{"id":15592,"date":"2025-05-30T03:47:37","date_gmt":"2025-05-30T03:47:37","guid":{"rendered":"https:\/\/latrespace.com\/poemes-des-tours-tang-phenix-de-li-bai-grue-jaune-de-cui-hao\/"},"modified":"2025-05-30T03:47:37","modified_gmt":"2025-05-30T03:47:37","slug":"poemes-des-tours-tang-phenix-de-li-bai-grue-jaune-de-cui-hao","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/latrespace.com\/fr\/poemes-des-tours-tang-phenix-de-li-bai-grue-jaune-de-cui-hao\/","title":{"rendered":"Po\u00e8mes des Tours Tang: Ph\u00e9nix de Li Bai &amp; Grue Jaune de Cui Hao"},"content":{"rendered":"<p>La Dynastie Tang (618-907 ap. J.-C.) est souvent consid\u00e9r\u00e9e comme l&rsquo;\u00e2ge d&rsquo;or de la po\u00e9sie chinoise, une p\u00e9riode o\u00f9 des po\u00e8tes comme Li Bai et Cui Hao ont atteint des sommets d&rsquo;expression artistique in\u00e9gal\u00e9s. Parmi leurs \u0153uvres les plus c\u00e9l\u00e8bres figurent des po\u00e8mes inspir\u00e9s par des tours embl\u00e9matiques et les l\u00e9gendes qui les entourent. Deux de ces po\u00e8mes, \u00ab\u00a0Ascension \u00e0 la Terrasse du Ph\u00e9nix \u00e0 Jinling\u00a0\u00bb de Li Bai et \u00ab\u00a0La Tour de la Grue Jaune\u00a0\u00bb de Cui Hao, se dressent comme des chefs-d&rsquo;\u0153uvre qui capturent les r\u00e9flexions des po\u00e8tes sur l&rsquo;histoire, le mythe et la condition humaine au milieu de paysages changeants. Bien que semblant similaires par leur sujet \u2013 la visite d&rsquo;une tour c\u00e9l\u00e8bre \u2013 ces po\u00e8mes r\u00e9v\u00e8lent des perspectives et des pr\u00e9occupations distinctes, offrant une fen\u00eatre sur l&rsquo;esprit des po\u00e8tes et la riche tapisserie de la pens\u00e9e de l&rsquo;\u00e9poque Tang.<\/p>\n<h2>Li Bai : Ascension \u00e0 la Terrasse du Ph\u00e9nix \u00e0 Jinling<\/h2>\n<p>Li Bai, r\u00e9put\u00e9 pour sa po\u00e9sie romantique et souvent fantaisiste, visite la Terrasse du Ph\u00e9nix \u00e0 Jinling (aujourd&rsquo;hui Nankin). La l\u00e9gende associ\u00e9e \u00e0 la terrasse raconte que des ph\u00e9nix ont honor\u00e9 l&rsquo;endroit de leur pr\u00e9sence, symbole de prosp\u00e9rit\u00e9 et d&rsquo;\u00e9poques fastes. Li Bai est confront\u00e9 \u00e0 l&rsquo;absence de cette pr\u00e9sence mythique, r\u00e9fl\u00e9chissant sur le passage du temps et la chute des dynasties.<\/p>\n<p>Here phoenix roamed four hundred years ago, A sign of the enchantment that once thrived; How empty now, where no more feathers flow, A lonely river is all that\u2019s survived.<\/p>\n<p>Lush garden of the grand Wu Palace grounds Is buried there beneath some nameless brush; Where is the Jin court\u2019s grace? There\u2019s just those mounds Of ancient ruins Time saw fit to crush.<\/p>\n<p>The Three Mountains disappear in sky, They rise, aloof, azure, whence egrets dive To a lone river island, safe and dry; Two Yangtze streams along it course and strive.<\/p>\n<p>My daydream drifts to Chang\u2019an, so far from here: The Emperor whose fate is still unclear; I\u2019ve heard dark clouds obscure his brilliant sky; I wish that to his aid a phoenix would fly.