Les sonnets se dressent comme des piliers dans la grande architecture de la poésie. Ces formes de quatorze lignes, souvent riches en rythme et en rime, captivent poètes et lecteurs depuis des siècles, offrant un espace condensé pour explorer des émotions profondes et des idées complexes. Bien que leur structure puisse sembler intimidante au premier abord, plonger dans des exemples de sonnets classiques révèle leur pouvoir et leur beauté durables.
Contents
- Qu’est-ce qu’un sonnet ?
- Exploration d’exemples de sonnets célèbres
- #1 : « My Mistress’ Eyes Are Nothing Like the Sun » – William Shakespeare (Sonnet 130)
- #2 : « Shall I Compare Thee To A Summers’ Day? » – William Shakespeare (Sonnet 18)
- #3 : « That Time Of Year Thou Mayest In Me Behold » – William Shakespeare (Sonnet 73)
- #4 : « If There Be Nothing New, But That Which Is » – William Shakespeare (Sonnet 59)
- #5 : « Not Marble Nor the Gilded Monuments » – William Shakespeare (Sonnet 55)
- #6 : « How Do I Love Thee? » – Elizabeth Barrett Browning (Sonnet 43)
- #7 : « One day I wrote her name upon the strand » – Edmund Spenser (Sonnet 75)
- #8 : « When I Consider How My Light is Spent » – John Milton (Sonnet 19 or « On His Blindness »)
- #9 : « What My Lips Have Kissed, and Where, and Why » – Edna St. Vincent Millay
- #10 : « Sonnet » – Billy Collins
- Ressources supplémentaires pour étudier les exemples de sonnets
- The Poetry Foundation
- Shakespeare’s Sonnets Online
- The Making of A Sonnet: A Norton Anthology
- Pop Sonnets: Shakespearean Spins On Your Favorite Songs
- Shakespeare’s Sonnets, Retold
- Conclusion
Comprendre les sonnets nécessite plus que de simplement connaître les règles ; cela exige un engagement avec les mots eux-mêmes, explorant comment les poètes tissent structure, son et sens. Ce guide propose une immersion dans des exemples de sonnets célèbres, offrant une analyse pour éclairer leur art et leur impact émotionnel.
Qu’est-ce qu’un sonnet ?
À la base, un sonnet est un poème lyrique composé de quatorze lignes. Originaire du mot italien sonetto, signifiant « petite chanson », les sonnets sont réputés pour leur musicalité, souvent obtenue grâce à un schéma de rime et un mètre spécifiques. Bien que des variations existent, notamment entre les formes italienne (pétrarquiste) et anglaise (shakespearienne), les caractéristiques communes incluent :
- 14 lignes : La longueur fondamentale.
- Schéma de rimes spécifique : Varie selon le type de sonnet (par exemple, ABBAABBA CDECDE pour le pétrarquiste, ABAB CDCD EFEF GG pour le shakespearien).
- Pentamètre iambique : Un mètre où chaque ligne se compose généralement de dix syllabes, alternant entre non accentuées et accentuées (
da-DUM da-DUM da-DUM da-DUM da-DUM).
Cette forme structurée crée un espace dynamique pour le poète afin de développer une idée, poser une question ou explorer un conflit, culminant souvent dans un tournant ou un changement de pensée, connu sous le nom de volta, se produisant généralement autour de la huitième ou neuvième ligne dans les sonnets pétrarquistes et dans le couplet final des sonnets shakespeariens.
Illustration abstraite avec le chiffre 10, introduisant une liste d'exemples célèbres de sonnets
Exploration d’exemples de sonnets célèbres
Pour vraiment apprécier le sonnet, examiner des exemples de sonnets célèbres est essentiel. Ci-dessous, nous explorons une sélection de dix sonnets emblématiques, couvrant différentes époques et styles, analysant leurs thèmes, leur structure et leur impact durable.
#1 : « My Mistress’ Eyes Are Nothing Like the Sun » – William Shakespeare (Sonnet 130)
My mistress’ eyes are nothing like the sun; Coral is far more red than her lips’ red; If snow be white, why then her breasts are dun; If hairs be wires, black wires grow on her head. I have seen roses damasked, red and white, But no such roses see I in her cheeks; And in some perfumes is there more delight Than in the breath that from my mistress reeks. I love to hear her speak, yet well I know That music hath a far more pleasing sound; I grant I never saw a goddess go; My mistress, when she walks, treads on the ground. And yet, by heaven, I think my love as rare As any she belied with false compare.
