{"id":14427,"date":"2025-05-25T20:24:21","date_gmt":"2025-05-25T20:24:21","guid":{"rendered":"https:\/\/latrespace.com\/decouvrir-40-haikus-celebres-et-marquants\/"},"modified":"2025-05-25T20:24:21","modified_gmt":"2025-05-25T20:24:21","slug":"decouvrir-40-haikus-celebres-et-marquants","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/latrespace.com\/fr\/decouvrir-40-haikus-celebres-et-marquants\/","title":{"rendered":"D\u00e9couvrir 40 Ha\u00efkus C\u00e9l\u00e8bres et Marquants"},"content":{"rendered":"<p>Le ha\u00efku, une forme d&rsquo;apparence simple originaire du Japon, capture des moments avec une imagerie frappante et une r\u00e9sonance \u00e9motionnelle profonde. Traditionnellement structur\u00e9s en 5-7-5 syllabes, ces courts po\u00e8mes se concentrent souvent sur la nature, la saisonnalit\u00e9 et la beaut\u00e9 \u00e9ph\u00e9m\u00e8re du monde. Cependant, les ha\u00efkus modernes en anglais et dans d&rsquo;autres langues adaptent fr\u00e9quemment ces conventions, explorant des th\u00e8mes et des formes diverses tout en conservant l&rsquo;esprit fondamental de l&rsquo;observation concise. L&rsquo;\u00e9tude d&rsquo;<strong>exemples de ha\u00efkus<\/strong> offre une fen\u00eatre sur cette riche tradition et son \u00e9volution contemporaine.<\/p>\n<p>L&rsquo;examen d&rsquo;une vari\u00e9t\u00e9 d&rsquo;<strong>exemples de ha\u00efkus<\/strong> nous permet d&rsquo;appr\u00e9cier la polyvalence de cette forme \u2013 comment quelques mots soigneusement choisis peuvent \u00e9voquer une sc\u00e8ne, un sentiment ou une perspicace philosophique. Des anciens ma\u00eetres japonais aux po\u00e8tes anglophones modernes, le ha\u00efku continue d&rsquo;\u00eatre un m\u00e9dium puissant pour exprimer l&rsquo;essence de l&rsquo;exp\u00e9rience. Plongeons dans 40 exemples qui illustrent la profondeur et la beaut\u00e9 contenues dans ces minuscules vers. Si vous appr\u00e9ciez ces exemples, vous pourriez \u00e9galement \u00eatre int\u00e9ress\u00e9 par l&rsquo;exploration de diff\u00e9rents types, tels que les <a href=\"https:\/\/latrespace.com\/funniest-haikus\/\">ha\u00efkus les plus dr\u00f4les<\/a>.<\/p>\n<p><strong>1. \u00ab Le vieil \u00e9tang \u00bb de Matsuo Bash\u014d<\/strong><\/p>\n<p>Ce ha\u00efku embl\u00e9matique, peut-\u00eatre le plus c\u00e9l\u00e8bre de tous, capture un moment de profonde qui\u00e9tude bris\u00e9 par un simple son.<\/p>\n<p>Un vieil \u00e9tang silencieux&#8230; Une grenouille saute dans l&rsquo;\u00e9tang, splash ! Le silence \u00e0 nouveau.<\/p>\n<p>Bash\u014d, l&rsquo;un des plus grands ma\u00eetres du ha\u00efku, utilise le contraste entre l&rsquo;immobilit\u00e9 ancienne de l&rsquo;\u00e9tang et l&rsquo;action soudaine et br\u00e8ve de la grenouille pour \u00e9voquer un sentiment d&rsquo;intemporalit\u00e9 ponctu\u00e9 par le moment pr\u00e9sent. Le \u00ab splash ! \u00bb sert de kireji (mot de c\u00e9sure), cr\u00e9ant une rupture et permettant aux images de r\u00e9sonner. C&rsquo;est un po\u00e8me profond\u00e9ment enracin\u00e9 dans la philosophie Zen, soulignant le lien entre le transitoire et l&rsquo;\u00e9ternel.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/latrespace.com\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/largeaf21be5e66bf0bdb9d609c3a4d3f93e3ab849449.webp\" alt=\"Une grenouille assise sur un n\u00e9nuphar dans un \u00e9tang, illustrant le ha\u00efku &#039;Le vieil \u00e9tang&#039; de Bash\u014d.\" width=\"800\" height=\"500\" \/><em class=\"cap-ai\">Une grenouille assise sur un n\u00e9nuphar dans un \u00e9tang, illustrant le ha\u00efku &#039;Le vieil \u00e9tang&#039; de Bash\u014d.<\/em><\/p>\n<p><strong>2. \u00ab La lumi\u00e8re d&rsquo;une bougie \u00bb de Yosa Buson<\/strong><\/p>\n<p><em>La lumi\u00e8re d&rsquo;une bougie<strong>Est transf\u00e9r\u00e9e \u00e0 une autre bougie \u2014<\/strong>cr\u00e9puscule printanier.<\/em><\/p>\n<p>Yosa Buson, peintre renomm\u00e9 autant que po\u00e8te, apporte une qualit\u00e9 visuelle et l\u00e9g\u00e8rement sensuelle \u00e0 ses ha\u00efkus. Ce po\u00e8me utilise l&rsquo;acte simple d&rsquo;allumer une bougie \u00e0 partir d&rsquo;une autre pour sugg\u00e9rer la continuit\u00e9, la lumi\u00e8re partag\u00e9e, ou peut-\u00eatre m\u00eame la transmission du savoir ou de l&rsquo;esprit. Situ\u00e9e dans le d\u00e9cor du \u00ab cr\u00e9puscule printanier \u00bb, la sc\u00e8ne semble intime et discr\u00e8tement pleine d&rsquo;espoir, liant l&rsquo;action humaine \u00e0 la douce transition de la saison.<\/p>\n<p><strong>3. \u00ab Haiku Ambulance \u00bb de Richard Brautigan<\/strong><\/p>\n<p>*Un morceau de poivron vert<strong>est tomb\u00e9<\/strong>du saladier en bois :*<em>et alors ?