Poèmes évocateurs de l’automne : L’âme de la saison

L’automne est une saison de transition profonde. C’est un moment où le monde semble exhaler dans un éclat de couleurs finales spectaculaires avant de s’installer dans l’introspection tranquille de l’hiver. Du spectacle visuel des feuilles changeantes et de l’odeur nette de fumée de bois au sentiment poignant de quelque chose qui se termine et de quelque chose d’autre qui commence, l’essence de l’automne inspire les poètes depuis longtemps. Ces poèmes sur l’automne capturent la myriade d’humeurs et d’images de la saison, nous invitant à faire une pause et à observer sa beauté éphémère.

La saison, décrite de manière célèbre par Keats comme la « saison des brumes et de la fructuosité opulente », occupe une place unique dans l’imagination poétique. Elle évoque l’abondance, la récolte et la maturité, mais aussi la décomposition, la perte et le passage inévitable du temps. Cette dualité fait de l’automne une source riche de métaphores pour la vie humaine, l’amour et le cycle de la nature.

La lumière du soleil filtre à travers des feuilles d'automne orange vifLa lumière du soleil filtre à travers des feuilles d'automne orange vif

Voici une sélection de poèmes qui plongent au cœur de cette saison évocatrice, offrant des perspectives diverses, des maîtres classiques aux voix contemporaines. Chaque poème, à sa manière, nous aide à comprendre pourquoi l’imagerie et les émotions associées à l’automne résonnent si profondément en nous. Pour ceux qui apprécient les humeurs changeantes de l’année, explorer la poésie saisonnière, tout comme trouver des poèmes sur l'amour, offre un lien avec les expériences humaines universelles.

When You Are Old

William Butler Yeats

When you are old and grey and full of sleep, And nodding by the fire, take down this book, And slowly read, and dream of the soft look Your eyes had once, and of their shadows deep;

How many loved your moments of glad grace, And loved your beauty with love false or true, But one man loved the pilgrim soul in you, And loved the sorrows of your changing face;

And bending down beside the glowing bars, Murmur, a little sadly, how Love fled And paced upon the mountains overhead And hid his face amid a crowd of stars.

Bien qu’il ne traite pas explicitement de la saison, le poème de Yeats utilise l’imagerie du vieillissement et du regard en arrière, un peu comme l’humeur contemplative que l’automne peut évoquer. Le fait de « dodiner près du feu » et la contemplation de la beauté passée résonnent avec les intérieurs douillets et le sentiment du temps qui passe qui caractérisent la transition de l’automne vers l’hiver. Il relie le voyage personnel à un sentiment saisonnier d’introspection.

Extrait de :

A Poem for Every Autumn Day

par Allie Esiri

This Is Just To Say

William Carlos Williams

I have eaten the plums that were in the icebox and which you were probably saving for breakfast

Forgive me they were delicious so sweet and so cold

Le poème court et apparemment simple de Williams capture un moment d’abondance de la récolte de fin d’été ou de début d’automne – le plaisir doux et froid des prunes mûres. Il évoque les détails tangibles et sensoriels de la saison, se concentrant sur un petit acte domestique qui reflète les fruits de la terre récoltés et consommés. C’est un poème de plaisir immédiat et simple, caractéristique de l’aspect récolte de l’automne.

Extrait de A Poem for Every Autumn Day

Fall, Leaves, Fall

Emily Brontë

Fall, leaves, fall; die, flowers, away; Lengthen night and shorten day; Every leaf speaks bliss to me Fluttering from the autumn tree. I shall smile when wreaths of snow Blossom where the rose should grow; I shall sing when night’s decay Ushers in a drearier day.

Emily Brontë embrasse le déclin de la saison avec un sentiment surprenant de « félicité ». Son poème affronte directement la chute des feuilles, les fleurs mourantes et les jours raccourcissants, tout en trouvant une joie étrange dans ce processus. Cette perspective met en évidence la beauté unique trouvée dans la décomposition et le changement, un thème central dans de nombreux poèmes sur l'automne. C’est une acceptation puissante du cycle de la nature, trouvant une autre forme de dynamisme dans la lumière déclinante.