L’un des sonnets les plus célèbres de Shakespeare (Sonnet 130), ce poème joue avec le trope traditionnel du sonnet d’amour de comparer l’être aimé aux beautés idéales de la nature. Le locuteur semble d’abord se moquer de sa maîtresse en soulignant toutes les façons dont elle ne correspond pas à des comparaisons exagérées – ses yeux ne sont pas aussi brillants que le soleil, ses lèvres ne sont pas aussi rouges que le corail, son haleine n’est pas délicieuse.
La volta arrive dans le couplet final (« And yet… »), changeant brusquement le ton. Le locuteur déclare que malgré ses imperfections et son manque de beauté idéalisée, son amour pour elle est authentique et rare, peut-être parce qu’elle est réelle, contrairement à celles faussement élevées par des comparaisons excessives. Ce sonnet fonctionne comme une satire spirituelle des louanges clichées trouvées dans de nombreux poèmes d’amour contemporains, prônant une appréciation honnête et réaliste de la beauté et de l’amour.
#2 : « Shall I Compare Thee To A Summers’ Day? » – William Shakespeare (Sonnet 18)
Shall I compare thee to a summer’s day? Thou art more lovely and more temperate: Rough winds do shake the darling buds of May, And summer’s lease hath all too short a date; Sometime too hot the eye of heaven shines, And often is his gold complexion dimm’d; And every fair from fair sometime declines, By chance or nature’s changing course untrimm’d; But thy eternal summer shall not fade, Nor lose possession of that fair thou ow’st; Nor shall death brag thou wander’st in his shade, When in eternal lines to time thou grow’st: So long as men can breathe or eyes can see, So long lives this, and this gives life to thee.
En contraste frappant avec le Sonnet 130, le Sonnet 18 adopte la comparaison traditionnelle de l’être aimé à la beauté naturelle – spécifiquement, une journée d’été. Le locuteur commence par une question, déclarant immédiatement que son être aimé est « plus charmant et plus tempéré » que l’été, soulignant les défauts de l’été : sa brièveté, son temps parfois rude et son déclin éventuel.
Les deux premiers quatrains se concentrent sur l’éphémérité de l’été et de la beauté naturelle, notant comment « toute beauté un jour décline ». La volta dans le troisième quatrain (« But thy eternal summer shall not fade… ») introduit l’argument central : la beauté et la jeunesse de l’être aimé ne périront pas, car elles sont immortalisées dans le poème lui-même. Le couplet final agit comme une affirmation puissante, déclarant que tant que les gens liront ce poème, la beauté de l’être aimé vivra. C’est un exemple classique du thème du pouvoir de l’art à transcender le temps, un fil conducteur commun parmi les exemples de sonnets qui traitent de l’héritage.
#3 : « That Time Of Year Thou Mayest In Me Behold » – William Shakespeare (Sonnet 73)
That time of year thou mayest in me behold When yellow leaves, or none, or few, do hang Upon those boughs which shake against the cold, Bare ruin’d choirs, where late the sweet birds sang. In me thou see’st the twilight of such day As after sunset fadeth in the west, Which by and by black night doth take away, Death’s second self, that seals up all in rest. In me thou see’st the glowing of such fire That on the ashes of his youth doth lie, As the death-bed whereon it must expire, Consum’d with that which it was nourish’d by. This thou perceiv’st, which makes thy love more strong, To love that well which thou must leave ere long.
Le Sonnet 73 utilise une série de métaphores puissantes pour décrire le vieillissement du locuteur. Chaque quatrain présente une image différente de déclin, correspondant à la progression du temps dans la nature :
- Quatrain 1 : L’automne, avec les feuilles jaunissantes tombant des branches froides, comme des chœurs d’église en ruine où les oiseaux ne chantent plus.
- Quatrain 2 : Le crépuscule, la lumière déclinante après le coucher du soleil qui est consommée par la nuit, « le second soi de la Mort ».