<\/em><\/p>\n<p>L&rsquo;approche de Richard Brautigan en mati\u00e8re de ha\u00efku est notoirement irr\u00e9v\u00e9rencieuse et non conventionnelle. Cette pi\u00e8ce d\u00e9fie la structure traditionnelle 5-7-5 et le sujet classique. Le \u00ab et alors ? \u00bb \u00e0 la fin agit comme un anti-kireji provocateur, rejetant l&rsquo;image pr\u00e9c\u00e9dente d&rsquo;un haussement d&rsquo;\u00e9paules. C&rsquo;est un commentaire sur le banal, l&rsquo;absurde, et peut-\u00eatre une petite moquerie de la gravit\u00e9 parfois attach\u00e9e aux formes po\u00e9tiques. C&rsquo;est un excellent exemple de la mani\u00e8re dont les po\u00e8tes modernes adaptent les structures traditionnelles.<\/p>\n<p><strong>4. \u00ab Un monde de ros\u00e9e \u00bb de Kobayashi Issa<\/strong><\/p>\n<p><em>Ce monde de ros\u00e9e<strong>est un monde de ros\u00e9e,<\/strong>et pourtant, et pourtant.<\/em><\/p>\n<p>Kobayashi Issa, connu pour son empathie envers la souffrance des gens et des cr\u00e9atures ordinaires, a \u00e9crit ce ha\u00efku apr\u00e8s la mort de sa petite fille. La r\u00e9p\u00e9tition \u00ab Ce monde de ros\u00e9e \/ est un monde de ros\u00e9e \u00bb souligne la nature \u00e9ph\u00e9m\u00e8re de la vie \u2013 transitoire et fragile comme la ros\u00e9e matinale. L&rsquo;ajout poignant \u00ab et pourtant, et pourtant \u00bb exprime une tristesse profonde et non r\u00e9solue, un attachement \u00e0 la vie malgr\u00e9 sa fugacit\u00e9, ou peut-\u00eatre la lutte pour accepter l&rsquo;in\u00e9vitable perte. C&rsquo;est incroyablement \u00e9mouvant pour si peu de mots.<\/p>\n<p><strong>5. \u00ab Un coquelicot fleurit \u00bb de Katsushika Hokusai<\/strong><\/p>\n<p><em>J&rsquo;\u00e9cris, efface, r\u00e9\u00e9cris<strong>Efface \u00e0 nouveau, et puis<\/strong>Un coquelicot fleurit.<\/em><\/p>\n<p>Katsushika Hokusai, le c\u00e9l\u00e8bre artiste ukiyo-e, relie le processus cr\u00e9atif \u00e0 la croissance naturelle. La lutte et la r\u00e9p\u00e9tition de l&rsquo;\u00e9criture et de l&rsquo;effacement sont juxtapos\u00e9es \u00e0 la floraison sans effort et vibrante d&rsquo;un coquelicot. Ce ha\u00efku sugg\u00e8re que la cr\u00e9ation artistique, tout comme la nature, requiert patience, pers\u00e9v\u00e9rance et raffinement, culminant en quelque chose de beau. Il met en \u00e9vidence le travail derri\u00e8re l&rsquo;apparente spontan\u00e9it\u00e9.<\/p>\n<p><strong>6. \u00ab Au clair de lune \u00bb de Yosa Buson<\/strong><\/p>\n<p><em>Au clair de lune p\u00e2le<strong>le parfum de la glycine<\/strong>vient de tr\u00e8s loin.<\/em><\/p>\n<p>Buson engage \u00e0 nouveau les sens au-del\u00e0 de la seule vue. Le \u00ab clair de lune p\u00e2le \u00bb cr\u00e9e une image visuelle douce, peut-\u00eatre m\u00e9lancolique, tandis que le \u00ab parfum de la glycine \u00bb ajoute une dimension olfactive. Le d\u00e9tail que le parfum \u00ab vient de tr\u00e8s loin \u00bb ajoute myst\u00e8re et distance, invitant le lecteur \u00e0 imaginer la source invisible et \u00e9voquant peut-\u00eatre un sentiment de d\u00e9sir ou de nostalgie pour quelque chose juste hors d&rsquo;atteinte.<\/p>\n<p><strong>7. \u00ab La terre tremble \u00bb de Steve Sanfield<\/strong><\/p>\n<p><em>La terre tremble<strong>juste assez<\/strong>pour nous rappeler.<\/em><\/p>\n<p>Le ha\u00efku concis de Steve Sanfield, \u00e9crit en anglais, utilise un \u00e9v\u00e9nement naturel \u2013 un tremblement de terre \u2013 comme m\u00e9taphore de la mortalit\u00e9 ou de la pr\u00e9carit\u00e9 de l&rsquo;existence. L&rsquo;expression \u00ab juste assez \u00bb sugg\u00e8re un choc subtil mais puissant, pas n\u00e9cessairement destructeur, mais suffisant pour changer de perspective et servir de rappel silencieux et in\u00e9vitable de notre vuln\u00e9rabilit\u00e9 et de l&rsquo;importance de la pr\u00e9sence.<\/p>\n<p><strong>8. \u00ab Dans une station du m\u00e9tro \u00bb d&rsquo;Ezra Pound<\/strong><\/p>\n<p><em>L&rsquo;apparition de ces visages<strong>dans la foule ;<\/strong>P\u00e9tales sur une branche noire et humide.<\/em><\/p>\n<p>Le c\u00e9l\u00e8bre po\u00e8me imagiste d&rsquo;Ezra Pound, souvent cit\u00e9 comme s&rsquo;apparentant au ha\u00efku, capture une perception \u00e9ph\u00e9m\u00e8re. La premi\u00e8re ligne pr\u00e9sente les visages fantomatiques dans une station de m\u00e9tro bond\u00e9e. La deuxi\u00e8me ligne utilise un point-virgule (agissant comme un kireji) pour cr\u00e9er un saut soudain, comparant les visages \u00e0 des \u00ab P\u00e9tales sur une branche noire et humide \u00bb. La juxtaposition est frappante \u2013 l&rsquo;humanit\u00e9 urbaine est compar\u00e9e \u00e0 une nature fragile et belle, soulignant la fugacit\u00e9 et la beaut\u00e9 inattendue trouv\u00e9es dans l&rsquo;anonymat. C&rsquo;est une utilisation magistrale de l&rsquo;imagerie pour transmettre une impression instantan\u00e9e.<\/p>\n<p><strong>9. \u00ab Le Go\u00fbt de la Pluie \u00bb de Jack Kerouac<\/strong><\/p>\n<p><em>Le go\u00fbt<strong>de la pluie<\/strong>\u2014 Pourquoi s&rsquo;agenouiller ?