{"id":13545,"date":"2025-05-25T12:36:12","date_gmt":"2025-05-25T12:36:12","guid":{"rendered":"https:\/\/latrespace.com\/meilleurs-romans-2010-2019-au-dela-du-top-10\/"},"modified":"2025-05-25T12:36:12","modified_gmt":"2025-05-25T12:36:12","slug":"meilleurs-romans-2010-2019-au-dela-du-top-10","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/latrespace.com\/fr\/meilleurs-romans-2010-2019-au-dela-du-top-10\/","title":{"rendered":"Meilleurs Romans 2010-2019 : Au-del\u00e0 du Top 10"},"content":{"rendered":"<p>La fin d&rsquo;une d\u00e9cennie am\u00e8ne in\u00e9vitablement une r\u00e9flexion sur le paysage culturel qu&rsquo;elle a fa\u00e7onn\u00e9. La p\u00e9riode entre 2010 et 2019 a \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9e par des changements mondiaux importants, des angoisses et des exp\u00e9riences humaines complexes, et la litt\u00e9rature, en particulier le roman, a servi de miroir et de lentille essentiels pour comprendre ces temps. Bien que les listes des \u00ab top 10 des romans \u00bb absolus soient intrins\u00e8quement subjectives et sujettes \u00e0 des d\u00e9bats sans fin, un regard plus large sur les romans les plus marquants et les mieux con\u00e7us publi\u00e9s au cours de cette d\u00e9cennie offre une appr\u00e9ciation plus riche de la production litt\u00e9raire de l&rsquo;\u00e9poque.<\/p>\n<p>Compiler une liste d\u00e9finitive des meilleurs romans de la d\u00e9cennie est une t\u00e2che ardue. De nombreuses \u0153uvres exceptionnelles ont \u00e9t\u00e9 publi\u00e9es, repoussant les limites de la forme, explorant des th\u00e8mes divers et introduisant des personnages inoubliables. Ce qui suit est une exploration d&rsquo;une vingtaine de romans qui se sont d\u00e9marqu\u00e9s, ont suscit\u00e9 des conversations, remport\u00e9 des prix majeurs et trouv\u00e9 un \u00e9cho profond aupr\u00e8s des lecteurs et des critiques, offrant un aper\u00e7u complet qui va au-del\u00e0 d&rsquo;un simple top dix, fournissant des informations pr\u00e9cieuses pour quiconque cherche les faits saillants de la fiction des ann\u00e9es 2010.<\/p>\n<p>Ces s\u00e9lections repr\u00e9sentent un \u00e9ventail de styles, de sujets et de perspectives, refl\u00e9tant la nature dynamique de la litt\u00e9rature contemporaine de langue anglaise. Des \u00e9pop\u00e9es historiques ambitieuses aux portraits psychologiques intimes, des critiques satiriques aux histoires de fant\u00f4mes envo\u00fbtantes, ces livres offrent collectivement une image saisissante des pr\u00e9occupations et de l&rsquo;art des romanciers de la d\u00e9cennie.<\/p>\n<h2>Le Top Vingt<\/h2>\n<h3>Jennifer Egan, <em>A Visit From the Goon Squad<\/em> (2010)<\/h3>\n<p>Il y a des moments dans <em>A Visit From the Goon Squad<\/em> que je n&rsquo;oublierai pas. Dans un chapitre, une ancienne ponte des relations publiques nomm\u00e9e Dolly est charg\u00e9e de raviver l&rsquo;image publique d&rsquo;un dictateur africain connu sous le nom de \u00ab Le G\u00e9n\u00e9ral \u00bb avec l&rsquo;aide d&rsquo;une actrice de s\u00e9rie B nomm\u00e9e Kitty Jackson. Le travail de Kitty est de se tenir \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du G\u00e9n\u00e9ral sur une photo, mais elle finit par poser trop de questions sur un g\u00e9nocide et est jet\u00e9e en prison. Des mois plus tard, il s&rsquo;av\u00e8re que le gouvernement du G\u00e9n\u00e9ral devient une d\u00e9mocratie, Kitty est lib\u00e9r\u00e9e et Dolly ouvre une sandwicherie. Ce fil du livre polyphonique, dr\u00f4le et souvent poignant d&rsquo;Egan r\u00e9sume certaines des id\u00e9es r\u00e9currentes de sa satire. Dans <em>Goon Squad<\/em>, un livre avec une large distribution de personnages se d\u00e9roulant sur une p\u00e9riode s&rsquo;\u00e9tendant grosso modo de la fin des ann\u00e9es 1970 aux ann\u00e9es 2020, les changements de temps sont toujours d\u00e9concertants \u2014 ils peuvent d\u00e9truire le corps, corrompre la m\u00e9moire et brouiller les processus de changement. Nominalement centr\u00e9 sur le complexe industriel de la c\u00e9l\u00e9brit\u00e9 am\u00e9ricaine (en particulier le rock&rsquo;n&rsquo;roll dans la Bay Area), <em>Goon Squad<\/em> parle aussi beaucoup du \u00ab spin \u00bb m\u00e9diatique, des perspectives fragment\u00e9es, des identit\u00e9s illusoires et du mat\u00e9rialisme sans but dans une soci\u00e9t\u00e9 capitaliste. Bien que la pr\u00e9misse puisse sugg\u00e9rer le contraire, le livre est r\u00e9solument sceptique \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard des impulsions nostalgiques. \u00ab Le temps est un voyou \u00bb, dit l&rsquo;un des personnages d&rsquo;Egan. Le pass\u00e9 n&rsquo;est rien sinon le fondement de la d\u00e9sillusion contemporaine avec ses promesses \u2014 promesses de beaut\u00e9, de c\u00e9l\u00e9brit\u00e9, de famille et d&rsquo;atteinte d&rsquo;autres ic\u00f4nes. <em>Goon Squad<\/em> a valu \u00e0 Egan des \u00e9loges bien m\u00e9rit\u00e9s, dont le Prix Pulitzer 2011 et le National Book Critics Circle Award, et a ciment\u00e9 son statut comme l&rsquo;une des \u00e9crivaines am\u00e9ricaines les plus perspicaces (et formellement exp\u00e9rimentales) du 21e si\u00e8cle. \u2013<em>Aaron Robertson, Assistant Editor<\/em><\/p>\n<h3>David Mitchell, <em>The Thousand Autumns of Jacob de Zoet<\/em> (2010)<\/h3>\n<p>Il est plus facile d&rsquo;\u00e9voquer l&rsquo;atmosph\u00e8re intellectuelle et litt\u00e9raire d&rsquo;une \u00e9poque lorsqu&rsquo;elle est vieille de 30 ans que lorsqu&rsquo;elle n&rsquo;a qu&rsquo;une d\u00e9cennie. Il est difficile de voir 2010 en ce moment, alors que nous attendons que le temps et le canon rectifient la lentille, mais j&rsquo;ai un souvenir sensoriel tr\u00e8s clair de r\u00e9v\u00e9lation et d&rsquo;exaltation alors que je parcourais \u00e0 toute vitesse l&rsquo;histoire de fant\u00f4mes \u00e9pique et historique de David Mitchell, <em>The Thousand Autumns of Jacob de Zoet<\/em>, me demandant si l&rsquo;esprit de Robert Louis Stevenson avait momentan\u00e9ment pris possession de Haruki Murakami. Voici un rappel que le monde d&rsquo;un roman \u2014 dans ce cas, une repr\u00e9sentation tr\u00e8s d\u00e9taill\u00e9e d&rsquo;un poste de traite hollandais du 18e si\u00e8cle dans le port de Nagasaki \u2014 peut \u00eatre plus complet, plus vivant, que le n\u00f4tre, qu&rsquo;il peut exister comme une serre pour l&rsquo;imagination morale du lecteur.<\/p>\n<p>Il est difficile de dire ce que 25 ann\u00e9es de plus feront de <em>The Thousand Autumns of Jacob de Zoet<\/em>. Dans le contexte des romans plus r\u00e9cents de Mitchell, et de leurs exc\u00e8s d&rsquo;op\u00e9ra spatial, l&rsquo;intrigue de <em>De Zoet<\/em> semble inqui\u00e9tant baroque, ostentatoire, m\u00eame. Mais c&rsquo;est clairement l&rsquo;\u0153uvre du m\u00eame \u00e9crivain qui nous a donn\u00e9 le roman d&rsquo;apprentissage quasi parfait, <em>Black Swan Green<\/em>, dont le langage est tout aussi pr\u00e9cis et inattendu, le tout au service d&rsquo;une histoire qui semble d&rsquo;une certaine mani\u00e8re se raconter, une histoire vraie qui n&rsquo;est jamais tout \u00e0 fait arriv\u00e9e. L&rsquo;intrigue complexe et le langage pr\u00e9cis peuvent \u00eatre admir\u00e9s de la m\u00eame mani\u00e8re que le travail minutieux observ\u00e9 dans <a href=\"https:\/\/latrespace.com\/a-perfect-sonnet-lyrics\/\">les paroles d&rsquo;un sonnet parfait<\/a>.<br \/>\n<img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/latrespace.com\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/91smibwwtgl-682x1024.webp\" alt=\"Couverture du roman The Thousand Autumns of Jacob de Zoet par David Mitchell\" width=\"682\" height=\"1024\" \/><em class=\"cap-ai\">Couverture du roman The Thousand Autumns of Jacob de Zoet par David Mitchell<\/em><\/p>\n<p>\u2013<em>Jonny Diamond, Editor in Chief<\/em><\/p>\n<h3>Denis Johnson, <em>Train Dreams<\/em> (2011)<\/h3>\n<p>Si l&rsquo;on me chargeait de prouver que les r\u00e9compenses litt\u00e9raires sont une blague cruelle et que la vie n&rsquo;est qu&rsquo;une marche terne et d\u00e9nu\u00e9e de sens vers la tombe, la pi\u00e8ce \u00e0 conviction A serait ce que j&rsquo;ai surnomm\u00e9 La Grande Travestie du Prix Pulitzer de Fiction de 2012. 2012 fut, bien s\u00fbr, l&rsquo;ann\u00e9e o\u00f9 le comit\u00e9 du Pulitzer (pas le jury) d\u00e9cida qu&rsquo;aucun livre publi\u00e9 au cours des douze mois pr\u00e9c\u00e9dents ne m\u00e9ritait la plus prestigieuse distinction des lettres am\u00e9ricaines, malgr\u00e9 le fait que la trinit\u00e9 de finalistes incluait le chef-d&rsquo;\u0153uvre hallucinatoire de Denis Johnson <em>Train Dreams<\/em>, ainsi que le roman brillant et luxuriant (premier roman) de Karen Russell <em>Swamplandia!<\/em> et l&rsquo;opus inachev\u00e9 de David Foster Wallace <em>The Pale King<\/em>. (Une explication de la fa\u00e7on dont cela s&rsquo;est produit a \u00e9t\u00e9 propos\u00e9e par le romancier et membre du jury 2012 Michael Cunningham dans une lettre plut\u00f4t merveilleuse au <em>New Yorker<\/em> \u00e0 la suite de la non-d\u00e9cision). <em>Train Dreams<\/em> pourrait bien \u00eatre la novella la plus parfaite du 21e si\u00e8cle (dit-il, les ayant bien s\u00fbr toutes lues\u2026). C&rsquo;est l&rsquo;histoire incantatoire d&rsquo;un b\u00fbcheron et ouvrier ferroviaire de la fin du si\u00e8cle, Robert Grainier, qui perd sa famille dans un incendie de for\u00eat et se retire profond\u00e9ment dans les bois du panhandle de l&rsquo;Idaho tandis que le pays se modernise autour de lui. La prose \u00e9pur\u00e9e, \u00e9trange et \u00e9l\u00e9giaque de Johnson \u00e9voque un monde qui semble \u00e0 la fois ancien et \u00e9ph\u00e9m\u00e8re, plein de beaut\u00e9, de menace et de tristesse profonde. Comme l&rsquo;a \u00e9crit Anthony Doerr dans sa critique du <em>New York Times<\/em> : \u00ab Sa prose marche sur un fil entre paix et calamit\u00e9, et sous tous les meilleurs moments de la novella, Johnson contient des traits jumeaux de tendresse et la menace de violence. \u00bb \u00c9pop\u00e9e am\u00e9ricaine en miniature, <em>Train Dreams<\/em> est un portrait visionnaire d&rsquo;une \u00e2me d\u00e9tach\u00e9e de la civilisation, un homme pers\u00e9v\u00e9rant sto\u00efquement selon ses propres termes herm\u00e9tiques face \u00e0 une trag\u00e9die inimaginable. Une r\u00eaverie hant\u00e9e et obs\u00e9dante. \u2013<em>Dan Sheehan, Book Marks Editor<\/em><\/p>\n<h3>Julie Otsuka, <em>The Buddha in the Attic<\/em> (2011)<\/h3>\n<p>Le roman r\u00e9volutionnaire (et laur\u00e9at du prix PEN\/Faulkner) de Julie Otsuka, <em>The Buddha In the Attic<\/em>, commence ainsi : \u00ab Sur le bateau, la plupart \u00e9taient vierges. Nous avions de longs cheveux noirs et des pieds plats et larges, et nous n&rsquo;\u00e9tions pas tr\u00e8s grandes. Certaines d&rsquo;entre nous n&rsquo;avaient mang\u00e9 que de la bouillie de riz \u00e9tant jeunes et avaient les jambes l\u00e9g\u00e8rement arqu\u00e9es, et certaines d&rsquo;entre nous avaient quatorze ans et \u00e9taient encore des jeunes filles nous-m\u00eames. \u00bb C&rsquo;est ainsi que nous sommes pr\u00e9sent\u00e9s \u00e0 nos narratrices, un groupe d&rsquo;\u00ab \u00e9pouses par correspondance \u00bb japonaises (<em>picture brides<\/em>). Nous les suivons alors qu&rsquo;elles immigrent en Californie. Nous regardons, impuissants, alors qu&rsquo;elles rencontrent les maris qui leur avaient \u00e9t\u00e9 promis, alors qu&rsquo;elles tentent de s&rsquo;assimiler \u00e0 l&rsquo;Am\u00e9rique et d&rsquo;\u00e9lever des enfants \u00e0 travers un foss\u00e9 culturel. La narration collective \u00e0 la premi\u00e8re personne correspond magnifiquement au sujet ; elle imite l&rsquo;exp\u00e9rience immigrante, la fa\u00e7on dont les \u00ab autres \u00bb sont souvent per\u00e7us comme identiques et la camaraderie et la s\u00e9curit\u00e9 automatiques que nous pouvons trouver parmi ceux qui partagent nos histoires.<\/p>\n<p>S&rsquo;\u00e9loignant du \u00ab nous \u00bb et \u00ab la plupart d&rsquo;entre nous \u00bb et \u00ab certaines d&rsquo;entre nous \u00bb partag\u00e9s, Julie Otsuka cr\u00e9e une dislocation vertigineuse, une confusion d&rsquo;identit\u00e9 qui sert bien l&rsquo;histoire : \u00ab &#8230; incapables de nous souvenir de nos propres noms, sans parler de ceux de nos nouveaux maris. <em>Rappelez-moi encore une fois, je suis Mme Qui ?<\/em> \u00bb Son timing est impeccable. Juste au moment o\u00f9 vous commencez \u00e0 vous lasser de la voix collective, pour juste une ou deux phrases, elle nous donnera un d\u00e9tail intime, une vie individuelle, \u00e0 laquelle nous raccrocher, et cela vous prend toujours au d\u00e9pourvu lorsqu&rsquo;elle le fait, comme une r\u00e8gle enfreinte : \u00ab La plus jeune d&rsquo;entre nous avait douze ans, venait de la rive orientale du lac Biwa, et n&rsquo;avait pas encore commenc\u00e9 \u00e0 saigner. \u00bb La sp\u00e9cificit\u00e9 est d\u00e9chirante. On peut sentir l&rsquo;intention derri\u00e8re chaque choix ; il est rare qu&rsquo;un livre fusionne le style et le sujet de mani\u00e8re aussi brillante.<br \/>\n<img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/latrespace.com\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/screen-shot-2019-11-13-at-90943-pm-708x1024.webp\" alt=\"Couverture du roman The Buddha in the Attic par Julie Otsuka\" width=\"708\" height=\"1024\" \/><em class=\"cap-ai\">Couverture du roman The Buddha in the Attic par Julie Otsuka<\/em><\/p>\n<p>Le passage le plus bouleversant arrive \u00e0 la fin (ATTENTION : SPOILER !) \u2014 lorsqu&rsquo;il y a un changement soudain dans la narration. Le \u00ab nous \u00bb devient brusquement les Am\u00e9ricains blancs qui restent pour raconter l&rsquo;histoire, apr\u00e8s que leurs voisins japonais aient \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9s dans des camps d&rsquo;internement. C&rsquo;est gla\u00e7ant et terriblement pr\u00e9cis, la fa\u00e7on dont leurs voix leur sont litt\u00e9ralement retir\u00e9es dans cette histoire. J&rsquo;ai relu ce roman plusieurs fois, essayant de comprendre comment il peut englober un si large \u00e9ventail de choses. Ce que Julie Otsuka a accompli ici est \u00e0 la fois un portrait artistique et intime de vies individuelles et une accusation per\u00e7ante de l&rsquo;histoire. La profondeur de l&rsquo;exp\u00e9rience humaine et de l&rsquo;identit\u00e9 collective explor\u00e9e ici r\u00e9sonne avec les th\u00e8mes souvent trouv\u00e9s dans les r\u00e9cits po\u00e9tiques. \u2013<em>Katie Yee, Book Marks Assistant Editor<\/em><\/p>\n<h3>T\u00e9a Obreht, <em>The Tiger\u2019s Wife<\/em> (2011)<\/h3>\n<p>Bien qu&rsquo;il soit sorti en 2011, j&rsquo;ai lu <em>The Tiger\u2019s Wife<\/em>, l&rsquo;\u00e9l\u00e9gant premier roman de T\u00e9a Obreht, seulement r\u00e9cemment. Je l&rsquo;ai trouv\u00e9 \u00e9poustouflant, si parfaitement \u00e9mouvant \u00e0 ses nombreux niveaux. La protagoniste et narratrice d&rsquo;Obreht, une jeune docteure nomm\u00e9e Natalia Stefanovic dont la vie est boulevers\u00e9e par la mort myst\u00e9rieuse de son grand-p\u00e8re bien-aim\u00e9, est l&rsquo;une des conteuses les plus m\u00e9lodieuses et captivantes que j&rsquo;aie rencontr\u00e9es dans ma vie (elle a bien appris \u2014 son grand-p\u00e8re est l&rsquo;un des conteurs les plus m\u00e9lodieux et captivants qu&rsquo;elle ait rencontr\u00e9s dans la sienne). Son r\u00e9cit se souvient de son \u00eatre cher et en souffre d&rsquo;une mani\u00e8re qui est \u00e0 la fois si po\u00e9tique et si facile \u00e0 comprendre ; elle se connecte principalement \u00e0 sa m\u00e9moire \u00e0 travers un texte, utilisant sa copie ador\u00e9e du <em>Livre de la Jungle<\/em> pour essayer de r\u00e9soudre le myst\u00e8re de ses derniers jours, ainsi que sa vie int\u00e9rieure. J&rsquo;ai \u00e9galement trouv\u00e9 <em>The Tiger\u2019s Wife<\/em> tr\u00e8s personnel \u2014 Obreht est n\u00e9e dans l&rsquo;ancienne Yougoslavie, et <em>The Tiger\u2019s Wife<\/em> se d\u00e9roule dans les Balkans, imm\u00e9diatement apr\u00e8s la guerre. Ma famille aussi est originaire de l&rsquo;ancienne Yougoslavie (o\u00f9 j&rsquo;ai pass\u00e9 beaucoup de temps en grandissant), et bien que ma vie en Am\u00e9rique (et mon \u00e2ge) m&rsquo;ait emp\u00each\u00e9e de vivre profond\u00e9ment les troubles de la r\u00e9gion de premi\u00e8re main, je me suis \u00e9merveill\u00e9e et ai ch\u00e9ri la fa\u00e7on dont le livre d&rsquo;Obreht accomplit les actes de collection et de souvenir concernant les cicatrices et les fragmentations r\u00e9centes de cette r\u00e9gion \u2014 cette r\u00e9gion qui a historiquement \u00e9t\u00e9 cicatris\u00e9e et fragment\u00e9e tant de fois. (Et cela m&rsquo;a fait penser \u00e0 mon propre grand-p\u00e8re, un autre conteur yougoslave, avec qui j&rsquo;ai pass\u00e9 une grande partie de mon enfance \u00e0 r\u00eaver d&rsquo;animaux.)