{"id":14514,"date":"2025-05-25T21:11:24","date_gmt":"2025-05-25T21:11:24","guid":{"rendered":"https:\/\/latrespace.com\/explorer-le-monde-poetique-de-victor-hugo\/"},"modified":"2025-05-25T21:11:24","modified_gmt":"2025-05-25T21:11:24","slug":"explorer-le-monde-poetique-de-victor-hugo","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/latrespace.com\/fr\/explorer-le-monde-poetique-de-victor-hugo\/","title":{"rendered":"Explorer le monde po\u00e9tique de Victor Hugo"},"content":{"rendered":"<p>Victor Hugo est l&rsquo;une des figures litt\u00e9raires fran\u00e7aises les plus c\u00e9l\u00e8bres, reconnu mondialement pour ses romans intemporels comme <em>Notre-Dame de Paris<\/em> et <em>Les Mis\u00e9rables<\/em>. Au-del\u00e0 de sa prose, cependant, il fut une figure dominante du romantisme fran\u00e7ais, un ma\u00eetre artisan dont les diverses collections po\u00e9tiques ont ciment\u00e9 son statut comme l&rsquo;un des plus grands po\u00e8tes <a href=\"https:\/\/latrespace.com\/shelley-keats-poems\/\">romantiques de son \u00e9poque<\/a>. Ses vers explorent des th\u00e8mes profonds allant de la mort et de la nature \u00e0 l&rsquo;amour et aux complexit\u00e9s de la vie humaine, souvent entrelac\u00e9s d&rsquo;observations aiguis\u00e9es sur les bouleversements politiques de son \u00e9poque.<\/p>\n<p>L&rsquo;\u0153uvre po\u00e9tique \u00e9tendue de Hugo comprend des po\u00e8mes \u00e9piques monumentaux tels que <em>La Fin de Satan<\/em> (1886) et <em>Dieu<\/em> (1891). Dans le but d&rsquo;explorer l&rsquo;\u00e9tendue de son style et de ses sujets, cet article se concentre sur une s\u00e9lection de ses \u0153uvres plus courtes, mais tout aussi puissantes. Ces po\u00e8mes choisis sont tir\u00e9s de six collections distinctes : <em>Les Contemplations<\/em>, <em>La L\u00e9gende des Si\u00e8cles<\/em>, <em>L\u2019Ann\u00e9e Terrible<\/em>, <em>Les Voix Int\u00e9rieures, Les Ch\u00e2timents<\/em>, et <em>Les Feuilles d\u2019automne<\/em>.<\/p>\n<p>Les traductions anglaises pr\u00e9sent\u00e9es ici visent une litt\u00e9ralit\u00e9 relative. L&rsquo;intention est de fournir des versions qui permettent au lecteur de saisir le vocabulaire et les sens originaux, offrant une appr\u00e9ciation du fran\u00e7ais tout en transmettant l&rsquo;essence du po\u00e8me. \u00c0 travers ces s\u00e9lections, nous pouvons commencer \u00e0 comprendre pourquoi les po\u00e8mes de Victor Hugo continuent de r\u00e9sonner aupr\u00e8s des lecteurs du monde entier.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/latrespace.com\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/victor-hugo-poems-portrait.webp\" alt=\"Portrait de Victor Hugo datant de 1876, po\u00e8te et auteur fran\u00e7ais renomm\u00e9\" width=\"624\" height=\"767\" \/><em class=\"cap-ai\">Portrait de Victor Hugo datant de 1876, po\u00e8te et auteur fran\u00e7ais renomm\u00e9<\/em><\/p>\n<h2>Demain, d\u00e8s l\u2019aube (Tomorrow at Dawn)<\/h2>\n<p>Peut-\u00eatre le plus poignant et le plus largement connu des po\u00e8mes de Victor Hugo, <em>Demain, d\u00e8s l\u2019aube<\/em> a \u00e9t\u00e9 \u00e9crit quatre ans apr\u00e8s une profonde trag\u00e9die personnelle : la mort de sa fille L\u00e9opoldine. Nouvellement mari\u00e9e, elle s&rsquo;est noy\u00e9e lors d&rsquo;un accident de bateau sur la Seine en 1843 avec son mari. Ce po\u00e8me a \u00e9t\u00e9 inclus plus tard dans le recueil <em>Les Contemplations<\/em>, une \u0153uvre divis\u00e9e en <em>Autrefois<\/em> et <em>Aujourd\u2019hui<\/em>, la mort de L\u00e9opoldine marquant la douloureuse fronti\u00e8re entre ces deux p\u00e9riodes de la vie de Hugo. Le po\u00e8me est une expression brute du deuil et un <a href=\"https:\/\/latrespace.com\/trip-poem\/\">voyage<\/a> solitaire vers sa derni\u00e8re demeure.