Extrait de :

A Poem for Every Night of the Year

par Allie Esiri

Autumn

John Clare

I love the fitfull gusts that shakes The casement all the day And from the mossy elm tree takes The faded leaf away Twirling it by the window-pane With thousand others down the lane

I love to see the shaking twig Dance till the shut of eve The sparrow on the cottage rig Whose chirp would make believe That spring was just now flirting by In summers lap with flowers to lie

I love to see the cottage smoke Curl upwards through the naked trees The pigeons nestled round the coat On dull November days like these The cock upon the dung-hill crowing The mill sails on the heath a-going

The feather from the ravens breast Falls on the stubble lea The acorns near the old crows nest Fall pattering down the tree The grunting pigs that wait for all Scramble and hurry where they fall

Le poème de John Clare est une riche tapisserie de détails sensoriels spécifiques à la saison. Il capture le son du vent, la vue des feuilles qui tombent, l’odeur de la fumée des chaumières et les bruits des animaux. Ce poème est une célébration des vues et des sons ordinaires qui définissent un automne rustique, offrant une expérience détaillée, presque tactile, de la saison. Il ancre le sentiment abstrait de l’automne dans des phénomènes concrets et observables.

Extrait de :

Read Me 2: A Poem For Every Day of the Year

par Gaby Morgan

Whim Wood

Katherine Towers

into the coppery halls of beech and intricate oak to be close to the trees as they whisper together let fall their leaves, and we die for the winter

Katherine Towers offre un aperçu bref et poignant d’un bois automnal. Les « halls cuivrés » décrivent de manière vivante la couleur des feuilles, tandis que l’idée d’être « près des arbres alors qu’ils chuchotent » anthropomorphise la nature, suggérant une expérience partagée de la transition. Le dernier vers relie la chute des feuilles à l’approche de l’hiver et à une « mort » métaphorique, capturant le sentiment de fin inhérent à la saison. C’est un petit poème avec un grand impact émotionnel, reflétant la solennité tranquille souvent trouvée dans les poèmes sur l'automne.

Extrait de :

The Remedies

par Katharine Towers

To Autumn

John Keats

Season of mists and mellow fruitfulness, Close bosom-friend of the maturing sun; Conspiring with him how to load and bless With fruit the vines that round the thatch-eves run; To bend with apples the moss’d cottage-trees, And fill all fruit with ripeness to the core; To swell the gourd, and plump the hazel shells With a sweet kernel; to set budding more, And still more, later flowers for the bees, Until they think warm days will never cease, For summer has o’er-brimm’d their clammy cells.

Who hath not seen thee oft amid thy store? Sometimes whoever seeks abroad may find Thee sitting careless on a granary floor, Thy hair soft-lifted by the winnowing wind; Or on a half-reap’d furrow sound asleep, Drows’d with the fume of poppies, while thy hook Spares the next swath and all its twined flowers: And sometimes like a gleaner thou dost keep Steady thy laden head across a brook; Or by a cyder-press, with patient look, Thou watchest the last oozings hours by hours.

Where are the songs of spring? Ay, Where are they? Think not of them, thou hast thy music too,— While barred clouds bloom the soft-dying day, And touch the stubble-plains with rosy hue; Then in a wailful choir the small gnats mourn Among the river sallows, borne aloft Or sinking as the light wind lives or dies; And full-grown lambs loud bleat from hilly bourn; Hedge-crickets sing; and now with treble soft The red-breast whistles from a garden-croft; And gathering swallows twitter in the skies.

Peut-être le poème d’automne le plus célèbre en anglais, l’ode de Keats personnifie l’Automne comme une déesse de l’abondance et de la maturité. La première strophe célèbre la générosité de la récolte, tandis que la seconde dépeint l’Automne dans divers cadres ruraux, mettant l’accent sur le travail et les produits de la saison. La troisième strophe passe aux sons de l’automne, reconnaissant le passage de l’été mais trouvant une musique unique dans les propres sons de décomposition et de transition de la saison. C’est une œuvre magistrale qui capture tout le spectre sensoriel et émotionnel de la saison.