<\/em><\/p>\n<p>Jack Kerouac, figure marquante de la Beat Generation, apporte son esprit interrogateur caract\u00e9ristique au ha\u00efku. Les deux premi\u00e8res lignes cr\u00e9ent une image sensorielle simple \u2013 go\u00fbter la pluie. La troisi\u00e8me ligne change brusquement, demandant \u00ab \u2014 Pourquoi s&rsquo;agenouiller ? \u00bb. Cela injecte une question existentielle ou m\u00eame anti-religieuse dans l&rsquo;observation naturelle, d\u00e9fiant la r\u00e9v\u00e9rence conventionnelle et sugg\u00e9rant que peut-\u00eatre l&rsquo;exp\u00e9rience sensorielle directe est sa propre forme d&rsquo;engagement spirituel.<\/p>\n<p><strong>10. \u00ab Haiku [pour toi] \u00bb de Sonia Sanchez<\/strong><\/p>\n<p><em>l&rsquo;amour entre nous est<strong>parole et souffle. t&rsquo;aimer est<\/strong>une longue rivi\u00e8re qui coule.<\/em><\/p>\n<p>Sonia Sanchez utilise une imagerie organique et vitale pour d\u00e9crire l&rsquo;amour. Comparer l&rsquo;amour \u00e0 la \u00ab parole et au souffle \u00bb souligne son naturel et sa n\u00e9cessit\u00e9 pour la vie. La comparaison \u00ab t&rsquo;aimer est \/ une longue rivi\u00e8re qui coule \u00bb sugg\u00e8re la continuit\u00e9, le flux, la profondeur, et peut-\u00eatre un voyage. C&rsquo;est une expression chaleureuse et affirmative des qualit\u00e9s durables et vitales de l&rsquo;amour.<\/p>\n<p><strong>11. \u00ab Lignes sur un Cr\u00e2ne \u00bb de Ravi Shankar<\/strong><\/p>\n<p><em>la vie est petite, nos t\u00eates<strong>tristes. Argile rachet\u00e9e et gaspill\u00e9e<\/strong>cette chance. Sois utile.<\/em><\/p>\n<p>Le ha\u00efku de Ravi Shankar jette un regard sombre sur la mortalit\u00e9 et le but. Utilisant l&rsquo;\u00ab argile \u00bb comme m\u00e9taphore du corps humain, il r\u00e9fl\u00e9chit \u00e0 la bri\u00e8vet\u00e9 et \u00e0 la tristesse de la vie (\u00ab la vie est petite, nos t\u00eates tristes \u00bb). Le po\u00e8me exhorte \u00e0 l&rsquo;action (\u00ab cette chance. Sois utile. \u00bb), contrastant le potentiel d&rsquo;une existence significative avec l&rsquo;in\u00e9vitabilit\u00e9 de la d\u00e9composition (\u00ab argile rachet\u00e9e et gaspill\u00e9e \u00bb). C&rsquo;est un memento mori brutal avec un appel \u00e0 saisir le jour.<\/p>\n<p><strong>12. \u00ab \u00d4 escargot \u00bb de Kobayashi Issa<\/strong><\/p>\n<p><em>\u00d4 escargot<strong>Grimpe le Mont Fuji,<\/strong>Mais lentement, lentement !<\/em><\/p>\n<p>Issa anthropomorphise souvent de petites cr\u00e9atures, trouvant une connexion et une empathie avec elles. S&rsquo;adressant directement \u00e0 l&rsquo;escargot, il lui donne une t\u00e2che immense, apparemment impossible \u2013 grimper le Mont Fuji. L&rsquo;instruction douce et r\u00e9p\u00e9t\u00e9e \u00ab Mais lentement, lentement ! \u00bb transforme la t\u00e2che d&rsquo;un d\u00e9fi en une le\u00e7on de patience et de pers\u00e9v\u00e9rance. Cela nous rappelle que m\u00eame le progr\u00e8s le plus lent vers un grand objectif reste un progr\u00e8s, et que le voyage lui-m\u00eame a de la valeur.<\/p>\n<p><strong>13. \u00ab Je veux dormir \u00bb de Masaoka Shiki<\/strong><\/p>\n<p><em>Je veux dormir<strong>Chasse les mouches<\/strong>Doucement, s&rsquo;il te pla\u00eet.<\/em><\/p>\n<p>Masaoka Shiki, le dernier des Quatre Grands ma\u00eetres du ha\u00efku, a souffert de tuberculose pendant des ann\u00e9es. Ses ha\u00efkus refl\u00e8tent souvent l&rsquo;enfermement et l&rsquo;inconfort de la maladie. Ce po\u00e8me capture un moment simple, mais profond\u00e9ment ressenti, de frustration et de lassitude. Le d\u00e9sir de sommeil du locuteur est perturb\u00e9 par des mouches, mais la supplique \u00ab Doucement, s&rsquo;il te pla\u00eet \u00bb r\u00e9v\u00e8le un \u00e9tat fragile, peut-\u00eatre sensible \u00e0 toute duret\u00e9, m\u00eame envers une nuisance. Il transmet un sentiment palpable de fatigue et de vuln\u00e9rabilit\u00e9.<\/p>\n<p><strong>14. \u00ab JANVIER \u00bb de Paul Holmes<\/strong><\/p>\n<p><em>Spectacle d\u00e9licieux<strong>Les perce-neige inclinent leurs t\u00eates d&rsquo;un blanc pur<\/strong>Vers la gloire du soleil.<\/em><\/p>\n<p>Le ha\u00efku de Paul Holmes pour janvier d\u00e9peint l&rsquo;image du tout d\u00e9but de l&rsquo;arriv\u00e9e du printemps. Le \u00ab spectacle d\u00e9licieux \u00bb des perce-neige, premiers signes de vie, sont personnifi\u00e9s comme inclinant leurs t\u00eates en r\u00e9v\u00e9rence \u00e0 la force renaissante du soleil. Cette image simple capture magnifiquement le subtil passage du froid hivernal \u00e0 la promesse de jours plus chauds, un spectacle silencieux du changement saisonnier.<\/p>\n<p><strong>15. [fonte des neiges\u2014 ] par Penny Harter<\/strong><\/p>\n<p><em>fonte des neiges\u2014<strong>sur les rives du torrent<\/strong>petites fleurs<\/em><\/p>\n<p>Penny Harter juxtapose des forces puissantes \u00e0 une vie d\u00e9licate. La \u00ab fonte des neiges\u2014 \u00bb (notez le tiret cadratin agissant comme un kireji) m\u00e8ne \u00e0 un \u00ab torrent \u00bb, sugg\u00e9rant une eau imp\u00e9tueuse, potentiellement destructive. Pourtant, juste \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de cette puissance se trouvent de \u00ab petites fleurs \u00bb, s&rsquo;\u00e9panouissant malgr\u00e9 l&rsquo;environnement turbulent. Ce ha\u00efku souligne la r\u00e9silience de la nature et la coexistence de la force et de la fragilit\u00e9 dans le paysage.