<\/p>\n<p>\u00ab Collection et souvenir \u00bb sont plus que de simples th\u00e8mes fluides du roman, cependant \u2014 ils constituent sa m\u00e9thodologie. Inspir\u00e9e par le format du <em>Livre de la Jungle<\/em>, peut-\u00eatre, mais aussi par une culture qui int\u00e8gre tant de l\u00e9gendes et de croyances (orientales et occidentales), Natalia commence \u00e0 entrelacer des fables, des histoires et des flash-back dans son r\u00e9cit \u2014 connectant un monde plus ancien, superstitieux et magique et une \u00e9poque sombre, moderne et d\u00e9sillusionn\u00e9e. Elle le fait comme un proc\u00e9d\u00e9 pour le lecteur, mais aussi parce qu&rsquo;ils continuent \u00e0 se d\u00e9rouler dans sa propre vie alors qu&rsquo;elle apprend toute l&rsquo;histoire de son grand-p\u00e8re, et devient, d&rsquo;une certaine mani\u00e8re, elle-m\u00eame, inspir\u00e9e par la magie de tout cela. La fa\u00e7on dont Obreht tisse l&rsquo;histoire personnelle et le mythe culturel fait \u00e9cho \u00e0 la structure lyrique parfois trouv\u00e9e dans la po\u00e9sie. \u2013<em>Olivia Rutigliano, CrimeReads Editorial Fellow<\/em><\/p>\n<h3>Jesmyn Ward, <em>Salvage the Bones<\/em> (2012)<\/h3>\n<p>Ce qui me reste le plus des ann\u00e9es apr\u00e8s avoir lu le deuxi\u00e8me roman de Jesmyn Ward est impressionniste. L&rsquo;une des derni\u00e8res images de <em>Salvage the Bones<\/em> est celle du p\u00e8re de la protagoniste de 14 ans, Esche, survivant au premier impact de l&rsquo;ouragan Katrina dans le grenier de leur maison inond\u00e9e. Ils ont \u00e9t\u00e9 s\u00e9par\u00e9s du chien de la famille, China, et de sa port\u00e9e de chiots ; le p\u00e8re d&rsquo;Esche d\u00e9cide de rester l\u00e0 jusqu&rsquo;\u00e0 ce que China revienne. L&rsquo;histoire de Ward parle largement du soin ; la minceur du livre et l&rsquo;\u00e9chelle r\u00e9duite \u2014 un p\u00e8re et ses enfants se pr\u00e9parent \u00e0 un ouragan dont les gens parlent \u2014 masquent l&rsquo;immensit\u00e9 de ce que Ward a entrepris de faire avec ce roman laur\u00e9at du National Book Award. Nous avons tous au moins une certaine id\u00e9e de la r\u00e9ponse d\u00e9sastreuse \u00e0 Katrina et de ce qu&rsquo;elle a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 sur l&rsquo;infrastructure gouvernementale et la myopie concernant particuli\u00e8rement les communaut\u00e9s de couleur. Katrina est la catastrophe naturelle la plus co\u00fbteuse de l&rsquo;histoire des \u00c9tats-Unis, et au moment de la publication de <em>Salvage the Bones<\/em>, les co\u00fbts mentaux et mat\u00e9riels \u00e0 long terme de l&rsquo;ouragan \u00e9taient d&rsquo;une certaine mani\u00e8re plus faciles \u00e0 voir, bien que aussi largement perdus dans un march\u00e9 m\u00e9diatique sursatur\u00e9. China et les chiots ne sont pas seulement des d\u00e9corations que Ward inclut, mais sont en fait centraux \u00e0 l&rsquo;identit\u00e9 d&rsquo;une famille noire pauvre dans la ville fictive de Bois Sauvage, sur la c\u00f4te du Mississippi. La \u00ab maternit\u00e9 \u00bb de China est une source de force pour Esche, qui est elle-m\u00eame discr\u00e8tement enceinte ; le fr\u00e8re a\u00een\u00e9 d&rsquo;Esche, Skeetah, esp\u00e8re un jour vendre les chiots comme animaux de combat \u2014 une d\u00e9cision motiv\u00e9e par le d\u00e9sespoir \u00e9conomique plut\u00f4t que par un d\u00e9tachement insensible. Ward a explicitement cherch\u00e9 \u00e0 rappeler aux lecteurs la dignit\u00e9, la souffrance et l&rsquo;espoir des familles de couleur au milieu de l&rsquo;une des catastrophes les plus importantes de notre \u00e9poque. \u2013<em>Aaron Robertson, Assistant Editor<\/em><\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/latrespace.com\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/salvage-the-bones-jesmyn-ward.webp\" alt=\"Couverture du roman Salvage the Bones par Jesmyn Ward\" width=\"420\" height=\"634\" \/><em class=\"cap-ai\">Couverture du roman Salvage the Bones par Jesmyn Ward<\/em><\/p>\n<h3>Rachel Kushner, <em>The Flamethrowers<\/em> (2013)<\/h3>\n<p>Le chef-d&rsquo;\u0153uvre de Rachel Kushner de 2013 a l&rsquo;avantage d&rsquo;\u00eatre \u00e0 la fois \u00e9pique par sa port\u00e9e historique et tr\u00e8s, intens\u00e9ment sp\u00e9cifique dans sa caract\u00e9risation, son observation et, finalement, ses objectifs esth\u00e9tiques. L&rsquo;histoire est simultan\u00e9ment trop vaste pour lui rendre justice en quelques lignes et d\u00e9sarmant de simplicit\u00e9. Une femme d\u00e9m\u00e9nage \u00e0 New York dans les ann\u00e9es 1970, pr\u00eate \u00e0 cr\u00e9er. C&rsquo;est une artiste. Elle est emport\u00e9e dans les cercles d&rsquo;autres artistes et se retrouve peut-\u00eatre trop sous l&rsquo;influence ou l&#8217;emprise d&rsquo;un homme plus \u00e2g\u00e9, un artiste reconnu et l&rsquo;h\u00e9ritier d&rsquo;une fortune italienne dans les pneus\/motos. Le roman est un torrent de conversations rem\u00e9mor\u00e9es, d&rsquo;envies s&rsquo;apaisant et revenant, d&rsquo;impressions. Reno, comme la protagoniste est surnomm\u00e9e, voyage vers les \u00e9tendues sal\u00e9es de l&rsquo;ouest, a un accident de moto, d\u00e9fie un record de vitesse. Puis elle est en Italie, voisine d&rsquo;un luxe et d&rsquo;une richesse extr\u00eames ; ensuite elle est dans les rues, prise dans des \u00e9meutes et une culture activiste naissante en course de collision avec son pass\u00e9.<\/p>\n<p>Il y a, tout au long, un \u00e9trange sentiment de destin, en partie parce que nous savons qu&rsquo;elle traverse d&rsquo;importantes \u00e9pop\u00e9es historiques modernes, mais aussi \u00e0 cause de la gr\u00e2ce onirique de la prose de Kushner. \u00ab Je faisais ce que font les personnes \u00e9prises \u00bb, \u00e9crit Kushner \u00e0 travers Reno, \u00ab cousant le destin sur la personne que nous voulons cousue \u00e0 nous \u00bb. \u00c0 d&rsquo;autres moments, l&rsquo;\u00e9criture devient dure comme la pierre et visc\u00e9rale. Un monde s&rsquo;\u00e9tend devant nous, et devant Reno, et nous ne pouvons nous emp\u00eacher de suivre le chemin devant nous, sachant qu&rsquo;il est plein d&rsquo;erreurs, de cruaut\u00e9s petites et grandes, et de douleur. Mais il y a aussi une \u00e9lectricit\u00e9 l\u00e0. C&rsquo;est un livre, en fin de compte, sur l&rsquo;art, ce sujet profond\u00e9ment humain. L&rsquo;intensit\u00e9 de la prose, le m\u00e9lange de gr\u00e2ce et de d\u00e9tail visc\u00e9ral, capture la profondeur de l&rsquo;\u00e9motion humaine un peu comme <a href=\"https:\/\/latrespace.com\/sonnet-sample-about-love\/\">un exemple de sonnet sur l&rsquo;amour<\/a> pourrait explorer des sentiments complexes.<br \/>\n<img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/latrespace.com\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/the-flamethrowers-9781439142011hr-671x1024.webp\" alt=\"Couverture du roman The Flamethrowers par Rachel Kushner\" width=\"671\" height=\"1024\" \/><em class=\"cap-ai\">Couverture du roman The Flamethrowers par Rachel Kushner<\/em><\/p>\n<p>\u2013<em>Dwyer Murphy, CrimeReads Managing Editor<\/em><\/p>\n<h3>Miriam Toews, <em>All My Puny Sorrows<\/em> (2014)<\/h3>\n<p>Qu&rsquo;il est rare de rencontrer un roman qui suscite une r\u00e9action physique chez son lecteur ! <em>All My Puny Sorrows<\/em> couvre toute la gamme des \u00e9motions. Miriam Toews vous fera rire aux \u00e9clats une minute et sangloter dans le m\u00e9tro la suivante. Son roman raconte l&rsquo;histoire d&rsquo;Elf et Yoli, deux s\u0153urs avec un lien incroyable malgr\u00e9 des vies tr\u00e8s diff\u00e9rentes. Selon toutes les apparences externes, Elf est la s\u0153ur qui a r\u00e9ussi. C&rsquo;est une pianiste virtuose de renomm\u00e9e mondiale. Elle est riche et heureusement mari\u00e9e. Yoli n&rsquo;est rien de tout cela. Au lieu de cela, elle lutte pour savoir comment aimer quelqu&rsquo;un qui ne veut plus vivre. Et c&rsquo;est ainsi que nous nous trouvons, dans la pi\u00e8ce avec ces deux s\u0153urs ins\u00e9parables au lendemain de la tentative de suicide d&rsquo;Elf. La fa\u00e7on dont Miriam Toews d\u00e9crit sa tristesse est obs\u00e9dante : \u00ab Puis Elf me dit qu&rsquo;elle a un piano en verre \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur d&rsquo;elle. Elle est terrifi\u00e9e qu&rsquo;il ne se brise. Elle ne peut pas le laisser se briser. Elle me dit qu&rsquo;il est serr\u00e9 juste contre le c\u00f4t\u00e9 inf\u00e9rieur droit de son estomac, que parfois elle peut sentir les bords durs pousser sa peau. \u00bb (J&rsquo;ai lu ce roman il y a des mois, et je pense encore souvent au piano en verre. C&rsquo;est si m\u00e9morable par sa sp\u00e9cificit\u00e9 ! C&rsquo;est si bizarre et unique que cela ne pouvait venir que de la bouche de ce personnage merveilleusement complet et surprenant.)<\/p>\n<p>Mais ce n&rsquo;est pas que de la tristesse ! Il touche toutes les cordes sensibles. Montr\u00e9 \u00e0 travers des flash-back sur l&rsquo;\u00e9ducation mennonite des s\u0153urs et passant \u00e0 leur pr\u00e9sent cruel, les intimit\u00e9s de leur relation sont une gr\u00e2ce salvatrice, un soupir de soulagement. Miriam Toews a l&rsquo;oreille pour les dialogues. Elf et Yoli parlent comme des s\u0153urs de chair et de sang. Les d\u00e9tails sont parfaits. \u00c0 un moment donn\u00e9, elles parlent de leurs projets de \u00ab couper du bois, pomper de l&rsquo;eau, p\u00eacher, jouer du piano, chanter ensemble les bandes sonores de <em>Jesus Christ Superstar<\/em> et des <em>Mis\u00e9rables<\/em>, r\u00e9inventer notre pass\u00e9, et attendre la fin du monde. \u00bb Il existe une version de cette histoire, peinte avec des traits moins soigneusement travaill\u00e9s, qui semble clich\u00e9e. Mais Miriam Toews est une experte pour faire ressortir les d\u00e9tails qui rendent l&rsquo;histoire pleine et inattendue. La profondeur \u00e9motionnelle et les d\u00e9tails pr\u00e9cis r\u00e9sonnent profond\u00e9ment aupr\u00e8s des lecteurs. \u2013<em>Katie Yee, Book Marks Assistant Editor<\/em><\/p>\n<h3>Jenny Offill, <em>Dept. of Speculation<\/em> (2014)<\/h3>\n<p>Il est possible de lire <em>Dept. of Speculation<\/em>, le deuxi\u00e8me roman de Jenny Offill, en une journ\u00e9e. En fait, il est plus difficile de ne pas le faire, car vous ne voudrez pas arr\u00eater de lire une fois que vous aurez commenc\u00e9. La premi\u00e8re fois que je l&rsquo;ai lu, je me souviens avoir \u00e9t\u00e9 \u00e9bloui par la forme : une progression de courts paragraphes, parfois continus avec ceux qui les entourent, parfois apparemment autonomes, chacun \u00e9tant un choc d&rsquo;intelligence ou de sentiment. Voici celui que tout le monde cite :<\/p>\n<p>Mon plan \u00e9tait de ne jamais me marier. J&rsquo;allais \u00eatre un monstre d&rsquo;art \u00e0 la place. Les femmes ne deviennent presque jamais des monstres d&rsquo;art parce que les monstres d&rsquo;art ne se pr\u00e9occupent que de l&rsquo;art, jamais de choses banales. Nabokov ne pliait m\u00eame pas son propre parapluie. Vera l\u00e9chait ses timbres pour lui.<\/p>\n<p>Le roman est rempli d&rsquo;anecdotes comme celles-ci, ainsi que de dictons ou de citations litt\u00e9raires, comme celle-ci, que j&rsquo;ai not\u00e9e dans mon carnet \u00e0 chaque fois que j&rsquo;ai lu ce livre :<\/p>\n<p>Ce que Rilke disait : <em>Je veux \u00eatre avec ceux qui connaissent des choses secr\u00e8tes, sinon seul.<\/em><\/p>\n<p>La deuxi\u00e8me fois que je l&rsquo;ai lu, j&rsquo;ai eu le c\u0153ur bris\u00e9 par l&rsquo;histoire, dans ses moindres d\u00e9tails : l&rsquo;\u00e9crivaine qui sacrifie (trop ?) pour sa famille, l&rsquo;\u00e9pouse dont le mari a d\u00e9vi\u00e9, la femme qui se reconstruit. C&rsquo;est la qualit\u00e9 d&rsquo;esprit qu&rsquo;Offill cr\u00e9e qui rend ce roman si extraordinaire, qui me donne envie de vivre \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur.<br \/>\n<img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/latrespace.com\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/94966030-1366x2049-683x1024.webp\" alt=\"Couverture du roman Dept. of Speculation par Jenny Offill\" width=\"683\" height=\"1024\" \/><em class=\"cap-ai\">Couverture du roman Dept. of Speculation par Jenny Offill<\/em><\/p>\n<p>La troisi\u00e8me fois que je l&rsquo;ai lu, j&rsquo;ai r\u00e9alis\u00e9 que c&rsquo;est l&rsquo;un des rares romans que je trouve \u00e0 la fois formellement excitant et \u00e9motionnellement d\u00e9vastateur \u2014 dans le bon sens. La plupart des \u00e9crivains peuvent r\u00e9ussir l&rsquo;un ou l&rsquo;autre, mais Offill le fait bien : elle utilise la forme pour vous achever comme il faut. La structure fragment\u00e9e du roman et ses aper\u00e7us percutants sur la vie, le mariage et l&rsquo;art offrent une exp\u00e9rience de lecture unique, un peu comme explorer l&rsquo;\u00e9motion concentr\u00e9e d&rsquo;<a href=\"https:\/\/latrespace.com\/example-sonnet-poem\/\">un exemple de po\u00e8me sonnet<\/a>.