- Quatrain 3 : Les braises d’un feu mourant sur les cendres du bois qui l’alimentait autrefois.
Chaque métaphore renforce l’idée de l’approche d’une fin. La phrase « In me thou see’st » ancre ces images à l’état propre du locuteur. La volta dans le couplet final passe de la description du vieillissement à l’exploration de l’effet que cela a sur le destinataire (probablement le Jeune Homme Blond). Reconnaître la mortalité du locuteur renforce l’amour du destinataire, l’incitant à chérir ce qu’il perdra bientôt. Ce sonnet relie magnifiquement le vieillissement humain aux cycles naturels, suggérant une expérience universelle du déclin et la préciosité du temps. De nombreux exemples de sonnets par de célèbres auteurs de poésie de cette époque explorent des thèmes similaires du temps et de la mortalité.
Ciel et horizon au coucher du soleil, évoquant l'imagerie poétique de la lumière déclinante et du temps
#4 : « If There Be Nothing New, But That Which Is » – William Shakespeare (Sonnet 59)
If there be nothing new, but that which is Hath been before, how are our brains beguil’d, Which, labouring for invention, bear amiss The second burthen of a former child! O, that record could with a backward look, Even of five hundred courses of the sun, Show me your image in some antique book, Since mind at first in character was done! That I might see what the old world could say To this composed wonder of your frame; Whether we are mended, or whe’r better they, Or whether revolution be the same. O! sure I am, the wits of former days To subjects worse have given admiring praise.
Le Sonnet 59 affronte l’idée philosophique qu’il n’y a « rien de nouveau sous le soleil », remettant en question l’originalité et l’invention, particulièrement dans le contexte de louange de l’être aimé (encore une fois, probablement le Jeune Homme Blond). Le locuteur se demande si ses tentatives de trouver de nouvelles façons de décrire l’être aimé sont futiles, faisant simplement écho aux louanges du passé.
Il souhaite pouvoir remonter dans l’histoire, peut-être 500 ans, pour voir si quelqu’un avant lui avait possédé une telle beauté et une telle merveille, et comment les esprits de cette époque (« the wits of former days ») les décrivaient. Cette contemplation mène à une question : L’humanité s’est-elle améliorée (« are we mended »), ou les choses sont-elles simplement cycliques (« whether revolution be the same ») ? La volta dans le couplet final offre une réponse définitive. Le locuteur affirme sa certitude que l’être aimé est véritablement unique et supérieur, et que les poètes du passé ont loué des sujets moins importants. Ce sonnet démontre comment la forme peut être utilisée pour l’exploration intellectuelle aussi bien que pour l’expression émotionnelle, utilisant les dernières lignes pour livrer une conclusion confiante, presque provocante.
#5 : « Not Marble Nor the Gilded Monuments » – William Shakespeare (Sonnet 55)
Not marble nor the gilded monuments Of princes shall outlive this powerful rhyme, But you shall shine more bright in these contents Than unswept stone besmeared with sluttish time. When wasteful war shall statues overturn, And broils root out the work of masonry, Nor Mars his sword nor war’s quick fire shall burn The living record of your memory. ’Gainst death and all-oblivious enmity Shall you pace forth; your praise shall still find room Even in the eyes of all posterity That wear this world out to the ending doom. So, till the Judgement that yourself arise, You live in this, and dwell in lovers’ eyes.
Le Sonnet 55 est une déclaration audacieuse sur l’immortalité de l’art, spécifiquement le pouvoir de la propre poésie du locuteur de préserver la mémoire de l’être aimé. Le locuteur contraste les monuments physiques – marbre, statues dorées de souverains – qui sont sujets à la décomposition, à la guerre et aux ravages du temps (« unswept stone besmeared with sluttish time » – pierre non balayée souillée par le temps négligent), avec la nature durable du vers.
Le sonnet affirme que ni la guerre ni le temps ne peuvent détruire le « registre vivant » de l’être aimé contenu dans le poème. La louange de l’être aimé survivra à travers les générations futures (« all posterity ») jusqu’à la fin des temps. La volta dans le couplet final ramène l’attention sur l’existence continue de l’être aimé au sein du poème et dans les yeux des futurs amants qui le liront. Ce sonnet est l’un des exemples les plus célèbres illustrant la croyance de la Renaissance dans le pouvoir de la poésie d’accorder l’immortalité, un thème populaire parmi les poèmes célèbres du Royaume-Uni de cette période.
