William Shakespeare, figure emblématique de la littérature anglaise, a laissé un héritage non seulement dans ses pièces et sonnets sans pareil, mais aussi dans le mystère persistant qui entoure sa mort et sa sépulture. Inhumé dans le chœur de l’église Holy Trinity à Stratford-Upon-Avon, sa tombe est marquée non pas par son nom, mais par une inscription sévère – une malédiction destinée à protéger sa dépouille pour l’éternité. Cette épitaphe singulière est l’une des caractéristiques les plus discutées de sa dernière demeure, suscitant d’innombrables questions sur ce qui est écrit sur la tombe de Shakespeare.
L’inscription gravée sur la dalle recouvrant la tombe de Shakespeare est un quatrain que l’on pense avoir été écrit par le Barde lui-même. Elle se lit ainsi :
Good friend for Jesus sake forbeare,
To dig the dust enclosed here.
Blessed be the man that spares these stones,
And cursed be he that moves my bones.
Ce quatrain glaçant sert de mise en garde puissante à quiconque envisage de perturber le sol en dessous. À une époque où les cimetières d’église étaient souvent réutilisés et les corps exhumés pour faire de la place ou à des fins d’étude anatomique, la préoccupation de Shakespeare quant à la sainteté de son lieu de sépulture était loin d’être infondée. La malédiction reflète un désir profond de paix perpétuelle dans sa dernière demeure, un contraste frappant avec les mondes dynamiques, souvent turbulents, dépeints dans ses pièces et, peut-être, reflétant des thèmes trouvés dans les poèmes de mort de Shakespeare.
Portrait de William Shakespeare, attribué à John Taylor.
Pendant des siècles, il a semblé que la malédiction avait eu son effet. Malgré les appels des chercheurs et une curiosité historique naturelle, l’Église Holy Trinity a constamment refusé la permission pour toute excavation physique de la tombe, invoquant le désir d’honorer les souhaits explicites de Shakespeare. En 2008, des ouvriers effectuant des réparations ont notamment évité de perturber les pierres, un témoignage du pouvoir durable de l’inscription. Ce respect pour les dernières paroles du Barde souligne l’importance culturelle attribuée à ce qui est écrit sur la tombe de Shakespeare. De nombreux visiteurs à Stratford-Upon-Avon font un pèlerinage spécifiquement pour voir cette épitaphe unique et menaçante. Explorer la poésie de Shakespeare offre un aperçu supplémentaire de l’esprit qui a forgé une déclaration finale aussi définitive.
Au-delà de la célèbre malédiction, la tombe de Shakespeare présente d’autres anomalies intrigantes. Contrairement aux dalles funéraires de sa femme, Anne Hathaway, et d’autres membres de sa famille enterrés à proximité, sa dalle ne porte aucun nom. Son identité est commémorée par un monument funéraire érigé sur le mur adjacent, présentant un demi-effigie de Shakespeare en train d’écrire, installé avant 1623. De plus, la tombe elle-même est inhabituellement courte, mesurant moins d’un mètre, et des preuves suggèrent qu’il n’a pas été enterré dans un cercueil traditionnel, mais probablement enveloppé dans un linceul, une pratique courante à l’époque mais ajoutant une autre couche au caractère distinctif de son lieu de sépulture.
Monument funéraire de Shakespeare avec une sculpture du dramaturge.
Le mystère s’est considérablement approfondi en 2016, 400e anniversaire de sa mort. Bien que l’excavation physique soit toujours interdite, un balayage radar non invasif par pénétration de sol a été autorisé. Les résultats furent surprenants : le balayage a indiqué des perturbations à l’extrémité de la tête de la tombe et a suggéré que le crâne de Shakespeare pourrait être manquant. Cette découverte a donné une nouvelle crédibilité à une histoire longtemps écartée, publiée en 1879 dans Argosy Magazine, qui racontait l’histoire de pilleurs de tombes volant le crâne de Shakespeare en 1794 pour une somme considérable. Bien qu’une recherche ultérieure du crâne dans une église voisine n’ait donné que les restes d’une femme âgée, le balayage fournit des preuves modernes convaincantes que la tombe a bien été profanée à un moment donné après l’inhumation.
Vue de la tombe de Shakespeare avec la dalle funéraire dans l'église Holy Trinity.
La question persistante du crâne manquant ajoute une couche d’intrigue macabre au site, rendant la malédiction inscrite sur la pierre d’autant plus poignante. On ne sait pas si les prétendus pilleurs de tombes ont subi un sort funeste à la suite de leurs actions. Cependant, l’histoire souligne la puissance de la mise en garde gravée dans la pierre et la fascination du public pour la possibilité que les dernières paroles du Barde puissent porter une rétribution puissante, quoique peut-être symbolique. Le mystère de la tombe de Shakespeare, depuis ses caractéristiques inhabituelles jusqu’à la violation potentielle suggérée par le balayage, garantit que ce qui est écrit sur la tombe de Shakespeare continue de captiver et d’intriguer les visiteurs des siècles après sa mort, un acte final et dramatique du maître conteur. Vous pouvez approfondir son vaste corpus littéraire en explorant des œuvres de la poésie de Shakespeare.