Cascade symbolisant le temps qui passe dans le poème d'Edmond
Contents
Le poème « Waterfall » de Lauris Edmond est une œuvre puissante sur le vieillissement, la mémoire et la nature transformative de l’amour. Tel l’écoulement incessant de l’eau d’une falaise, le poème explore le passage du temps et son impact sur nos vies. Cet article explore la riche imagerie, le symbolisme et la maîtrise technique qu’Edmond emploie pour créer une expérience de lecture véritablement immersive.
Le fleuve irréversible du temps
Le poème d’Edmond commence par une déclaration d’acceptation : « Je ne demande pas la jeunesse, ni de retard dans la montée du fleuve irréversible du temps. » Cette ouverture donne le ton à l’exploration du temps comme une force imparable. Le « fleuve irréversible » fonctionne comme une métaphore centrale, représentant le flux continu de la vie vers une fin inévitable.
Je ne demande pas la jeunesse, ni de retard
dans la montée du fleuve irréversible du temps
qui emporte l'arc précieux de la cascade
dans lequel j'aperçois, minute après minute scintillante,
tout ce que j'ai et tout ce que je perds toujours
alors que le soleil éclaire chaque goutte, tombant vite, si vite.
La cascade elle-même devient un symbole puissant, incarnant à la fois la beauté et la fugacité de l’existence. Chaque goutte d’eau, illuminée par la lumière du soleil, représente un moment précieux de la vie, brillant brièvement avant d’être emportée. L’image de « minute après minute scintillante » souligne la nature éphémère de ces moments, soulignant la conscience du locuteur à la fois de possession et de perte.
Cascade, perte et temps dans la poésie d'Edmond
L’obscurité verte de l’amour : la mémoire comme antidote
La deuxième strophe passe de l’universel au personnel, s’adressant à un « vous » enveloppé dans « l’obscurité verte de l’amour ». Cette section évoque un souvenir onirique, possiblement d’un amour passé ou d’une version plus jeune du partenaire du locuteur.
Je ne rêve pas que toi, jeune à nouveau,
Puisses venir à moi obscurément dans l'obscurité verte de l'amour
Où la poussière de la fougère épice l'air
La mousse, écrasée, dégage une douceur astringente
et l'eau retient nos reflets
immobiles, comme pour toujours.
L’imagerie contrastée du « vert » et de « l’obscurité » crée un sentiment de mystère et d’intimité. Le langage évocateur, rempli d’images olfactives comme « la fougère épice l’air » et « douceur astringente », intensifie encore cette atmosphère onirique. Cette strophe suggère que la mémoire peut agir comme un refuge contre le passage du temps, préservant des moments précieux « comme pour toujours ».
Obscurité verte de l'amour et mémoire chez Edmond
La bienveillance et le moment présent
La troisième strophe revient au présent, réfléchissant à une forme d’amour plus mature et plus calme. Le langage devient plus simple et plus sobre, contrastant fortement avec l’imagerie passionnée de la strophe précédente.
Il suffit maintenant d'entrer dans une pièce
et de trouver la bienveillance que nous avons l'un pour l'autre
– l'appelant amour – dans des yeux qui sont perspicaces
mais confiants encore, visage marqué par les années
de jugement prudent; s'asseoir l'après-midi
dans une douce conversation, sans nostalgie.
Le locuteur reconnaît la transformation de l’amour au fil du temps, remplaçant la passion intense par une bienveillance plus durable. Les mots « perspicaces » et « jugement prudent » laissent entrevoir des difficultés passées, suggérant que cet amour plus calme est né d’une expérience et d’une compréhension partagées.
L’intensité du souvenir
La dernière strophe apporte un changement soudain de perspective. La tranquillité du locuteur est interrompue par une intensité renouvelée de sentiment, déclenchée par le départ imminent du « vous ».
Mais quand tu me quittes, avec ta désinvolture
nervée par la résolution plus que par la force
– soudain alors je t'aime avec une rapide
intensité, me souvenant que l'eau,
aussi lumineuse et grandiose soit-elle, tombe vite
et une seule fois dans le bassin sombre en dessous.
L’image de la cascade revient avec une force renouvelée, rappelant au locuteur la finalité ultime du temps. Le « bassin sombre en dessous » sert de métaphore à la mort, soulignant la préciosité de chaque moment restant. Cette prise de conscience finale souligne le thème central du poème : l’importance de chérir le présent, même si le temps nous entraîne inexorablement vers l’inévitable.
Le bassin sombre et la finalité du temps chez Edmond
Conclusion : embrasser le courant
« Waterfall » d’Edmond est une méditation puissante sur le passage du temps et son impact sur l’amour et la mémoire. Par son imagerie vive, son utilisation magistrale de la forme et sa profondeur émotionnelle, le poème nous encourage à embrasser le moment présent et à apprécier la beauté éphémère de la vie, même si elle coule inexorablement vers sa fin inévitable. Comme la cascade elle-même, la vie est à la fois lumineuse et grandiose, mais finalement transitoire, nous rappelant de chérir chaque goutte.