#6 : « How Do I Love Thee? » – Elizabeth Barrett Browning (Sonnet 43)
How do I love thee? Let me count the ways. I love thee to the depth and breadth and height My soul can reach, when feeling out of sight For the ends of being and ideal grace. I love thee to the level of every day’s Most quiet need, by sun and candle-light. I love thee freely, as men strive for right. I love thee purely, as they turn from praise.
I love thee with the passion put to use In my old griefs, and with my childhood’s faith. I love thee with a love I seemed to lose With my lost saints. I love thee with the breath, Smiles, tears, of all my life; and, if God choose, I shall but love thee better after death.
Extrait des Sonnets from the Portuguese d’Elizabeth Barrett Browning, le Sonnet 43 est sans doute le sonnet pétrarquiste le plus célèbre en anglais. Il commence par une question directe du locuteur à son être aimé (« How do I love thee? »), à laquelle le reste du poème entreprend de répondre en énumérant les innombrables façons dont elle l’aime. L’octave (les huit premières lignes) explore l’immensité et les diverses qualités de son amour – sa profondeur spirituelle (« depth and breadth and height / My soul can reach » – profondeur, largeur et hauteur / Que mon âme peut atteindre), sa présence dans la vie quotidienne (« level of every day’s / Most quiet need » – niveau du besoin le plus silencieux / De chaque jour), et sa nature vertueuse (librement, purement).
La volta se produit au début du sestet (les six dernières lignes), passant des dimensions présentes de son amour à ses racines dans ses émotions et expériences passées. Elle puise dans l’intensité des chagrins passés et la pureté de la foi d’enfance comme comparaisons pour sa passion actuelle. Le sonnet culmine dans une déclaration selon laquelle son amour est englobant (« with the breath, / Smiles, tears, of all my life » – avec le souffle, / Les sourires, les larmes, de toute ma vie) et éternel, jurant de l’aimer encore mieux après la mort. Sa franchise et son intensité émotionnelle font de ce sonnet l’un des exemples de sonnets les plus aimés sur le thème de l’amour.
#7 : « One day I wrote her name upon the strand » – Edmund Spenser (Sonnet 75)
One day I wrote her name upon the strand, But came the waves and washed it away: Again I write it with a second hand, But came the tide, and made my pains his prey. Vain man, said she, that doest in vain assay, A mortal thing so to immortalize, For I myself shall like to this decay, And eek my name be wiped out likewise. Not so, (quod I) let baser things devise To die in dust, but you shall live by fame: My verse, your virtues rare shall eternize, And in the heavens write your glorious name. Where whenas death shall all the world subdue, Our love shall live, and later life renew.
Ce sonnet spenserien (Sonnet 75 de la séquence Amoretti) partage un thème avec le Sonnet 55 de Shakespeare : le pouvoir de la poésie d’immortaliser l’être aimé. Il s’ouvre avec le locuteur écrivant à plusieurs reprises le nom de son être aimé sur la plage, pour que les vagues l’emportent, une image poignante de la fugacité.
L’être aimé parle dans le deuxième quatrain, réprimandant le locuteur pour son « vain assay » (tentative futile) d’immortaliser quelque chose de mortel. Elle reconnaît qu’elle, comme son nom dans le sable, périra. Le locuteur répond dans le troisième quatrain et le couplet final. Il affirme que si les « choses viles » meurent, elle vivra par la renommée accordée par ses vers. Sa poésie éternisera ses vertus et écrira son « nom glorieux » non pas sur le sable mouvant, mais « dans les cieux ». Le sonnet se termine par la déclaration triomphale que même lorsque la mort vaincra le monde, leur amour vivra et sera renouvelé par sa poésie.