<\/p>\n<h3><em>Demain, d\u00e8s l\u2019aube<\/em><\/h3>\n<pre><code>Demain, d\u00e8s l\u2019aube, \u00e0 l\u2019heure o\u00f9 blanchit la campagne,\nJe partirai. Vois-tu, je sais que tu m\u2019attends.\nJ\u2019irai par la for\u00eat, j\u2019irai par la montagne.\nJe ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.\n\nJe marcherai les yeux fix\u00e9s sur mes pens\u00e9es,\nSans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,\nSeul, inconnu, le dos courb\u00e9, les mains crois\u00e9es,\nTriste, et le jour pour moi sera comme la nuit.\n\nJe ne regarderai ni l\u2019or du soir qui tombe,\nNi les voiles au loin descendant vers Harfleur,\nEt, quand j\u2019arriverai, je mettrai sur ta tombe\nUn bouquet de houx vert et de bruy\u00e8re en fleur.<\/code><\/pre>\n<h3>Tomorrow at Dawn<\/h3>\n<pre><code>Tomorrow, at dawn, when the countryside brightens,\nI will depart. You see, I know that you wait for me.\nI will go through the wood, I will go past the mountains.\nI cannot remain far from you any longer.\n\nI will walk, eyes set upon my thoughts,\nSeeing nothing around me and hearing no sound,\nAlone, unknown, back bent, hands crossed,\nSorrowful, and for me, day will be as night.\n\nI will not watch the evening gold fall,\nNor the distant sails going down to Harfleur,\nAnd, when I arrive, I will put on your grave\nA bouquet of green holly and heather in bloom.<\/code><\/pre>\n<h2>Apr\u00e8s la bataille (After the Battle)<\/h2>\n<p>Pr\u00e9sent\u00e9 dans la premi\u00e8re s\u00e9rie de la vaste collection de Victor Hugo, <em>La L\u00e9gende des Si\u00e8cles<\/em> (1859), <em>Apr\u00e8s la bataille<\/em> est un hommage au p\u00e8re du po\u00e8te, Joseph L\u00e9opold Sigisbert Hugo (1773 \u2013 1828). Son p\u00e8re a servi comme g\u00e9n\u00e9ral sous Napol\u00e9on Bonaparte, et le po\u00e8me se d\u00e9roule pendant la Guerre d&rsquo;ind\u00e9pendance espagnole (1808 \u2013 1814), un conflit au sein des Guerres napol\u00e9oniennes o\u00f9 les forces fran\u00e7aises ont combattu les troupes espagnoles, portugaises et britanniques. Il raconte une anecdote soulignant le courage et la compassion inattendue au milieu de la brutalit\u00e9 de la guerre.<\/p>\n<h3><em>Apr\u00e8s la bataille<\/em><\/h3>\n<pre><code>Mon p\u00e8re, ce h\u00e9ros au sourire si doux,\nSuivi d\u2019un seul housard qu\u2019il aimait entre tous\nPour sa grande bravoure et pour sa haute taille,\nParcourait \u00e0 cheval, le soir d\u2019une bataille,\nLe champ couvert de morts sur qui tombait la nuit.\nIl lui sembla dans l\u2019ombre entendre un faible bruit.\nC\u2019\u00e9tait un Espagnol de l\u2019arm\u00e9e en d\u00e9route\nQui se tra\u00eenait sanglant sur le bord de la route,\nR\u00e2lant, bris\u00e9, livide, et mort plus qu\u2019\u00e0 moiti\u00e9.\nEt qui disait: \u00bb A boire! \u00e0 boire par piti\u00e9 ! \u00bb\nMon p\u00e8re, \u00e9mu, tendit \u00e0 son housard fid\u00e8le\nUne gourde de rhum qui pendait \u00e0 sa selle,\nEt dit: \u00ab Tiens, donne \u00e0 boire \u00e0 ce pauvre bless\u00e9. \u00bb\nTout \u00e0 coup, au moment o\u00f9 le housard baiss\u00e9\nSe penchait vers lui, l\u2019homme, une esp\u00e8ce de maure,\nSaisit un pistolet qu\u2019il \u00e9treignait encore,\nEt vise au front mon p\u00e8re en criant: \u00ab Caramba! \u00bb\nLe coup passa si pr\u00e8s que le chapeau tomba\nEt que le cheval fit un \u00e9cart en arri\u00e8re.\n\u00ab Donne-lui tout de m\u00eame \u00e0 boire \u00bb, dit mon p\u00e8re.