<\/p>\n<p><strong>16. [pluie de m\u00e9t\u00e9ores] par Michael Dylan Welch<\/strong><\/p>\n<p><em>pluie de m\u00e9t\u00e9ores<strong>une vague douce<\/strong>mouille nos sandales<\/em><\/p>\n<p>Le ha\u00efku de Michael Dylan Welch d\u00e9place l&rsquo;attention du cosmique \u00e0 l&rsquo;intimement personnel. Il commence par un grand \u00e9v\u00e9nement c\u00e9leste, une \u00ab pluie de m\u00e9t\u00e9ores \u00bb, attirant le regard du lecteur vers le ciel. Mais l&rsquo;attention retombe rapidement sur terre, sur l&rsquo;exp\u00e9rience simple et partag\u00e9e d&rsquo;\u00ab une vague douce \/ mouille nos sandales \u00bb. Cette juxtaposition souligne que m\u00eame au milieu des merveilles universelles, les moments les plus m\u00e9morables peuvent \u00eatre petits, sensoriels et partag\u00e9s avec une autre personne. Elle ram\u00e8ne l&rsquo;immensit\u00e9 du cosmos \u00e0 une \u00e9chelle humaine.<\/p>\n<p><strong>17. \u00ab [Le vent d&rsquo;ouest murmura] \u00bb par R.M. Hansard<\/strong><\/p>\n<p><em>Le vent d&rsquo;ouest murmura,<strong>Et toucha les paupi\u00e8res du printemps :<\/strong>Ses yeux, les primev\u00e8res.<\/em><\/p>\n<p>R.M. Hansard utilise la personnification pour d\u00e9crire l&rsquo;arriv\u00e9e du printemps. Le \u00ab vent d&rsquo;ouest \u00bb se voit attribuer l&rsquo;action humaine de murmurer et de toucher. Le printemps lui-m\u00eame est personnifi\u00e9 comme ayant des \u00ab paupi\u00e8res \u00bb qui, lorsqu&rsquo;elles s&rsquo;ouvrent, r\u00e9v\u00e8lent les primev\u00e8res comme ses yeux. Cela \u00e9voque une transition douce, presque magique, du sommeil hivernal \u00e0 la vibrance \u00e9veill\u00e9e du printemps, vue \u00e0 travers les d\u00e9licates premi\u00e8res fleurs.<\/p>\n<p><strong>18. \u00ab Apr\u00e8s avoir tu\u00e9 une araign\u00e9e \u00bb de Masaoka Shiki<\/strong><\/p>\n<p><em>Apr\u00e8s avoir tu\u00e9<strong>une araign\u00e9e, comme je me sens seul<\/strong>dans le froid de la nuit !<\/em><\/p>\n<p>Un autre ha\u00efku de Shiki refl\u00e9tant son \u00e9tat d&rsquo;isolement. L&rsquo;action simple de tuer une araign\u00e9e entra\u00eene une vague de solitude et de regret. L&rsquo;araign\u00e9e, peut-\u00eatre vue comme une camarade habitante de son espace confin\u00e9, devient un symbole de connexion perdue. Le \u00ab froid de la nuit \u00bb refl\u00e8te l&rsquo;\u00e9tat \u00e9motionnel interne du locuteur, amplifiant le sentiment d&rsquo;isolement apr\u00e8s avoir accompli l&rsquo;acte. La pause apr\u00e8s \u00ab tu\u00e9 \u00bb souligne le poids de cette action.<\/p>\n<p><strong>19. \u00ab [Je tue une fourmi] \u00bb de Kato Shuson<\/strong><\/p>\n<p><em>Je tue une fourmi<strong>et r\u00e9alise que mes trois enfants<\/strong>regardaient.<\/em><\/p>\n<p>Le ha\u00efku de Kato Shuson pr\u00e9sente un moment de soudaine conscience de soi. L&rsquo;action d\u00e9contract\u00e9e du locuteur de tuer une fourmi est imm\u00e9diatement encadr\u00e9e par la r\u00e9alisation que ses enfants en ont \u00e9t\u00e9 t\u00e9moins. La tension du po\u00e8me r\u00e9side dans la r\u00e9flexion implicite sur l&rsquo;exemple donn\u00e9, la perception de l&rsquo;action du parent \u00e0 travers des yeux innocents, et la le\u00e7on potentielle, intentionnelle ou non, transmise \u00e0 la g\u00e9n\u00e9ration suivante.<\/p>\n<p><strong>20. \u00ab Par-dessus le hivernal \u00bb de Natsume S\u014dseki<\/strong><\/p>\n<p><em>Par-dessus le for\u00eat<strong>hivernale, les vents hurlent de rage<\/strong>sans feuilles \u00e0 souffler.<\/em><\/p>\n<p>Natsume S\u014dseki pr\u00e9sente une image crue du vide de l&rsquo;hiver. La \u00ab rage \u00bb du vent est futile car les arbres sont nus (\u00ab sans feuilles \u00e0 souffler \u00bb). Cela peut \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9 litt\u00e9ralement, d\u00e9peignant la duret\u00e9 de la saison, ou m\u00e9taphoriquement, sugg\u00e9rant une col\u00e8re impuissante, une frustration dirig\u00e9e vers un vide, ou peut-\u00eatre le d\u00e9sespoir silencieux de n&rsquo;avoir plus rien \u00e0 donner ou \u00e0 affecter.<\/p>\n<p><strong>21. \u00ab [fleurs de cerisier] \u00bb de Kobayashi Issa<\/strong><\/p>\n<p><em>fleurs de cerisier<strong>tombent ! tombent !