lesbie (\u00ab\u00a0ma propre vie\u00a0\u00bb), qu&rsquo;il aime intens\u00e9ment. Il se tourne ensuite pour s&rsquo;adresser \u00e0 quelqu&rsquo;un d&rsquo;autre (\u00ab\u00a0toi, avec Tappo\u00a0\u00bb) dont il dit qu&rsquo;il fait \u00ab\u00a0tout ce qui est monstrueux\u00a0\u00bb, contrastant implicitement leur comportement avec sa propre d\u00e9votion in\u00e9branlable (bien que douloureuse).<\/p>\n<blockquote>\n<p>Penses-tu que je pourrais dire du mal de ma propre vie, elle qui m&rsquo;est plus ch\u00e8re que mes deux yeux ? Je ne le pourrais pas, ni, si je le pouvais, je n&rsquo;aimerais si d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment : mais toi, avec Tappo, tu fais tout ce qui est monstrueux.<\/p>\n<\/blockquote>\n<h3>Po\u00e8me 105 : Pas Po\u00e8te : \u00e0 Mentula<\/h3>\n<p><em>Commentaire :<\/em> Un \u00e9pigramme bref et d\u00e9daigneux d\u00e9peignant Mamurra (\u00ab\u00a0Mentula\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0Bite\u00a0\u00bb) tentant d&rsquo;atteindre le sommet du Parnasse (la montagne des Muses, symbolisant l&rsquo;aspiration po\u00e9tique) seulement pour \u00eatre violemment \u00e9ject\u00e9 par les Muses elles-m\u00eames. C&rsquo;est une d\u00e9claration m\u00e9taphorique selon laquelle Mamurra n&rsquo;a pas sa place dans la vraie po\u00e9sie.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Mentula la Bite essaie de gravir le Mont Parnasse : les Muses avec des fourches le jettent dehors, t\u00eate la premi\u00e8re.<\/p>\n<\/blockquote>\n<h3>Po\u00e8me 106 : C&rsquo;est \u00e9vident<\/h3>\n<p><em>Commentaire :<\/em> Une courte observation cynique sur un commissaire-priseur vu avec un beau gar\u00e7on. Catulle sugg\u00e8re que le commissaire-priseur fait simplement sa propre publicit\u00e9 ou celle de ses services (comme prox\u00e9n\u00e8te) en s&rsquo;associant au gar\u00e7on.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Quand tu vois quelqu&rsquo;un qui est un commissaire-priseur avec un joli gar\u00e7on, que penser, sinon qu&rsquo;il veut se faire de la publicit\u00e9 ?<\/p>\n<\/blockquote>\n<h3>Po\u00e8me 107 : De Retour : \u00e0 Lesbie<\/h3>\n<p><em>Commentaire :<\/em> Un po\u00e8me exprimant une immense joie et un soulagement face au retour ou au possible retour de Lesbie aupr\u00e8s de lui. Catulle d\u00e9crit le bonheur inattendu comme le plus grand d\u00e9lice et c\u00e9l\u00e8bre le jour o\u00f9 elle revient comme le plus lumineux des jours. Il montre un moment d&rsquo;espoir renouvel\u00e9 dans leur relation tourment\u00e9e.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Si quelque chose arrive \u00e0 celui qui le d\u00e9sire, et le souhaite, et ne l&rsquo;attend jamais, c&rsquo;est un d\u00e9lice sp\u00e9cial pour l&rsquo;esprit. De m\u00eame, c&rsquo;est un d\u00e9lice, plus cher que l&rsquo;or, pour moi, que tu reviennes \u00e0 moi, Lesbie, dans mon d\u00e9sir ardent. reviens, d\u00e9sir\u00e9e et inesp\u00e9r\u00e9e, rends-toi \u00e0 moi. \u00d4 jour marqu\u00e9 d&rsquo;une plus grande clart\u00e9 ! Qui existe plus heureux que moi, ou peut dire qu&rsquo;il souhaite une vie plus grande que celle-ci ?<\/p>\n<\/blockquote>\n<h3>Po\u00e8me 108 : Cher Cominius<\/h3>\n<p><em>Commentaire :<\/em> Un v\u0153u brutal pour la mort et le d\u00e9membrement de Cominius, une figure politique que Catulle m\u00e9prise clairement. Il imagine des vautours, des corbeaux, des chiens et des loups d\u00e9vorant les parties du corps de Cominius, en particulier sa langue (consid\u00e9r\u00e9e comme un instrument de nuisance).