<\/code><\/pre>\n<h3>After the Battle<\/h3>\n<pre><code>My father, this hero with such a soft smile,\nFollowed by a single hussar whom he loved above all others\nFor his great bravery and for his tall stature\nWas travelling on horseback, on the evening of a battle,\nThe field covered with the dead upon whom the night was falling.\nHe thought he heard a faint noise in the shadows.\nIt was a Spaniard of the routed army\nBleeding, dragging himself along the side of the road\nGasping, broken, pale, more dead than alive,\nAnd who said to him \u201cA drink! A drink for pity\u2019s sake!\u201d\nMy father, moved, handed to his faithful hussar,\nA flask of rum which hung from his saddle,\nAnd said: \u201cHere, give this poor wounded man a drink\u201d.\nAll of a sudden, when the soldier was bending down\nAnd leaning towards him, the man, some kind of Moor,\nGrabbed a pistol that he was still clutching in his hand,\nAnd aimed at my father\u2019s forehead, crying \u201cCaramba!\u201d\nThe bullet flew so closely by that his hat fell off\nAnd his horse stumbled backwards.\n\u201cAll the same, give him a drink\u201d, said my father.<\/code><\/pre>\n<h2>Sur une barricade (On a Barricade)<\/h2>\n<p>Ce po\u00e8me se trouve dans le recueil <em>L\u2019Ann\u00e9e Terrible<\/em> (1872), une \u0153uvre o\u00f9 Victor Hugo a relat\u00e9 \u00e0 la fois des pertes personnelles et les trag\u00e9dies nationales de son \u00e9poque. Le recueil aborde la d\u00e9vastatrice Guerre franco-prussienne (1870-71), la subs\u00e9quente Commune de Paris (1871), et la mort de son fils Charles. <em>Sur une barricade<\/em> capture puissamment le co\u00fbt humain de la Commune, un soul\u00e8vement radical contre le gouvernement marqu\u00e9 par une violence intense. Hugo \u00e9tait profond\u00e9ment conflicted, critique des exc\u00e8s des deux c\u00f4t\u00e9s, notant famously dans son journal la \u00ab\u00a0folie\u00a0\u00bb de la Commune et la \u00ab\u00a0f\u00e9rocit\u00e9\u00a0\u00bb de l&rsquo;Assembl\u00e9e nationale. Le po\u00e8me raconte l&rsquo;histoire captivante et tragique d&rsquo;un jeune gar\u00e7on pris dans le conflit. Ce type de vers politiquement charg\u00e9 et historiquement ancr\u00e9 distingue Hugo de certains po\u00e8tes purement lyriques, reliant son \u0153uvre aux courants plus larges de la <a href=\"https:\/\/latrespace.com\/20th-century-poem\/\">po\u00e9sie du 20\u00e8me si\u00e8cle<\/a> qui abordait souvent les th\u00e8mes sociaux et politiques.<\/p>\n<h3><em>Sur une barricade<\/em><\/h3>\n<pre><code>Sur une barricade, au milieu des pav\u00e9s\nSouill\u00e9s d\u2019un sang coupable et d\u2019un sang pur lav\u00e9s,\nUn enfant de douze ans est pris avec des hommes.\n\u2013 Es-tu de ceux-l\u00e0, toi ? \u2013 L\u2019enfant dit : Nous en sommes.\n\u2013 C\u2019est bon, dit l\u2019officier, on va te fusiller.\nAttends ton tour. \u2013 L\u2019enfant voit des \u00e9clairs briller,\nEt tous ses compagnons tomber sous la muraille.\nIl dit \u00e0 l\u2019officier : Permettez-vous que j\u2019aille\nRapporter cette montre \u00e0 ma m\u00e8re chez nous ?\n\u2013 Tu veux t\u2019enfuir ? \u2013 Je vais revenir. \u2013 Ces voyous\nOnt peur ! o\u00f9 loges-tu ? \u2013 L\u00e0, pr\u00e8s de la fontaine.\nEt je vais revenir, monsieur le capitaine.\n\u2013 Va\u2019t\u2019en, dr\u00f4le ! \u2013 L\u2019enfant s\u2019en va. \u2013 Pi\u00e8ge grossier !\nEt les soldats riaient avec leur officier,\nEt les mourants m\u00ealaient \u00e0 ce rire leur r\u00e2le ;\nMais le rire cessa, car soudain l\u2019enfant p\u00e2le,\nBrusquement reparu, fier comme Viala,\nVint s\u2019adosser au mur et leur dit : Me voil\u00e0.