<\/p>\n<p>PS : Pour celles et ceux, comme moi, qui ont d\u00e9j\u00e0 lu ce livre trop souvent, je suis heureuse de vous informer que son prochain <em>Weather<\/em> est tout aussi brillant et merveilleux que <em>Dept. of Speculation<\/em>, mais il troque le mariage contre le changement climatique\/le malaise existentiel comme principale pr\u00e9occupation, ce qui en fait exactement le genre de livre dont nous avons besoin en ce moment. \u2013<em>Emily Temple, Senior Editor<\/em><\/p>\n<h3>Paul Beatty, <em>The Sellout<\/em> (2015)<\/h3>\n<p>Difficile de me convaincre avec un roman qui n&rsquo;est pas dr\u00f4le. Pour moi, la fiction sans humour manque une partie essentielle de l&rsquo;exp\u00e9rience humaine. Le chef-d&rsquo;\u0153uvre de Paul Beatty, laur\u00e9at du prix Booker, est l&rsquo;un des romans les plus dr\u00f4les \u2014 et les plus humains \u2014 que j&rsquo;aie jamais lus. Non seulement cela, mais il m&rsquo;a donn\u00e9 l&rsquo;impression d&rsquo;\u00eatre enti\u00e8rement justifi\u00e9 d&rsquo;insister sur la com\u00e9die. <em>The Sellout<\/em> est si tranchant que vous pourriez ne pas remarquer qu&rsquo;il vous a coup\u00e9 avant de vous sentir d\u00e9j\u00e0 faible. C&rsquo;est une combinaison de com\u00e9die hilarante, de satire sociale pr\u00e9cise (ancr\u00e9e dans une profonde compr\u00e9hension de l&rsquo;histoire) et de tour de force litt\u00e9raire. C&rsquo;est si bon que cela m&rsquo;a fait utiliser l&rsquo;expression \u00ab tour de force \u00bb. La mission du narrateur de <em>The Sellout<\/em>, un homme noir, est de r\u00e9introduire la s\u00e9gr\u00e9gation (officielle) dans son quartier rural du centre-ville de Los Angeles apr\u00e8s qu&rsquo;il ait myst\u00e9rieusement disparu de la carte. Le roman commence opportun\u00e9ment avec le narrateur allumant un joint dans les couloirs de la Cour supr\u00eame, o\u00f9 son entreprise de re-s\u00e9gr\u00e9gation l&rsquo;a conduit. Comme l&rsquo;a \u00e9crit Kevin Young dans sa critique, \u00ab Beatty prend le m\u00eame plaisir \u00e0 d\u00e9molir le sacr\u00e9, non pas tant \u00e0 laver le linge sale qu&rsquo;\u00e0 le salir devant vous. \u00bb Mais <em>The Sellout<\/em> c\u00e9l\u00e8bre autant qu&rsquo;il incendie. C&rsquo;est, en plus d&rsquo;\u00eatre l&rsquo;un des grands romans satiriques de la d\u00e9cennie, et peut-\u00eatre de tous les temps, une c\u00e9l\u00e9bration de la n\u00e9gritude \u00e0 une \u00e9poque pr\u00e9tendument post-raciale (rappelez-vous, c&rsquo;\u00e9tait en 2015). \u2013<em>Jessie Gaynor, Social Media Editor<\/em><\/p>\n<h3>Viet Thanh Nguyen, <em>The Sympathizer<\/em> (2015)<\/h3>\n<p>En tant que roman, <em>The Sympathizer<\/em> est un thriller litt\u00e9raire bouillonnant, sombrement comique et propulsif se d\u00e9roulant au lendemain imm\u00e9diat de la guerre du Vietnam, o\u00f9 une taupe nord-vietnamienne surveille le gouvernement sud-vietnamien exil\u00e9 dans le sud de la Californie \u2014 c&rsquo;est une lecture compulsive, saisissante par sa langue, inoubliable par son imagerie. Mais c&rsquo;est plus que cela. En \u00e9crivant simplement les mots \u00ab Guerre du Vietnam \u00bb, je peux \u00e9voquer toute une mythologie am\u00e9ricaine, le sous-produit culturel de 40 ans de quasi-propagande\/quasi-art : des manifestants aux cheveux longs dans les rues, des fantassins de la Rust Belt pataugeant dans des jungles fumantes, un essaim d&rsquo;h\u00e9licopt\u00e8res tremblants contre un \u00e9norme soleil \u00e9tranger, des hommes bris\u00e9s retournant dans un pays qui ne les veut pas\u2026 C&rsquo;est la version \u00ab am\u00e9ricaine \u00bb de la guerre, une histoire que nous nous sommes racont\u00e9e, qui, bien que pas particuli\u00e8rement flatteuse, est aussi \u00e9troite et myope que n&rsquo;importe quelle \u00e9pop\u00e9e de feu de camp.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/latrespace.com\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/the-sympathizer-by-viet-thanh-nguyen.webp\" alt=\"Couverture du roman The Sympathizer par Viet Thanh Nguyen\" width=\"431\" height=\"648\" \/><em class=\"cap-ai\">Couverture du roman The Sympathizer par Viet Thanh Nguyen<\/em><\/p>\n<p>Alors essayons ceci : <em>The Sympathizer<\/em> est un roman am\u00e9ricain sur une guerre am\u00e9ricaine, un conflit d\u00e9vastateur et inutile qui a cr\u00e9\u00e9 des centaines de milliers de r\u00e9fugi\u00e9s, de nouveaux Am\u00e9ricains (nous \u00e9tions tous nouveaux ici, \u00e0 un moment donn\u00e9) qui ont trouv\u00e9 un foyer dans l&#8217;empire qui les a d\u00e9plac\u00e9s, et qui l&rsquo;ont am\u00e9lior\u00e9. Notre r\u00e9cit culturel de la guerre am\u00e9ricaine au Vietnam n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 enti\u00e8rement \u00ab le n\u00f4tre \u00bb, car il a n\u00e9glig\u00e9 et activement exclu les perspectives de ces r\u00e9fugi\u00e9s et de leurs descendants. <em>The Sympathizer<\/em> est une \u0153uvre d&rsquo;art vitale qui commence \u00e0 corriger ce d\u00e9s\u00e9quilibre. L&rsquo;exploration de l&rsquo;identit\u00e9 complexe et des v\u00e9rit\u00e9s cach\u00e9es dans le r\u00e9cit offre une fen\u00eatre sur les perspectives multiples trouv\u00e9es dans diverses formes litt\u00e9raires, y compris divers <a href=\"https:\/\/latrespace.com\/sonnet-exaples\/\">exemples de sonnets<\/a> qui explorent des th\u00e8mes personnels et universels. \u2013<em>Jonny Diamond, Editor in Chief<\/em><\/p>\n<h3>Hanya Yanagihara, <em>A Little Life<\/em> (2015)<\/h3>\n<p><em>A Little Life<\/em> est un livre polarisant. Il y a ceux qui l&rsquo;aiment, ceux qui le d\u00e9testent, et ceux qui passent toute leur exp\u00e9rience de lecture \u00e0 osciller entre ces extr\u00eames. En tant que l&rsquo;une des d\u00e9fenseurs du livre, m\u00eame moi j&rsquo;ai connu des moments o\u00f9 j&rsquo;avais envie de jeter le livre \u00e0 travers la pi\u00e8ce. Mais la brillance de ce livre r\u00e9side dans la souffrance insupportable qu&rsquo;il cause \u00e0 ses personnages ; si la Bible expliquait comment survivre aux punitions arbitraires d&rsquo;un Seigneur en col\u00e8re inflig\u00e9es \u00e0 des figures comme Job, alors <em>A Little Life<\/em> explique comment rester ami avec Job, sans forcer Job \u00e0, eh bien, aller mieux.<\/p>\n<p><em>A Little Life<\/em> suit quatre amis d&rsquo;universit\u00e9 \u00e0 travers les hauts et les bas de leurs vies dans un New York intemporel, mais est principalement ax\u00e9 sur Jude, le survivant d&rsquo;une enfance inimaginable, d\u00e9taill\u00e9e sombrement dans les sections les plus horribles du livre. (Alors que beaucoup trouveraient la profondeur de la souffrance dans <em>A Little Life<\/em> invraisemblable dans ses extr\u00eames, Hanya Yanagihara, lors d&rsquo;une rencontre avec des libraires \u00e0 laquelle j&rsquo;ai assist\u00e9, a dit qu&rsquo;elle avait re\u00e7u beaucoup de courrier depuis la publication qui sugg\u00e9rerait le contraire.) Toute cette souffrance pr\u00e9pare Jude \u00e0 un conflit central entre ses amis, qui veulent qu&rsquo;il soit heureux, et sa propre compr\u00e9hension que le mieux qu&rsquo;il puisse viser n&rsquo;est pas d&rsquo;\u00eatre heureux mais simplement d&rsquo;\u00eatre.<\/p>\n<p>Pour moi, la plausibilit\u00e9 du texte n&rsquo;\u00e9tait ni l\u00e0 ni l\u00e0. Mon respect pour le roman est plus ancr\u00e9 dans le retour du livre aux r\u00e9cits \u00e9motionnels de style 19e si\u00e8cle, par opposition \u00e0 la modernit\u00e9 hyper-masculine de l&rsquo;Am\u00e9rique du milieu du si\u00e8cle qui insistait sur des phrases courtes du point de vue de psychopathes naissants (oui, c&rsquo;\u00e9tait un clin d&rsquo;\u0153il \u00e0 Hemingway). C&rsquo;est aussi un \u00e9loignement de la gu\u00e9rison heureuse habituelle des m\u00e9moires de mis\u00e8re, en faveur d&rsquo;un portrait sombrement r\u00e9aliste de la longue ombre du traumatisme. <em>A Little Life<\/em> me donne toutes les \u00e9motions, et pourtant n&rsquo;offre pas de r\u00e9ponses faciles, et pour moi, c&rsquo;est ce qui fait de la bonne litt\u00e9rature. \u2013<em>Molly Odintz, CrimeReads Associate Editor<\/em><\/p>\n<h3>N. K. Jemisin, <em>The Fifth Season<\/em> (2015)<\/h3>\n<p>Il n&rsquo;est pas toujours possible de dire qu&rsquo;un roman est g\u00e9nial pendant qu&rsquo;on le lit. Je veux dire, \u00e9videmment, on peut g\u00e9n\u00e9ralement dire si on <em>aime<\/em> quelque chose, mais pour moi, on ne sait qu&rsquo;un roman est G\u00e9nial avec un grand G que lorsqu&rsquo;on se retrouve, des semaines, des mois ou des ann\u00e9es apr\u00e8s la premi\u00e8re lecture, \u00e0 y penser encore. La plupart des livres, m\u00eame d\u00e9licieux et brillants, ne r\u00e9ussissent pas ce test, du moins pour moi. Mais j&rsquo;ai pens\u00e9 \u00e0 <em>The Fifth Season<\/em> de N. K. Jemisin (et \u00e0 ses deux suites, <em>The Obelisk Gate<\/em> et <em>The Stone Sky<\/em>) au moins une fois par semaine depuis que je l&rsquo;ai lu il y a quelques ann\u00e9es.<\/p>\n<p>C&rsquo;est peut-\u00eatre injuste. Le roman imagine une Terre alternative qui est p\u00e9riodiquement d\u00e9chir\u00e9e par des conditions m\u00e9t\u00e9orologiques apocalyptiques \u2014 comme des cendres \u00e9touffantes, des nuages acides, des prolif\u00e9rations fongiques, une obscurit\u00e9 induite par les min\u00e9raux, des d\u00e9placements des p\u00f4les magn\u00e9tiques \u2014 qui durent des d\u00e9cennies \u00e0 la fois, mena\u00e7ant souvent d&rsquo;an\u00e9antir l&rsquo;humanit\u00e9 enti\u00e8rement. On comprend donc comment cela pourrait venir \u00e0 l&rsquo;esprit ces jours-ci.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/latrespace.com\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/jemisinfifthseason-tp.webp\" alt=\"Couverture du roman The Fifth Season par N. K. Jemisin\" width=\"500\" height=\"756\" \/><em class=\"cap-ai\">Couverture du roman The Fifth Season par N. K. Jemisin<\/em><\/p>\n<p>Mais j&rsquo;y pense aussi pour sa construction du monde incroyable, sa critique culturelle malheureusement pertinente (syst\u00e8mes de castes, hi\u00e9rarchies de pouvoir, peur et oppression de l&rsquo;autre ou de l&rsquo;inconnu, en particulier lorsque cet autre inconnu poss\u00e8de des comp\u00e9tences r\u00eav\u00e9es), et ses personnages inoubliables, en particulier, bien s\u00fbr, Essun, avec toute sa col\u00e8re, sa peur, sa force, sa douceur et son pouvoir. Je l&rsquo;aime.<\/p>\n<p>Et h\u00e9, si vous ne voulez pas me croire sur parole, consid\u00e9rez que les trois livres de la s\u00e9rie Broken Earth ont gagn\u00e9 des Hugos. Les trois. \u2013<em>Emily Temple, Senior Editor<\/em><\/p>\n<h3>Rachel Cusk, <em>Outline<\/em> (2015)<\/h3>\n<p>Il y a quelque chose dans la texture de la prose de Rachel Cusk dans <em>Outline<\/em> (et dans les deux suites du roman, <em>Transit<\/em> et <em>Kudos<\/em>) qui semble diff\u00e9rent de tout ce que vous avez jamais lu. C&rsquo;est ostensiblement un roman sur une femme enseignant l&rsquo;\u00e9criture cr\u00e9ative \u00e0 Ath\u00e8nes, mais c&rsquo;est en r\u00e9alit\u00e9 juste une s\u00e9rie de conversations \u2014 surtout, des conversations telles qu&rsquo;elle s&rsquo;en souvient, filtre apr\u00e8s filtre. Il n&rsquo;y a pas de v\u00e9ritable intrigue, et je suis perplexe pour d\u00e9crire pleinement pourquoi le roman est si captivant. Probablement, c&rsquo;est parce que, comme l&rsquo;a dit Heidi Julavits, il est \u00ab mortellement intelligent&#8230; Passez du temps avec ce roman et vous serez convaincu que [Cusk] est l&rsquo;une des \u00e9crivaines les plus intelligentes qui soient. La clart\u00e9 mentale de sa narratrice peut sembler si dangereusement p\u00e9n\u00e9trante, qu&rsquo;un lecteur pourrait craindre le m\u00eame risque d&rsquo;invasion et d&rsquo;exposition. \u00bb \u00c7a suffit.<\/p>\n<p>Une fois, dans le m\u00e9tro, j&rsquo;ai vu une jeune femme lisant <em>Transit<\/em> et un jeune homme lisant <em>Outline<\/em>, tous deux dans les jolies \u00e9ditions Picador. Ils \u00e9taient tr\u00e8s proches, mais ils se faisaient face, et ne semblaient pas \u00eatre ensemble. Il m&rsquo;a fallu tout mon courage pour ne pas me lever et tirer sur leurs manches \u2014 non seulement \u00e0 cause de la parfaite rencontre amoureuse (<em>meet-cute<\/em>), mais parce que ces livres donnent l&rsquo;impression d&rsquo;\u00eatre une sorte de signe de reconnaissance (<em>shibboleth<\/em>), ce rare \u00e9l\u00e9ment de consommation artistique qui pourrait r\u00e9ellement vous dire quelque chose sur une personne, sur la fa\u00e7on dont fonctionne son esprit, et les fa\u00e7ons d&rsquo;acc\u00e9der \u00e0 son c\u0153ur. Je suis descendu avant l&rsquo;un d&rsquo;eux. J&rsquo;esp\u00e8re qu&rsquo;ils se sont retourn\u00e9s et se sont trouv\u00e9s. Les observations pr\u00e9cises et perspicaces trouv\u00e9es dans la prose de Cusk partagent une certaine intensit\u00e9 et concentration avec la forme concentr\u00e9e d&rsquo;un tercet. Vous pouvez voir <a href=\"https:\/\/latrespace.com\/tercet-example-in-poetry\/\">un exemple de tercet en po\u00e9sie<\/a> pour appr\u00e9cier ce type d&rsquo;expression distill\u00e9e. \u2013<em>Emily Temple, Senior Editor<\/em><\/p>\n<h3>Colson Whitehead, <em>The Underground Railroad<\/em> (2016)<\/h3>\n<p>Le roman de Colson Whitehead de 2016 est, comme on dit dans le milieu, un incontournable pour cette liste. Il a remport\u00e9 le Pulitzer, le National Book Award, l&rsquo;Arthur C. Clark Award et la Andrew Carnegie Medal for Excellence. Il a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9s\u00e9lectionn\u00e9 pour le Booker Prize. C&rsquo;\u00e9tait aussi un \u00e9norme best-seller, bien s\u00fbr, et il a obtenu des \u00e9loges quasi unanimes des critiques. Oprah l&rsquo;a choisi pour son club de lecture. Barry Jenkins l&rsquo;adapte en s\u00e9rie t\u00e9l\u00e9vis\u00e9e. \u00c7a ne peut pas aller beaucoup mieux que \u00e7a.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/latrespace.com\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/a1cu4ywueyl-676x1024.webp\" alt=\"Couverture du roman The Underground Railroad par Colson Whitehead\" width=\"676\" height=\"1024\" \/><em class=\"cap-ai\">Couverture du roman The Underground Railroad par Colson Whitehead<\/em><\/p>\n<p>Mais, <em>pourquoi<\/em>, pourriez-vous demander, si par un \u00e9trange accident vous ne l&rsquo;avez pas encore lu vous-m\u00eame ? Eh bien, il est accessible, divertissant et riche en personnages, et il nous rappelle \u00e9galement des v\u00e9rit\u00e9s inconfortables mais n\u00e9cessaires sur l&rsquo;Am\u00e9rique et son histoire. (Cependant, attention, il n&rsquo;y avait pas litt\u00e9ralement un chemin de fer souterrain br\u00fblant du charbon au 19e si\u00e8cle \u2014 je veux dire, d&rsquo;abord, o\u00f9 irait la fum\u00e9e ?) Il a l&rsquo;intensit\u00e9, l&rsquo;imm\u00e9diatet\u00e9 et les enjeux \u00e9lev\u00e9s de tout r\u00e9cit d&rsquo;esclave \u00e9vad\u00e9 \u2014 litt\u00e9ralement vie ou mort \u2014 ce qui en fait un livre captivant qui se d\u00e9vore, mais il est \u00e9galement \u00e9crit par le talentueux et adaptable Colson Whitehead, qui semble pouvoir aborder n&rsquo;importe quel genre et style, de la fiction historique au roman d&rsquo;apprentissage en passant par les zombies, et faire para\u00eetre cela facile. Tout ce que nous pouvons demander, c&rsquo;est qu&rsquo;il continue \u00e0 le faire. \u2013<em>Emily Temple, Senior Editor<\/em><\/p>\n<h3>Adam Haslett, <em>Imagine Me Gone<\/em> (2016)<\/h3>\n<p>C&rsquo;est l&rsquo;un de ces romans que j&rsquo;ai d\u00fb me faire dire de lire plusieurs fois. Je ne voulais juste pas lire un livre triste sur la d\u00e9pression ! Et pour \u00eatre juste\u2026 il est triste. Mais m\u00eame ainsi, j&rsquo;avais tort de r\u00e9sister, et vous aussi si vous avez manqu\u00e9 celui-ci.