<\/strong>assez pour remplir mon ventre<\/em><\/p>\n<p>La perspective d&rsquo;Issa est souvent ancr\u00e9e dans le monde physique et les d\u00e9sirs simples. Alors que les fleurs de cerisier sont traditionnellement associ\u00e9es \u00e0 la beaut\u00e9 \u00e9ph\u00e9m\u00e8re, Issa les relie \u00e0 un d\u00e9sir tangible, presque glouton \u2013 souhaitant tant de p\u00e9tales tombants qu&rsquo;ils pourraient remplir son ventre. C&rsquo;est une vision fantaisiste et terre \u00e0 terre de l&rsquo;appr\u00e9ciation de l&rsquo;abondance, bien que le contexte des p\u00e9tales qui tombent puisse \u00e9galement laisser entendre le d\u00e9sir de s&rsquo;accrocher \u00e0 la beaut\u00e9 avant qu&rsquo;elle ne disparaisse. Vous pouvez trouver beaucoup plus d&rsquo;<a href=\"https:\/\/latrespace.com\/haikus-examples\/\">exemples de ha\u00efkus<\/a> qui jouent avec l&rsquo;imagerie traditionnelle de mani\u00e8re inattendue.<\/p>\n<p><strong>22. \u00ab [La lampe une fois \u00e9teinte] \u00bb de Natsume Soseki<\/strong><\/p>\n<p><em>La lampe une fois \u00e9teinte<strong>Des \u00e9toiles fra\u00eeches entrent<\/strong>Dans le cadre de la fen\u00eatre.<\/em><\/p>\n<p>Ce ha\u00efku de Soseki pr\u00e9sente une transition simple, mais \u00e9vocatrice, de la lumi\u00e8re artificielle \u00e0 la lumi\u00e8re cosmique naturelle. Lorsque la lampe int\u00e9rieure ou ext\u00e9rieure est \u00e9teinte, les \u00e9toiles lointaines deviennent visibles dans les limites de la fen\u00eatre. Cela sugg\u00e8re que parfois, en \u00e9teignant les sources artificielles d&rsquo;illumination ou de distraction, on peut prendre conscience d&rsquo;une beaut\u00e9 plus grande, plus fra\u00eeche et plus lointaine. Cela peut \u00eatre lu comme une m\u00e9taphore du changement de perspective ou de l&rsquo;acquisition d&rsquo;une vision plus large.<\/p>\n<p><strong>23. \u00ab [La neige d&rsquo;hier] \u00bb de Gozan<\/strong><\/p>\n<p><em>La neige d&rsquo;hier<strong>Qui tombait comme des fleurs de cerisier<\/strong>Est de l&rsquo;eau \u00e0 nouveau<\/em><\/p>\n<p>Gozan utilise une belle comparaison pour lier l&rsquo;imagerie hivernale et printani\u00e8re (\u00ab neige&#8230; tombait comme des fleurs de cerisier \u00bb), soulignant le spectacle visuel des flocons blancs qui tombent tout en faisant allusion \u00e0 la nature \u00e9ph\u00e9m\u00e8re partag\u00e9e par la neige et les fleurs de cerisier. La derni\u00e8re ligne, \u00ab Est de l&rsquo;eau \u00e0 nouveau \u00bb, souligne le flux constant de la nature et l&rsquo;impermanence des formes \u2013 ce qui semblait solide et beau hier n&rsquo;est aujourd&rsquo;hui que de l&rsquo;eau ordinaire.<\/p>\n<p><strong>24. \u00ab [Premier matin d&rsquo;automne] \u00bb de Murakami Kijo<\/strong><\/p>\n<p><em>Premier matin d&rsquo;automne<strong>le miroir que je fixe<\/strong>montre le visage de mon p\u00e8re.<\/em><\/p>\n<p>Murakami Kijo capture un moment poignant de confrontation avec son propre vieillissement et sa lign\u00e9e. Par un \u00ab Premier matin d&rsquo;automne \u00bb frais, p\u00e9riode de transition et de d\u00e9clin naturels, le regard dans le miroir r\u00e9v\u00e8le non seulement le visage du locuteur, mais le visage de son p\u00e8re. Cela peut \u00e9voquer un sentiment de traits h\u00e9rit\u00e9s, le passage du temps et l&rsquo;in\u00e9vitabilit\u00e9 de devenir comme ses parents en vieillissant, portant peut-\u00eatre le poids de l&rsquo;ascendance.<\/p>\n<p><strong>25. \u00ab [Juste amis :] \u00bb d&rsquo;Alexis Rotella<\/strong><\/p>\n<p><em>Juste amis :<strong>il regarde ma robe de gaze<\/strong>s\u00e9chant sur la corde.<\/em><\/p>\n<p>Le ha\u00efku contemporain d&rsquo;Alexis Rotella capture un moment de tension et de d\u00e9sir inexprim\u00e9 au sein d&rsquo;une relation platonique. L&rsquo;expression d&rsquo;ouverture \u00ab Juste amis : \u00bb \u00e9tablit le cadre de limites d\u00e9finies. Cependant, l&rsquo;image de \u00ab il regarde ma robe de gaze \/ s\u00e9chant sur la corde \u00bb introduit une couche de d\u00e9sir et d&rsquo;observation qui laisse entendre quelque chose de plus. La nature d\u00e9licate et r\u00e9v\u00e9latrice de la robe contraste avec la retenue de la relation, soulignant l&rsquo;espace \u00e9motionnel entre eux.<\/p>\n<p><strong>26. \u00ab [Qu&rsquo;est-ce sinon un r\u00eave ?] \u00bb de Hakuen Ekaku<\/strong><\/p>\n<p><em>Qu&rsquo;est-ce sinon un r\u00eave ?<strong>La floraison aussi<\/strong>Ne dure que sept cycles<\/em><\/p>\n<p>Hakuen Ekaku r\u00e9fl\u00e9chit \u00e0 la nature transitoire de l&rsquo;existence, consid\u00e9rant la vie elle-m\u00eame comme un r\u00eave. La \u00ab floraison \u00bb, faisant probablement r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 de beaux moments ou peut-\u00eatre \u00e0 la vie elle-m\u00eame, est explicitement d\u00e9clar\u00e9e \u00e9ph\u00e9m\u00e8re, ne durant que \u00ab sept cycles \u00bb. Cela pourrait faire r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 des jours, des semaines, ou peut-\u00eatre des ann\u00e9es (comme le note le commentaire, le po\u00e8te a v\u00e9cu jusqu&rsquo;\u00e0 66 ans, soit environ 7 cycles de 9-10 ans). Le po\u00e8me souligne le concept bouddhiste d&rsquo;impermanence (anicca) et la qualit\u00e9 onirique de la r\u00e9alit\u00e9 per\u00e7ue.