Le sonnet est l’une des formes les plus durables et les plus vénérées de l’histoire des formes poétiques. Avec ses règles strictes et sa structure compacte, il présente un défi et une récompense uniques pour les poètes. Apprendre à composer un sonnet, en particulier dans le style Shakespearien, implique de maîtriser sa longueur spécifique, sa métrique et son schéma de rimes, tout en comprenant son déroulement argumentatif traditionnel. Ce guide décomposera les éléments essentiels que vous devez maîtriser pour créer votre propre chef-d’œuvre de quatorze vers.
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Comprendre les exigences fondamentales d’un sonnet
Essentiellement, un sonnet est un poème de quatorze vers écrit en pentamètre iambique. Bien qu’il existe des variations (notamment le sonnet italien ou Pétrarquien et le sonnet Spensérien), le sonnet Shakespearien est peut-être la forme la plus largement reconnue et tentée dans la poésie de langue anglaise. Pour en écrire un avec succès, vous devez respecter plusieurs exigences clés :
- Longueur : Exactement quatorze vers. Ni plus, ni moins.
- Métrique : Écrit en pentamètre iambique. C’est un schéma rythmique où chaque vers contient dix syllabes, alternant entre temps faibles et temps forts (da-DUM da-DUM da-DUM da-DUM da-DUM). Pensez au rythme naturel d’un battement de cœur ou de phrases simples comme « I SHALL not FAIL to WRITE this LINE. »
- Schéma de rimes : Suit un modèle spécifique selon le type de sonnet. Le schéma Shakespearien est ABAB CDCD EFEF GG.
- Structure : Généralement divisé en sections basées sur la rime et le thème. Le sonnet Shakespearien comprend trois quatrains (stances de quatre vers) suivis d’un distique final (deux vers rimant entre eux).
- Déroulement argumentatif : Souvent développe un thème ou explore une question ou une idée, accumulant l’intensité ou la complexité à travers les quatrains et se résolvant ou effectuant un tournant dans le distique final.
Maîtriser la structure et le schéma de rimes Shakespeariens
La structure du sonnet Shakespearien est intrinsèquement liée à son schéma de rimes (ABAB CDCD EFEF GG). Les douze premiers vers sont regroupés en trois quatrains, chacun avec son propre schéma de rimes indépendant.
- Premier Quatrain (ABAB) : Le premier vers rime avec le troisième, et le deuxième vers rime avec le quatrième. Cette section introduit souvent le thème principal ou la métaphore du poème.
- Deuxième Quatrain (CDCD) : Similaire au premier, le cinquième vers rime avec le septième, et le sixième vers rime avec le huitième. Ce quatrain développe, complique ou fournit généralement un exemple lié au thème établi dans le premier quatrain.
- Troisième Quatrain (EFEF) : Le neuvième vers rime avec le onzième, et le dixième vers rime avec le douzième. C’est là que le sonnet connaît souvent un « tournant » ou une volta – un changement de pensée ou d’argument, souvent introduit par des mots comme « mais », « pourtant » ou « cependant ». Ce tournant redirige le poème vers sa conclusion.
- Le Distique Final (GG) : Les deux derniers vers riment entre eux. Ce distique fournit un résumé concis, une résolution, une pensée finale, ou parfois une torsion inattendue sur les douze vers précédents.
Exemple de sonnet Shakespearien](https://cdn.prod.website-files.com/6634a8f8dd9b2a63c9e6be83/669d6dc938584e2225aa8f86_example-shakespearean-sonnet.jpeg)Comprendre cette structure est crucial non seulement pour la rime mais aussi pour construire la progression thématique du sonnet.
L’Arc Narratif du Sonnet : Construire l’Argumentation
Au-delà des règles techniques de métrique et de rime, un sonnet captivant raconte une histoire ou développe une argumentation. Le voyage du premier vers au dernier dans un sonnet Shakespearien suit souvent une trajectoire prévisible, mais puissante :
- Quatrain 1 : Exposition : Introduire le sujet et établir la métaphore ou l’idée centrale.
- Quatrain 2 : Complication/Développement : Développer l’idée initiale, introduisant peut-être une image connexe, un contre-argument ou un exemple plus détaillé. Le thème est approfondi.
- Quatrain 3 : Le Tournant (Volta) : Changer de perspective, introduire un contraste, une solution ou une conséquence. C’est le point pivot du sonnet.
- Distique : Résolution/Synthèse : Fournir une déclaration de conclusion, une perspicacité finale ou une pensée de synthèse qui laisse une impression durable sur le lecteur.
Cet arc permet au poète d’explorer un sujet en profondeur dans un espace concis, accumulant la tension ou superposant les significations avant d’arriver à une conclusion percutante.
Sonnet 18 : Un Exemple Classique Analysé
Pour voir ces éléments en action, examinons l’un des sonnets les plus célèbres par l’un des auteurs célèbres de poésie les plus renommés, le Sonnet 18 de William Shakespeare :
Shall I compare thee to a summer’s day? Thou art more lovely and more temperate. Rough winds do shake the darling buds of May, And summer’s lease hath all too short a date.
Sometime too hot the eye of heaven shines, And often is his gold complexion dimmed; And every fair from fair sometime declines, By chance, or nature’s changing course, untrimmed;
But thy eternal summer shall not fade, Nor lose possession of that fair thou owest, Nor shall death brag thou wanderest in his shade, When in eternal lines to time thou growest.
So long as men can breathe or eyes can see, So long lives this, and this gives life to thee.
Diséquons comment ce sonnet incarne la structure et le déroulement argumentatif :
- Quatrain 1 : Introduit la question centrale : faut-il comparer l’aimé(e) à un jour d’été ? Il établit immédiatement la supériorité de l’aimé(e) et note la nature éphémère de l’été (vent, courte durée). (ABAB : day/May, temperate/date)
- Quatrain 2 : Développe les imperfections de l’été. Même le soleil (‘eye of heaven’) peut être trop chaud ou voilé, et toutes les belles choses perdent leur beauté avec le temps. (CDCD : shines/declines, dimmed/untrimmed)
- Quatrain 3 : La volta arrive puissamment avec « But » (Mais). Contrairement à l’été éphémère ou à la beauté qui s’estompe, l »eternal summer’ (l’été éternel) de l’aimé(e) ne s’estompera pas. La mort ne les revendiquera pas. (EFEF : fade/shade, owest/growest)
- Distique : Fournit la résolution. Comment l’aimé(e) atteindra-t-il cette immortalité ? Par le pouvoir du poème lui-même. Tant que les gens liront, l’aimé(e) vivra éternellement. (GG : see/thee)
Cette analyse montre comment Shakespeare utilise magistralement chaque section pour construire son argumentation, passant d’une comparaison initiale à une déclaration de vie éternelle par le vers.
Écrire un sonnet demande patience et pratique. Cela vous oblige à affiner vos idées, à choisir vos mots avec précision et à manipuler le rythme et la rime au service de votre message. Bien que difficile, écrire un sonnet avec succès vous connecte à une riche tradition poétique et aiguise vos compétences en concision, structure et pensée métaphorique. Essayez – le cheminement de la création d’un sonnet est enrichissant.