{"id":14409,"date":"2025-05-25T20:15:56","date_gmt":"2025-05-25T20:15:56","guid":{"rendered":"https:\/\/latrespace.com\/la-poesie-du-desespoir-analyse-de-one-kaddish-de-dara-barnat\/"},"modified":"2025-05-25T20:15:56","modified_gmt":"2025-05-25T20:15:56","slug":"la-poesie-du-desespoir-analyse-de-one-kaddish-de-dara-barnat","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/latrespace.com\/fr\/la-poesie-du-desespoir-analyse-de-one-kaddish-de-dara-barnat\/","title":{"rendered":"La Po\u00e9sie du D\u00e9sespoir : Analyse de &lsquo;One Kaddish&rsquo; de Dara Barnat"},"content":{"rendered":"<p>La po\u00e9sie a longtemps servi de miroir \u00e0 la condition humaine, refl\u00e9tant nos joies les plus profondes, nos chagrins intenses, et le paysage complexe de l&rsquo;espoir et du d\u00e9sespoir. Tandis que certains po\u00e8mes \u00e9l\u00e8vent l&rsquo;esprit, d&rsquo;autres plongent au c\u0153ur m\u00eame du d\u00e9sespoir, articulant le poids du monde lorsqu&rsquo;il semble trop lourd \u00e0 porter. Le po\u00e8me puissant de Dara Barnat, \u00ab One Kaddish For the World \u00bb, en est un exemple poignant, capturant l&rsquo;exp\u00e9rience brute et multiforme du d\u00e9sespoir au milieu des conflits mondiaux, des troubles politiques et du deuil personnel, culminant dans l&rsquo;image saisissante d&rsquo;une \u00ab paix sans espoir \u00bb. Cet article examine le po\u00e8me de Barnat, explorant la mani\u00e8re dont il aborde ces th\u00e8mes difficiles et incarne des \u00e9l\u00e9ments de ce que l&rsquo;on pourrait appeler la \u00ab po\u00e9sie sans espoir \u00bb.<\/p>\n<p>\u00ab One Kaddish For the World \u00bb, situ\u00e9 dans le contexte d&rsquo;\u00e9v\u00e9nements sp\u00e9cifiques et r\u00e9cents \u00e0 Tel Aviv fin 2024, entrelace les d\u00e9tails intimes de la vie de la po\u00e8te avec l&rsquo;ampleur \u00e9crasante de la souffrance publique et de la d\u00e9ception politique. La structure du po\u00e8me, divis\u00e9e en quatre sections, refl\u00e8te un \u00e9tat d&rsquo;esprit fractur\u00e9, sautant entre le banal (promener le chien, donner cours, pr\u00e9parer le petit-d\u00e9jeuner, devoirs de maths) et le capital (une \u00e9lection am\u00e9ricaine lourde de cons\u00e9quences, la guerre en cours, les otages, les manifestations). Cette juxtaposition est essentielle \u00e0 la puissance du po\u00e8me, illustrant comment l&rsquo;existence personnelle se poursuit parall\u00e8lement \u2013 et est ind\u00e9l\u00e9bilement fa\u00e7onn\u00e9e par \u2013 les crises mondiales.<\/p>\n<p>Le po\u00e8me s&rsquo;ouvre sur la dure r\u00e9alit\u00e9 de l&rsquo;apr\u00e8s-coup d&rsquo;un \u00e9v\u00e9nement politique majeur, cadrant imm\u00e9diatement le monde en termes de fins (\u00ab podcasts sur la fin du monde \u00bb). La pression d&rsquo;\u00eatre parent dans un pays d\u00e9chir\u00e9 par la guerre, se sentant incapable de prot\u00e9ger pleinement un enfant qui \u00ab a v\u00e9cu trop de t\u00e9n\u00e8bres \u00bb, introduit une couche profond\u00e9ment personnelle au sentiment de d\u00e9sespoir. La d\u00e9claration simple et profonde de l&rsquo;enfant, \u00ab Tu peux \u00eatre courageuse aussi, Maman \u00bb, est un moment de lumi\u00e8re, mais elle souligne l&rsquo;immense fardeau que ressent le parent, luttant pour \u00eatre fort quand le monde semble accablant. Cette section \u00e9tablit le conflit interne : le devoir de continuer face au poids \u00e9crasant des \u00e9v\u00e9nements ext\u00e9rieurs.