Voyage en Terres Celtes : Poésie et Chants

Cette collection de poèmes et de paroles de chansons retrace un voyage de quatre semaines à travers l’Irlande, le centre-ouest de l’Écosse et les Hébrides. Chaque pièce capture la beauté et l’esprit uniques de ces terres celtes, mêlant les thèmes de l’amour, de la perte, de l’histoire et de la spiritualité. Des anciens cercles de pierres aux mélodies envoûtantes d’un joueur de cornemuse solitaire, le voyage se déploie à travers des images saisissantes et une émotion sincère.

Paroles : We Ne’er Again Shall Part

Cette chanson poignante raconte une histoire d’amour et de perte ayant pour toile de fond les îles écossaises. La joie d’un jour de mariage à Vatersay est tragiquement interrompue, laissant derrière elle la promesse de retrouvailles dans l’éternité.

Mes pieds étaient embrassés par la rosée du matin
Et le soleil brillait chaudement sur mon visage.
Et la bruyère fleurie que j’avais cueillie pour toi
Était ornée de ruban et de dentelle de soie.

Tu avais laissé derrière toi la belle île de Barra,
Et ta maison à Castlebay
Pour te joindre à moi descendant l’allée
À l’église de Vatersay.

Nous serons à jamais un, nous serons toujours,
Un amour, une vie, un cœur.
Et pour toujours et l’éternité,
Nous ne nous séparerons plus jamais.

Les nuages devinrent sombres le jour de notre mariage,
Tes mains devinrent froides comme la mort.
Au crépuscule tu avais trépassé,
Et rendu ton dernier souffle

Nous serons à jamais un, nous serons toujours,
Un amour, une vie, un cœur.
Et quand nous nous retrouverons dans l’éternité,
Nous ne nous séparerons plus jamais . . . Nous ne nous séparerons plus jamais . . . Nous ne nous séparerons plus jamais.

Sonnet : Cercle de Pierres d’Uragh

Comté de Kerry, Irlande

Ce sonnet nous transporte à l’ancien Cercle de Pierres d’Uragh dans le comté de Kerry, en Irlande. Le poème médite sur la présence durable de ces pierres, témoins de siècles de connexion humaine avec le monde naturel.

Sous un escarpement érodé et une colline aride—
Où la brume mystique oint la roche de la lande
Et les vents murmurés caressent un ruisseau couvert de bruyère—
Des pierres encerclées veillent sur le lough.

Aussi vieux que le temps, avant que la mémoire ne commence
Les sentinelles enracinées se sont dressées
Pour marquer le lieu sacré où l’homme mortel
Et les pouvoirs primaux de la nature s’entrecroisent.

Un lever de soleil du solstice d’hiver y a autrefois apporté la prière
Et le chant rythmé pour presser la terre vers le printemps.
Aujourd’hui, un troupeau de moutons s’y est rassemblé,
Et leur bêlement est l’hymne sans paroles qu’ils chantent.

Pourtant même ici et maintenant, comme ici et alors,
Le visible et l’invisible se mêlent dans la vallée.

Ben Nevis dans les Highlands écossaisBen Nevis dans les Highlands écossais

Sonnet : Glen Nevis

Lochaber, Écosse

La majesté sauvage de Glen Nevis dans les Highlands écossais est capturée dans ce sonnet. Le poème évoque la beauté brute du paysage, des cascades jaillissantes au sommet imposant de Ben Nevis.

Majestueux, arides, les versants rocheux s’élèvent—
Ornés, vêtus de vert, de bruyère, d’ajoncs et de fougères—
Tandis que les nuages de midi, brumeux, s’assombrissant, descendent
Pour embrasser froidement chaque tor et chaque ruisseau qui s’élève.

Des hauteurs invisibles un torrent cascade librement,
Sans entrave dans le profond vallon de Ben Nevis ;
Puis en direction du Loch Linnhe et de la mer,
À travers les tourbières détrempées et les marais jonchés de fougères et de pierres.