\n\nLa mort stupide eut honte et l\u2019officier fit gr\u00e2ce.\n[ \u2026 ]<\/code><\/pre>\n<h3>On a Barricade<\/h3>\n<pre><code>On a barricade, amidst the cobbles\nDirtied with guilty blood and cleaned with pure blood,\nA boy of twelve was taken alongside the men,\n\u201cDo you belong to them?\u201d The child said, \u201cI do.\u201d\n\u201cThat\u2019s good\u201d, said the officer, \u201cwe are going to shoot you.\nWait your turn.\u201d The child saw bright flashes,\nAnd all his partners die against the wall.\nHe said to the officer, \u201cMay I go\nReturn this watch to my mother at home?\u201d\n\u201cYou want to escape.\u201d \u201cI am going to return.\u201d \u201cThese ruffians\nAre afraid! Where do you live?\u201d \u201cThere, by the fountain\nAnd I am going to come back, Mr Captain.\u201d\n\u201cBeat it, scoundrel!\u201d The child leaves. Clumsy trick!\nAnd the soldiers laugh with their officer,\nAnd to this laughter the dying add their moans;\nBut the laughter stops, because suddenly the pale child,\nWithout warning reappeared, proud like Viala,\nCame to stand against the wall and said to them: here I am.\n\nStupid death was ashamed, and the officer pardoned the boy.\n[ \u2026 ]<\/code><\/pre>\n<h2>La tombe dit \u00e0 la rose (The Grave Said to the Rose)<\/h2>\n<p>Inclus dans le recueil de Victor Hugo de 1837, <em>Les Voix Int\u00e9rieures<\/em>, <em>La tombe dit \u00e0 la rose<\/em> est un po\u00e8me quintessentiellement romantique. Il personnifie une tombe et une rose, leur permettant de converser sur les th\u00e8mes de la vie, de la mort et de la transformation. La poignancy unique du po\u00e8me r\u00e9side dans sa simplicit\u00e9 trompeuse, utilisant l&rsquo;imagerie des larmes de l&rsquo;aube, de la ros\u00e9e scintillante et du contraste symbolique entre la rose enracin\u00e9e et la tombe ouverte. Il partage une r\u00e9sonance th\u00e9matique avec <em>Demain, d\u00e8s l\u2019aube<\/em> dans sa contemplation de la mortalit\u00e9 et de la beaut\u00e9 durable, souvent explor\u00e9s dans de <a href=\"https:\/\/latrespace.com\/beautiful-romantic-love-poems\/\">beaux po\u00e8mes d&rsquo;amour romantiques<\/a> qui m\u00e9ditent sur les cycles de la vie.<\/p>\n<h3>La tombe dit \u00e0 la rose<\/h3>\n<pre><code>La tombe dit \u00e0 la rose :\n\u2013 Des pleurs dont l\u2019aube t\u2019arrose\nQue fais-tu, fleur des amours ?\nLa rose dit \u00e0 la tombe :\n\u2013 Que fais-tu de ce qui tombe\nDans ton gouffre ouvert toujours ?\n\nLa rose dit : \u2013 Tombeau sombre,\nDe ces pleurs je fais dans l\u2019ombre\nUn parfum d\u2019ambre et de miel.\nLa tombe dit : \u2013 Fleur plaintive,\nDe chaque \u00e2me qui m\u2019arrive\nJe fais un ange du ciel !<\/code><\/pre>\n<h3>The Grave Said to the Rose<\/h3>\n<pre><code>The grave said to the rose:\n\u201cWith the tears that dawn sprinkles upon you\nWhat do you make, flower of love?\u201d\nThe rose said to the tomb:\n\u201cWhat do you make of those who fall\nIn your ever-open abyss?\u201d\n\nThe rose said, \u201csombre tomb,\nFrom these tears I make in the shade\nA fragrance of amber and of honey.\u201d\nThe tomb said, \u201cwistful flower,\nFrom each soul that arrives to me\nI make an angel in heaven.