<\/p>\n<p><strong>Original Chinese<\/strong><\/p>\n<p>\u767b\u91d1\u9675\u9cf3\u51f0\u53f0<\/p>\n<p>\u674e\u767d<\/p>\n<p>\u9cf3\u51f0\u53f0\u4e0a\u9cf3\u51f0\u904a\uff0c\u9cf3\u53bb\u53f0\u7a7a\u6c5f\u81ea\u6d41\u3002<\/p>\n<p>\u5433\u5bae\u82b1\u8349\u57cb\u5e7d\u5f91\uff0c\u6649\u4ee3\u8863\u51a0\u6210\u6545\u4e18\u3002<\/p>\n<p>\u4e09\u5c71\u534a\u843d\u9752\u5929\u5916\uff0c\u4e00\u6c34\u4e2d\u5206\u767d\u9dfa\u6d32\u3002<\/p>\n<p>\u7e3d\u70ba\u6d6e\u96f2\u80fd\u853d\u65e5\uff0c\u9577\u5b89\u4e0d\u898b\u4f7f\u4eba\u6101\u3002<\/p>\n<p>Li Bai commence par le contraste frappant entre le pass\u00e9 l\u00e9gendaire (\u00ab\u00a0Here phoenix roamed four hundred years ago\u00a0\u00bb) et le pr\u00e9sent d\u00e9sol\u00e9 (\u00ab\u00a0How empty now&#8230; A lonely river\u00a0\u00bb). L&rsquo;absence du ph\u00e9nix symbolise la perte de la prosp\u00e9rit\u00e9 vibrante qu&rsquo;il repr\u00e9sentait. Il se tourne ensuite vers des ruines historiques plus tangibles \u2013 les jardins enfouis du palais Wu et la splendeur disparue de la cour Jin, d\u00e9sormais de simples \u00ab\u00a0mounds Of ancient ruins\u00a0\u00bb. Cela renforce le th\u00e8me de l&rsquo;impermanence ; m\u00eame de puissants empires s&rsquo;effondrent en poussi\u00e8re. La sc\u00e8ne se d\u00e9place ensuite vers le monde naturel \u2013 les Trois Montagnes lointaines, les aigrettes et les deux bras du fleuve Yangts\u00e9 divis\u00e9s par l&rsquo;\u00cele des Aigrettes Blanches. Ces \u00e9l\u00e9ments sont constants, perdurant au-del\u00e0 des cr\u00e9ations humaines \u00e9ph\u00e9m\u00e8res. Cependant, la derni\u00e8re strophe prend un tournant significatif, passant de l&rsquo;observation historique et naturelle \u00e0 une pr\u00e9occupation personnelle et politique. Les pens\u00e9es de Li Bai d\u00e9rivent vers Chang&rsquo;an, la capitale, et son inqui\u00e9tude pour l&rsquo;Empereur, dont le \u00ab\u00a0brilliant sky\u00a0\u00bb est obscurci par des \u00ab\u00a0dark clouds\u00a0\u00bb \u2013 une m\u00e9taphore politique claire d&rsquo;un trouble imminent ou d&rsquo;une mauvaise influence. Son souhait final qu&rsquo;un ph\u00e9nix vole au secours de l&rsquo;Empereur lie l&rsquo;image mythique initiale \u00e0 ses angoisses politiques contemporaines, r\u00e9v\u00e9lant une profondeur de pr\u00e9occupation au-del\u00e0 de la simple r\u00e9flexion historique. Le po\u00e8me m\u00eale magistralement lamentation historique, imagerie naturelle et inqui\u00e9tude politique personnelle.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/latrespace.com\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/libai.webp\" alt=\"Peinture ancienne du po\u00e8te chinois Li Bai en habits traditionnels, contemplant un paysage lointain\" width=\"570\" height=\"746\" \/><em class=\"cap-ai\">Peinture ancienne du po\u00e8te chinois Li Bai en habits traditionnels, contemplant un paysage lointain<\/em><\/p>\n<h2>Cui Hao : La Tour de la Grue Jaune<\/h2>\n<p>La \u00ab\u00a0Tour de la Grue Jaune\u00a0\u00bb de Cui Hao, situ\u00e9e \u00e0 Wuchang (aujourd&rsquo;hui Wuhan), est peut-\u00eatre encore plus c\u00e9l\u00e8bre en Chine que le po\u00e8me de Li Bai sur la Terrasse du Ph\u00e9nix, en partie \u00e0 cause d&rsquo;une l\u00e9gende selon laquelle Li Bai lui-m\u00eame aurait estim\u00e9 ne pas pouvoir surpasser l&rsquo;\u0153uvre de Cui Hao sur le m\u00eame th\u00e8me. La tour est associ\u00e9e \u00e0 un immortel tao\u00efste parti sur une grue jaune.<\/p>\n<p>A Taoist immortal once left from this place, While riding the back of a bright yellow crane. As light as the air, his steps left not a trace; Just Yellow Crane Tower was left to remain.<\/p>\n<p>The yellow crane gone now has never returned; A thousand years flown by without any wings. How listlessly clouds for its company yearned\u2014 A gift that is hoped for, yet sky never brings.<\/p>\n<p>The sunshine illumines all the trees to the north And lights up the River Han\u2019s crystalline face. From verdant grass, fragrance so sweetly pours forth As parrots on river-bound isles squeeze for space.