Matthew Perry : L’homme qui a ouvert le Japon à l’Occident

Le commodore Matthew C. Perry est une figure centrale de l’histoire américaine et japonaise du 19e siècle, surtout connu pour son rôle dans l’ouverture du Japon au commerce et aux relations diplomatiques avec l’Occident. Ses réalisations vont au-delà de cet exploit majeur, englobant l’innovation navale, les efforts anti-esclavagistes et une vision stratégique concernant l’influence américaine dans le Pacifique. Cet article explore les réalisations du commodore Matthew Perry, en se concentrant sur ses expéditions historiques au Japon.

Portrait du commodore Matthew C. PerryPortrait du commodore Matthew C. Perry

Début de carrière et bases du succès futur

Avant ses célèbres voyages au Japon, Perry a mené une carrière navale distinguée. Il a commandé l’USS Fulton, le premier navire de guerre américain à vapeur, de 1837 à 1840, marquant une étape importante dans la modernisation navale. Il a également mené un escadron en Afrique en 1843 pour réprimer la traite des esclaves, démontrant ainsi son engagement envers les causes humanitaires. De plus, son commandement réussi des forces navales pendant la guerre américano-mexicaine (1846-1848) a solidifié sa réputation de leader compétent et efficace. Ces expériences ont jeté les bases de ses futurs succès diplomatiques et stratégiques.

Les expéditions au Japon : 1853-1854

En 1852, le président Millard Fillmore a chargé Perry de diriger une expédition navale au Japon, une nation qui était restée isolée de l’Occident pendant plus de deux siècles. Perry a compris l’importance d’une forte présence, reconnaissant que les politiques isolationnistes du Japon ne céderaient qu’à une démonstration de puissance navale supérieure et à une approche diplomatique résolue. Sa première expédition est arrivée dans le port fortifié d’Uraga en juillet 1853, un événement qui a eu des répercussions mondiales.

Perry, se présentant comme un « amiral », a défié les ordres japonais de partir, insistant pour remettre une lettre du Président demandant un traité. Les défenses du Japon étaient insuffisantes pour résister à la flotte américaine, et après une période de manœuvres diplomatiques, ils ont accepté la lettre du Président.

Conscient de la récente défaite de la Chine lors des guerres de l’Opium face aux puissances occidentales, le gouvernement japonais a utilisé cet accord initial comme un délai stratégique, visant à renforcer ses défenses. Perry est retourné à la baie d’Edo (l’actuelle baie de Tokyo) en février 1854 avec une flotte plus importante de neuf navires. Cette démonstration de force navale accrue a encore fait pression sur le gouvernement japonais.

Le Traité de Kanagawa et son impact

Le 31 mars 1854, Perry a obtenu le Traité de Kanagawa, le premier traité entre le Japon et les États-Unis. Ce traité a assuré un meilleur traitement pour les marins américains naufragés, a accordé aux navires américains l’accès au carburant et aux fournitures dans des ports désignés, a autorisé l’établissement d’un consul américain à Shimoda, et a ouvert la voie à de futurs accords commerciaux.

Le Traité de Kanagawa a représenté un tournant majeur. Il a révélé les limites de l’autorité du Shogun à maintenir les politiques isolationnistes du Japon et a conduit à des traités similaires avec d’autres nations occidentales. Ces événements ont finalement contribué à la chute du shogunat et ont initié la modernisation du Japon.

L’héritage et la vision stratégique de Perry

Les réalisations du commodore Matthew Perry s’étendent au-delà du Traité de Kanagawa. Il est devenu une autorité reconnue sur l’Extrême-Orient, mettant en garde contre l’expansionnisme britannique et russe et préconisant un rôle américain plus actif dans la région. Il a recommandé l’établissement de bases dans les îles du Pacifique pour assurer la domination militaire et commerciale des États-Unis, une stratégie que le gouvernement américain finirait par adopter des décennies plus tard.

Conclusion

Les réalisations du commodore Matthew Perry résonnent à travers l’histoire. Son habile mélange de diplomatie et de puissance navale a mis fin à l’isolement séculaire du Japon, initiant une période de modernisation et d’engagement international. Sa vision stratégique concernant l’influence américaine dans le Pacifique s’est également avérée clairvoyante, façonnant la politique étrangère des États-Unis dans les décennies qui ont suivi. L’héritage de Perry demeure un témoignage de l’impact d’un individu déterminé sur le cours des nations.