<\/p>\n<p>Le deuxi\u00e8me roman d&rsquo;Adam Haslett est un portrait complet et franc d&rsquo;une famille et de la maladie mentale qui assi\u00e8ge ses membres \u2014 certains g\u00e9n\u00e9tiquement, d&rsquo;autres simplement par exp\u00e9rience. Ce n&rsquo;est pas plus compliqu\u00e9 que cela \u2014 il n&rsquo;y a pas d&rsquo;accroche, pas de twist \u00e0 fort concept, juste l&rsquo;histoire d&rsquo;une famille, racont\u00e9e au fil des ans et \u00e0 travers le prisme de chaque membre : John, Margaret et leurs enfants (adultes) Michael, Celia et Alec. Michael est le narrateur le plus intense, et celui qui a h\u00e9rit\u00e9 de la \u00ab b\u00eate \u00bb de son p\u00e8re, bien qu&rsquo;en lui elle soit transform\u00e9e en un ma\u00eetre obsessionnel, ressassant sans cesse. En fait, l&rsquo;\u00e9criture de Michael appara\u00eet beaucoup dans le roman, et c&rsquo;est l&rsquo;une des meilleures parties du livre \u2014 une lentille directe, pour ainsi dire, dans un esprit tr\u00e8s inhabituel.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/latrespace.com\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/c85f0b59ac0956d5f6353df145c35f3a.webp\" alt=\"Couverture du roman Imagine Me Gone par Adam Haslett\" width=\"437\" height=\"677\" \/><em class=\"cap-ai\">Couverture du roman Imagine Me Gone par Adam Haslett<\/em><\/p>\n<p>Tout au long, l&rsquo;\u00e9criture est parfaitement calibr\u00e9e, changeant de ton entre les personnages mais toujours \u00e9lev\u00e9e, m\u00eame belle. Mais l&rsquo;exploit le plus impressionnant est l&#8217;empathie avec laquelle Haslett d\u00e9voile cette famille, et la tendresse avec laquelle il \u00e9crit sur l&rsquo;amour sous toutes ses formes. C&rsquo;est un roman saisissant, et l&rsquo;un des meilleurs exemples r\u00e9cents d&rsquo;un certain mode litt\u00e9raire : calme, \u00e9mouvant, immersif, beau. L&rsquo;exploration de l&rsquo;amour et de la douleur dans ce roman, bien que non en vers, capture des paysages \u00e9motionnels que la po\u00e9sie explore souvent avec pr\u00e9cision. Consid\u00e9rez comment <a href=\"https:\/\/latrespace.com\/sonnet-sample-about-love\/\">un exemple de sonnet sur l&rsquo;amour<\/a> pourrait distiller des th\u00e8mes similaires. \u2013<em>Emily Temple, Senior Editor<\/em><\/p>\n<h3>Richard Powers, <em>The Overstory<\/em> (2018)<\/h3>\n<p>On a beaucoup parl\u00e9 de l&rsquo;\u00e9vocation par Richard Powers du temps profond des arbres. Comme les \u00e9cologistes, botanistes et biologistes de terrain essaient de nous dire depuis des d\u00e9cennies, les arbres sont vivants d&rsquo;une mani\u00e8re bien plus proche de ce que nous consid\u00e9rons comme la sentience que quiconque ne le pensait.<\/p>\n<p>Et bien qu&rsquo;ils puissent certainement \u00eatre des personnages dans des r\u00e9cits non fictionnels \u00e0 succ\u00e8s (<em>The Secret Life of Trees<\/em> de Peter Wohlleben vient \u00e0 l&rsquo;esprit), peuvent-ils \u00eatre des personnages dans un roman ? Oui et non. Bien que Powers introduise plusieurs personnages d&rsquo;arbres r\u00e9currents \u2014 un ch\u00e2taignier isol\u00e9 et solitaire qui mesure les g\u00e9n\u00e9rations d&rsquo;une seule famille, un s\u00e9quoia g\u00e9ant monumental qui est le foyer d&rsquo;\u00e9co-activistes \u2014 l&rsquo;importance durable de cette \u00e9pop\u00e9e \u00e9l\u00e9giaque de l&rsquo;effondrement climatique sera la fa\u00e7on dont elle prend l&rsquo;activisme environnemental au s\u00e9rieux. Les personnages humains de Powers ont le c\u0153ur bris\u00e9 par la destruction de la plan\u00e8te, et ils agissent en cons\u00e9quence de toutes les mani\u00e8res d\u00e9sordonn\u00e9es et compliqu\u00e9es que l&rsquo;on peut attendre de non-arbres ; mais ils sont pris au s\u00e9rieux \u2014 ce ne sont pas des extras excentriques \u00e0 la Franzen, parsem\u00e9s dans le r\u00e9cit pour un peu d&rsquo;\u00e9pice radicale. Voici un roman qui contient en lui des couches de tristesse et d&rsquo;espoir tranquille ; ses pr\u00e9occupations sont les n\u00f4tres, ses personnages sont nous. Le temps profond pour les temps sombres. \u2013<em>Jonny Diamond, Editor in Chief<\/em><\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/latrespace.com\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/81tn8igerxl-676x1024.webp\" alt=\"Couverture du roman The Overstory par Richard Powers\" width=\"676\" height=\"1024\" \/><em class=\"cap-ai\">Couverture du roman The Overstory par Richard Powers<\/em><\/p>\n<h3>Hernan D\u00edaz, <em>In the Distance<\/em> (2018)<\/h3>\n<p>D\u00e8s le tout d\u00e9but du roman subtilement western noir de Hernan Diaz, nous sommes attach\u00e9s \u00e0 son personnage principal, un adolescent immigrant su\u00e9dois nomm\u00e9 Hakan, comme au m\u00e2t d&rsquo;un navire condamn\u00e9 : nous voyons ce qu&rsquo;il voit, luttons \u00e0 travers le m\u00eame temps rigoureux ; nous d\u00e9rivons \u00e0 travers ses Sargasses lugubres, d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9s pour ce ruban de terre \u00e0 l&rsquo;horizon qui accordera un r\u00e9pit. Le suivi rapproch\u00e9 de Hakan par Diaz \u00e0 la troisi\u00e8me personne rend sa dislocation ressentie la n\u00f4tre : nous savons qu&rsquo;il a \u00e9t\u00e9 s\u00e9par\u00e9 de son fr\u00e8re en route vers New York, nous savons qu&rsquo;il n&rsquo;a jamais vu de ville (\u00e0 un moment donn\u00e9, il d\u00e9barque presque \u00e0 Buenos Aires, pensant que c&rsquo;est sa destination finale), mais nous ne savons pas vraiment o\u00f9 il est, o\u00f9 il finira, ou pourquoi.<\/p>\n<p>Bien que m\u00e9ticuleux dans ses d\u00e9tails historiques (sans succomber au besoin obsessionnel de faire \u00e9talage) <em>In the Distance<\/em> donne la sensation d&rsquo;une histoire tr\u00e8s contemporaine, capturant comme il le fait la lutte et la volont\u00e9 au c\u0153ur de la migration, ainsi que les cruaut\u00e9s qui l&rsquo;entourent in\u00e9vitablement. Et bien que Diaz ait clairement une copie de la bible familiale de Cormac McCarthy, son soufre et son sang, il y a une tendresse enfouie aux limites de ce roman, attendant juste un peu de pluie pour la faire remonter \u00e0 la surface. \u2013<em>Jonny Diamond, Editor in Chief<\/em><\/p>\n<h3>Susan Choi, <em>Trust Exercise<\/em> (2019)<\/h3>\n<p>Finaliste (et pour moi, du moins, le favori) pour le National Book Award de cette ann\u00e9e, le cinqui\u00e8me roman de Susan Choi, <em>Trust Exercise<\/em>, est un roman en trois parties. Il y a beaucoup d&rsquo;inqui\u00e9tude \u00e0 ne pas g\u00e2cher le twist qui arrive dans la deuxi\u00e8me partie (et dans une moindre mesure, la troisi\u00e8me), mais il est impossible de d\u00e9crire pourquoi c&rsquo;est l&rsquo;un des meilleurs romans de la d\u00e9cennie sans le r\u00e9v\u00e9ler. Donc, si vous ne l&rsquo;avez pas encore lu, arr\u00eatez de lire ceci et faites confiance au fait que le pivot central est parfait, et que vous devriez aller le lire. Maintenant, les spoilers. La premi\u00e8re section du roman commence dans une \u00e9cole d&rsquo;arts du spectacle dans les ann\u00e9es 1980, une histoire d&rsquo;amour entre Sarah et David, amis de milieux sociaux diff\u00e9rents, qui souffrent pendant leurs ann\u00e9es d&rsquo;adolescence, leur drame \u00e9tant amplifi\u00e9 par le fait d&rsquo;\u00eatre des jeunes de th\u00e9\u00e2tre sensibles et ambitieux.<\/p>\n<p>Le changement dans la deuxi\u00e8me partie est que cette premi\u00e8re histoire est, en fait, l&rsquo;histoire dans l&rsquo;histoire, un livre \u00e9crit par une Sarah adulte (qui ne s&rsquo;appelle pas r\u00e9ellement Sarah), lu maintenant par un personnage secondaire de la premi\u00e8re histoire, quelqu&rsquo;un nomm\u00e9 Karen (qui ne s&rsquo;appelle pas non plus r\u00e9ellement Karen). C&rsquo;est un twist incroyablement audacieux, un peu choquant, entra\u00eenant un d\u00e9nouement qui est de l&rsquo;art pur. Dans <em>The New York Times Book Review<\/em>, il a \u00e9t\u00e9 qualifi\u00e9 sans amour de \u00ab app\u00e2t et \u00e9change \u00bb (<em>bait and switch<\/em>), tandis que Dwight Garner (dans le m\u00eame journal) a \u00e9crit qu&rsquo;il faisait \u00ab briller plus fort que tout ce que [Choi] a \u00e9crit jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent. \u00bb La deuxi\u00e8me partie du roman est aussi une histoire de vengeance, avec un suspense soigneusement construit (et une pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre avec une vraie arme), tandis que la troisi\u00e8me partie s&rsquo;imbrique parfaitement, bien qu&rsquo;un peu pr\u00e9visiblement, dans le futur de la vie de \u00ab pas-Karen \u00bb. La pr\u00e9misse de <em>Trust Exercise<\/em> est que les adolescents sont de vraies personnes, pas seulement des adultes en devenir, avec de vraies pr\u00e9occupations et une intelligence \u00e9motionnelle ; eux aussi sont dignes de grande litt\u00e9rature. \u2013<em>Emily Firetog, Deputy Editor<\/em><\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/latrespace.com\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/trust-exercise-674x1024.webp\" alt=\"Couverture du roman Trust Exercise par Susan Choi\" width=\"674\" height=\"1024\" \/><em class=\"cap-ai\">Couverture du roman Trust Exercise par Susan Choi<\/em><\/p>\n<h3>Anna Burns, <em>Milkman<\/em> (2019)<\/h3>\n<p><em>Milkman<\/em> d&rsquo;Anna Burns demande un petit engagement. Je n&rsquo;adh\u00e8re pas particuli\u00e8rement \u00e0 l&rsquo;id\u00e9e que certains livres sont \u00ab faciles \u00bb tandis que d&rsquo;autres sont \u00ab difficiles \u00bb (ou qu&rsquo;il y ait une vertu particuli\u00e8re dans l&rsquo;un ou l&rsquo;autre cas), mais l&rsquo;histoire qui se d\u00e9ploie de Burns sur une jeune femme \u00e0 Belfast pendant les Troubles demande \u00e0 ses lecteurs d&rsquo;\u00eatre de bons auditeurs, qu&rsquo;ils puissent avoir la patience de se laisser emporter par les rythmes du roman ax\u00e9s sur la parole, ses phrases sans fin charg\u00e9es de clauses tirant comme un courant vers une destination inconnue.<\/p>\n<p>Le roman ne nous situe pas sp\u00e9cifiquement \u00e0 Belfast, et il ne nous donne pas non plus une \u00e9poque exacte ; en fait, le seul personnage \u00e0 qui un nom est accord\u00e9 est le \u00ab Milkman \u00bb (le laitier), un haut plac\u00e9 de l&rsquo;IRA qui pourrait ou non courtiser le personnage principal, qui a environ 18 ans. D\u00e9j\u00e0 consid\u00e9r\u00e9e comme \u00e9trange pour son habitude de marcher dans les rues (dangereuses) le nez dans un livre, les attentions de l&rsquo;homme plus \u00e2g\u00e9 \u2014 il appara\u00eet au hasard dans sa camionnette blanche \u2014 font parler les gens (mais toujours hors de port\u00e9e de voix, les rideaux rapidement tir\u00e9s). <em>Milkman<\/em> est tout en menace et en ambiance, ses ambigu\u00eft\u00e9s comme des coins sombres, des lieux de dissimulation, sa violence latente partout, pr\u00eate \u00e0 exploser. Le paysage psychologique intense du roman et l&rsquo;exploration de la menace et de la tension r\u00e9sonnent avec l&rsquo;impact \u00e9motionnel puissant trouv\u00e9 dans certaines formes po\u00e9tiques. \u2013<em>Dan Sheehan, Book Marks Editor<\/em><\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/latrespace.com\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/81y3ufaq31l-683x1024.webp\" alt=\"Couverture du roman Milkman par Anna Burns\" width=\"683\" height=\"1024\" \/><em class=\"cap-ai\">Couverture du roman Milkman par Anna Burns<\/em><\/p>\n<hr \/>\n<h2>Opinions Divergentes<\/h2>\n<p>Une s\u00e9lection d&rsquo;autres livres que nous avons s\u00e9rieusement consid\u00e9r\u00e9s pour les deux listes \u2014 juste pour en faire un peu trop (et parce que les d\u00e9cisions sont difficiles).<\/p>\n<h3>Tom McCarthy, <em>C<\/em> (2010)<\/h3>\n<p>\u00c9coutez, les d\u00e9tracteurs. Je sais que ce n&rsquo;est pas aussi bon \u2014 ou du moins pas aussi <em>pur<\/em> \u2014 que <em>Remainder<\/em>, qui est un roman quasi parfait. Mais j&rsquo;ai aim\u00e9 ce livre pour sa pure ambition postmoderne, ses obsessions \u2014 avec l&rsquo;\u00e9coute et la mauvaise \u00e9coute, la communication et la mauvaise communication, la pens\u00e9e associative \u2014 et sa froideur hautaine. Il semble que McCarthy, qui, ne l&rsquo;oublions pas, est le secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de la Soci\u00e9t\u00e9 N\u00e9cronef International \u00ab semi-fictive \u00bb, qui est \u00ab d\u00e9di\u00e9e \u00e0 des projets d\u00e9routants qui feraient pour la mort ce que les Surr\u00e9alistes ont fait pour le sexe \u00bb, joue une sorte de tour, ou un ensemble de tours, sur nous, et peut-\u00eatre sur la litt\u00e9rature elle-m\u00eame, et bien, malheureusement je suis le genre de lecteur qui appr\u00e9cie cela.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s tout, le roman, qui est ostensiblement sur un jeune homme troubl\u00e9 et troublant de vide nomm\u00e9 Serge Carrefax, construisant des radios et larguant des bombes alors que le vingti\u00e8me si\u00e8cle commence, est si bizarre, et tellement, et si clairement sur le langage et ce que nous en faisons, et \u00e0 quoi il sert. Dans sa critique du roman pour le <em>New York Times<\/em>, Jennifer Egan a \u00e9crit que McCarthy \u00ab r\u00e9siste aux tentations de l&rsquo;intrigue \u00e9motionnelle et vise plut\u00f4t quelque chose de plus grand, plus profond, plus universel et \u00e9l\u00e9mentaire. \u00bb<\/p>\n<p>\u00ab C est une enqu\u00eate rigoureuse sur le sens du sens : notre besoin de le trouver dans le monde qui nous entoure et de le communiquer les uns aux autres ; nos m\u00e9thodes pour ce faire ; les centres, les r\u00e9seaux et les \u00e9cheveaux d&rsquo;interaction qui en r\u00e9sultent. \u00bb Disparue est la retenue minimaliste qu&rsquo;il employait dans <em>Remainder<\/em> ; ici, il fusionne une jubilation pynchonienne dans les signes et les codes avec les psych\u00e9d\u00e9liques luxuriants de William Burroughs pour cr\u00e9er un roman intellectuellement provocateur qui se d\u00e9roule comme un r\u00eave sombre et phosphorescent.<\/p>\n<p>Pour \u00eatre juste sur la r\u00e9ponse des critiques, Michiko Kakutani l&rsquo;a <em>d\u00e9test\u00e9<\/em>, le qualifiant de \u00ab d\u00e9cevant et tr\u00e8s conscient de soi \u00bb et trouve ses \u00ab symboles et leitmotivs soigneusement fabriqu\u00e9s\u2026 plus gratuits que r\u00e9v\u00e9lateurs \u00bb.<\/p>\n<p>Ce qui est parfaitement raisonnable. Moi, cependant, je continuerai \u00e0 me d\u00e9lecter de son angoisse consciente de soi, hyper-intellectuelle. J&rsquo;adore ce genre de chose. La structure complexe du roman et sa concentration sur la communication et le sens font \u00e9cho \u00e0 la construction d\u00e9lib\u00e9r\u00e9e trouv\u00e9e dans des formes litt\u00e9raires complexes, comme l&rsquo;exploration de divers <a href=\"https:\/\/latrespace.com\/sonnet-exaples\/\">exemples de sonnets<\/a>.