<\/p>\n<p>Late shadows below stretch out long, scale the tower; I\u2019ve no yellow crane I can mount at this hour; My home? which direction? O, I do not know, O, misty long river, I\u2019ve so far to go!<\/p>\n<p><strong>Original Chinese<\/strong><\/p>\n<p>\u9ec3\u9db4\u6a13<\/p>\n<p>\u5d14\u9865<\/p>\n<p>\u6614\u4eba\u5df2\u4e58\u9ec3\u9db4\u53bb\uff0c\u6b64\u5730\u7a7a\u9918\u9ec3\u9db4\u6a13\u3002<\/p>\n<p>\u9ec3\u9db4\u4e00\u53bb\u4e0d\u5fa9\u8fd4\uff0c\u767d\u96f2\u5343\u8f09\u7a7a\u60a0\u60a0\u3002<\/p>\n<p>\u6674\u5ddd\u6b77\u6b77\u6f22\u967d\u6a39\uff0c\u82b3\u8349\u840b\u840b\u9e1a\u9d61\u6d32\u3002<\/p>\n<p>\u65e5\u66ae\u9109\u95dc\u4f55\u8655\u662f\uff0c\u7159\u6ce2\u6c5f\u4e0a\u4f7f\u4eba\u6101\u3002<\/p>\n<p>Cui Hao commence directement par la l\u00e9gende de l&rsquo;immortel et de la grue jaune, \u00e9tablissant l&rsquo;origine mythique du nom du lieu. Comme Li Bai, il contraste imm\u00e9diatement cette l\u00e9gende avec la r\u00e9alit\u00e9 pr\u00e9sente : l&rsquo;immortel et la grue sont partis, ne laissant que la tour vide. La deuxi\u00e8me strophe souligne la finalit\u00e9 de ce d\u00e9part \u2013 la grue \u00ab\u00a0has never returned\u00a0\u00bb, et \u00ab\u00a0a thousand years flown by without any wings\u00a0\u00bb. Les nuages qui languissent apr\u00e8s la grue symbolisent l&rsquo;attente durable, bien que non satisfaite, du retour du pass\u00e9 merveilleux. Les strophes du milieu se d\u00e9placent vers une description vibrante, presque photographique, du paysage environnant : les arbres \u00e9clair\u00e9s par le soleil de l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 de la rivi\u00e8re, le fleuve Han lui-m\u00eame \u00e9tincelant, l&rsquo;herbe odorante et les aigrettes (traduits ici par perroquets, bien que \u767d\u9dfa\u6d32 &lsquo;l&rsquo;\u00cele des Aigrettes Blanches&rsquo; soit l&rsquo;interpr\u00e9tation plus courante, similaire au po\u00e8me de Li Bai). Cette imagerie vivide du moment pr\u00e9sent offre un contrepoint \u00e0 la m\u00e9lancolie du pass\u00e9 disparu. Cependant, la derni\u00e8re strophe ram\u00e8ne l&rsquo;attention sur le personnel. Alors que le soir tombe (\u00ab\u00a0Late shadows below stretch out long\u00a0\u00bb), le po\u00e8te ressent sa propre limitation (\u00ab\u00a0I&rsquo;ve no yellow crane I can mount\u00a0\u00bb). Les derni\u00e8res lignes expriment une profonde nostalgie personnelle et une incertitude quant \u00e0 sa direction dans la vie, contemplant le vaste fleuve brumeux. Le po\u00e8me de Cui Hao passe du mythe collectif et du paysage pr\u00e9sent \u00e0 une lamentation intens\u00e9ment personnelle pour la connexion et la direction perdues.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/latrespace.com\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/anonymous-yellowcranetower2-903x1024.webp\" alt=\"Peinture anonyme repr\u00e9sentant la Tour de la Grue Jaune dans un paysage brumeux\" width=\"903\" height=\"1024\" \/><em class=\"cap-ai\">Peinture anonyme repr\u00e9sentant la Tour de la Grue Jaune dans un paysage brumeux<\/em><\/p>\n<h2>R\u00e9flexions Comparatives<\/h2>\n<p>Li Bai et Cui Hao visitent tous deux des sites de tours historiquement significatifs associ\u00e9s au mythe et au d\u00e9part. Tous deux commencent par reconna\u00eetre les l\u00e9gendes et les contrastent avec le vide actuel du site. Tous deux int\u00e8grent ensuite des descriptions du paysage naturel entourant la tour dans leurs strophes du milieu. Enfin, tous deux concluent par une expression personnelle de chagrin ou de pr\u00e9occupation.