<\/p>\n<p>La routine quotidienne se poursuit dans la Section II \u2013 \u00ab Le petit-d\u00e9jeuner doit \u00eatre fait. D\u00e9jeuner, d\u00eener. \u00bb \u2013 mais elle est constamment interrompue par le deuil et la peur politique. La r\u00e9f\u00e9rence au Kaddish des endeuill\u00e9s, \u00ab Yitgadal v\u2019yitkadash sh\u2019mei raba b\u2019alma di v\u2019ra chir\u2019itei \u00bb, introduit un langage sacr\u00e9 et communautaire de deuil dans l&rsquo;espace domestique. Ce n&rsquo;est pas seulement un deuil personnel (p\u00e8re, grand-m\u00e8re), mais un Kaddish pour le <em>monde<\/em> et ses chagrins croissants, en particulier depuis les horreurs sp\u00e9cifiques du 7 octobre. Le souhait d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9 et futile de \u00ab rembobiner \u00bb souligne un profond manque de contr\u00f4le et un d\u00e9sir ardent d&rsquo;un pass\u00e9 libre de la souffrance actuelle. Les t\u00e2ches banales \u2013 acheter des chaussures, garder la maison \u00ab organis\u00e9e pour la guerre \u00bb \u2013 sont des rappels gla\u00e7ants de la r\u00e9alit\u00e9 anormale. Pourtant, m\u00eame en cela, il y a une reconnaissance de la fortune relative (\u00ab en cela nous sommes les chanceux \u00bb), ajoutant une autre couche complexe au d\u00e9sespoir : la culpabilit\u00e9 de la survie ou du privil\u00e8ge.<\/p>\n<p>La Section III aborde directement la lutte pour trouver du r\u00e9confort, m\u00eame dans la po\u00e9sie. Pour une \u00ab sp\u00e9cialiste en po\u00e9sie \u00bb, admettre que \u00ab m\u00eame les po\u00e8mes&#8230; ne suffisent pas \u00bb est une d\u00e9claration puissante de la profondeur du d\u00e9sespoir actuel. Whitman, un po\u00e8te souvent associ\u00e9 \u00e0 l&rsquo;espoir expansif et \u00e0 la connexion, ne parvient pas \u00e0 offrir le r\u00e9confort n\u00e9cessaire ; un vers sur la \u00ab paix restaur\u00e9e \u00bb semble am\u00e8rement ironique dans le contexte actuel. La pr\u00e9sence publique constante des visages des otages et la sombre r\u00e9alit\u00e9 que \u00ab La guerre ne cesse d&#8217;empirer \u00bb solidifient le sentiment d&rsquo;\u00eatre pi\u00e9g\u00e9 dans une souffrance croissante. La r\u00e9p\u00e9tition de \u00ab la souffrance ne m\u00e8ne qu&rsquo;\u00e0 la souffrance. La guerre ne m\u00e8ne qu&rsquo;\u00e0 la guerre \u00bb articule un sch\u00e9ma cyclique, apparemment in\u00e9luctable, de d\u00e9sespoir. La r\u00e9citation continue du Kaddish (\u00ab v\u2019yamlich malchutei b\u2019hayeichon u-v\u2019yomeichon, uv\u2019hayei d\u2019chol beit yisrael \u00bb) souligne la nature continue du deuil et la pri\u00e8re pour la paix, m\u00eame si la paix semble d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment lointaine.<\/p>\n<p>La derni\u00e8re section (IV) aborde l&rsquo;identit\u00e9 divis\u00e9e (\u00ab divis\u00e9e en deux entre ici et l\u00e0, d&rsquo;une certaine mani\u00e8re jamais nulle part \u00bb) et l&rsquo;engagement persistant dans l&rsquo;action politique (\u00ab Je vote. Je proteste \u00bb) malgr\u00e9 le sentiment qu&rsquo;\u00ab il semble y avoir trop de gens qui veulent la guerre. \u00bb L&rsquo;acte de rassurer l&rsquo;enfant (\u00ab Nous allons nous en sortir. Attache ta ceinture. Nous allons \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole \u00bb) est un symbole poignant de la tentative de maintenir la normalit\u00e9 et la s\u00e9curit\u00e9 au milieu du chaos. Le Kaddish continue, reliant le moment pr\u00e9sent \u00e0 l&rsquo;histoire personnelle et \u00e0 la tradition (\u00ab comme quand j&rsquo;\u00e9tais petite fille \u00e0 la synagogue, lors d&rsquo;un service du vendredi soir&#8230; \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de mon p\u00e8re \u00bb). Le po\u00e8me culmine dans le vers, \u00ab Puisse ce Kaddish \u00e9voquer d&rsquo;une mani\u00e8re ou d&rsquo;une autre