<\/p>\n<blockquote>\n<p>Si ta vieillesse aux cheveux blancs, souill\u00e9e par tes mani\u00e8res impures, prend fin par la volont\u00e9 du peuple, Cominius, je n&rsquo;ai aucun doute, pour ma part, que ta langue, d&rsquo;abord, l&rsquo;ennemie du bien, sera coup\u00e9e, et donn\u00e9e \u00e0 des vautours avides, tes yeux arrach\u00e9s, aval\u00e9s par des corbeaux \u00e0 gorge noire, tes intestins par des chiens, le reste de ton corps par des loups.<\/p>\n<\/blockquote>\n<h3>Po\u00e8me 109 : Une Pri\u00e8re : \u00e0 <a href=\"CatullusindexD-M.php#Lesbia\">Lesbie<\/a><\/h3>\n<p><em>Commentaire :<\/em> Un po\u00e8me plein d&rsquo;espoir rapportant la d\u00e9claration de Lesbie selon laquelle leur amour sera \u00e9ternel. Catulle prie les dieux pour qu&rsquo;elle soit sinc\u00e8re et v\u00e9ridique, souhaitant que leur lien d&rsquo;amiti\u00e9 et d&rsquo;amour dure toute leur vie. C&rsquo;est un moment touchant de foi au milieu du cycle souvent turbulent.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Tu d\u00e9clares que cet amour qui est le n\u00f4tre sera heureux, <em>mea vita<\/em>, et \u00e9ternel entre nous. Grands dieux, qu&rsquo;il soit vrai qu&rsquo;elle promet sinc\u00e8rement, et le dit sinc\u00e8rement, et du fond du c\u0153ur, afin que nous puissions \u00e9tendre, tout au long de notre vie, ce lien sans fin d&rsquo;amiti\u00e9 sacr\u00e9e.<\/p>\n<\/blockquote>\n<h3>Po\u00e8me 110 : Pas de Triche : \u00e0 Aufilena<\/h3>\n<p><em>Commentaire :<\/em> Catulle s&rsquo;adresse \u00e0 Aufilena, discutant du comportement attendu d&rsquo;une ma\u00eetresse ou d&rsquo;une prostitu\u00e9e. Il contraste une ma\u00eetresse \u00ab\u00a0juste\u00a0\u00bb qui accepte son paiement avec Aufilena, qui a apparemment rompu ses promesses et ne fait que prendre, ce qu&rsquo;il trouve pire qu&rsquo;une prostitu\u00e9e ordinaire.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Aufilena, les ma\u00eetresses justes sont toujours lou\u00e9es : elles acceptent leur r\u00e9compense, pour ce qu&rsquo;elles acceptent. Toi, qui as promis, hostile malhonn\u00eatement, \u00e0 moi, qui ne donne pas mais ne fait que prendre, tu agis mal. Mener cela \u00e0 bien serait bien, Aufilena, ne pas promettre est chaste : mais arracher ce qui est donn\u00e9 dans un service frauduleux, est pire que la putain la plus avide qui s&rsquo;offre de tout son corps.<\/p>\n<\/blockquote>\n<h3>Po\u00e8me 111 : Pr\u00e9f\u00e9rable : \u00e0 Aufilena<\/h3>\n<p><em>Commentaire :<\/em> Un autre po\u00e8me s&rsquo;adressant \u00e0 Aufilena, celui-ci comparant son comportement \u00e0 celui d&rsquo;une mari\u00e9e. Il d\u00e9clare que la gloire d&rsquo;une mari\u00e9e est la fid\u00e9lit\u00e9 \u00e0 un seul homme, mais il est pr\u00e9f\u00e9rable pour Aufilena de coucher avec qui elle veut plut\u00f4t que d&rsquo;avoir des enfants avec son oncle (\u00ab\u00a0m\u00e8re de ses cousins par son oncle\u00a0\u00bb), faisant allusion \u00e0 un inceste potentiel dans sa famille.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Vivre contente d&rsquo;un seul homme, Aufilena, est la gloire des plus hautes gloires pour une mari\u00e9e : mais il vaut mieux coucher avec qui elle veut, que d&rsquo;\u00eatre m\u00e8re de ses cousins par son oncle.<\/p>\n<\/blockquote>\n<h3>Po\u00e8me 112 : \u00c0 Naso<\/h3>\n<p><em>Commentaire :<\/em> Un \u00e9pigramme tr\u00e8s bref et percutant qualifiant Naso de \u00ab\u00a0beaucoup d&rsquo;homme\u00a0\u00bb par sa taille, mais aussi de \u00ab\u00a0pathique\u00a0\u00bb (recevant une attention sexuelle masculine), sugg\u00e9rant un contraste ou peut-\u00eatre un double sens li\u00e9 \u00e0 sa taille et \u00e0 son r\u00f4le sexuel.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Tu es beaucoup d&rsquo;homme, Naso, mais beaucoup d&rsquo;hommes ne se rabaisseraient pas \u00e0 toi : Naso, beaucoup d&rsquo;homme et un pathique.