<\/p>\n<p><strong>27. \u00ab [M\u00eame \u00e0 Kyoto,] \u00bb de Kobayashi Issa<\/strong><\/p>\n<p><em>M\u00eame \u00e0 Kyoto,<strong>Entendant le cri du coucou,<\/strong>J&rsquo;ai la nostalgie de Kyoto<\/em><\/p>\n<p>Ce ha\u00efku paradoxal d&rsquo;Issa exprime un sentiment complexe de nostalgie pour un lieu <em>tout en y \u00e9tant<\/em>. \u00c9tant \u00ab M\u00eame \u00e0 Kyoto \u00bb, une ville de signification culturelle et de beaut\u00e9, le son du coucou (symbole traditionnel associ\u00e9 \u00e0 la maison ou au pass\u00e9) d\u00e9clenche un sentiment de mal du pays ou de nostalgie pour une exp\u00e9rience <em>pass\u00e9e<\/em> de Kyoto, peut-\u00eatre de sa jeunesse. Il souligne comment la m\u00e9moire et l&rsquo;\u00e9motion peuvent colorer notre perception du pr\u00e9sent, nous faisant d\u00e9sirer ce qui est simultan\u00e9ment ici et parti.<\/p>\n<p><strong>28. \u00ab [Le corbeau s&rsquo;est envol\u00e9 :] \u00bb de Natsume Soseki<\/strong><\/p>\n<p><em>Le corbeau s&rsquo;est envol\u00e9 :<strong>Se balan\u00e7ant au soleil du soir,<\/strong>Un arbre sans feuilles<\/em><\/p>\n<p>Soseki peint une sc\u00e8ne de vide silencieux alors que le jour passe \u00e0 la nuit et l&rsquo;automne \u00e0 l&rsquo;hiver. Le d\u00e9part du corbeau laisse un sentiment de qui\u00e9tude et peut-\u00eatre de solitude. L&rsquo;attention se d\u00e9place ensuite vers l&rsquo;\u00ab arbre sans feuilles \u00bb, stark sur le \u00ab soleil du soir \u00bb couchant. Le balancement sugg\u00e8re la vuln\u00e9rabilit\u00e9 face au vent. C&rsquo;est une image de transition, de perte, et de la beaut\u00e9 crue trouv\u00e9e dans la nudit\u00e9 de la saison.<\/p>\n<p><strong>29. \u00ab [Les chevaux qui hennissent] \u00bb de Richard Wright<\/strong><\/p>\n<p><em>Les chevaux qui hennissent<strong>provoquent des hennissements en \u00e9cho<\/strong>dans les granges voisines<\/em><\/p>\n<p>Richard Wright, connu pour ses romans, a \u00e9galement \u00e9crit des ha\u00efkus. Cet exemple utilise une technique parfois appel\u00e9e \u00ab s\u00e9quence de ha\u00efku \u00bb ou \u00ab ronde \u00bb, o\u00f9 la fin semble revenir au d\u00e9but. Un son (\u00ab chevaux qui hennissent \u00bb) voyage et provoque une r\u00e9action (\u00ab hennissements en \u00e9cho \u00bb) qui est similaire au son original, cr\u00e9ant un sentiment d&rsquo;action cyclique et de r\u00e9sonance \u00e0 travers l&rsquo;espace. C&rsquo;est une observation simple de la propagation du son rendue po\u00e9tique.<\/p>\n<p><strong>30. \u00ab [Lis :] \u00bb de Nick Virgilio<\/strong><\/p>\n<p><em>Lis :<strong>hors de l&rsquo;eau<\/strong>hors de soi<\/em><\/p>\n<p>Le ha\u00efku acclam\u00e9 en langue anglaise de Nick Virgilio utilise un double point (agissant comme un fort kireji) apr\u00e8s \u00ab Lis \u00bb pour cr\u00e9er une pause nette. Les lignes qui suivent d\u00e9crivent le lis s&rsquo;\u00e9levant \u00ab hors de l&rsquo;eau \u00bb (son environnement physique) et \u00ab hors de soi \u00bb (transcendant sa simple forme physique ou son potentiel). Cela peut \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9 comme une floraison, une recherche de lumi\u00e8re, ou m\u00eame une \u00e9mergence spirituelle ou une transformation, atteignant son plein potentiel \u00e0 partir d&rsquo;humbles d\u00e9buts. Il est souvent inclus lors de la pr\u00e9sentation d'[exemples de ha\u00efkus] puissants(<a href=\"https:\/\/latrespace.com\/haikus-examples\/\">https:\/\/latrespace.com\/haikus-examples\/<\/a>).<\/p>\n<p><strong>31. \u00ab Femme sans enfant \u00bb de Hattori Ransetsu<\/strong><\/p>\n<p><em>La femme sans enfant,<strong>avec quelle tendresse elle caresse<\/strong>les poup\u00e9es sans abri&#8230;<\/em><\/p>\n<p>Hattori Ransetsu, \u00e9l\u00e8ve de Bash\u014d, \u00e9voque une profonde piti\u00e9 dans ce ha\u00efku. L&rsquo;image d&rsquo;une femme sans enfant s&rsquo;occupant tendrement de \u00ab poup\u00e9es sans abri \u00bb est incroyablement poignante. Les poup\u00e9es deviennent des substituts pour les enfants qu&rsquo;elle n&rsquo;a pas, et ses douces caresses r\u00e9v\u00e8lent son amour maternel inassouvi et son d\u00e9sir. C&rsquo;est un portrait simple, mais d\u00e9chirant, d&rsquo;une tristesse silencieuse et du besoin humain de nourrir.<\/p>\n<p><strong>32. \u00ab [Une goutte de pluie de] \u00bb de Jack Kerouac<\/strong><\/p>\n<p><em>Une goutte de pluie de<strong>le toit<\/strong>Est tomb\u00e9e dans ma bi\u00e8re<\/em><\/p>\n<p>Kerouac contraste \u00e0 nouveau les \u00e9l\u00e9ments naturels avec les habitudes humaines, souvent avec une touche d&rsquo;humour sec ou de d\u00e9tachement. La goutte de pluie tombant du toit est un \u00e9v\u00e9nement courant et naturel. Cependant, son atterrissage \u00ab Est tomb\u00e9e dans ma bi\u00e8re \u00bb la replace dans un contexte humain, perturbant l\u00e9g\u00e8rement un moment de loisir. Contrairement aux ha\u00efkus traditionnels qui s&rsquo;harmonisent souvent avec la nature, la goutte de pluie de Kerouac est une intrusion, un rappel du monde ext\u00e9rieur empi\u00e9tant sur l&rsquo;espace priv\u00e9.