\u201d<\/code><\/pre>\n<h2>L\u2019homme a ri (The Man who Laughed)<\/h2>\n<p>Trouv\u00e9 dans le recueil f\u00e9rocement politique de Victor Hugo de 1853, <em>Les Ch\u00e2timents<\/em>, <em>L\u2019homme a ri<\/em> a \u00e9t\u00e9 \u00e9crit au d\u00e9but de l&rsquo;exil de deux d\u00e9cennies de Hugo. Il a quitt\u00e9 la France apr\u00e8s le coup d&rsquo;\u00c9tat de Napol\u00e9on III en 1851, d\u00e9m\u00e9nageant initialement \u00e0 Bruxelles avant de s&rsquo;installer dans les \u00eeles Britanniques un an plus tard. Il a achev\u00e9 <em>Les Ch\u00e2timents<\/em> \u00e0 Jersey, une \u0153uvre visant principalement \u00e0 d\u00e9noncer Napol\u00e9on III, que Hugo a c\u00e9l\u00e8brement appel\u00e9 \u00ab\u00a0Napol\u00e9on le Petit\u00a0\u00bb. Le po\u00e8me est un puissant exemple de Hugo utilisant ses vers comme une arme, combinant une imagerie vive, presque visc\u00e9rale, avec une indignation vertueuse, contrastant avec des formes po\u00e9tiques plus abstraites ou concises comme les <a href=\"https:\/\/latrespace.com\/famous-one-word-poems\/\">po\u00e8mes c\u00e9l\u00e8bres d&rsquo;un seul mot<\/a>.<\/p>\n<h3>L\u2019homme a ri<\/h3>\n<pre><code>Ah ! tu finiras bien par hurler, mis\u00e9rable !\nEncor tout haletant de ton crime ex\u00e9crable,\nDans ton triomphe abject, si lugubre et si prompt,\nJe t\u2019ai saisi. J\u2019ai mis l\u2019\u00e9criteau sur ton front ;\nEt maintenant la foule accourt, et te bafoue.\nToi, tandis qu\u2019au poteau le ch\u00e2timent te cloue,\nQue le carcan te force \u00e0 lever le menton,\nTandis que, de ta veste arrachant le bouton,\nL\u2019histoire \u00e0 mes c\u00f4t\u00e9s met \u00e0 nu ton \u00e9paule,\nTu dis : je ne sens rien ! et tu nous railles, dr\u00f4le !\nTon rire sur mon nom ga\u00eement vient \u00e9cumer ;\nMais je tiens le fer rouge et vois ta chair fumer.<\/code><\/pre>\n<h3>The Man who Laughed<\/h3>\n<pre><code>Ah! In the end you will howl, wretch!\nStill panting from your heinous crime,\nIn your despicable triumph, so dismal and so brief,\nI grab you. I place a sign on your forehead;\nAnd now the crowd comes running, and ridicules you.\nWhilst you are nailed to a post in vengeance,\nWhilst your chin is pushed up by an iron-collar,\nWhilst the button flies off your jacket,\nHistory, stood at my side, strips your shoulder naked,\nYou say: \u201cI feel nothing!\u201d and you mock us, how funny!\nYou drool as you laugh gaily upon my name;\nBut I hold the red-hot branding iron and see your flesh smoke.<\/code><\/pre>\n<h2>Les Soleils Couchants (Setting Suns)<\/h2>\n<p><em>Soleils Couchants<\/em> provient du recueil de Victor Hugo de 1831, <em>Les Feuilles d\u2019automne<\/em>. Le th\u00e8me central du po\u00e8me est le passage implacable du temps et son impact diff\u00e9rentiel sur le monde naturel par rapport \u00e0 l&rsquo;existence humaine. Hugo utilise le soleil couchant et le renouvellement cyclique de la nature pour contraster avec sa propre prise de conscience croissante de la mortalit\u00e9, r\u00e9fl\u00e9chissant sur son vieillissement personnel au sein du vaste continuum indiff\u00e9rent du temps.<\/p>\n<h3><em>Soleils Couchants<\/em><\/h3>\n<pre><code>Le soleil s\u2019est couch\u00e9 ce soir dans les nu\u00e9es.\nDemain viendra l\u2019orage, et le soir, et la nuit ;\nPuis l\u2019aube, et ses clart\u00e9s de vapeurs obstru\u00e9es ;\nPuis les nuits, puis les jours, pas du temps qui s\u2019enfuit !\n\nTous ces jours passeront; ils passeront en foule\nSur la face des mers, sur la face des monts,\nSur les fleuves d\u2019argent, sur les for\u00eats o\u00f9 roule\nComme un hymne confus des morts que nous aimons.\n\nEt la face des eaux, et le front des montagnes,\nRid\u00e9s et non vieillis, et les bois toujours verts\nS\u2019iront rajeunissant ; le fleuve des campagnes\nPrendra sans cesse aux monts le flot qu\u2019il donne aux mers.\n\nMais moi, sous chaque jour courbant plus bas ma t\u00eate,\nJe passe, et, refroidi sous ce soleil joyeux,\nJe m\u2019en irai bient\u00f4t, au milieu de la f\u00eate,\nSans que rien manque au monde, immense et radieux !