#8 : « When I Consider How My Light is Spent » – John Milton (Sonnet 19 or « On His Blindness »)
When I consider how my light is spent, Ere half my days, in this dark world and wide, And that one Talent which is death to hide Lodged with me useless, though my Soul more bent To serve therewith my Maker, and present My true account, lest he returning chide; “Doth God exact day-labour, light denied?” I fondly ask. But patience, to prevent
That murmur, soon replies, “God doth not need Either man’s work or his own gifts; who best Bear his mild yoke, they serve him best. His state Is Kingly. Thousands at his bidding speed And post o’er Land and Ocean without rest: They also serve who only stand and wait.”
Le sonnet de John Milton « When I Consider How My Light is Spent » est un exemple célèbre de sonnet miltonien, qui, comme le pétrarquiste, comporte généralement un octave qui présente un problème ou une question et un sestet qui le résout ou le commente. Écrit après que Milton soit devenu aveugle, la « lumière » fait ici référence littéralement à sa vue et métaphoriquement à son talent d’écrivain donné par Dieu (une référence à la Parabole des Talents dans la Bible). Il déplore que sa vue soit perdue « avant la moitié de ses jours », laissant son talent « inutile » dans un « monde sombre et vaste », entravant sa capacité à servir Dieu.
Il demande si Dieu attend de lui qu’il travaille (« day-labour » – travail journalier) malgré le refus de la vue. La volta marque le point où la « Patience » personnifiée donne la réponse. Le sestet délivre une profonde perspicacité théologique : Dieu n’a pas besoin du travail ou des dons humains. Le véritable service réside dans le fait de porter passivement la volonté de Dieu (« His mild yoke » – Son joug léger). Le sonnet se termine par la ligne puissante et réconfortante : « They also serve who only stand and wait » (Ceux qui ne font que se tenir debout et attendre servent également), affirmant que l’acceptation et la foi sont des formes de service tout aussi valables que le travail actif.
Personne les yeux bandés, symbolisant la vue ou son absence dans la poésie
#9 : « What My Lips Have Kissed, and Where, and Why » – Edna St. Vincent Millay
What lips my lips have kissed, and where, and why, I have forgotten, and what arms have lain Under my head till morning; but the rain Is full of ghosts tonight, that tap and sigh Upon the glass and listen for reply, And in my heart there stirs a quiet pain For unremembered lads that not again Will turn to me at midnight with a cry. Thus in winter stands the lonely tree, Nor knows what birds have vanished one by one, Yet knows its boughs more silent than before: I cannot say what loves have come and gone, I only know that summer sang in me A little while, that in me sings no more.
Le sonnet pétrarquiste d’Edna St. Vincent Millay réfléchit sur les amours passées, adoptant une approche plus moderne et introspective que les sonnets d’amour traditionnels. La locutrice admet avoir oublié les détails des rencontres romantiques passées – quelles lèvres elle a embrassées, où, pourquoi, et avec qui elle a couché. Pourtant, la pluie qui tombe évoque un sentiment de leur présence, comme des « fantômes », éveillant une « douleur tranquille » pour ces amants oubliés.
La volta dans le sestet introduit une métaphore d’un arbre solitaire en hiver. Tout comme l’arbre ne sait pas quels oiseaux sont partis mais ressent le silence, la locutrice ne se souvient pas des amours spécifiques mais sait que le sentiment vibrant (« summer sang in me » – l’été chantait en moi) qu’ils ont apporté est parti, laissant un sentiment de vide (« that in me sings no more » – qui ne chante plus en moi). Millay utilise la forme du sonnet pour explorer les thèmes de la mémoire, de la perte et de l’impact émotionnel persistant des relations passées, se concentrant sur l’état interne de la locutrice plutôt que d’idéaliser les amants perdus eux-mêmes.
#10 : « Sonnet » – Billy Collins
All we need is fourteen lines, well, thirteen now, and after this next one just a dozen to launch a little ship on love’s storm-tossed seas, then only ten more left like rows of beans. How easily it goes unless you get Elizabethan and insist the iambic bongos must be played and rhymes positioned at the ends of lines, one for every station of the cross. But hang on here while we make the turn into the final six where all will be resolved, where longing and heartache will find an end, where Laura will tell Petrarch to put down his pen, take off those crazy medieval tights, blow out the lights, and come at last to bed.