une paix sans espoir. \u00bb Cette phrase finale est centrale \u00e0 l&rsquo;exploration du d\u00e9sespoir par le po\u00e8me. Elle sugg\u00e8re un \u00e9tat o\u00f9 la paix, si elle vient, ne sera pas celle du triomphe ou de la r\u00e9solution, mais une paix n\u00e9e de l&rsquo;\u00e9puisement, de la perte, et de la prise de conscience \u00e9crasante que les dommages profonds inflig\u00e9s ne peuvent \u00eatre annul\u00e9s. C&rsquo;est une paix d\u00e9nu\u00e9e d&rsquo;espoir d&rsquo;un retour \u00e0 un meilleur pass\u00e9 ou d&rsquo;un avenir v\u00e9ritablement gu\u00e9ri.<\/p>\n<pre><code>&lt;strong&gt;Un Kaddish pour le Monde&lt;\/strong&gt;&lt;em&gt; - Tel Aviv, Novembre-D\u00e9cembre 2024&lt;\/em&gt;&lt;span&gt; I. Par o\u00f9 m\u00eame commencer ? Peut-\u00eatre \u00e0 cinq heures du matin apr\u00e8s l'\u00e9lection am\u00e9ricaine. Je sors Lily, la chienne. Dans l'obscurit\u00e9, nous marchons, et j'\u00e9coute des podcasts sur la fin du monde. Ce n'\u00e9tait pas cens\u00e9 se passer comme \u00e7a. N'est-ce pas ? J'ai un cours \u00e0 donner \u00e0 huit heures quinze. Les \u00e9tudiants me regardent comme si j'\u00e9tais cens\u00e9e savoir quelque chose, ce qui me surprend toujours. Je commencerais par un po\u00e8me, une pri\u00e8re ou une excuse, mais ce cours ne porte pas sur la po\u00e9sie, la religion ou la politique, alors nous parlons des styles de citation. Sur le chemin du campus, je d\u00e9pose notre fils, qui \u00e0 ses sept ans a v\u00e9cu trop de t\u00e9n\u00e8bres. Son h\u00e9breu est bien meilleur que le mien, donc il n'y a pas de langue pour le prot\u00e9ger. Il comprend quand je suis boulevers\u00e9e \u2013 quand c'est difficile d'\u00eatre parent dans un pays en guerre, qui est aussi un pays qui n'est que partiellement le mien. Il est allergique aux piq\u00fbres de moustiques, et une fois, lors d'un test d'allergie, il m'a dit : &lt;\/span&gt;&lt;em&gt;Tu peux \u00eatre courageuse aussi, Maman&lt;\/em&gt;&lt;span&gt;. &lt;\/span&gt;&lt;em&gt;Oui, mon fils. Je vais essayer&lt;\/em&gt;&lt;span&gt;. J'essaie. Parfois, j'ai l'impression de r\u00e9ussir, mais trop souvent j'ai l'impression de laisser le monde peser trop lourdement sur moi, ce qui fait que le monde p\u00e8se trop lourdement sur lui. &lt;\/span&gt;&lt;em&gt;Pardonne-moi. Je vais essayer d'\u00eatre plus forte.&lt;\/em&gt;&lt;span&gt; II. Le petit-d\u00e9jeuner doit \u00eatre fait. D\u00e9jeuner, d\u00eener. Avec l'\u00e9lection am\u00e9ricaine, exactement ce que je craignais est arriv\u00e9. Quel grand espoir tant d'entre nous avaient gard\u00e9. Ma liste de deuils ne cesse de s'allonger. Mon p\u00e8re, ma grand-m\u00e8re. Dans ce pays. Dans ce pays-l\u00e0. Dans la cuisine, le Kaddish des endeuill\u00e9s me vient \u00e0 l'esprit \u2013 &lt;\/span&gt;&lt;em&gt;Yitgadal v\u2019yitkadash sh\u2019mei raba b\u2019alma di v\u2019ra chir\u2019itei.&lt;\/em&gt;&lt;span&gt; La liste ne cesse de s'allonger, car l'\u00e9lection est loin d'\u00eatre le pire de cette ann\u00e9e. Si seulement je pouvais remonter le temps jusqu'avant le 7 octobre. Avant avant avant. Rembobiner le gouvernement, rembobiner quiconque n'a pas fait assez attention \u00e0 ce qui se passait depuis si longtemps. Je rembobinerais tous les bombardements, chaque mort, chaque moment de souffrance. Mais les jours, ils refusent de reculer. Nous en sommes \u00e0 plusieurs centaines dans cette guerre, et tellement, tellement avant cela. C'est impossible \u00e0 compter. Notre fils a des devoirs de maths, il a besoin d'un nouveau sac \u00e0 dos et de nouvelles chaussures. Aller faire du shopping. Garder la maison organis\u00e9e pour la guerre, alors au cas o\u00f9, acheter des lampes de poche. Je sais parfaitement qu'en cela nous sommes les chanceux. III. Parfois, je lis des po\u00e8mes qui offrent un bref r\u00e9confort. Mais m\u00eame les po\u00e8mes, pour la premi\u00e8re fois de ma vie, ne suffisent pas. M\u00eame Walt Whitman, mon Walt Whitman, ne suffit pas tout \u00e0 fait, m\u00eame le po\u00e8me qu'Ed a lu cette fois-l\u00e0 de loin, &lt;\/span&gt;&lt;em&gt;In the freshness the forenoon air, in the far-stretching circuits and vistas again to peace restored.