<br \/>\n<img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/latrespace.com\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/toms-jacket-e1268576865546.webp\" alt=\"Couverture du roman C par Tom McCarthy\" width=\"450\" height=\"661\" \/><em class=\"cap-ai\">Couverture du roman C par Tom McCarthy<\/em><\/p>\n<p>\u2013<em>Emily Temple, Senior Editor<\/em><\/p>\n<h3>Patrick DeWitt, <em>The Sisters Brothers<\/em> (2011)<\/h3>\n<p><em>The Sisters Brothers<\/em> de Patrick DeWitt est un western parfait, c&rsquo;est pourquoi il est si surprenant qu&rsquo;il s&rsquo;agisse d&rsquo;une com\u00e9die sur une crise existentialiste prolong\u00e9e. L&rsquo;histoire de l&rsquo;\u00e9poque de la Ru\u00e9e vers l&rsquo;Or de deux chasseurs de primes, Eli le philosophe et son fr\u00e8re Charlie, plus chahuteur et impulsif, se d\u00e9roule lentement alors qu&rsquo;ils se dirigent de l&rsquo;Oregon vers la Californie pour tuer un prospecteur-alchimiste nomm\u00e9 Hermann Kermit Warm \u00e0 la demande d&rsquo;un personnage louche connu sous le nom du Commodore. Eli n&rsquo;aime pas exactement ce qu&rsquo;ils font dans la vie (il pr\u00e9f\u00e9rerait travailler dans un magasin, pense-t-il), tandis que Charlie ne le remet pas en question. Alors qu&rsquo;ils font leur chemin vers le sud, de mani\u00e8re picaresque, ils tr\u00e9buchent d&rsquo;une m\u00e9saventure (souvent crue) \u00e0 la suivante, et finissent par faire \u00e9quipe avec Warm lorsqu&rsquo;ils le trouvent enfin.<\/p>\n<p>La meilleure partie du roman est la narration \u2014 Eli est la boussole morale ambivalente normalement absente des westerns, une sorte de normalit\u00e9 et d&rsquo;humanit\u00e9 extr\u00eames au milieu d&rsquo;un paysage et d&rsquo;une vie d\u00e9sol\u00e9s et impitoyables. Il est toujours aimant envers son fr\u00e8re cruel et insouciant, un peu anxieux \u00e0 propos de son poids, et devient extr\u00eamement excit\u00e9 lorsqu&rsquo;il ach\u00e8te une brosse \u00e0 dents pour la premi\u00e8re fois. Charlie, d&rsquo;autre part, est effrayant \u2014 et vous passerez des pages \u00e0 vous inqui\u00e9ter que le lien compliqu\u00e9 et aimant entre eux sera celui que Charlie rompra \u00e9go\u00efstement, stupidement. La sinc\u00e9rit\u00e9 d&rsquo;Eli est ce qui maintient tout \u00e0 flot, ainsi que ce qui rend tout cela si pr\u00e9caire.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/latrespace.com\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/the-sisters-brothers.webp\" alt=\"Couverture du roman The Sisters Brothers par Patrick DeWitt\" width=\"315\" height=\"475\" \/><em class=\"cap-ai\">Couverture du roman The Sisters Brothers par Patrick DeWitt<\/em><\/p>\n<p>Sa pr\u00e9venance et sa douceur sont brusquement interrompues par des moments d\u00e9rangeants (g\u00e9n\u00e9ralement horribles, parfois d\u00e9go\u00fbtants) de gore \u2014 parfois de la violence, parfois d&rsquo;autres choses naus\u00e9abondes. L&rsquo;imagerie est stup\u00e9fiante \u2014 il y a des passages ici et l\u00e0, \u00e0 la fois horribles et non, qui me sont rest\u00e9s depuis que je l&rsquo;ai lu. Je dois vous avertir, il y a de la violence extr\u00eamement dure et difficile \u00e0 lire contre les chevaux (g\u00e9n\u00e9ralement quelque chose qui me pousse \u00e0 fondre en larmes et \u00e0 arr\u00eater de lire\/regarder la chose en question, mais j&rsquo;\u00e9tais tellement int\u00e9ress\u00e9 par l&rsquo;histoire que j&rsquo;ai quand m\u00eame pleur\u00e9 mais continu\u00e9). Ce sont des \u00e9l\u00e9ments comme ceux-ci qui rappellent comment, malgr\u00e9 toute sa cr\u00e9ativit\u00e9 et son charme, <em>The Sisters Brothers<\/em> est en r\u00e9alit\u00e9 extr\u00eamement triste : une \u00e9vocation d\u00e9chirante d&rsquo;un moment amer de l&rsquo;histoire de l&rsquo;humanit\u00e9, alors qu&rsquo;elle essaie et \u00e9choue \u00e0 progresser. Sur une note diff\u00e9rente, il a aussi le meilleur titre d&rsquo;une \u0153uvre de fiction, peut-\u00eatre jamais. \u00c0 mon avis. \u2013<em>Olivia Rutigliano, CrimeReads Editorial Fellow<\/em><\/p>\n<h3>Claire Messud, <em>The Woman Upstairs<\/em> (2013)<\/h3>\n<p>\u00ab \u00c0 quel point suis-je en col\u00e8re ? Vous ne voulez pas savoir \u00bb, commence le roman de Claire Messud, une accroche certaine si j&rsquo;en ai jamais vue. Si je pouvais, je citerais toute la premi\u00e8re page car elle \u00e9tablit l&rsquo;une des voix f\u00e9ministes les plus puissantes et m\u00e9morables que j&rsquo;aie jamais lues dans la fiction : urgente et effroyablement vraie. La protagoniste en \u00e9bullition silencieuse de <em>The Woman Upstairs<\/em>, Nora Eldridge, est une enseignante qui a mis son art de c\u00f4t\u00e9, car elle suit les r\u00e8gles et craint le risque et l&rsquo;incertitude. Elle est c\u00e9libataire, seule, sans enfants ; intelligente, exp\u00e9riment\u00e9e et assez perspicace pour percer les fa\u00e7ades soci\u00e9tales et exposer les conventions de genre, les st\u00e9r\u00e9otypes et les pressions persistantes qui emprisonnent les femmes. Ainsi, l&rsquo;allusion titulaire de Messud \u00e0 Bertha Mason, la premi\u00e8re \u00ab folle dans le grenier \u00bb.<\/p>\n<p>La vie pr\u00e9visible de Nora est anim\u00e9e par l&rsquo;arriv\u00e9e des Shahid, une famille mondaine : l&rsquo;artiste italienne c\u00e9l\u00e8bre Sirena, l&rsquo;universitaire et intellectuel libanais Skandar et le jeune Reza, bien \u00e9lev\u00e9. Chez chacun des Shahid, Nora entrevoit la renaissance d&rsquo;une vie qu&rsquo;elle pensait perdue depuis longtemps. Avec leurs flatteries et leur permission tacite, elle retourne \u00e0 son art, partageant un atelier avec Sirena qui pr\u00e9pare une exposition d&rsquo;art \u00e0 venir \u00e0 Paris ; elle s&rsquo;engage dans des discussions intellectuelles avec Skandar (bien qu&rsquo;il parle et qu&rsquo;elle \u00e9coute principalement) ; et alors qu&rsquo;elle apprend \u00e0 conna\u00eetre Reza, le trouvant l&rsquo;enfant parfait, elle souhaite \u00eatre sa m\u00e8re. Elle est remplie de promesses, jusqu&rsquo;\u00e0 ce qu&rsquo;ils la trahissent.<\/p>\n<p>Messud utilise la voix confessionnelle et v\u00e9h\u00e9mente de Nora du d\u00e9but \u00e0 la fin, donnant au roman le rythme et la tension d&rsquo;un thriller psychologique. Dans <em>The Woman Upstairs<\/em>, le ton intellectuel caract\u00e9ristique de Messud est revigor\u00e9 par la passion d\u00e9brid\u00e9e de sa protagoniste, qui est aux prises avec les choix de son pass\u00e9 et la promesse de son avenir, accabl\u00e9e par la question du d\u00e9terminisme alors qu&rsquo;elle est tourment\u00e9e par le doute de soi et le sentiment de n&rsquo;avoir aucun contr\u00f4le pour modifier son destin. Messud a atteint le meilleur \u00e9quilibre entre montrer et raconter : elle a livr\u00e9 une version de l&rsquo;histoire de la femme moderne que personne ne peut ignorer. L&rsquo;intensit\u00e9 de la voix de Nora et ses luttes internes rappellent l&rsquo;\u00e9motion brute souvent captur\u00e9e dans la po\u00e9sie personnelle.<br \/>\n<img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/latrespace.com\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/the-woman-upstairs-cover.webp\" alt=\"Couverture du roman The Woman Upstairs par Claire Messud\" width=\"300\" height=\"447\" \/><em class=\"cap-ai\">Couverture du roman The Woman Upstairs par Claire Messud<\/em><\/p>\n<p>\u2013<em>Eleni Theodoropoulos, Editorial Fellow<\/em><\/p>\n<h3>Kathryn Davis, <em>Duplex<\/em> (2013)<\/h3>\n<p>Il est difficile d&rsquo;expliquer le ph\u00e9nom\u00e8ne de la lecture de ce roman pour la premi\u00e8re fois, bien que Lynda Barry le fasse aussi bien que quiconque le pourrait dans l&rsquo;ouverture de sa critique pour le <em>New York Times<\/em> :<\/p>\n<p>Le chapitre s&rsquo;appelle \u00ab Corps-sans-\u00c2me \u00bb, le livre s&rsquo;appelle <em>Duplex<\/em>, et vous avez v\u00e9cu dans un duplex alors vous pensez : \u00ab Oh, je sais de quoi parle ce livre. \u00bb \u2026 Et puis vous lisez ceci : \u00ab La voiture \u00e9tait ch\u00e8re et gris argent\u00e9 et conduite par le sorcier Corps-sans-\u00c2me. \u00bb Et vous d\u00e9couvrez non seulement que Mlle Vicks le conna\u00eet, mais qu&rsquo;ils sont sentimentalement impliqu\u00e9s, et qu&rsquo;il peut faire dispara\u00eetre des choses ou les faire \u00ab vibrer \u00e0 des fr\u00e9quences sans pr\u00e9c\u00e9dent \u00bb, y compris ses parties intimes, il peut semer la peur \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de n&rsquo;importe quoi, et puis vous lisez qu&rsquo;il peut mettre sa main enti\u00e8re \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur d&rsquo;elle. Le temps b\u00e9gaie. Quoi ? Sa main enti\u00e8re quoi ?<\/p>\n<p>Vous lisez l&rsquo;expression quatre fois, essayant de rattraper, de la m\u00eame mani\u00e8re que vous essayiez de rattraper quand vous \u00e9tiez enfant et qu&rsquo;Henry, l&rsquo;adolescent d&rsquo;\u00e0 c\u00f4t\u00e9, racontait \u00e0 un groupe d&rsquo;entre vous une histoire sur son doigt et une fille. Doigt ? Fille ? Quoi ? Puis un flot de compr\u00e9hension vous a horrifi\u00e9, vous a honteux et excit\u00e9, vous a ramen\u00e9 dans la maison \u00e0 la cuisine o\u00f9 le d\u00eener \u00e9tait pr\u00eat, o\u00f9 votre p\u00e2t\u00e9 au poulet attendait d&rsquo;\u00eatre perc\u00e9 avec votre fourchette et vous l&rsquo;avez fix\u00e9.<\/p>\n<p>Parce que le fait est que vous ne savez pas de quoi parle ce livre. Je ne pourrais pas vous dire de quoi parle ce livre, car ce livre est une exp\u00e9rience \u2014 la plus proche d&rsquo;un r\u00eave, peut-\u00eatre, ou d&rsquo;un souvenir. Un enchantement. Tom Bissell l&rsquo;a appel\u00e9 \u00ab un roman d&rsquo;apprentissage rencontre fantaisie dystopique rencontre r\u00e9alit\u00e9 alternative, ou peut-\u00eatre un roman Ionesco rencontre Beckett rencontre Oulipo. \u00bb Il est impassible, \u00e9pisodique, implacablement bizarre, continuellement surprenant et magnifiquement \u00e9crit. Il consid\u00e8re les adolescentes mortellement s\u00e9rieuses, et mortellement s\u00e9rieusement. C&rsquo;est une fantaisie am\u00e9ricaine de banlieue du plus haut niveau \u2014 bien que Davis elle-m\u00eame pourrait tiquer \u00e0 cette description. \u00ab J&rsquo;esp\u00e8re que ce que j&rsquo;\u00e9cris est aussi &lsquo;r\u00e9aliste&rsquo; qu&rsquo;un texte puisse l&rsquo;\u00eatre, bien que peut-\u00eatre &lsquo;fid\u00e8le \u00e0 la vie&rsquo; soit plus proche de ce que je veux dire ici \u00bb, a-t-elle dit dans une interview. \u00ab Je pense que <em>La M\u00e9tamorphose<\/em> est l&rsquo;autobiographie la plus r\u00e9aliste jamais \u00e9crite, et j&rsquo;esp\u00e8re que <em>Duplex<\/em> aspire \u00e0 un certain niveau \u00e0 de telles hauteurs. \u00bb Il y parvient. La capacit\u00e9 du roman \u00e0 m\u00ealer le bizarre et le banal, cr\u00e9ant une atmosph\u00e8re unique, est une marque de son style distinctif. Ce genre de d\u00e9tail sp\u00e9cifique et puissant se retrouve \u00e9galement dans des formes po\u00e9tiques concises, comme <a href=\"https:\/\/latrespace.com\/tercet-example-in-poetry\/\">un exemple de tercet en po\u00e9sie<\/a>. \u2013<em>Emily Temple, Senior Editor<\/em><\/p>\n<h3>Chimamanda Ngozi Adichie, <em>Americanah<\/em> (2013)<\/h3>\n<p>Le troisi\u00e8me roman de Chimamanda Ngozi Adichie est plusieurs choses \u00e0 la fois : en partie satire sociale, en partie roman d&rsquo;apprentissage, en partie com\u00e9die romantique, en partie histoire d&rsquo;immigration. Il est vaste, captivant et profond\u00e9ment agr\u00e9able. Il insiste sur la multiplicit\u00e9 des exp\u00e9riences immigrantes, y compris l&rsquo;id\u00e9e qu&rsquo;une immigrante qui a r\u00e9ussi aux \u00c9tats-Unis pourrait retourner dans son pays d&rsquo;origine, comme le fait sa protagoniste f\u00e9minine Ifemelu. N\u00e9e au Nigeria, Ifemelu vient aux \u00c9tats-Unis pour l&rsquo;universit\u00e9, et a du mal \u00e0 gagner de l&rsquo;argent, faisant malheureusement du travail sexuel \u00e0 un moment donn\u00e9, mais finit par r\u00e9ussir en tant qu&rsquo;\u00e9crivaine, obtenant une bourse \u00e0 Princeton et \u00e9crivant un blog populaire sur son exp\u00e9rience de la race aux \u00c9tats-Unis en tant qu&rsquo;Africaine noire. Lorsque le roman commence, elle se pr\u00e9pare \u00e0 rentrer chez elle.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/latrespace.com\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/americanah-692x1024.webp\" alt=\"Couverture du roman Americanah par Chimamanda Ngozi Adichie\" width=\"692\" height=\"1024\" \/><em class=\"cap-ai\">Couverture du roman Americanah par Chimamanda Ngozi Adichie<\/em><\/p>\n<p>L&rsquo;ami d&rsquo;enfance d&rsquo;Ifemelu et plus tard petit ami (puis ex-petit ami) \u2014 et le deuxi\u00e8me narrateur du roman \u2014 Obinze, voyage en Angleterre et rencontre \u00e9galement des difficult\u00e9s financi\u00e8res, bien que les siennes aboutissent \u00e0 une d\u00e9portation. <em>Americanah<\/em> n&rsquo;h\u00e9site pas \u00e0 aborder la critique sociale ou la romance pure et satisfaisante. Il s&rsquo;agit de l&rsquo;identit\u00e9, au sens propre et figur\u00e9, et il r\u00e9ussit \u00e0 dessiner avec pr\u00e9cision l&rsquo;humanit\u00e9 de ses personnages ainsi que les nuances de ses cultures. L&rsquo;exploration de l&rsquo;identit\u00e9, de l&rsquo;amour et des nuances culturelles dans le r\u00e9cit d\u00e9montre le pouvoir du r\u00e9cit \u00e0 capturer des exp\u00e9riences humaines complexes. Cette profondeur de commentaire \u00e9motionnel et social est \u00e9galement une force des \u0153uvres po\u00e9tiques. \u2013<em>Jessie Gaynor, Social Media Editor<\/em><\/p>\n<h3>Ben Lerner, <em>10:04<\/em> (2014)<\/h3>\n<p>Compte tenu de sa r\u00e9putation, il est en fait un peu \u00e9trange de se souvenir que Ben Lerner a publi\u00e9 ses trois romans (et un recueil de po\u00e9sie) au cours de la derni\u00e8re d\u00e9cennie. Pour celles et ceux qui sont pr\u00eats \u00e0 descendre dans les commentaires pour me dire qu&rsquo;en fait, Lerner est un <em>po\u00e8te<\/em> \u2014 je sais, les gars. Oui, il avait publi\u00e9 deux recueils de po\u00e9sie avant cette d\u00e9cennie (<em>Angle of Yaw<\/em> en 2006 a \u00e9t\u00e9 finaliste du National Book Award en po\u00e9sie), et il en a publi\u00e9 un autre en 2010, mais on ne peut vraiment pas nier que Lerner a acquis une notori\u00e9t\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale avec son roman mince et semi-autobiographique <em>Leaving the Atocha Station<\/em> en 2011, et que depuis, il est devenu un nom majeur dans le monde litt\u00e9raire principalement gr\u00e2ce \u00e0 la force de ses romans. Ce sont les faits.<\/p>\n<p>J&rsquo;ai relu r\u00e9cemment <em>Leaving the Atocha Station<\/em> et <em>10:04<\/em>, afin de mieux contextualiser le dernier ouvrage de Lerner, <em>The Topeka School<\/em>, et je les ai trouv\u00e9s tous deux encore agr\u00e9ablement sur-intellectuels, dr\u00f4les et imparfaits \u2014 mais <em>10:04<\/em> a plut\u00f4t mieux r\u00e9sist\u00e9, m\u00eame avec ses \u00ab \u00e9v\u00e9nements lacrymaux l\u00e9gers \u00bb. Oui, en 2019, le fait qu&rsquo;il ait ins\u00e9r\u00e9 une histoire du <em>New Yorker<\/em> dans son roman en bloc n&rsquo;est pas aussi charmant qu&rsquo;en 2014, mais qui s&rsquo;en soucie ? Et bien s\u00fbr, le roman n&rsquo;est pour l&rsquo;essentiel qu&rsquo;une s\u00e9rie d&rsquo;observations de Ben Lerner sur l&rsquo;art, les gens et le monde, mais qui s&rsquo;en soucie, et en fait c&rsquo;est exactement ce que j&rsquo;aime chez lui, car les observations de Ben Lerner sont meilleures que celles de la plupart des gens, et parce que si un livre me fait m&rsquo;asseoir et r\u00e9fl\u00e9chir profond\u00e9ment au monde dans lequel je vis et aux liens entre les ph\u00e9nom\u00e8nes, alors je suis plus que satisfait. De plus, il contient une sc\u00e8ne de masturbation vraiment hilarante. Vraiment, on ne peut pas faire mieux. (Sans jeu de mots !!!!!!!) \u2013<em>Emily Temple, Senior Editor<\/em><\/p>\n<h3>Rabih Alameddine, <em>An Unnecessary Woman<\/em> (2014)<\/h3>\n<p>Bien s\u00fbr, j&rsquo;allais aimer ce livre. C&rsquo;est un livre sur les livres. Il a quatre (4) \u00e9pigraphes. <em>Austerlitz<\/em> de W. G. Sebald est mentionn\u00e9 \u00e0 la page trois. <em>2666<\/em> de Roberto Bola\u00f1o est mentionn\u00e9 \u00e0 la page six. Ce n&rsquo;est que la pointe de l&rsquo;iceberg. De plus, il s&rsquo;agit d&rsquo;une femme introvertie, d\u00e9licieusement sardonique, implacablement t\u00eatue qui d\u00e9teste \u00e0 peu pr\u00e8s tout le monde, mais qui aime la litt\u00e9rature, et qui passe tout son temps cach\u00e9e dans son appartement \u00e0 Beyrouth, traduisant secr\u00e8tement tous ses romans pr\u00e9f\u00e9r\u00e9s en arabe. Elle fait cela depuis 50 ans. Personne n&rsquo;en a jamais lu aucun. Honn\u00eatement, je ne peux pas penser \u00e0 un livre mieux adapt\u00e9 \u00e0 mon temp\u00e9rament.