<\/p>\n<\/blockquote>\n<h3>Po\u00e8me 113 : Fructueux : \u00e0 Gaius Helvius Cinna<\/h3>\n<p><em>Commentaire :<\/em> S&rsquo;adressant \u00e0 Cinna, Catulle observe l&rsquo;adult\u00e8re rampant impliquant une femme nomm\u00e9e Maecilia. Il note que lors du premier consulat de Pomp\u00e9e, seuls deux hommes \u00e9taient impliqu\u00e9s avec elle, mais lors de son deuxi\u00e8me consulat, ce nombre a \u00e9t\u00e9 multipli\u00e9 par mille, qualifiant sarcastiquement cela de \u00ab\u00a0semence fructueuse de l&rsquo;adult\u00e8re\u00a0\u00bb.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Lors du premier Consulat de Pomp\u00e9e, deux hommes fr\u00e9quentaient Maecilia, Cinna : maintenant qu&rsquo;il est \u00e0 nouveau Consul, ces deux-l\u00e0 restent, mais chacun a augment\u00e9 de mille. La semence fructueuse de l&rsquo;adult\u00e8re.<\/p>\n<\/blockquote>\n<h3>Po\u00e8me 114 : Mirage : \u00e0 Mentula<\/h3>\n<p><em>Commentaire :<\/em> Catulle se moque de Mamurra (\u00ab\u00a0Mentula\u00a0\u00bb) pour ses vastes propri\u00e9t\u00e9s fonci\u00e8res pr\u00e8s de Firmum, cens\u00e9es \u00eatre riches en ressources. Cependant, Catulle affirme que les d\u00e9penses de Mamurra d\u00e9passent ses revenus, faisant de sa richesse une illusion. Il est riche en possessions mais manque de r\u00e9alit\u00e9.<\/p>\n<blockquote>\n<p>On dit, sans mentir, que Mentula la Bite est riche des p\u00e2turages de Firmum, pleins de bonnes choses, de toutes sortes de gibier \u00e0 plumes, de poissons, de prairies, de champs et de gibier. En vain : ses revenus sont d\u00e9pass\u00e9s par ses co\u00fbts. Ainsi, je conc\u00e8de qu&rsquo;il est riche, alors que tout lui manque. louons les p\u00e2turages, tant qu&rsquo;il est dans le besoin.<\/p>\n<\/blockquote>\n<h3>Po\u00e8me 115 : Menace : \u00e0 Mentula<\/h3>\n<p><em>Commentaire :<\/em> Une autre attaque contre la richesse et les propri\u00e9t\u00e9s fonci\u00e8res exag\u00e9r\u00e9es de Mamurra. Catulle \u00e9num\u00e8re les diverses parties de son domaine mais conclut que Mamurra lui-m\u00eame est le \u00ab\u00a0plus grand de tous\u00a0\u00bb, non pas en tant qu&rsquo;homme, mais en tant que \u00ab\u00a0grande Bite saillante\u00a0\u00bb, utilisant son surnom pour une derni\u00e8re insulte grossi\u00e8re li\u00e9e \u00e0 sa pr\u00e9tendue prouesse sexuelle ou \u00e0 son apparence physique.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Mentula a trente acres de prairies, quarante de champs : le reste est un marais. Pourquoi ne d\u00e9passerait-il pas Cr\u00e9sus en richesses, lui qui poss\u00e8de tant de biens, en terre, prairies, champs, vastes bois et p\u00e2turages, et \u00e9tangs aussi loin que les Hyperbor\u00e9ens, et les mers de l&rsquo;Oc\u00e9an ? Tout cela est grand, mais il est le plus grand de tous, pas un homme, mais, en v\u00e9rit\u00e9, une grande Bite saillante.<\/p>\n<\/blockquote>\n<h3>Po\u00e8me 116 : Le Dernier mot : \u00e0 Gellius<\/h3>\n<p><em>Commentaire :<\/em> Catulle s&rsquo;adresse \u00e0 Gellius pour la derni\u00e8re fois dans la collection. Il explique qu&rsquo;il a envisag\u00e9 de lui envoyer les po\u00e8mes de Callimaque dans l&rsquo;espoir de l&rsquo;adoucir, mais r\u00e9alise maintenant que c&rsquo;\u00e9tait inutile \u00e9tant donn\u00e9 la nature hostile de Gellius. Catulle conclut en d\u00e9clarant qu&rsquo;il \u00e9vitera les attaques de Gellius mais promet que Gellius sera puni et immortalis\u00e9 n\u00e9gativement dans ses propres vers.