&lt;\/em&gt;&lt;span&gt; Quel beau vers de \u00ab To the Leaven\u2019d Soil They Trod \u00bb, et pourtant la paix est si loin d'\u00eatre restaur\u00e9e. Les visages des otages sont affich\u00e9s, toujours affich\u00e9s pr\u00e8s des supermarch\u00e9s. La guerre ne cesse d'empirer. Chaque fois que vous pensez que ce n'est pas possible, \u00e7a l'est. Sur ce point, tout le monde semble \u00eatre d'accord. Hersh, Ori, Eden, Almog, Alexander, Carmel \u2013 vous n'avez aucune id\u00e9e \u00e0 quel point j'ai pri\u00e9 pour que vous reveniez \u00e0 la maison. Le jour o\u00f9 nous l'avons appris, c'\u00e9tait au c\u0153ur de l'\u00e9t\u00e9. Vous vous souvenez comment il a plu comme si le ciel aussi souffrait ? Le ciel doit savoir que nous souffrons tous. La souffrance ne m\u00e8ne qu'\u00e0 la souffrance. La guerre ne m\u00e8ne qu'\u00e0 la guerre. Je le sais. Je continue le Kaddish \u2013 &lt;\/span&gt;&lt;em&gt;v\u2019yamlich malchutei b\u2019hayeichon u-v\u2019yomeichon,&lt;\/em&gt;&lt;em&gt;uv\u2019hayei d\u2019chol beit yisrael.&lt;\/em&gt;&lt;span&gt; Chaque fois que j'en ai l'occasion, je vote contre le gouvernement de droite. Dans les deux pays o\u00f9 cela m'est permis, je vote et je vote. IV. Ma vie : divis\u00e9e en deux entre ici et l\u00e0, d'une certaine mani\u00e8re jamais nulle part. Je vote. Je proteste, comme beaucoup. Des milliers. Des centaines de milliers, inondant les rues. Il semble y avoir trop de gens qui veulent la guerre. Mon fils \u2013 j'essaie de le rassurer. &lt;\/span&gt;&lt;em&gt;Nous allons nous en sortir. Attache ta ceinture. &lt;\/em&gt;&lt;em&gt;Nous allons \u00e0 l'\u00e9cole&lt;\/em&gt;&lt;span&gt;. Je conduis et je continue de dire le Kaddish dans mon esprit, comme quand j'\u00e9tais petite fille \u00e0 la synagogue, lors d'un service du vendredi soir dans ce petit temple, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de mon p\u00e8re avant qu'il ne quitte lui aussi le monde \u2013 &lt;\/span&gt;&lt;em&gt;ba-agala u-vi-z\u2019man kariv, v\u2019imru amen&lt;\/em&gt;&lt;span&gt;. Puisse ce Kaddish \u00e9voquer d'une mani\u00e8re ou d'une autre une paix sans espoir. &lt;\/span&gt;<\/code><\/pre>\n<p>\u00c0 travers des contrastes puissants et une honn\u00eatet\u00e9 brute, Barnat capture l&rsquo;essence du d\u00e9sespoir lorsque l&rsquo;espoir semble non seulement absent mais peut-\u00eatre m\u00eame hors de propos face \u00e0 une souffrance persistante. Le po\u00e8me n&rsquo;est pas simplement descriptif ; il est performatif, incorporant l&rsquo;acte de r\u00e9citer le Kaddish, une pri\u00e8re destin\u00e9e \u00e0 affirmer le nom et le royaume de Dieu m\u00eame face \u00e0 une perte profonde. Son inclusion ici, comme un fil conducteur r\u00e9p\u00e9t\u00e9 \u00e0 travers le po\u00e8me, sugg\u00e8re une recherche de sens ou d&rsquo;endurance au sein du d\u00e9sespoir. C&rsquo;est une r\u00e9ponse traditionnelle au deuil r\u00e9appropri\u00e9e pour affronter le deuil du monde.