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/latrespace.com\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/alameddine-unnecessary-woman-9780802122148jpg-683x1024.webp\" alt=\"Couverture du roman An Unnecessary Woman par Rabih Alameddine\" width=\"683\" height=\"1024\" \/><em class=\"cap-ai\">Couverture du roman An Unnecessary Woman par Rabih Alameddine<\/em><\/p>\n<p>Et ce n&rsquo;est que le titre accrocheur. C&rsquo;est aussi un roman sur la guerre civile libanaise, et sur la fa\u00e7on dont nous traitons les personnes qui vivent en marge, en particulier les femmes, en particulier les femmes \u00e2g\u00e9es. C&rsquo;est aussi un roman sur la solitude, et sur le chagrin, et sur la fa\u00e7on dont le langage peut nous aider \u00e0 n\u00e9gocier cela, et les limites de cette n\u00e9gociation.<\/p>\n<p>Mais probablement le meilleur argument pour ce livre comme l&rsquo;un des plus grands de la d\u00e9cennie est ceci : la voix narrative d&rsquo;Aaliya est l&rsquo;une des meilleures que j&rsquo;aie jamais lue. Elle est inhabituelle, contemplative, critique, complexe, franche, impolie et tendre. Elle est absurdement captivante. Si les vrais grands romans sont ceux qui inventent et maintiennent une qualit\u00e9 d&rsquo;esprit unique (et pour moi, c&rsquo;est le cas), celui-ci est l&rsquo;un des plus grands. \u2013<em>Emily Temple, Senior Editor<\/em><\/p>\n<h3>Lauren Groff, <em>Fates and Furies<\/em> (2015)<\/h3>\n<p>Les choses allaient plut\u00f4t bien en 2015 \u2014 Obama \u00e9tait pr\u00e9sident, l&rsquo;Accord de Paris a \u00e9t\u00e9 r\u00e9dig\u00e9, la Cour supr\u00eame a confirm\u00e9 le mariage entre personnes du m\u00eame sexe (plus un petit site web appel\u00e9 Lit Hub a \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9). Et le troisi\u00e8me roman de Lauren Groff, <em>Fates and Furies<\/em>, a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9. Finaliste pour le National Book Award, le livre a fait sensation, recueillant des critiques positives de la part de tout le monde (y compris Obama, qui a dit que c&rsquo;\u00e9tait son livre pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 de 2015). Le roman commence le jour o\u00f9 un jeune couple, Lancelot (Lotto) Satterwhite et Mathilde Yoder, se marie, \u00e0 peine deux semaines apr\u00e8s leur rencontre. La fa\u00e7on dont leur amour grandit est racont\u00e9e dans la premi\u00e8re moiti\u00e9 du livre, suivant l&rsquo;histoire de h\u00e9ros mythique de Lotto (n\u00e9 pendant un ouragan d&rsquo;une m\u00e8re sir\u00e8ne de parc \u00e0 th\u00e8me), il lutte en tant qu&rsquo;acteur avant de se transformer en brillant dramaturge. C&rsquo;est un homme touch\u00e9 par le destin, qui ne remet pas en question ses succ\u00e8s.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/latrespace.com\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/fatesandfuries.webp\" alt=\"Couverture du roman Fates and Furies par Lauren Groff\" width=\"300\" height=\"453\" \/><em class=\"cap-ai\">Couverture du roman Fates and Furies par Lauren Groff<\/em><\/p>\n<p>La seconde moiti\u00e9 du roman bouleverse l&rsquo;histoire, Mathilde se r\u00e9v\u00e9lant comme le catalyseur de la bonne fortune de Lotto. Alors que l&rsquo;histoire est racont\u00e9e et remodel\u00e9e de son point de vue, non seulement les lacunes sont combl\u00e9es, mais des secrets sont r\u00e9v\u00e9l\u00e9s. Dans une interview pour Lit Hub, Groff a dit que le roman est une \u00ab conversation sur le mariage, mais aussi sur le privil\u00e8ge et l&rsquo;origine sociale, notre personnalit\u00e9 et la fa\u00e7on dont nous g\u00e9rons le monde. \u00bb <em>Fates and Furies<\/em> prend un mariage de conte de f\u00e9es et sonde ses profondeurs les plus sombres et psychologiques avec une prose parfaite, lyrique. Si, d&rsquo;une mani\u00e8re ou d&rsquo;une autre, vous l&rsquo;avez manqu\u00e9 lors de sa premi\u00e8re publication, c&rsquo;est votre signal pour le prendre maintenant. La structure en couches du roman et sa concentration intense sur les profondeurs cach\u00e9es d&rsquo;une relation offrent un portrait complexe de l&rsquo;amour, refl\u00e9tant l&rsquo;exploration \u00e9motionnelle complexe trouv\u00e9e dans des \u0153uvres litt\u00e9raires comme <a href=\"https:\/\/latrespace.com\/a-perfect-sonnet-lyrics\/\">les paroles d&rsquo;un sonnet parfait<\/a>. \u2013<em>Emily Firetog, Deputy Editor<\/em><\/p>\n<h3>Paulette Jiles, <em>News of the World<\/em> (2016)<\/h3>\n<p>Un conte d&rsquo;aventure magnifiquement vivant et profond\u00e9ment r\u00e9confortant d&rsquo;un couple improbable se d\u00e9roulant au lendemain de la Guerre Civile, dans lequel le Capitaine Jefferson Kyle Kidd \u2014 un veuf \u00e2g\u00e9 (mais toujours alerte) et v\u00e9t\u00e9ran de trois guerres qui parcourt les villes du nord du Texas, r\u00e9pandant la bonne nouvelle que le 15e Amendement vient d&rsquo;\u00eatre ratifi\u00e9 et lisant des articles de journaux de terres lointaines \u00e0 des salles municipales pleines de gens captiv\u00e9s \u2014 se retrouve charg\u00e9 de livrer une jeune orpheline (la charmante Johanna, ancienne \u00ab captive \u00bb Kiowa, querelleuse) \u00e0 travers 400 miles de territoire non colonis\u00e9 \u00e0 ses parents \u00e0 San Antonio. Comme je l&rsquo;ai d\u00e9taill\u00e9 avec une longueur exasp\u00e9rante \u00e0 quiconque veut bien \u00e9couter au cours des trois derni\u00e8res ann\u00e9es, j&rsquo;aime tout dans ce joyau tendre de roman : la fa\u00e7on dont Jiles texture son paysage du Vieil Ouest avec les observations po\u00e9tiques laconiques et les r\u00e9flexions ironiques de Kidd, les frissons \u00e0 l&rsquo;ancienne d&rsquo;\u00e9vasion et de fum\u00e9e de poudre sur lesquels elle permet \u00e0 ses protagonistes mal assortis de tisser des liens, son m\u00e9lange magistral d&rsquo;humour et de suspense, et le plaisir qu&rsquo;elle prend \u00e0 d\u00e9tailler un mode de vie en voie de disparition.<\/p>\n<p>C&rsquo;est un portrait exquis de deux \u00e2mes m\u00e9fiantes et \u00e9puis\u00e9es, affam\u00e9es d&rsquo;amour et d\u00e9tach\u00e9es des mondes qu&rsquo;elles connaissaient, trouvant un r\u00e9confort inattendu l&rsquo;une dans l&rsquo;autre. Ce qui commence comme une bataille de volont\u00e9s hilarante et combative entre ce couple improbable de m\u00e9contents devient, \u00e0 la fin, quelque chose de tout \u00e0 fait plus poignant, plus pr\u00e9cieux. Si je fais para\u00eetre cela mielleux et sentimental, pardonnez-moi, car il n&rsquo;est ni l&rsquo;un ni l&rsquo;autre. Il n&rsquo;y a rien de bon march\u00e9, rien d&rsquo;imm\u00e9rit\u00e9 dans la chaleur qui irradie de ses derni\u00e8res pages, la douce tristesse que nous ressentons \u00e0 la fin de leur voyage. L&rsquo;exploration poignante de la connexion et du voyage dans ce roman partage une profondeur th\u00e9matique avec de nombreuses formes po\u00e9tiques qui capturent des voyages \u00e9motionnels. \u2013<em>Dan Sheehan, Book Marks Editor<\/em><\/p>\n<h3>Mike McCormack, <em>Solar Bones<\/em> (2016)<\/h3>\n<p>La quatri\u00e8me de couverture de mon \u00e9dition de <em>Solar Bones<\/em> r\u00e9v\u00e8le la fin, ou du moins le d\u00e9nouement. Je vais le r\u00e9v\u00e9ler \u00e0 nouveau, maintenant, alors d\u00e9tournez les yeux si vous faites partie de ces personnes qui s&rsquo;offusquent des \u00ab spoilers \u00bb, comme si l&rsquo;on pouvait g\u00e2cher de la grande litt\u00e9rature en d\u00e9taillant un point quelconque de son intrigue. Donc : Marcus Conway est mort. Et dans ce roman exceptionnel et \u00e9trange, dont l&rsquo;action pr\u00e9sente ne dure que quelques heures le jour de la Toussaint, Marcus est assis \u00e0 sa table de cuisine et raconte le jour de sa mort \u2014 et une grande partie de la vie qui l&rsquo;a pr\u00e9c\u00e9d\u00e9e \u2014 en une seule phrase longue comme un livre, une ode incantatoire \u00e0 la vie dans une petite ville de l&rsquo;ouest de l&rsquo;Irlande. Mais le formatage exp\u00e9rimental n&rsquo;est m\u00eame pas la caract\u00e9ristique la plus impressionnante du roman \u2014 je veux dire, avant cela je n&rsquo;aurais jamais imagin\u00e9 que je puisse \u00eatre autant enchant\u00e9 par un livre traitant largement des habitudes quotidiennes, des diverses relations et des petits drames professionnels d&rsquo;un ing\u00e9nieur civil d&rsquo;\u00e2ge moyen. Quelle magie est-ce l\u00e0 ?<\/p>\n<p>Et finalement, c&rsquo;est ce qui est si profond dans ce roman : il prend quelque chose d&rsquo;assez simple \u2014 la vie d&rsquo;une personne ordinaire \u2014 et le pr\u00e9sente si soigneusement, si lyriquement et sp\u00e9cifiquement, qu&rsquo;il ne peut qu&rsquo;\u00e0 devenir cosmique, philosophique, un monde entier \u00e0 admirer. C&rsquo;est pourquoi la fin \u2014 que vous la sachiez venir ou non \u2014 est si d\u00e9chirante. C&rsquo;est une apocalypse, une petite, et vous la ressentez, m\u00eame si les voitures continuent de d\u00e9filer devant la fen\u00eatre de votre chambre. \u2013<em>Emily Temple, Senior Editor<\/em><\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/latrespace.com\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/a1nfejobjnl-691x1024.webp\" alt=\"Couverture du roman Solar Bones par Mike McCormack\" width=\"691\" height=\"1024\" \/><em class=\"cap-ai\">Couverture du roman Solar Bones par Mike McCormack<\/em><\/p>\n<h3>Samantha Hunt, <em>Mr. Splitfoot<\/em> (2016)<\/h3>\n<p><em>Mr. Splitfoot<\/em>, le troisi\u00e8me roman de Samantha Hunt, est son plus \u00e9trange, et peut-\u00eatre son plus triste. Il s&rsquo;agit de deux pr\u00e9adolescents \u2014 orphelins \u2014 Ruth et Nat, qui vivent dans le nord de l&rsquo;\u00c9tat de New York d\u00e9sol\u00e9, au Foyer, Ferme et Mission Amour du Christ !, un endroit terrible g\u00e9r\u00e9 par un psychopathe religieux avide. Ruth est amoureuse de Nat, tandis que Nat est amoureux de ses propres comp\u00e9tences \u2014 d&rsquo;une mani\u00e8re ou d&rsquo;une autre, il peut parler aux morts. Il peut invoquer les parents d\u00e9c\u00e9d\u00e9s des enfants qui vivent au foyer. C&rsquo;est pendant l&rsquo;une de ses s\u00e9ances qu&rsquo;ils sont interrompus par un nouveau personnage \u2014 un charlatan charismatique nomm\u00e9 M. Bell qui veut aider Nat \u00e0 profiter financi\u00e8rement de son talent. Cet intrus est \u00e9videmment une mauvaise nouvelle \u2014 mais le sentiment de pressentiment autour de lui et de toute leur entreprise est gravement augment\u00e9 par le fait que tous les deux chapitres du roman se d\u00e9roulent de nombreuses ann\u00e9es plus tard. Ruth, maintenant adulte, est l\u00e0, et Nat est introuvable. Cette Ruth plus \u00e2g\u00e9e ne parle plus du tout maintenant, mais elle est d\u00e9termin\u00e9e \u00e0 aider une jeune femme, sa ni\u00e8ce Cora, \u00e0 \u00e9chapper \u00e0 quelque chose de dangereux.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/latrespace.com\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/9780544526709.webp\" alt=\"Couverture du roman Mr. Splitfoot par Samantha Hunt\" width=\"350\" height=\"525\" \/><em class=\"cap-ai\">Couverture du roman Mr. Splitfoot par Samantha Hunt<\/em><\/p>\n<p>Les romans de Hunt, en g\u00e9n\u00e9ral, sont terriblement atmosph\u00e9riques, mais <em>Mr. Splitfoot<\/em> pourrait remporter la palme \u2014 ici, elle est une v\u00e9ritable cin\u00e9aste. L&rsquo;ambiance qu&rsquo;elle con\u00e7oit est exceptionnellement vivante : tant\u00f4t sombre et criarde, extr\u00eamement solitaire et humide. Il est \u00e9trange que le cadre du roman soit si r\u00e9el et ordinaire (juste \u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur de Troy, New York) parce que l&rsquo;histoire est si surnaturelle, si m\u00e9taphysique, tellement un conte de f\u00e9es sinistre. Le roman \u00e9voque son pouls effrayant et rampant \u00e0 partir d&rsquo;une iconographie chr\u00e9tienne grotesque, de for\u00eats humides et de fant\u00f4mes enfum\u00e9s qui pourraient ressembler \u00e0 ce \u00e0 quoi ressemblent les m\u00e8res (bien que, parmi l&rsquo;ensemble tr\u00e8s d\u00e9muni de m\u00e8res, personne ne sache avec certitude). <em>Mr. Splitfoot<\/em> est riche en symbolisme, ce qui pourrait sembler trop \u00e9pais pour certains lecteurs, mais je pense que cela correspond \u00e0 la g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale de sa narration. Hunt ne fait pas que \u00e9crire de la fiction ; comme les orphelins magiques au centre de son histoire, elle donne vraiment vie aux choses \u2014 bien que le dire ainsi pourrait aussi \u00eatre un peu exag\u00e9r\u00e9. \u2013<em>Olivia Rutigliano, CrimeReads Editorial Fellow<\/em><\/p>\n<h3>Yaa Gyasi, <em>Homegoing<\/em> (2016)<\/h3>\n<p><em>Homegoing<\/em>, le vaste r\u00e9cit de Yaa Gyasi sur les cons\u00e9quences de la traite n\u00e9gri\u00e8re sur une lign\u00e9e familiale sur trois si\u00e8cles, commence avec deux demi-s\u0153urs dans le Ghana du 18e si\u00e8cle : Effia, dont le mariage avec le gouverneur britannique du ch\u00e2teau de Cape Coast lui procure s\u00e9curit\u00e9 et richesse, et Esi, qui est enlev\u00e9e et vendue en esclavage, attendant le passage vers les Am\u00e9riques dans les cachots bond\u00e9s et naus\u00e9abonds sous la forteresse o\u00f9 Effia vit dans le luxe. Chaque chapitre est racont\u00e9 du point de vue de l&rsquo;un de leurs descendants, d\u00e9roulant les effets de l&rsquo;esclavage des deux c\u00f4t\u00e9s de l&rsquo;Atlantique : en Afrique de l&rsquo;Ouest, les familles et les villages sont d\u00e9chir\u00e9s par la guerre et les enl\u00e8vements ; en Am\u00e9rique, la brutalit\u00e9 inhumaine de l&rsquo;esclavage am\u00e9ricain, dont les rumeurs provoquent l&rsquo;horreur parmi ceux qui restent en Afrique, conduit \u00e0 l&rsquo;\u00e8re de l&rsquo;apartheid Jim Crow et de la torture. Dans les sc\u00e8nes pr\u00e9c\u00e9dentes du livre, certaines de ses plus vives, Isabel Wilkerson a \u00e9crit pour le <em>New York Times<\/em> que Gyasi \u00ab marche avec assurance sur le terrain d&rsquo;Alex Haley, Solomon Northup et Chimamanda Ngozi Adichie dans sa repr\u00e9sentation intime du c\u0153ur humain battu par les forces de la conqu\u00eate et de l&rsquo;histoire. \u00bb Certains critiques ont soutenu que les sc\u00e8nes ult\u00e9rieures du livre, dans les \u00c9tats-Unis modernes, s&rsquo;appuyaient sur des st\u00e9r\u00e9otypes qui \u00e9taient \u00ab parfois import\u00e9s sans questionnement, plut\u00f4t que combattus, subvertis et compliqu\u00e9s \u00bb, a \u00e9crit Kate Osana Simonian pour <em>The Kenyon Review<\/em>. Quoi qu&rsquo;il en soit, ce livre est un t\u00e9moignage \u00e9tonnant de survie et un t\u00e9moin de la sagesse et de l&rsquo;ing\u00e9niosit\u00e9 ancestrales qui ont rendu la survie possible. \u2013<em>Corinne Segal, Senior Editor<\/em><\/p>\n<h3>Danielle Dutton, <em>Margaret the First<\/em> (2016)<\/h3>\n<p>Je recommande ce roman fin, ce poignard \u00e9tincelant depuis sa sortie en 2016, \u00e0 quiconque veut bien \u00e9couter, et je ne vais pas m&rsquo;arr\u00eater maintenant. \u00c9coutez, les listes \u00ab des meilleurs \u00bb comme celle-ci devraient \u00eatre d\u00e9sordonn\u00e9es, idiosyncratiques et inattendues, des reflets de longues et vives discussions entre des personnes qui se soucient beaucoup des livres et lisent toujours \u2014 ce qu&rsquo;elles ne devraient pas \u00eatre, c&rsquo;est calibr\u00e9 pour plaire \u00e0 tout le monde. Cela dit \u2014 et mis \u00e0 part mon amour pour l&rsquo;inhabitation miraculeuse \u00e0 la premi\u00e8re personne par Danielle Dutton de la femme de la Renaissance du 17e si\u00e8cle Margaret Cavendish \u2014 j&rsquo;aimerais que ce livre serve de preuve repr\u00e9sentative de tous les courts romans qui ne sont peut-\u00eatre pas \u00e9piques par leur longueur, mais le sont par leur port\u00e9e, qui sont trop souvent absents de listes comme celle-ci parce qu&rsquo;ils ne sont pas imm\u00e9diatement per\u00e7us comme monumentaux. Mais retour au livre.