Billy Collins, un poète américain contemporain, offre un commentaire ludique et méta sur la forme du sonnet elle-même dans ce poème. Il guide le lecteur avec humour à travers le processus d’écriture d’un sonnet, en comptant les lignes à rebours et en faisant référence aux éléments clés comme la structure traditionnelle de 14 lignes et les thèmes de l’amour (« love’s storm-tossed seas » – mers agitées de l’amour).
Il contraste son approche décontractée avec la rigueur des sonnets « élisabéthains », blaguant sur la rigidité du pentamètre iambique (« iambic bongos » – bongos iambiques) et des schémas de rimes. Il souligne la volta (« make the turn / into the final six » – prendre le virage / dans les six derniers) où la question centrale du poème est généralement résolue. Le poème se termine par une subversion humoristique de la tradition amoureuse pétrarquiste, imaginant Laure disant à Pétrarque d’abandonner ses efforts poétiques et de se concentrer sur leur relation physique à la place. Ce sonnet est une approche moderne qui à la fois célèbre et se moque gentiment des conventions de la forme, invitant les lecteurs à voir les sonnets avec humour et accessibilité.
Ressources supplémentaires pour étudier les exemples de sonnets
Explorer ces exemples de sonnets n’est qu’un début. Le monde des sonnets est vaste, avec d’innombrables poètes ayant contribué à cette riche tradition. Pour ceux qui cherchent à approfondir leur compréhension, ces ressources offrent des perspectives précieuses :
Logo de The Poetry Foundation, une ressource clé pour l'étude de la poésie et des sonnets
The Poetry Foundation
Le site web de The Poetry Foundation est une vaste base de données en ligne offrant un accès gratuit à des poèmes, des biographies de poètes, des articles et des enregistrements audio. Rechercher « sonnet » donne accès à des milliers d’exemples de sonnets, à des informations historiques et à des essais critiques. C’est un excellent point de départ pour une exploration étendue. Cette ressource inclut des œuvres de nombreux célèbres poètes de la nature et de ceux qui ont écrit sur d’innombrables autres thèmes.
Shakespeare’s Sonnets Online
Dédié spécifiquement aux 154 sonnets de Shakespeare, ce site web fournit le texte intégral de chaque poème ainsi que des analyses ligne par ligne détaillées et des commentaires. C’est un outil inestimable pour quiconque étudie les contributions spécifiques de Shakespeare à la forme et comprend des comparaisons avec d’autres poètes élisabéthains.
The Making of A Sonnet: A Norton Anthology
Pour un aperçu historique et thématique complet, cette anthologie retrace l’évolution du sonnet sur cinq siècles. Elle présente une large gamme d’exemples de sonnets de divers poètes et comprend des essais critiques et des ressources d’étude. Des anthologies comme celle-ci sont souvent considérées parmi les livres de poésie les plus célèbres pour les étudiants et les passionnés.
Pop Sonnets: Shakespearean Spins On Your Favorite Songs
Un point d’entrée amusant et accessible, ce livre réinvente 100 chansons populaires en sonnets shakespeariens. Il démontre la pertinence durable de la forme et offre une façon humoristique d’apprécier sa structure et sa langue en l’appliquant à des paroles contemporaines familières.
Shakespeare’s Sonnets, Retold
Ce livre offre des traductions en anglais moderne des sonnets complets de Shakespeare, préservant le schéma de rimes et le rythme originaux. Il permet aux lecteurs qui pourraient trouver la langue élisabéthaine difficile d’interagir directement avec le contenu et la forme des poèmes.
Conclusion
L’étude des exemples de sonnets offre une fenêtre sur des siècles de tradition poétique. Des explorations complexes de l’amour et du temps chez Shakespeare aux profondes réflexions de Milton sur la foi et la perte, en passant par des approches plus modernes qui jouent avec la forme elle-même, les sonnets offrent un puissant mélange de structure et d’expression. En analysant leurs quatorze lignes, schémas de rimes et tournants de pensée, les lecteurs peuvent acquérir une appréciation plus profonde de l’art et de l’attrait durable de ces « petites chansons ». S’engager avec ces poèmes non seulement améliore la compréhension littéraire, mais permet également une connexion plus profonde avec les thèmes universels qu’ils explorent.