<\/p>\n<p>Cette forme de \u00ab po\u00e9sie sans espoir \u00bb n&rsquo;offre pas n\u00e9cessairement de solutions ou de r\u00e9confort, mais valide plut\u00f4t le sentiment d&rsquo;\u00eatre submerg\u00e9 par des circonstances hors de contr\u00f4le. Contrairement aux po\u00e8mes qui pourraient offrir un certain r\u00e9confort par le biais de la nature, de l&rsquo;amour ou de la r\u00e9flexion philosophique, \u00ab One Kaddish For the World \u00bb trouve m\u00eame les sources traditionnelles de r\u00e9confort insuffisantes. Le contraste avec des th\u00e8mes po\u00e9tiques plus traditionnels ou peut-\u00eatre plus l\u00e9gers, tels que ceux souvent explor\u00e9s dans [exemples de po\u00e8mes sonnets] ou [jolis po\u00e8mes d&rsquo;amour romantiques], souligne la d\u00e9termination du po\u00e8me \u00e0 affronter sans d\u00e9tour une r\u00e9alit\u00e9 sombre. M\u00eame les moments personnels, comme l&rsquo;interaction avec son fils, sont teint\u00e9s de l&rsquo;anxi\u00e9t\u00e9 omnipr\u00e9sente du monde ext\u00e9rieur, une diff\u00e9rence frappante par rapport \u00e0 la tendresse simple captur\u00e9e dans [courts po\u00e8mes d&rsquo;amour pour elle].<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/latrespace.com\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/https3a2f2fsubstack-post-medias3amazonawscom2fpublic2fimages2f5d5a712a-b820-4e06-b130-dec9ab31a5571312x872.webp\" alt=\"Dara Barnat, sp\u00e9cialiste en po\u00e9sie et auteure\" width=\"1312\" height=\"872\" \/><em class=\"cap-ai\">Dara Barnat, sp\u00e9cialiste en po\u00e9sie et auteure<\/em><\/p>\n<p>Dara Barnat est une sp\u00e9cialiste en po\u00e9sie et en \u00e9criture cr\u00e9ative titulaire d&rsquo;un doctorat de l&rsquo;Universit\u00e9 de Tel Aviv, o\u00f9 elle donne \u00e9galement des conf\u00e9rences. Ses travaux universitaires comprennent un livre sur <em>Walt Whitman and the Making of Jewish American Poetry<\/em>, et elle a publi\u00e9 des essais critiques sur la po\u00e9sie dans diverses revues et manuels r\u00e9put\u00e9s. En tant que po\u00e8te, elle est l&rsquo;auteure de trois recueils : <em>The City I Run From: Poems of Tel Aviv<\/em> (2020), <em>In the Absence<\/em> (2016) et <em>Headwind Migration<\/em> (2009). Son expertise \u00e0 la fois en tant que sp\u00e9cialiste analysant la po\u00e9sie et en tant que po\u00e8te la cr\u00e9ant conf\u00e8re un poids consid\u00e9rable aux commentaires bruts et perspicaces trouv\u00e9s dans \u00ab One Kaddish For the World \u00bb.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/latrespace.com\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/https3a2f2fsubstack-post-medias3amazonawscom2fpublic2fimages2f31be8ee9-3cca-4f6f-9420-045366d0fb93510x766.webp\" alt=\"Couverture du livre de Dara Barnat, &#039;The City I Run From: Poems of Tel Aviv&#039;\" width=\"510\" height=\"766\" \/><em class=\"cap-ai\">Couverture du livre de Dara Barnat, &#039;The City I Run From: Poems of Tel Aviv&#039;<\/em><\/p>\n<p>L&rsquo;\u0153uvre de Barnat, y compris des recueils comme <em>The City I Run From<\/em>, aborde souvent les complexit\u00e9s du lieu, de l&rsquo;identit\u00e9 et des r\u00e9alit\u00e9s difficiles. \u00ab One Kaddish For the World \u00bb est un exemple puissant de la mani\u00e8re dont la po\u00e9sie contemporaine peut directement affronter les crises politiques, sociales et \u00e9motionnelles, offrant non pas la catharsis ou des r\u00e9ponses faciles, mais une articulation authentique de l&rsquo;exp\u00e9rience v\u00e9cue face \u00e0 un profond d\u00e9sespoir. Le po\u00e8me t\u00e9moigne du pouvoir de la po\u00e9sie \u00e0 articuler l&rsquo;apparemment inarticulable, donnant voix \u00e0 la lassitude et au chagrin d&rsquo;un monde aspirant, peut-\u00eatre sans espoir, \u00e0 la paix.