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/latrespace.com\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/margaret-the-first.webp\" alt=\"Couverture du roman Margaret the First par Danielle Dutton\" width=\"317\" height=\"475\" \/><em class=\"cap-ai\">Couverture du roman Margaret the First par Danielle Dutton<\/em><\/p>\n<p>De rang noble, Margaret Cavendish \u2014 alias \u00ab Mad Madge \u00bb (Madge la folle) \u2014 \u00e9tait une personne r\u00e9elle, \u00e9crivaine de pi\u00e8ces de th\u00e9\u00e2tre, de po\u00e9sie, de trait\u00e9s philosophiques, de th\u00e9ories scientifiques, et plus encore. Premi\u00e8re femme jamais invit\u00e9e \u00e0 la Royal Society de Londres, Cavendish a, en effet, atteint la renomm\u00e9e intellectuelle qu&rsquo;elle cherchait depuis longtemps ; sans surprise, ses r\u00e9alisations ont \u00e9t\u00e9 diminu\u00e9es \u00e0 chaque tournant, car beaucoup ont affirm\u00e9 que ses livres devaient avoir \u00e9t\u00e9 \u00e9crits par son mari. Dutton (qui a fond\u00e9 Dorothy : A Publishing Project) r\u00e9alise les ambitions d\u00e9mesur\u00e9es de ce livre remarquable avec une efficacit\u00e9 virtuose, tressant les perspectives \u00e0 la premi\u00e8re et \u00e0 la troisi\u00e8me personne avec des passages des \u00e9crits originaux de Cavendish. Je recommanderai ce livre pour la prochaine d\u00e9cennie. L&rsquo;exploration de l&rsquo;ambition et de la production litt\u00e9raire d&rsquo;une figure historique dans ce roman met en lumi\u00e8re le pouvoir durable des mots \u00e0 travers les genres et les si\u00e8cles. \u2013<em>Jonny Diamond, Editor in Chief<\/em><\/p>\n<h3>Elif Batuman, <em>The Idiot<\/em> (2017)<\/h3>\n<p><em>The Idiot<\/em> est un de ces livres qui a \u00e9largi ma compr\u00e9hension de ce \u00e0 quoi un roman pouvait ressembler. Il est sinueux, mais il serpente avec tant d&rsquo;entrain que je n&rsquo;ai jamais dout\u00e9 qu&rsquo;Elif Batuman savait exactement o\u00f9 elle me menait. <em>The Idiot<\/em> est un roman universitaire, racontant l&rsquo;histoire de la premi\u00e8re ann\u00e9e de sa protagoniste \u00e0 Harvard. Elle \u2014 Selin \u2014 a un int\u00e9r\u00eat romantique (leur relation est une sorte de relation \u00e0 sens unique et demi \u2014 leur cour se d\u00e9roule principalement dans le m\u00e9dium naissant d&rsquo;alors, le courriel), mais la plupart du temps, elle flotte. \u00c7a fait partie, le flottement. Selin est un peu comme une bou\u00e9e dans un monde de torpilles. Si cela semble fastidieux, consid\u00e9rez le pouvoir profond de la narratrice incroyablement dr\u00f4le et linguistiquement virtuose. <em>The Idiot<\/em> est parfois l\u00e2che, mais sa voix est si compl\u00e8tement charmante que j&rsquo;aurais pu en lire des volumes. Selin est, si parfois d\u00e9concert\u00e9e, aussi pleine d&rsquo;\u00e9merveillement, sans aucune de la mi\u00e8vrerie dont ce mot est parfois injustement charg\u00e9. <em>The Idiot<\/em> est un roman d&rsquo;id\u00e9es, un roman de fascination. Et il est tellement dr\u00f4le. Concernant l&rsquo;humour du roman, Cathleen Schine \u00e9crit : \u00ab Le langage est le m\u00e9dium et le langage est le com\u00e9dien, le langage est la star et l&rsquo;accessoire, Chaplin et le globe qu&rsquo;il \u00e9quilibre, l&rsquo;affam\u00e9 et la chaussure qu&rsquo;il d\u00e9vore. \u00bb <em>The Idiot<\/em> est, malgr\u00e9 ses aspects d\u00e9braill\u00e9s, un monde parfaitement autonome.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/latrespace.com\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/0310the-idiot-cover.webp\" alt=\"Couverture du roman The Idiot par Elif Batuman\" width=\"619\" height=\"941\" \/><em class=\"cap-ai\">Couverture du roman The Idiot par Elif Batuman<\/em><\/p>\n<p>\u2013<em>Jessie Gaynor, Social Media Editor<\/em><\/p>\n<h3>Jesmyn Ward, <em>Sing, Unburied, Sing<\/em> (2017)<\/h3>\n<p>Jesmyn Ward est laur\u00e9ate d&rsquo;une bourse MacArthur pour g\u00e9nies, double laur\u00e9ate du National Book Award, ancienne honor\u00e9e du TIME 100, ainsi que l&rsquo;auteure d&rsquo;un des m\u00e9moires les plus puissants et touchants des dix derni\u00e8res ann\u00e9es, alors pourquoi a-t-on encore l&rsquo;impression qu&rsquo;elle est sous-lue ? Certes, Ward n&rsquo;est pas l&rsquo;une des auteures tr\u00e8s pr\u00e9sentes en ligne du monde du livre, et elle ne se qualifie pas non plus comme un <em>wunderkind<\/em> litt\u00e9raire (bien que je dirais que gagner deux National Book Awards \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge encore jeune de quarante ans est sacr\u00e9ment <em>wunder<\/em>ful), et elle et son \u0153uvre n&rsquo;ont jamais vraiment \u00e9t\u00e9 soumises au genre d&rsquo;assaut \u00e9ditorial haletant qui peut, comme un avantage inattendu, servir \u00e0 faire conna\u00eetre un titre, mais quand m\u00eame\u2026 Tout ce pr\u00e9ambule pour dire que si vous n&rsquo;avez pas encore lu l&rsquo;\u0153uvre de Ward, vous devriez vraiment, <em>vraiment<\/em> le faire. C&rsquo;est une \u00e9crivaine vraiment magnifique et l&rsquo;une des chroniqueuses les plus po\u00e9tiques et humaines du traumatisme que des g\u00e9n\u00e9rations de racisme syst\u00e9mique ont inflig\u00e9 \u00e0 la famille noire am\u00e9ricaine contemporaine. Son meilleur (et le plus bouleversant) ouvrage \u00e0 ce jour, <em>Sing, Unburied, Sing<\/em>, est un portrait intime et mystique d&rsquo;une famille fractur\u00e9e de la c\u00f4te du Mississippi et des histoires douloureuses et secrets enfouis qui affligent ses membres alors qu&rsquo;ils entreprennent un voyage vers la P\u00e9nitentiaire d&rsquo;\u00c9tat. Comme elle le fait dans <em>Salvage the Bones<\/em> en 2011, Ward infuse ce conte r\u00e9aliste d\u00e9vastateur du Sud d&rsquo;une sorte de grandeur mythique. Sa langue est lyrique, hypnotique, hant\u00e9e par une tristesse profonde et intense, tout comme ses personnages sont hant\u00e9s par les fant\u00f4mes de jeunes hommes brutalement et pr\u00e9matur\u00e9ment arrach\u00e9s au monde. La qualit\u00e9 lyrique de la prose de Ward, \u00e9voquant une profonde tristesse et l&rsquo;exp\u00e9rience humaine, r\u00e9sonne avec le pouvoir trouv\u00e9 dans l&rsquo;expression po\u00e9tique. \u2013<em>Dan Sheehan, Book Marks Editor<\/em><\/p>\n<h3>Ottessa Moshfegh, <em>My Year of Rest and Relaxation<\/em> (2018)<\/h3>\n<p>Si je devais choisir un mot pour d\u00e9crire mon exp\u00e9rience de lecture du dernier roman d&rsquo;Ottessa Moshfegh, le mot serait <em>d\u00e9lice<\/em>. C&rsquo;est juste tellement amusant, et bizarre, et, eh bien, <em>m\u00e9chant<\/em> d&rsquo;une mani\u00e8re qui n&rsquo;est pas permise, d&rsquo;habitude, ni en litt\u00e9rature ni dans la vie, ce qui m&rsquo;a fait aimer \u00e7a (regardez, elle ne fait de mal \u00e0 personne, tout le monde est fictif, laissez-moi \u00e7a).<\/p>\n<p>Comme beaucoup de lecteurs (et d&rsquo;\u00e9crivains) que je connais, je suis tomb\u00e9 amoureux de Moshfegh via ses histoires dans la <em>Paris Review<\/em>, et en 2017 de son recueil <em>Homesick for Another World<\/em>. <em>My Year of Rest and Relaxation<\/em> reprend certains \u00e9l\u00e9ments de ses histoires \u2014 des gens horribles, la col\u00e8re, la dissociation entre la r\u00e9alit\u00e9 et l&rsquo;int\u00e9riorit\u00e9 \u2014 tout en ayant l&rsquo;impression d&rsquo;\u00eatre une \u0153uvre beaucoup plus grande, meilleure, complexe. Eh bien, c&rsquo;est un roman, apr\u00e8s tout, et c&rsquo;est un bon.<\/p>\n<p>Comme vous le savez peut-\u00eatre, le livre est centr\u00e9 sur une narratrice sans nom (riche, nous dit-elle, et jolie) vivant \u00e0 New York, dont les parents sont r\u00e9cemment d\u00e9c\u00e9d\u00e9s, et qui souhaiterait prendre une \u00ab ann\u00e9e de repos et de relaxation \u00bb via une l\u00e9thargie m\u00e9dicamenteuse, ne se r\u00e9veillant que tous les trois jours pour manger. Elle est parfois contrari\u00e9e par Reva, sa \u00ab meilleure amie \u00bb, mais finit par plus ou moins r\u00e9ussir, et se r\u00e9veille \u00e0 l&rsquo;\u00e9t\u00e9 2001, se r\u00e9adaptant lentement \u00e0 sa vie avant de devoir se r\u00e9adapter \u00e0 nouveau.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/latrespace.com\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/unnamed-2-677x1024.webp\" alt=\"Couverture du roman My Year of Rest and Relaxation par Ottessa Moshfegh\" width=\"677\" height=\"1024\" \/><em class=\"cap-ai\">Couverture du roman My Year of Rest and Relaxation par Ottessa Moshfegh<\/em><\/p>\n<p>Et non sans raison, la deuxi\u00e8me moiti\u00e9 de cette d\u00e9cennie m&rsquo;a rendu extr\u00eamement sympathique \u00e0 la qu\u00eate de passer une ann\u00e9e \u00e0 dormir. Tant que je pourrais encore voter (vote par correspondance ?), j&rsquo;accepterais volontiers d&rsquo;\u00eatre inconsciente pour 2020. Pensez \u00e0 toute la merde que je raterais. \u2013<em>Emily Temple, Senior Editor<\/em><\/p>\n<h3>Sally Rooney, <em>Normal People<\/em> (2018)<\/h3>\n<p>Je passe juste vous pr\u00e9senter un livre dont vous n&rsquo;avez certainement jamais entendu parler, un roman sous-estim\u00e9 que j&rsquo;aime appeler <em>Normal People<\/em>. Je plaisante ! Je suis s\u00fbr que vous savez tout \u00e0 ce sujet. Je suis s\u00fbr que c&rsquo;est la premi\u00e8re chose que vous voyez en entrant dans votre librairie ind\u00e9pendante locale. Je suis s\u00fbr que vous avez probablement essay\u00e9 d&rsquo;aller \u00e0 l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement \u00ab Books Are Magic \u00bb auquel tant de gens ont r\u00e9pondu qu&rsquo;ils ont d\u00fb le d\u00e9placer dans une \u00e9glise locale (et c&rsquo;\u00e9tait <em>encore<\/em> bond\u00e9 !). Vous \u00eates probablement aussi excit\u00e9s pour l&rsquo;adaptation t\u00e9l\u00e9vis\u00e9e \u2014 n&rsquo;est-ce pas ? Il y a une bonne raison pour le battage m\u00e9diatique, mes amis. De Sally Rooney, auteure c\u00e9l\u00e9br\u00e9e de <em>Conversations With Friends<\/em> et annonc\u00e9e comme \u00ab la premi\u00e8re grande \u00e9crivaine mill\u00e9niale \u00bb, voici l&rsquo;histoire de Connell et Marianne. Connell est votre jeune branch\u00e9 par excellence (populaire, star de l&rsquo;\u00e9quipe de football, etc.), tandis que Marianne m\u00e8ne une existence lyc\u00e9enne plus solitaire et priv\u00e9e. Sa m\u00e8re travaille pour sa famille. Un jour, lorsque Connell vient chercher sa m\u00e8re chez Marianne, une connexion improbable grandit entre les deux adolescents.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/latrespace.com\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/9781984822178.webp\" alt=\"Couverture du roman Normal People par Sally Rooney\" width=\"300\" height=\"450\" \/><em class=\"cap-ai\">Couverture du roman Normal People par Sally Rooney<\/em><\/p>\n<p>\u00c0 travers la prose magistralement contr\u00f4l\u00e9e de Sally Rooney, nous les suivons \u00e0 travers les couloirs de leur lyc\u00e9e, o\u00f9 ils font semblant de ne pas se conna\u00eetre. Nous les suivons alors qu&rsquo;ils grandissent, perdent des amiti\u00e9s, quittent la maison. Nous les suivons \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9. Les voyons s&rsquo;\u00e9panouir et fl\u00e9trir, fluctuer. Il y a quelque chose dans l&rsquo;\u00e9criture de Sally Rooney qui est si certain, qui nous fait confiance aux sentiments des personnages. Elle va droit au c\u0153ur d&rsquo;eux. <em>Normal People<\/em> est un portrait mordant d&rsquo;une relation intime comme une chose vivante, respirante. Mais en p\u00e9riph\u00e9rie, \u00e0 travers certains d\u00e9tails de circonstances, il examine aussi la classe socio-\u00e9conomique (Sally Rooney a dit qu&rsquo;elle voulait \u00e9crire \u00ab un roman marxiste \u00bb) d&rsquo;une mani\u00e8re qui se lit comme <em>Middlemarch<\/em> de George Eliot pour l&rsquo;\u00e8re moderne. Le portrait nuanc\u00e9 des relations et de la dynamique sociale du roman, se concentrant sur l&rsquo;interaction entre les vies int\u00e9rieures des personnages et les circonstances externes, refl\u00e8te les th\u00e8mes complexes souvent explor\u00e9s dans les \u0153uvres litt\u00e9raires ax\u00e9es sur la connexion humaine et l&rsquo;amour. \u2013<em>Katie Yee, Book Marks Assistant Editor<\/em><\/p>\n<h3>Richard Wagamese, <em>Indian Horse<\/em> (2018)<\/h3>\n<p>La plupart d&rsquo;entre nous (je l&rsquo;esp\u00e8re) sont au moins intellectuellement conscients des si\u00e8cles de violence coloniale inflig\u00e9e par les colons europ\u00e9ens aux nations autochtones d&rsquo;Am\u00e9rique du Nord, et bien que nous n&rsquo;ayons pas besoin de <em>ressentir<\/em> quelque chose pour en saisir l&rsquo;injustice, l&rsquo;art est l\u00e0 pour nous rappeler le co\u00fbt humain sp\u00e9cifique du vol et du racisme syst\u00e9matis\u00e9s.