Extrait de A Poem for Every Night of the Year

Japanese Maple

Clive James

Your death, near now, is of an easy sort. So slow a fading out brings no real pain. Breath growing short Is just uncomfortable. You feel the drain Of energy, but thought and sight remain:

Enhanced, in fact. When did you ever see So much sweet beauty as when fine rain falls On that small tree And saturates your brick back garden walls, So many Amber Rooms and mirror halls?

Ever more lavish as the dusk descends This glistening illuminates the air. It never ends. Whenever the rain comes it will be there, Beyond my time, but now I take my share.

My daughter’s choice, the maple tree is new. Come autumn and its leaves will turn to flame. What I must do Is live to see that. That will end the game For me, though life continues all the same:

Filling the double doors to bathe my eyes, A final flood of colours will live on As my mind dies, Burned by my vision of a world that shone So brightly at the last, and then was gone.

Clive James utilise l’image d’un érable japonais en automne, connu pour son changement de couleur spectaculaire, comme métaphore de sa propre mort approchante. La beauté intense du feuillage d’automne de l’arbre devient un parallèle à une conscience et une appréciation accrues de la vie dans ses dernières étapes. Ce poème connecte magnifiquement le cycle naturel de la décomposition et de la transformation brillante en automne avec l’expérience humaine de la mortalité, ajoutant une couche profonde au thème des poèmes sur l'automne.

Extrait de :

Sentenced to Life

par Clive James

Sonnet 73 (‘That time of year thou mayst in me behold’)

William Shakespeare

That time of year thou mayst in me behold When yellow leaves, or none, or few, do hang Upon those boughs which shake against the cold, Bare ruin’d choirs where late the sweet birds sang. In me thou seest the twilight of such day As after sunset fadeth in the west, Which by and by black night doth take away, Death’s second self, that seals up all in rest. In me thou seest the glowing of such fire That on the ashes of his youth doth lie, As the death-bed whereon it must expire, Consum’d by that which it was nourished by. This thou perceiv’st which makes thy love more strong, To love that well which thou must leave ere long.

Shakespeare emploie l’imagerie de la fin de l’automne et du début de l’hiver (« yellow leaves, or none, or few… bare ruin’d choirs ») comme métaphore puissante du vieillissement et du crépuscule de la vie. La progression des feuilles mourantes aux « bare ruin’d choirs » (comme des églises délabrées, ou peut-être simplement les branches où les oiseaux ne chantent plus) reflète le déclin de la vitalité. Le poème étend ensuite la métaphore aux braises mourantes d’un feu, illustrant toutes un état de proximité de la fin. Ce sonnet est une réflexion poignante sur la mortalité et l’urgence qu’elle donne à l’amour et à l’appréciation, s’inspirant fortement des repères visuels de la conclusion de la saison automnale. Il se classe parmi les poèmes sur l'automne historiques importants.

Extrait de :

The Picador Book of Love Poems

par John Stammers

Plums

Gillian Clarke

When their time comes they fall without wind, without rain. They seep through the trees’ muslin in a slow fermentation.

Daily the low sun warms them in a late love that is sweeter than summer. In bed at night we hear heartbeat of fruitfall.

The secretive slugs crawl home to the burst honeys, are found in the morning mouth on mouth, inseparable.

We spread patchwork counterpanes for a clean catch. Baskets fill, never before such harvest, such a hunters’ moon burning

the hawthorns, drunk on syrups that are richer by night when spiders pitch tents in the wet grass.

This morning the red sun is opening like a rose on our white wall, prints there the fishbone shadow of a fern.

The early blackbirds fly guilty from a dawn haul of fallen fruit. We too breakfast on sweetnesses.

Soon plum trees will be bone, grown delicate with frost’s formalities. Their black angles will tear the snow.

Le poème de Gillian Clarke se concentre intensément sur la récolte tardive de prunes. Elle décrit l’expérience sensorielle – le son des fruits qui tombent, la douceur, la richesse visuelle. Le poème passe de la maturité et de l’abondance (« never before such harvest ») à la conclusion inévitable de la saison, les arbres devenant « os » et anticipant le gel et la neige. C’est une belle exploration du pic de rendement de l’automne et de la prise de conscience mélancolique de l’approche de l’hiver, un fil conducteur commun dans de nombreux poèmes sur l'automne. Tout comme les fêtes apportent leurs propres thèmes poétiques, comme un poème de Pâques pour l'église pourrait offrir une réflexion, la saison des récoltes inspire la contemplation.