<\/p>\n<p><strong>33. \u00ab [J&rsquo;\u00e9tais dans cet incendie] \u00bb d&rsquo;Andrew Mancinelli<\/strong><\/p>\n<p><em>J&rsquo;\u00e9tais dans cet incendie,<strong>La pi\u00e8ce \u00e9tait sombre et lugubre.<\/strong>Je dors paisiblement.<\/em><\/p>\n<p>Le ha\u00efku d&rsquo;Andrew Mancinelli parle de surmonter une exp\u00e9rience difficile. L&rsquo;\u00ab incendie \u00bb pourrait \u00eatre litt\u00e9ral ou m\u00e9taphorique \u2013 un traumatisme, un conflit ou une lutte intense. L&rsquo;apr\u00e8s coup d\u00e9crit comme une pi\u00e8ce \u00ab sombre et lugubre \u00bb refl\u00e8te les effets ou souvenirs persistants. Cependant, la derni\u00e8re ligne, \u00ab Je dors paisiblement \u00bb, sugg\u00e8re la gu\u00e9rison, la r\u00e9solution ou la d\u00e9couverte de la paix <em>apr\u00e8s<\/em> avoir endur\u00e9 l&rsquo;\u00e9preuve. Elle passe de la souffrance pass\u00e9e \u00e0 la tranquillit\u00e9 pr\u00e9sente.<\/p>\n<p><strong>34. \u00ab [Temple des fleurs de prunier :] \u00bb de Natsume Soseki<\/strong><\/p>\n<p><em>Temple des fleurs de prunier :<strong>Les voix s&rsquo;\u00e9l\u00e8vent<\/strong>Des contreforts<\/em><\/p>\n<p>Soseki cr\u00e9e une sc\u00e8ne \u00e9vocatrice, l\u00e9g\u00e8rement myst\u00e9rieuse, reliant un lieu sp\u00e9cifique (\u00ab Temple des fleurs de prunier \u00bb) \u00e0 des sons lointains (\u00ab Les voix s&rsquo;\u00e9l\u00e8vent \/ Des contreforts \u00bb). Le temple, souvent associ\u00e9 \u00e0 la paix et \u00e0 la beaut\u00e9 (les fleurs de prunier fleurissent t\u00f4t, symbolisant la pers\u00e9v\u00e9rance), est situ\u00e9 dans le paysage naturel des contreforts. Les \u00ab voix \u00bb invisibles ajoutent un \u00e9l\u00e9ment humain, sugg\u00e9rant peut-\u00eatre le culte, la communaut\u00e9, ou simplement les sons de la vie qui r\u00e9sonnent vers le haut, ajoutant \u00e0 l&rsquo;atmosph\u00e8re sereine ou l\u00e9g\u00e8rement myst\u00e9rieuse du cadre du temple.<\/p>\n<p><strong>35. \u00ab [La premi\u00e8re neige douce :] \u00bb de Matsuo Bash\u014d<\/strong><\/p>\n<p><em>La premi\u00e8re neige douce :<strong>les feuilles du jonquil \u00e9merveill\u00e9<\/strong>s&rsquo;inclinent bas<\/em><\/p>\n<p>Bash\u014d se concentre \u00e0 nouveau sur les interactions subtiles entre les \u00e9l\u00e9ments de la nature. L&rsquo;arriv\u00e9e de \u00ab La premi\u00e8re neige douce \u00bb est d\u00e9peinte comme un \u00e9v\u00e9nement doux et beau. Les feuilles du jonquil, symboles de vie d\u00e9licate et de joie, sont personnifi\u00e9es comme \u00ab \u00e9merveill\u00e9es \u00bb, s&rsquo;inclinant bas sous le poids de la neige ou en r\u00e9v\u00e9rence \u00e0 sa beaut\u00e9 silencieuse et \u00e0 sa puissance. Cela capture un moment de respect tranquille entre la plante vivante et l&rsquo;hiver descendant. Vous pouvez en d\u00e9couvrir plus sur les po\u00e8tes qui ont ma\u00eetris\u00e9 cette forme dans des articles sur les <a href=\"https:\/\/latrespace.space\/haiku-masters\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">ma\u00eetres du ha\u00efku<\/a>.<\/p>\n<p><strong>36. \u00ab [Une chenille,] \u00bb de Matsuo Bash\u014d<\/strong><\/p>\n<p><em>Une chenille,<strong>si tard en automne \u2013<\/strong>toujours pas un papillon.<\/em><\/p>\n<p>Bash\u014d observe une chenille tard dans la saison. L&rsquo;expression \u00ab si tard en automne \u00bb \u00e9tablit un contexte d&rsquo;approche de l&rsquo;hiver et de fin de croissance pour de nombreuses cr\u00e9atures. L&rsquo;observation qu&rsquo;elle n&rsquo;est \u00ab toujours pas un papillon \u00bb introduit un sentiment de potentiel inabouti ou de transformation retard\u00e9e. Cela peut \u00eatre lu litt\u00e9ralement, comme une simple observation de la nature, ou m\u00e9taphoriquement, refl\u00e9tant des aspirations qui ne se sont pas encore r\u00e9alis\u00e9es \u00e0 mesure que le temps passe.<\/p>\n<p><strong>37. \u00ab [Sur la cloche du temple d&rsquo;une tonne] \u00bb de Taniguchi Buson<\/strong><\/p>\n<p><em>Sur la cloche du temple d&rsquo;une tonne<strong>Un papillon de nuit, repli\u00e9 dans le sommeil,<\/strong>Est assis immobile.<\/em><\/p>\n<p>Taniguchi Buson cr\u00e9e un contraste puissant entre un potentiel sonore immense et une immobilit\u00e9 compl\u00e8te. La \u00ab cloche du temple d&rsquo;une tonne \u00bb a la capacit\u00e9 d&rsquo;un son massif et r\u00e9sonnant. Juxtapos\u00e9 \u00e0 cela, se trouve un d\u00e9licat \u00ab papillon de nuit, repli\u00e9 dans le sommeil \u00bb, se reposant silencieusement dessus. L&rsquo;image souligne la fragilit\u00e9 tranquille de la vie existant paisiblement aux c\u00f4t\u00e9s d&rsquo;un pouvoir monumental et dormant, ignorant la perturbation potentielle.