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/latrespace.com\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/8193a8lxal-663x1024.webp\" alt=\"Couverture du roman Indian Horse par Richard Wagamese\" width=\"663\" height=\"1024\" \/><em class=\"cap-ai\">Couverture du roman Indian Horse par Richard Wagamese<\/em><\/p>\n<p>Le feu Richard Wagamese, <em>Indian Horse<\/em> (publi\u00e9 pour la premi\u00e8re fois au Canada en 2012, mais sorti aux \u00c9tats-Unis par Milkweed en 2018) raconte l&rsquo;histoire, malheureusement trop famili\u00e8re, d&rsquo;enfants autochtones vol\u00e9s \u00e0 leurs parents pour \u00eatre (r\u00e9)\u00e9duqu\u00e9s selon les voies de l&#8217;empire chr\u00e9tien. Dans ce cas, l&rsquo;histoire se d\u00e9roule dans l&rsquo;une des tristement c\u00e9l\u00e8bres \u00ab \u00e9coles r\u00e9sidentielles \u00bb du Canada, des internats g\u00e9r\u00e9s par l&rsquo;\u00c9glise qui \u00e9taient effectivement des prisons, dans lesquels toutes les traces de la culture des Premi\u00e8res Nations \u00e9taient interdites (la langue, avant tout), et o\u00f9 la n\u00e9gligence, les abus et m\u00eame le meurtre, \u00e9taient malheureusement monnaie courante. Bien que le sujet soit n\u00e9cessairement sombre, Wagamese ne f\u00e9tichise pas le d\u00e9sespoir, et permet \u00e0 son personnage principal, Saul, la chance de ressentir quelque chose comme de la joie alors qu&rsquo;il d\u00e9couvre un talent surnaturel pour le hockey. Et bien que le sport ne repr\u00e9sente peut-\u00eatre qu&rsquo;un bref r\u00e9pit pour Saul, d&rsquo;une vie de douleur et de perte, ces sections contiennent la meilleure \u00e9criture sur un sport que j&rsquo;aie jamais lue. \u2013<em>Jonny Diamond, Editor in Chief<\/em><\/p>\n<h3>T\u00e9a Obreht, <em>Inland<\/em> (2019)<\/h3>\n<p>On vous pardonnerait, si vous avez lu le premier roman de T\u00e9a Obreht en 2011, <em>The Tiger\u2019s Wife<\/em> (euh, voir ci-dessus), d&rsquo;avoir de grandes attentes pour son deuxi\u00e8me ouvrage, surtout \u00e9tant donn\u00e9 qu&rsquo;il a mis 8 ans \u00e0 se faire.<\/p>\n<p>On vous pardonnerait, et vous ne seriez pas d\u00e9\u00e7u. C&rsquo;est un roman luxuriant, vaste et pleinement am\u00e9ricain, une r\u00e9invention d&rsquo;un western classique, impr\u00e9gn\u00e9, comme toutes les meilleures r\u00e9inventions, de nombreuses satisfactions du trope, mais pr\u00e9sent\u00e9 aux c\u00f4t\u00e9s d&rsquo;un ensemble de nouvelles et meilleures satisfactions.<\/p>\n<p>Par exemple, pour un western, il n&rsquo;est pas particuli\u00e8rement violent \u2014 ou pas aussi violent que l&rsquo;on pourrait s&rsquo;y attendre, bien que ce qui est pr\u00e9sent \u00e9tait si bien \u00e9crit que cela m&rsquo;a fait haleter \u2014 et au lieu de cela, nous obtenons les cons\u00e9quences : les fant\u00f4mes. Les fant\u00f4mes sont partout dans ce roman, nous rappelant que chaque lieu et chaque \u00e9poque a sa propre histoire, ses propres victimes, sa propre fa\u00e7on de se consid\u00e9rer. Nora et Lurie les voient tous les deux, bien qu&rsquo;il ne soit pas toujours clair qu&rsquo;ils y croient tous les deux. Nous y croyons, cependant : telle est la texture captivante de la prose d&rsquo;Obreht.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/latrespace.com\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/inland.webp\" alt=\"Couverture du roman Inland par T\u00e9a Obreht\" width=\"426\" height=\"648\" \/><em class=\"cap-ai\">Couverture du roman Inland par T\u00e9a Obreht<\/em><\/p>\n<p>Il y a deux histoires en jeu ici : lorsque le roman s&rsquo;ouvre, Nora, une pionni\u00e8re dans le Territoire de l&rsquo;Arizona \u00e0 la fin du 19e si\u00e8cle, attend plus ou moins patiemment le retour de son mari et de ses deux fils a\u00een\u00e9s, alors que son eau s&rsquo;\u00e9puise et que son fils cadet commence \u00e0 voir des monstres dans les sous-bois ; puis il y a Lurie, le hors-la-loi et immigrant qui rejoint le Corps des Chameaux des \u00c9tats-Unis (oui, cela a exist\u00e9) et commence une longue randonn\u00e9e.<\/p>\n<p>Ces deux histoires finissent par converger, d&rsquo;une mani\u00e8re que je n&rsquo;avais pas du tout vue venir \u2014 bien qu&rsquo;en r\u00e9trospective, c&rsquo;\u00e9tait parfaitement orchestr\u00e9, in\u00e9vitable, vraiment. Peut-\u00eatre que c&rsquo;est mon niveau d&rsquo;immersion qui m&rsquo;a emp\u00each\u00e9 de remarquer l&rsquo;utilisation habile du temps et de l&rsquo;espace par Obreht entre et au sein des deux r\u00e9cits. Qu&rsquo;il suffise de dire, si c&rsquo;est un nouveau mythe am\u00e9ricain, je le prends. \u2013<em>Emily Temple, Senior Editor<\/em><\/p>\n<hr \/>\n<h2>Mentions Honorables<\/h2>\n<p>Une s\u00e9lection d&rsquo;autres livres que nous avons s\u00e9rieusement consid\u00e9r\u00e9s pour les deux listes \u2014 juste pour en faire un peu trop (et parce que les d\u00e9cisions sont difficiles).<\/p>\n<p>Emma Donoghue, <em>Room<\/em> (2010) \u00b7 Jonathan Franzen, <em>Freedom<\/em> (2010) \u00b7 Tana French, <em>Faithful Place<\/em> (2010) \u00b7 Maaza Mengiste, <em>Beneath the Lion\u2019s Gaze<\/em> (2010) \u00b7 Aimee Bender, <em>The Particular Sadness of Lemon Cake<\/em> (2010) \u00b7 Brady Udall, <em>The Lonely Polygamist<\/em> (2010) \u00b7 Attica Locke, <em>Black Water Rising<\/em> (2010) \u00b7 Jaimy Gordon, <em>Lord of Misrule<\/em> (2010) \u00b7 Chang-rae Lee, <em>The Surrendered<\/em> (2010) \u00b7 Paul Murray, <em>Skippy Dies<\/em> (2010) \u00b7 Tom Rachman, <em>The Imperfectionists<\/em> (2010) \u00b7 Nadifa Mohamed, <em>Black Mamba Boy<\/em> (2010) \u00b7 Andrea Levy, <em>The Long Song<\/em> (2010) \u00b7 Helen Oyeyemi, <em>Mr. Fox<\/em> (2011) \u00b7 Nicholson Baker, <em>House of Holes<\/em> (2011) \u00b7 Ann Patchett, <em>State of Wonder<\/em> (2011) \u00b7 Alan Hollinghurst, <em>The Stranger\u2019s Child<\/em> (2011) \u00b7 Dana Spiotta, <em>Stone Arabia<\/em> (2011) \u00b7 Justin Torres, <em>We the Animals<\/em> (2011) \u00b7 Teju Cole, <em>Open City<\/em> (2011) \u00b7 Donald Ray Pollock, <em>The Devil All the Time<\/em> (2011) \u00b7 Eleanor Henderson, <em>Ten Thousand Saints<\/em> (2011) \u00b7 Kevin Wilson, <em>The Family Fang<\/em> (2011) \u00b7 Francisco Goldman, <em>Say Her Name<\/em> (2011) \u00b7 Colson Whitehead, <em>Zone One<\/em> (2011) \u00b7 Karen Russell, <em>Swamplandia!<\/em> (2011) \u00b7 Jos\u00e9 Saramago, <em>Cain<\/em> (2011) \u00b7 Julian Barnes, <em>The Sense of an Ending<\/em> (2011) \u00b7 Ben Lerner, <em>Leaving the Atocha Station<\/em> (2011) \u00b7 Adam Johnson, <em>The Orphan Master\u2019s Son<\/em> (2012) \u00b7 Edward St. Aubyn, <em>At Last<\/em> (2012) \u00b7 Barbara Kingsolver, <em>Flight Behavior<\/em> (2012) \u00b7 Sheila Heti, <em>How Should a Person Be?<\/em> (2012) \u00b7 Karen Thompson Walker, <em>The Age of Miracles<\/em> (2012) \u00b7 Louise Erdrich, <em>The Round House<\/em> (2012) \u00b7 Kevin Powers, <em>The Yellow Birds<\/em> (2012) \u00b7 Gillian Flynn, <em>Gone Girl<\/em> (2012) \u00b7 G. Willow Wilson, <em>Alif the Unseen<\/em> (2012) \u00b7 Amanda Coplin, <em>The Orchardist<\/em> (2012) \u00b7 Hilary Mantel, <em>Bring Up the Bodies<\/em> (2012) \u00b7 Zadie Smith, <em>NW<\/em> (2012) \u00b7 Andrew Miller, <em>Pure<\/em> (2012) \u00b7 Orhan Pamuk, <em>Silent House<\/em> (2012) \u00b7 Jess Walter, <em>Beautiful Ruins<\/em> (2012) \u00b7 Amelia Gray, <em>Threats<\/em> (2012) \u00b7 Kevin Barry, <em>City of Bohane<\/em> (2012) \u00b7 Jeet Thayil, <em>Narcopolis<\/em> (2012) \u00b7 James Salter, <em>All That Is<\/em> (2013) \u00b7 Edwidge Danticat, <em>Claire of the Sea Light<\/em> (2013) \u00b7 James McBride, <em>The Good Lord Bird<\/em> (2013) \u00b7 Mohsin Hamid, <em>How to Get Filthy Rich in Rising Asia<\/em> (2013) \u00b7 Jhumpa Lahiri, <em>The Lowland<\/em> (2013) \u00b7 Philipp Meyer, <em>The Son<\/em> (2013) \u00b7 J. M. Ledgard, <em>Submergence<\/em> (2013) \u00b7 Anthony Marra, <em>A Constellation of Vital Phenomena<\/em> (2013) \u00b7 Alissa Nutting, <em>Tampa<\/em> (2013) \u00b7 Margaret Atwood, <em>MaddAddam<\/em> (2013) \u00b7 Ayana Mathis, <em>The Twelve Tribes of Hattie<\/em> (2013) \u00b7 Donna Tartt, <em>The Goldfinch<\/em> (2013) \u00b7 William H. Gass, <em>Middle C<\/em> (2013) \u00b7 Kate Atkinson, <em>Life After Life<\/em> (2013) \u00b7 Eleanor Catton, <em>The Luminaries<\/em> (2013) \u00b7 Jim Harrison, <em>Brown Dog<\/em> (2013) \u00b7 NoViolet Bulawayo, <em>We Need New Names<\/em> (2013) \u00b7 Laila Lalami, <em>The Moor\u2019s Account<\/em> (2014) \u00b7 Atticus Lish, <em>Preparation for the Next Life<\/em> (2014) \u00b7 Eimear McBride, <em>A Girl is a Half-Formed Thing<\/em> (2014) \u00b7 Lily King, <em>Euphoria<\/em> (2014) \u00b7 Akhil Sharma, <em>Family Life<\/em> (2014) \u00b7 Emily St. John Mandel, <em>Station Eleven<\/em> (2014) \u00b7 Dinaw Mengestu, <em>All Our Names<\/em> (2014) \u00b7 Marilynne Robinson, <em>Lila<\/em> (2014) \u00b7 Anthony Doerr, <em>All the Light We Cannot See<\/em> (2014) \u00b7 Marlon James, <em>A Brief History of Seven Killings<\/em> (2014) \u00b7 Nell Zink, <em>The Wallcreeper<\/em> (2014) \u00b7 Catherine Lacey, <em>Nobody is Ever Missing<\/em> (2014) \u00b7 Chang-Rae Lee, <em>On Such a Full Sea<\/em> (2014) \u00b7 Jeffery Renard Allen, <em>Song of the Shank<\/em> (2014) \u00b7 Nell Zink, <em>The Wallcreeper<\/em> (2014) \u00b7 Celeste Ng, <em>Everything I Never Told You<\/em> (2014) \u00b7 Merritt Tierce, <em>Love Me Back<\/em> (2014) \u00b7 Siri Hustvedt, <em>The Blazing World<\/em> (2014) \u00b7 Tom McCarthy, <em>Satin Island<\/em> (2015) \u00b7 Angela Flournoy, <em>The Turner House<\/em> (2015) \u00b7 Alexandra Kleeman, <em>You Too Can Have a Body Like Mine<\/em> (2015) \u00b7 Ali Smith, <em>How to Be Both<\/em> (2015) \u00b7 Sara Novi\u0107, <em>Girl at War<\/em> (2015) \u00b7 Scarlett Thomas, <em>The Seed Collectors<\/em> (2015) \u00b7 Nell Zink, <em>Mislaid<\/em> (2015) \u00b7 James Hannaham, <em>Delicious Foods<\/em> (2015) \u00b7 Claire-Louise Bennett, <em>Pond<\/em> (2016) \u00b7 Jane Alison, <em>Nine Island<\/em> (2016) \u00b7 Nicole Dennis-Benn, <em>Here Comes the Sun<\/em> (2016) \u00b7 Max Porter, <em>Grief is the Thing with Feathers<\/em> (2016) \u00b7 Imbolo Mbue, <em>Behold the Dreamers<\/em> (2016) \u00b7 Tony Tulathimutte, <em>Private Citizens<\/em> (2016) \u00b7 Emma Cline, <em>The Girls<\/em> (2016) \u00b7 Deborah Levy, <em>Hot Milk<\/em> (2016) \u00b7 Martin Seay, <em>The Mirror Thief<\/em> (2016) \u00b7 Brit Bennett, <em>The Mothers<\/em> (2016) \u00b7 Garth Greenwell, <em>What Belongs to You<\/em> (2016) \u00b7 Jade Sharma, <em>Problems<\/em> (2016) \u00b7 Adam Haslett, <em>Imagine Me Gone<\/em> (2016) \u00b7 Esm\u00e9 Weijun Wang, <em>The Border of Paradise<\/em> (2016) \u00b7 Victor LaValle, <em>The Changeling<\/em> (2017) \u00b7 Jon McGregor, <em>Reservoir 13<\/em> (2017) \u00b7 Andrew Sean Greer, <em>Less<\/em> (2017) \u00b7 Katie Kitamura, <em>A Separation<\/em> (2017) \u00b7 Scott McClanahan, <em>The Sarah Book<\/em> (2017) \u00b7 Gabe Habash, <em>Stephen Florida<\/em> (2017) \u00b7 George Saunders, <em>Lincoln in the Bardo<\/em> (2017) \u00b7 Mohsin Hamid, <em>Exit West<\/em> (2017) \u00b7 Hari Kunzru, <em>White Tears<\/em> (2017) \u00b7 Omar El Akkad, <em>American War<\/em> (2017) \u00b7 Jennifer Nansubuga Makumbi, <em>Kintu<\/em> (2017) \u00b7 Min Jin Lee, <em>Pachinko<\/em> (2017) \u00b7 Sally Rooney, <em>Conversations With Friends<\/em> (2017) \u00b7 Fiona Mozley, <em>Elmet<\/em> (2017) \u00b7 Amelia Gray, <em>Isadora<\/em> (2017) \u00b7 Julie Buntin, <em>Marlena<\/em> (2017) \u00b7 Tayari Jones, <em>An American Marriage<\/em> (2018) \u00b7 Sigrid Nunez, <em>The Friend<\/em> (2018) \u00b7 Madeline Miller, <em>Circe<\/em> (2018) \u00b7 Nico Walker, <em>Cherry<\/em> (2018) \u00b7 R. O. Kwon, <em>The Incendiaries<\/em> (2018) \u00b7 Tommy Orange, <em>There There<\/em> (2018) \u00b7 Gina Apostol, <em>Insurrecto<\/em> (2018) \u00b7 Daisy Johnson, <em>Everything Under<\/em> (2018) \u00b7 Dan Sheehan, <em>Restless Souls<\/em> (2018) \u00b7 Tara Isabella Burton, <em>Social Creature<\/em> (2018) \u00b7 Chandler Klang Smith, <em>The Sky is Yours<\/em> (2018) \u00b7 Rebecca Makkai, <em>The Great Believers<\/em> (2018) \u00b7 Jamie Quatro, <em>Fire Sermon<\/em> (2018) \u00b7 Chloe Benjamin, <em>The Immortalists<\/em> (2018) \u00b7 Akwaeke Emezi, <em>Freshwater<\/em> (2018) \u00b7 Ling Ma, <em>Severance<\/em> (2018) \u00b7 Lisa Halliday, <em>Asymmetry<\/em> (2018) \u00b7 Way\u00e9tu Moore, <em>She Would Be King<\/em> (2018) \u00b7 Ocean Vuong, <em>On Earth We\u2019re Briefly Gorgeous<\/em> (2019) \u00b7 Helen Phillips, <em>The Need<\/em> (2019) \u00b7 Maurice Carlos Ruffin, <em>We Cast a Shadow<\/em> (2019) \u00b7 Sarah Moss, <em>Ghost Wall<\/em> (2019) \u00b7 Sophie Mackintosh, <em>The Water Cure<\/em> (2019) \u00b7 Jeanette Winterson, <em>Frankissstein<\/em> (2019) \u00b7 Lucy Ellman, <em>Ducks, Newburyport<\/em> (2019) \u00b7 De\u2019Shawn Charles Winslow, <em>In West Mills<\/em> (2019) \u00b7 Sandra Newman, <em>The Heavens<\/em> (2019) \u00b7 Colson Whitehead, <em>The Nickel Boys<\/em> (2019) \u00b7 Elizabeth McCracken, <em>Bowlaway<\/em> (2019) \u00b7 Kathleen Alcott, <em>America Was Hard to Find<\/em> (2019).<\/p>\n<p>Choisir le \u00ab top 10 des romans \u00bb d&rsquo;une p\u00e9riode donn\u00e9e est toujours un d\u00e9fi, mais examiner une s\u00e9lection plus large, comme les vingt discut\u00e9s ici, offre une vision plus compl\u00e8te du paysage litt\u00e9raire. Ces romans, aux c\u00f4t\u00e9s des nombreux autres publi\u00e9s entre 2010 et 2019, repr\u00e9sentent une riche tapisserie de l&rsquo;exp\u00e9rience humaine, racont\u00e9e par des voix diverses et des formes innovantes. Ils nous invitent \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir sur la d\u00e9cennie \u00e9coul\u00e9e et \u00e0 attendre avec impatience les histoires \u00e0 venir. Quels ont \u00e9t\u00e9 vos romans pr\u00e9f\u00e9r\u00e9s de 2010-2019 ? Partagez vos r\u00e9flexions dans les commentaires ci-dessous.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La fin d&rsquo;une d\u00e9cennie am\u00e8ne in\u00e9vitablement une r\u00e9flexion sur le paysage culturel qu&rsquo;elle a fa\u00e7onn\u00e9. La p\u00e9riode entre 2010 et &#8230; <a title=\"Meilleurs Romans 2010-2019 : Au-del\u00e0 du Top 10\" class=\"read-more\" href=\"https:\/\/latrespace.com\/fr\/meilleurs-romans-2010-2019-au-dela-du-top-10\/\" aria-label=\"Read more about Meilleurs Romans 2010-2019 : Au-del\u00e0 du Top 10\"> <\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":8576,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[59],"tags":[],"class_list":["post-13545","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-poemes","generate-columns","tablet-grid-50","mobile-grid-100","grid-parent","grid-25"],"lang":"fr","translations":{"fr":13545,"en":8575,"de":11300,"es":11990},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/latrespace.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/13545","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/latrespace.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/latrespace.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/latrespace.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/latrespace.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=13545"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/latrespace.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/13545\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/latrespace.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/8576"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/latrespace.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=13545"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/latrespace.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=13545"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/latrespace.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=13545"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}