<\/code><\/pre>\n<h3>Setting Suns<\/h3>\n<pre><code>The sun set this evening in the clouds.\nTomorrow, the storm shall come, and the evening, and the night;\nThen the dawn will clear the dark mists;\nThen the nights, then the days, the footprints of vanishing time!\n\nAll these days will pass; they will pass in crowds\nOver the face of the seas, over the face of the mountains,\nOver rivers of silver, over the rolling forests\nLike a distant hymn for our beloved dead.\n\nAnd the face of the waters, and the brow of the mountains,\nWrinkled but not aged, and the woods evergreen\nWill return to them their youth: the river of the country\nForever takes the tide from the hills to the seas.\n\nBut I, lowering my head more with each day,\nI go, and, cooled under the merry sun,\nI will depart soon, amid the celebrations,\nUnmissed by the vast and blinding world.<\/code><\/pre>\n<p>Cette s\u00e9lection offre un aper\u00e7u de l&rsquo;immense port\u00e9e des po\u00e8mes de Victor Hugo, du deuil profond\u00e9ment personnel de <em>Demain, d\u00e8s l\u2019aube<\/em> au feu politique de <em>L\u2019homme a ri<\/em> et aux m\u00e9ditations philosophiques sur le temps dans <em>Les Soleils Couchants<\/em>. Sa capacit\u00e9 \u00e0 saisir l&rsquo;ampleur de l&rsquo;histoire, l&rsquo;intimit\u00e9 des sentiments personnels et la grandeur du monde naturel lui assure sa place parmi les v\u00e9ritables ma\u00eetres de la litt\u00e9rature. Explorer ces po\u00e8mes de Victor Hugo offre une compr\u00e9hension plus riche de l&rsquo;homme et du monde complexe et en constante \u00e9volution qu&rsquo;il a habit\u00e9.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Victor Hugo est l&rsquo;une des figures litt\u00e9raires fran\u00e7aises les plus c\u00e9l\u00e8bres, reconnu mondialement pour ses romans intemporels comme Notre-Dame de &#8230; <a title=\"Explorer le monde po\u00e9tique de Victor Hugo\" class=\"read-more\" href=\"https:\/\/latrespace.com\/fr\/explorer-le-monde-poetique-de-victor-hugo\/\" aria-label=\"Read more about Explorer le monde po\u00e9tique de Victor Hugo\"> <\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":6323,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[59],"tags":[],"class_list":["post-14514","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-poemes","generate-columns","tablet-grid-50","mobile-grid-100","grid-parent","grid-25"],"lang":"fr","translations":{"fr":14514,"en":6322,"es":12570,"de":14207},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/latrespace.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/14514","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/latrespace.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/latrespace.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/latrespace.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/latrespace.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=14514"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/latrespace.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/14514\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/latrespace.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/6323"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/latrespace.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=14514"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/latrespace.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=14514"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/latrespace.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=14514"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}