<\/p>\n<blockquote>\n<p>J&rsquo;ai souvent cherch\u00e9, mon esprit occup\u00e9 cherchant, comment je pourrais t&rsquo;envoyer les po\u00e8mes de Callimaque, pour qu&rsquo;ils t&rsquo;adoucissent envers moi, pour que tu n&rsquo;essaies pas de lancer tes traits hostiles sur ma t\u00eate, maintenant je vois que je me suis fatigu\u00e9 en vain, Gellius, mes bonnes intentions \u00e9taient sans valeur. J&rsquo;\u00e9viterai les traits que tu me tires, mais tu seras puni, fix\u00e9 pour toujours par les miens. <em>Note : Les fragments I-III ne sont pas traduits et sont consid\u00e9r\u00e9s comme faux.<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<h2>La Voix durable de Catulle<\/h2>\n<p>Explorer Catulle \u00e0 travers les <strong>traductions des po\u00e8mes de Catulle<\/strong> nous permet de nous connecter \u00e0 une voix de l&rsquo;Antiquit\u00e9 qui semble \u00e9tonnamment moderne. Sa volont\u00e9 de plonger dans les m\u00e9andres des relations humaines, de l&rsquo;amour passionn\u00e9 et du chagrin profond aux rivalit\u00e9s mesquines et \u00e0 la critique sociale cinglante, le distingue de beaucoup de ses contemporains.<\/p>\n<p>Son impact sur les po\u00e8tes ult\u00e9rieurs, romains et d&rsquo;ailleurs, est ind\u00e9niable. Des po\u00e8tes \u00e9l\u00e9giaques comme Properce et Tibulle aux \u00e9crivains de la Renaissance et aux paroliers modernes, le style personnel, intense et souvent transgressif de Catulle a inspir\u00e9 d&rsquo;innombrables artistes. Les traductions comme celle pr\u00e9sent\u00e9e ici sont essentielles pour maintenir cette voix puissante vivante et accessible, d\u00e9montrant que si les langues changent, le c\u0153ur de l&rsquo;\u00e9motion et de l&rsquo;exp\u00e9rience humaine, si vivement captur\u00e9 par Catulle, reste \u00e9ternel.<\/p>\n<h2>R\u00e9f\u00e9rences<\/h2>\n<p>Traductions par A. S. Kline \u00a9 Copyright 2001 Tous droits r\u00e9serv\u00e9s, de Poetry in Translation (www.poetryintranslation.com).<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Gaius Valer\u00e8re Catullus, un po\u00e8te romain \u00e9crivant \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque tumultueuse de la fin de la R\u00e9publique, a laiss\u00e9 derri\u00e8re lui &#8230; <a title=\"Catulle : explorer ses po\u00e8mes et l&rsquo;art de la traduction\" class=\"read-more\" href=\"https:\/\/latrespace.com\/fr\/catulle-explorer-ses-poemes-et-lart-de-la-traduction\/\" aria-label=\"Read more about Catulle : explorer ses po\u00e8mes et l&rsquo;art de la traduction\"> <\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":9072,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[59],"tags":[],"class_list":["post-13277","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-poemes","generate-columns","tablet-grid-50","mobile-grid-100","grid-parent","grid-25"],"lang":"fr","translations":{"fr":13277,"en":9071,"es":13483,"de":13803},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/latrespace.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/13277","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/latrespace.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/latrespace.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/latrespace.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/latrespace.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=13277"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/latrespace.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/13277\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/latrespace.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/9072"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/latrespace.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=13277"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/latrespace.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=13277"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/latrespace.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=13277"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}