Bien que caché aux yeux de ceux d’en bas,
Le sommet revêche de Ben Nevis est recherché et trouvé
Par ceux qui bravent la pluie, le grésil et la neige,
Pour escalader le cairn qui marque son point culminant.

Et là, au milieu des nuages, Dieu tend la main
Pour toucher et bénir la belle couronne des Highlands écossais.

Maisons noires traditionnelles sur l'île de LewisMaisons noires traditionnelles sur l'île de Lewis

Sonnet : Maisons Noires

(Réflexion sur les « Dégagements des Highlands » vers 1750-1860)

Île de Harris et Lewis, Hébrides extérieures, Écosse

Ce sonnet commémore l’histoire tragique des Dégagements des Highlands, en se concentrant sur les « Maisons Noires » abandonnées laissées derrière elles. Le poème évoque le déplacement et la résilience des paysans des Highlands.

Les pierres crient depuis cette terre érodée et balayée par les vents
Jadis foyer des paysans des Highlands, vaillants et libres,
Qui menaient une vie simple par la force de leurs mains
Du machair et de la mer des Hébrides.

En tant que clan et famille, ils vivaient et suivaient leurs voies,
Descendants fiers des Vikings, Gaëls, Pictes et Écossais,
Jusqu’à ce que les lairds terriens et la loi les emportent—
Les Highlands dégagés, les paysans laissés périr.

Leurs vies réduites à la faim et au désespoir ;
Leurs foyers, abandonnés, tombèrent en ruine ;
Les misérables ruines de vies déplacées mises à nu.
« Maisons Noires » est ainsi qu’on les appelle aujourd’hui.

Avec le temps, certains revinrent, les torts réparés.
Les cottages qu’ils reconstruisirent étaient blancs.

Sonnet : Le Scribe Inconnu du Livre de Kells du VIIIe Siècle

Île d’Iona, Hébrides Intérieures, Écosse

Ce sonnet rend hommage au scribe inconnu qui a travaillé assidûment sur le Livre de Kells sur la sainte île d’Iona. Le poème imagine la dévotion et le zèle du scribe pour son œuvre sainte.

Ce fut l’amour de Dieu qui le mit à genoux
Dans un humble service à son Seigneur ressuscité.
Ce n’est pas les hommes, mais le Christ seul qu’il cherchait à satisfaire
Dans une pleine soumission à la Sainte Parole de Dieu.

L’Esprit le conduisit à Iona, où
Il transcrivit les écritures et illumina chaque texte
Avec des motifs complexes imprégnés de prière ;
Abandonnant les royaumes de ce monde pour le suivant.

Entouré à la fois de paix et de solitude,
Il vécut sous l’ombre de la croix.
Et par la grâce de Dieu, dans la joie et la gratitude,
Il considéra tout, sauf le Christ son Seigneur, comme une perte.

Dans la mort, la sainte île lui donna le repos.
Mais par sa vie, Iona fut aussi bénie.

Sonnet : Le Cornemuseux d’Oban

Argyll & Bute, Écosse

Ce dernier sonnet capture une rencontre fugace mais mémorable avec un cornemuseux à Oban, en Écosse. La mélodie envoûtante évoque un sentiment de connexion avec le passé et la puissance durable de la musique.

Le son était faible, et pourtant pas loin ;
Le chanter d’un cornemuseux pratiquant un air.
Un jeune homme, peut-être, répétant un nouvel air
Au crépuscule sous une lune d’Oban.

Nul bourdonnement de drone, nul sac pour inspirer,
Le cornemuseux jouait la mélodie envoûtante
Avec une grâce simple, consumé par le feu celte.
Je sais qu’il le jouait pour moi.

Car quelque part au plus profond de mon âme j’entendis
Un écho de souvenirs oubliés—
Surpris, mais béni, de trouver de telles passions remuées
Par la musique portée sur une brise des Highlands.

L’air du cornemuseux reste avec moi aujourd’hui ;
Un cadeau qu’il ne sut jamais qu’il avait donné.