<\/p>\n<p>Le po\u00e8me ne r\u00e9sout pas la tension ; il l&rsquo;incarne. C&rsquo;est un Kaddish r\u00e9cit\u00e9 non seulement pour les morts, mais pour un monde qui semble irr\u00e9vocablement bris\u00e9. L&rsquo;appel \u00e0 une \u00ab paix sans espoir \u00bb est une conclusion obs\u00e9dante, sugg\u00e9rant que la forme la plus profonde de paix que l&rsquo;on puisse esp\u00e9rer est celle qui reconna\u00eet l&rsquo;impossibilit\u00e9 d&rsquo;annuler le pass\u00e9 ou de gu\u00e9rir pleinement le traumatisme. C&rsquo;est une paix temp\u00e9r\u00e9e par les cicatrices durables du conflit et de la perte, une paix n\u00e9e non de la victoire ou de la r\u00e9conciliation, mais d&rsquo;une profonde et lasse r\u00e9signation. Une telle po\u00e9sie, bien que difficile \u00e0 lire, offre un espace vital pour reconna\u00eetre et traiter le sentiment omnipr\u00e9sent de d\u00e9sespoir qui peut d\u00e9couler des r\u00e9alit\u00e9s mondiales contemporaines.<\/p>\n<p>Cet engagement honn\u00eate envers le d\u00e9sespoir distingue certaines \u0153uvres comme des exemples puissants de \u00ab po\u00e9sie sans espoir \u00bb, for\u00e7ant les lecteurs \u00e0 affronter des v\u00e9rit\u00e9s difficiles aux c\u00f4t\u00e9s du po\u00e8te. Tandis que nous pourrions chercher du r\u00e9confort ou de la c\u00e9l\u00e9bration dans des po\u00e8mes pour des occasions comme [po\u00e8mes d&rsquo;anniversaire d&rsquo;amour] ou explorer la dynamique des relations dans [po\u00e8mes d&rsquo;amour pour maris], Barnat nous rappelle que la port\u00e9e de la po\u00e9sie doit aussi englober les moments o\u00f9 l&rsquo;espoir semble le plus insaisissable.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La po\u00e9sie a longtemps servi de miroir \u00e0 la condition humaine, refl\u00e9tant nos joies les plus profondes, nos chagrins intenses, &#8230; <a title=\"La Po\u00e9sie du D\u00e9sespoir : Analyse de &lsquo;One Kaddish&rsquo; de Dara Barnat\" class=\"read-more\" href=\"https:\/\/latrespace.com\/fr\/la-poesie-du-desespoir-analyse-de-one-kaddish-de-dara-barnat\/\" aria-label=\"Read more about La Po\u00e9sie du D\u00e9sespoir : Analyse de &lsquo;One Kaddish&rsquo; de Dara Barnat\"> <\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":7449,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[59],"tags":[],"class_list":["post-14409","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-poemes","generate-columns","tablet-grid-50","mobile-grid-100","grid-parent","grid-25"],"lang":"fr","translations":{"fr":14409,"en":7448,"de":14306,"es":15307},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/latrespace.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/14409","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/latrespace.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/latrespace.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/latrespace.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/latrespace.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=14409"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/latrespace.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/14409\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/latrespace.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/7449"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/latrespace.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=14409"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/latrespace.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=14409"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/latrespace.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=14409"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}