Extrait de :

Selected Poems

par Gillian Clarke

Autumn Fires

Robert Louis Stevenson

In the other gardens And all up in the vale, From the autumn bonfires See the smoke trail!

Pleasant summer over, And all the summer flowers, The red fire blazes, The grey smoke towers.

Sing a song of seasons! Something bright in all! Flowers in the summer, Fires in the fall!

Robert Louis Stevenson capture une image simple et iconique de l’automne : la combustion des feuilles et des déchets de jardin. Cette pratique crée l’odeur et la vue distinctives de la fumée de bois qui sont synonymes de la saison. Le poème contraste les fleurs de l’été avec les feux de l’automne, trouvant la beauté et l’éclat dans les deux. C’est une célébration joyeuse et directe de l’un des éléments visuels et olfactifs les plus caractéristiques de la saison, facilement apprécié par quiconque connaît l’atmosphère évoquée par les poèmes sur l'automne.

Extrait de :

A Poem for Every Day of the Year

par Allie Esiri

Nothing Gold Can Stay

Robert Frost

Nature’s first green is gold, Her hardest hue to hold. Her early leaf’s a flower; But only so an hour. Then leaf subsides to leaf. So Eden sank to grief, So dawn goes down to day. Nothing gold can stay.

Le poème concis de Robert Frost est une méditation puissante sur l’impermanence, utilisant la couleur or éphémère des premières feuilles comme métaphore centrale. Cette transition du vert vibrant à l’or, puis à l’état final, non doré, symbolise la nature éphémère de la beauté, de l’innocence et de la perfection. Le poème relie ce processus naturel à des idées plus larges de perte et de changement (« So Eden sank to grief »), renforçant le thème de la fugacité inhérent à la saison automnale. Ce poème court mais profond est un incontournable lorsque l’on parle des poèmes sur l'automne.

Extrait de A Poem for Every Night of the Year

Pleasant Sounds

John Clare

The rustling of leaves under the feet in woods and under hedges; The crumpling of cat-ice and snow down wood-rides, narrow lanes and every street causeway; Rustling through a wood or rather rushing, while the wind halloos in the oak-toop like thunder; The rustle of birds’ wings startled from their nests or flying unseen into the bushes; The whizzing of larger birds overhead in a wood, such as crows, puddocks, buzzards; The trample of robins and woodlarks on the brown leaves. and the patter of squirrels on the green moss; The fall of an acorn on the ground, the pattering of nuts on the hazel branches as they fall from ripeness; The flirt of the groundlark’s wing from the stubbles – how sweet such pictures on dewy mornings, when the dew flashes from its brown feathers.

Un autre poème riche en sensations de John Clare, cette pièce se concentre entièrement sur les sons de la fin de l’automne et du début de l’hiver. Il catalogue des détails auditifs spécifiques – le craquement des feuilles, le bruissement des ailes, le tapotement des glands et des noix qui tombent. Ces sons ne sont pas seulement des bruits, mais évoquent des images vives du paysage et des habitants de la saison. Le poème met en évidence comment le son peut être un élément crucial dans l’expérience du monde naturel en automne, ajoutant une autre dimension aux thèmes explorés dans les poèmes sur l'automne. De même, certaines périodes de vacances inspirent des expériences auditives uniques, comme les sons référencés dans les poèmes de Noël amusants pour cartes ou les poèmes de Noël courts pour adultes.

Extrait de A Poem for Every Day of the Year

Ces poèmes, couvrant différentes époques et styles, peignent collectivement un tableau complet de l’automne. Ils nous rappellent que la saison est plus que de simples couleurs changeantes ; c’est un temps de récolte et de décomposition, de contemplation et de transition, de richesse sensorielle et de beauté tranquille. Explorer ces poèmes sur l’automne nous permet de nous connecter à la puissance durable de cette saison dans l’imagination humaine et d’apprécier les façons profondes dont les poètes en ont capturé l’essence.