La poésie nous captive souvent non seulement par ses mots et ses images, mais aussi par sa sonorité. Comme la musique, la poésie a un rythme, un pouls qui lui donne une structure et une sensation unique lorsqu’elle est lue à voix haute. Ce modèle rythmique sous-jacent en poésie s’appelle le mètre. Comprendre ce qu’est le mètre en poésie peut permettre d’apprécier plus profondément la manière dont les poètes construisent leur œuvre et comment la sonorité contribue au sens.
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Le mètre en poésie est créé par l’arrangement minutieux des syllabes accentuées et non accentuées au sein d’un vers. En anglais, les mots ont naturellement certaines syllabes qui sont plus accentuées que d’autres. Pensez à la différence entre « present » (cadeau – PRE-sent) et « present » (présenter – pre-SENT). Les poètes exploitent ces accents naturels et les arrangent en unités répétées appelées « pieds ». Ces pieds se combinent pour former le mètre d’un vers ou d’un poème entier.
Illustration du Mètre Iambique
Examinons quelques types courants de pieds poétiques et comment ils se combinent pour créer différents mètres. Comprendre le mètre d’un poème peut grandement améliorer votre expérience de lecture.
Types Courants de Pieds Poétiques
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Le Iambe : C’est peut-être le pied le plus courant en poésie anglaise. Il se compose d’une syllabe non accentuée suivie d’une syllabe accentuée (ta TUM). Le rythme ressemble à un battement de cœur.
- Exemple : « beLOW », « aBOVE »
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Le Trochée : L’opposé d’un iambe, un trochée a une syllabe accentuée suivie d’une syllabe non accentuée (TUM ta).
- Exemple : « HAPpy », « POem »
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L’Anapeste : Ce pied a deux syllabes non accentuées suivies d’une syllabe accentuée (ta ta TUM). Il crée souvent une sensation de mouvement ou de précipitation.
- Exemple : « underSTAND », « interVENE »
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Le Dactyle : L’opposé d’un anapeste, un dactyle a une syllabe accentuée suivie de deux syllabes non accentuées (TUM ta ta). Ce pied était très courant dans la poésie grecque et latine classique.
- Exemple : « BEAUtiful », « POetry »
Combiner les Pieds pour Créer le Mètre
Les poètes combinent ces pieds pour former des vers de longueurs variées. Le nombre de pieds dans un vers détermine la deuxième partie du nom du mètre. Voici quelques longueurs de vers courantes :
- Monomètre : 1 pied
- Dimètre : 2 pieds
- Trimètre : 3 pieds
- Tétramètre : 4 pieds
- Pentamètre : 5 pieds
- Hexamètre : 6 pieds
- Heptamètre : 7 pieds
- Octomètre : 8 pieds
Ainsi, si un vers a cinq iambes, son mètre est appelé pentamètre iambique. S’il a quatre anapestes, c’est du tétramètre anapestique. Voyons à quoi cela ressemble dans des exemples célèbres. Vous pourriez vous demander, « quel est le mètre de ce poème » en lisant différentes œuvres.
Exemples Célèbres de Mètre en Poésie
Pentamètre Iambique :Comme mentionné, c’est incroyablement courant en anglais. Shakespeare l’utilisait fréquemment. Considérez l’ouverture du Sonnet 18 :
Shall I | comPARE | thee TO | a SUM | mer’s DAY? (ta TUM | ta TUM | ta TUM | ta TUM | ta TUM)
Ce rythme au son naturel imite le langage conversationnel tout en offrant une musicalité subtile.
Octomètre Trochaïque :Edgar Allan Poe a utilisé ce mètre pour créer un effet envoûtant et rythmique dans « The Raven ».
ONCE | upON | a MID | night DREAR | y, WHILE | i PON | dered WEAK | and WEAR | y (TUM ta | TUM ta | TUM ta | TUM ta | TUM ta | TUM ta | TUM ta | TUM ta) (Note : Poe supprimait parfois la dernière syllabe non accentuée, une variation courante dans le mètre trochaïque).
Illustration du Mètre Trochaïque
Tétramètre Anapestique :Ce mètre se prête souvent aux vers légers ou narratifs, comme on le voit dans « A Visit from St. Nicholas » de Clement Clarke Moore :
‘Twas the | night beFORE | Christ mas | when ALL | through the HOUSE(ta ta TUM | ta ta TUM | ta ta TUM | ta ta TUM)
Illustration du Mètre Anapestique
Hexamètre Dactylique :Bien que moins courant que le pentamètre iambique, ce mètre a une sensation épique, faisant écho à la poésie classique. Henry Wadsworth Longfellow l’a utilisé dans « Evangeline » :
THIS is the | FORest pri | MEval, the | MURmuring | PINES and the | HEMlocks. (TUM ta ta | TUM ta ta | TUM ta ta | TUM ta ta | TUM ta ta | TUM ta ta)
Il est intéressant de noter que des artistes modernes comme le groupe de rap Migos ont utilisé des rythmes en triolets qui s’alignent métriquement avec les dactyles ou les anapestes, montrant la présence du mètre même dans les formes contemporaines.
Illustration d'un Exemple de Mètre Dactylique 1
Illustration d'un Exemple de Mètre Dactylique 2 (Moderne)
Pourquoi le Mètre est-il Important ?
Identifier les mètres des poèmes nous aide à les lire avec le rythme voulu, les rendant plus naturels et musicaux. Mais au-delà de la prononciation, le mètre est un outil puissant pour le poète. Il peut :
- Créer une ambiance ou un sentiment : Les mètres rapides (comme l’anapestique ou le dactylique) peuvent sembler énergiques ou pressés, tandis que les mètres plus lents (comme l’iambique ou le trochaïque) peuvent sembler plus solennels ou délibérés.
- Mettre l’accent sur certains mots : Un poète peut intentionnellement placer un mot là où le mètre attend une syllabe non accentuée pour lui donner un accent supplémentaire, ou vice versa.
- Créer une attente et une surprise : Une fois qu’un schéma métrique est établi, toute déviation par rapport à celui-ci peut attirer l’attention du lecteur. Ces ruptures dans le mètre poétique peuvent signaler un changement de sens, d’émotion ou de focus.
Considérez les premiers vers du poème épique de John Milton « Paradise Lost », qui est principalement écrit en vers blanc (pentamètre iambique sans rimes). Voyez si vous pouvez entendre où le rythme iambique attendu est perturbé :
Premiers Vers de Paradise Lost
« Of Mans First Disobedience, and the Fruit Of that Forbidden Tree, whose mortal tast Brought Death into the World, and all our woe »
Si vous le lisez à voix haute avec le rythme de pentamètre iambique attendu (ta TUM ta TUM…), vous pourriez remarquer que le schéma d’accentuation semble décalé, en particulier dans le premier vers. Milton varie intentionnellement le mètre ici pour faire ressortir les mots d’ouverture, qui introduisent le thème monumental du poème. Analyser pourquoi un poète rompt le mètre à un endroit précis peut être une manière fascinante d’interpréter la signification plus profonde du poème.
Conclusion
Comprendre ce qu’est le mètre en poésie, c’est comme apprendre la grammaire de base du rythme poétique. Cela vous permet de lire la poésie plus efficacement et d’apprécier une autre couche de l’artisanat du poète. En prêtant attention aux schémas d’accentuation et en identifiant les pieds poétiques, vous obtenez un aperçu de la texture sonore et des choix structurels qui contribuent à l’impact global du poème. La prochaine fois que vous lirez un poème, essayez d’écouter son mètre – cela pourrait bien changer la façon dont vous l’entendez.