<\/p>\n<p>Cependant, leurs sentiments finaux divergent de mani\u00e8re significative. La pr\u00e9occupation de Li Bai est tourn\u00e9e vers l&rsquo;ext\u00e9rieur, vers le destin politique de l&rsquo;Empereur et de l&rsquo;\u00c9tat, souhaitant un retour de l&rsquo;auspiciosit\u00e9 dans la capitale. Le chagrin de Cui Hao est intens\u00e9ment personnel \u2013 un sentiment d&rsquo;\u00eatre perdu et loin de chez soi, sans les moyens de rentrer ni de voie claire pour l&rsquo;avenir. Cette diff\u00e9rence refl\u00e8te les styles et les personnalit\u00e9s g\u00e9n\u00e9ralement associ\u00e9s aux deux po\u00e8tes : Li Bai, la figure romantique et parfois politiquement ambitieuse pr\u00e9occup\u00e9e par les grandes affaires du monde ; Cui Hao, pr\u00e9sentant une exp\u00e9rience humaine personnelle plus ancr\u00e9e, bien que m\u00e9lancolique.<\/p>\n<p>Ces deux po\u00e8mes, jumel\u00e9s, illustrent magnifiquement la capacit\u00e9 des po\u00e8tes Tang \u00e0 tisser ensemble l&rsquo;histoire, le mythe, la nature et l&rsquo;\u00e9motion personnelle en \u0153uvres concises mais profondes qui continuent de r\u00e9sonner des si\u00e8cles plus tard. Ils capturent l&rsquo;essence de la visite d&rsquo;un lieu impr\u00e9gn\u00e9 de l\u00e9gende, ressentant le poids de l&rsquo;histoire, observant le monde naturel durable, et finalement se tournant vers l&rsquo;int\u00e9rieur pour confronter sa propre place dans le vaste fleuve du temps.<\/p>\n<p><em>Traductions par Evan Mantyk et Chunlin Li.<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La Dynastie Tang (618-907 ap. J.-C.) est souvent consid\u00e9r\u00e9e comme l&rsquo;\u00e2ge d&rsquo;or de la po\u00e9sie chinoise, une p\u00e9riode o\u00f9 des &#8230; <a title=\"Po\u00e8mes des Tours Tang: Ph\u00e9nix de Li Bai &amp; Grue Jaune de Cui Hao\" class=\"read-more\" href=\"https:\/\/latrespace.com\/fr\/poemes-des-tours-tang-phenix-de-li-bai-grue-jaune-de-cui-hao\/\" aria-label=\"Read more about Po\u00e8mes des Tours Tang: Ph\u00e9nix de Li Bai &amp; Grue Jaune de Cui Hao\"> <\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":15547,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[55],"tags":[],"class_list":["post-15592","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-poemes-preferes","generate-columns","tablet-grid-50","mobile-grid-100","grid-parent","grid-25"],"lang":"fr","translations":{"fr":15592,"en":15546,"es":15586,"de":15616},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/latrespace.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15592","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/latrespace.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/latrespace.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/latrespace.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/latrespace.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=15592"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/latrespace.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15592\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/latrespace.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/15547"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/latrespace.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=15592"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/latrespace.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=15592"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/latrespace.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=15592"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}