<\/p>\n<p><strong>38. \u00ab [perdant son nom] \u00bb de John Sandbach<\/strong><\/p>\n<p><em>perdant son nom<strong>une rivi\u00e8re<\/strong>entre dans la mer<\/em><\/p>\n<p>Le ha\u00efku de John Sandbach utilise la m\u00e9taphore d&rsquo;une rivi\u00e8re se jetant dans la mer pour explorer les th\u00e8mes de l&rsquo;identit\u00e9, de l&rsquo;altruisme et du fait de devenir partie de quelque chose de plus grand. La rivi\u00e8re \u00ab perdant son nom \u00bb signifie la dissolution de son identit\u00e9 individuelle alors qu&rsquo;elle rejoint la vaste mer indiff\u00e9renci\u00e9e. Cela peut repr\u00e9senter l&rsquo;abandon de son ego ou de son individualit\u00e9 pour se fondre dans un tout plus grand, qu&rsquo;il s&rsquo;agisse de la nature, de l&rsquo;humanit\u00e9 ou du cosmos.<\/p>\n<p><strong>39. \u00ab [Les herbes fl\u00e9trissent :] \u00bb de Yamaguchi Seishi<\/strong><\/p>\n<p><em>Les herbes fl\u00e9trissent :<strong>la locomotive en freinage<\/strong>s&rsquo;arr\u00eate en grin\u00e7ant.<\/em><\/p>\n<p>Yamaguchi Seishi cr\u00e9e une image saisissante de d\u00e9clin naturel et de puissance m\u00e9canique s&rsquo;arr\u00eatant. Les herbes fl\u00e9trissant le long des voies sont un signe tranquille du cycle de la nature ou de l&rsquo;impact des infrastructures humaines. La \u00ab locomotive en freinage \u00bb repr\u00e9sente la technologie et la force humaines, qui finissent \u00e9galement par s&rsquo;arr\u00eater. Le \u00ab grin\u00e7ant \u00bb ajoute une image sonore dure. Le po\u00e8me juxtapose la vie organique qui c\u00e8de et la puissance m\u00e9canique qui cesse, sugg\u00e9rant peut-\u00eatre que m\u00eame les entreprises humaines puissantes sont temporaires ou soumises aux forces naturelles au fil du temps.<\/p>\n<p><strong>40. \u00ab [Tout ce que je touche] \u00bb de Kobayashi Issa<\/strong><\/p>\n<p><em>Tout ce que je touche<strong>avec tendresse, h\u00e9las,<\/strong>pique comme une ronce<\/em><\/p>\n<p>Issa conclut notre collection par une expression poignante de la douleur d\u00e9rivant de la connexion. Malgr\u00e9 une approche des choses ou des personnes \u00ab avec tendresse \u00bb, le r\u00e9sultat est la douleur, comme celle d&rsquo;\u00eatre piqu\u00e9 par une ronce. L&rsquo;interjection \u00ab h\u00e9las \u00bb, ajoute un sentiment de tristesse ou de regret. Ce ha\u00efku parle de la difficult\u00e9 \u00e0 \u00e9tablir des liens doux dans un monde qui semble r\u00e9pondre par la douleur ou la d\u00e9fense, refl\u00e9tant la vision souvent pessimiste d&rsquo;Issa, temp\u00e9r\u00e9e par la vuln\u00e9rabilit\u00e9.<\/p>\n<p>Ces <strong>exemples de ha\u00efkus<\/strong> d\u00e9montrent la puissance durable de cette forme \u00e0 capturer des moments \u00e9ph\u00e9m\u00e8res, \u00e0 \u00e9voquer des \u00e9motions profondes et \u00e0 offrir des perspectives uniques sur le monde, de la grandeur de la nature aux luttes silencieuses du c\u0153ur humain.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le ha\u00efku, une forme d&rsquo;apparence simple originaire du Japon, capture des moments avec une imagerie frappante et une r\u00e9sonance \u00e9motionnelle &#8230; <a title=\"D\u00e9couvrir 40 Ha\u00efkus C\u00e9l\u00e8bres et Marquants\" class=\"read-more\" href=\"https:\/\/latrespace.com\/fr\/decouvrir-40-haikus-celebres-et-marquants\/\" aria-label=\"Read more about D\u00e9couvrir 40 Ha\u00efkus C\u00e9l\u00e8bres et Marquants\"> <\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":7979,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[59],"tags":[],"class_list":["post-14427","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-poemes","generate-columns","tablet-grid-50","mobile-grid-100","grid-parent","grid-25"],"lang":"fr","translations":{"fr":14427,"en":7978,"es":11772,"de":12959},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/latrespace.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/14427","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/latrespace.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/latrespace.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/latrespace.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/latrespace.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=14427"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/latrespace.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/14427\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/latrespace.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/7979"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/latrespace.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=14427"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/latrespace.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=14427"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/latrespace.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=14427"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}